VOLCANS ACTIFS du COSTA RICA

RINCON DE LA VIEJA : le cratère actif se situe sur la bordure septentrionale du complexef volcanique et est la source d'une grande diversité d'activités volcaniques depuis la moitié du 18è siècle. Les rapports d'activité ont signalé des crises éruptives violentes caractérisées par de hautes colonnes éruptives formées de matériaux de toutes tailles, de l'activité fumerollienne intense, des éruptions phréatico-magmatiques et phréatiques et de longues périodes de seules émanations de vapeur et de gaz. De par la topographie inclinée du cratère actif, l'évacuation du lac d'eau à haute température produit régulièrement d'importantes avalanches (lahars) qui dévalent rapidement les lits des rivières drainant la zone sommitale.

Actuellement, l'activité est caractérisée par une notable activité fumerollienne concentrée dans le lac "chaud" et dans la partie basse des parois qui contiennent le lac. Un grand nombre de sources thermo-minérales se situent, quasi dans toutes les directions, le long des basses pentes de l'édifice volcanique. Dans des conditions normales, un couloir de niveau d'acidification du milieu se maintient du cratère actif vers l'ouest. Cette zone est pauvre en végétation à cause de l'agressivité des gaz et des effets des pluies acides.

 


POAS: le cratère actif a connu une longue période d'activité explosive et fumerollienne. Parmi les évènements les plus remarquables on signalera l'activité de 1910 et celle de la période comprise entre 1952 et 1955. Depuis ce dernier épisode phréatico-magmatique, l'activité a été caractérisée par des évènements extraordinaires de dégazage et d'émanations de vapeurs. A certaines occasions, les sédiments du fond du lac ont atteint de grandes distances, poussés par les vents dominants vers l'ouest et le sud-ouest. Le mécanisme d'acidification du milieu est constant et est responsable du maintien d'un étroit couloir de dépeuplement végétal. Les pluies acides sont responsables de dégâts dans les communautés situées sur les basses pentes sous le vent de l'édifice volcanique. L'activité éruptive varie en nature mais aussi au niveau de la localisation. Le dégazage a comme origine soit le lac, soit divers points du cratère ou encore le dôme.

 


IRAZU : la zone intracratérique est formée de trois structures majeures; le cratère actif au N.E. a un diamètre d e1000 mètres, une profondeur de 180 mètres et abrite un lac de couleur variable. Le cratère Diego de la Haya, étiré E-O, se trouve au N de la caldera et est profond de 80 mètres. Finalement, sur le côté S, on observe une grande structure semi plane qui correspond aux restes d'une ancienne terrasse connue sous le nom de "Playa Hermosa" (Plage Merveilleuse). A l'extérieur de la grande caldera, on trouve à l'E du massif un cône pyroclastique bien conserve haut de 80 mètres.

Les premières observations de l'activité de ce volcan datent de 1723. Au cours des siècles, son activité a alterné entre activité strombolienne hautement explosive et longues périodes d'exhalaisons fumerolliennes.

Entre 1963 et 1965, l'Irazu a provoqué une gigantesque chaos dans la vie quotidienne des Costa Riciens de la Vallée Centrale. L'émission de cendres et autres matériaux éruptifs ont recouvert de vastes zones de terres riches destinés à l'agriculture et à l'élevage. L'accumulation de grandes quantités de cendre dans la partie haute de l'édifice volcanique a engendré des coulées de boue (lahars) ont suivi la période éruptive. Elles ont causé d'importants dégâts et ensevelirent de petites communautés situées dans la périphérie de la ville de Cartago en causant pertes humaines et blessés.

L'activité importante la plus récente a eu lieu en décembre 1994 lorsque l'effondrement d'un secteur de la paroi N.O. du cratère suite à une explosion hydrothermale a déclenché un mouvement de masse de grandes avalanches qui on atteint vers le nord une distance de 20 km en suivant le lit du rio Sucio. Des matériaux fins issus de cet épisode ont été emportés par les vents dominants jusqu'à la périphérie de la capitale.

Actuellement, une activité fumerollienne mineure a lieu à l'intérieur du lac de cratère. Un champ fumerollien actif se maintient au N.O. dans la paroi externe du cratère principal. La préoccupation majeure est la grande instabilité de l'ensemble de l'édifice volcanique. Les études géologiques ont en effet mises en évidence des traces liées à des mouvements de masse lents mais régionaux de grands segments de flancs. Les parties basses de l'édifice, où est construite la ville de Cartago, sont comblées par les restes de ces évènements dramatiques.

 


TURRIALBA : l'énorme caldera du Turrialba est ouverte vers le N.E.. Elle est allongée sur 2200 m. selon la direction NE_SO et est large de 500 à 800 m. selon la direction NO-SE. Trois cratères principaux ans percent la caldera. Celui situé à l'est, large de ~100 m., est occupé par une masse d'eau intermittente. Le cratère central exhibe une activité fumerollienne dans ses parois et renferme également un lac intermittent grâce aux abondantes précipitations de la région. Finalement, à l'ouest s'ouvre le cratère occidental, associé à l'activité magmatique la plus récente qui a débuté il y a près de 150 ans. Le fond du cratère est le siège d'un important dégazage et d'émissions de vapeur d'eau et est comblé par de dépôts d'éboulements originaires de ses raides parois. Le passé éruptif du Turrialba est marqué par de puissants évènements éruptifs: émissions de lave, de produits pyroclastiques et de cendres, quelques fois emportées à des centaines de km vers l'ouest par les vents dominants.

La dernière période éruptive a eu lieu entre 1864 et 1886 et a généré des matériaux qui ont affecté sévèrement la Vallée Centrale. La phase éruptive la plus importante a eu lieu en février 1886 et, à cette occasion, des chutes de cendre ont été signalées à 465 km de là, à Puerto de Corinto au Nicaragua. Depuis lors, les cratères ouest et central sont le siège d'une activité fumerollienne plus ou moins intense (1899, 1920, 1957, 1969, 1971, 1980, 2006-2008).

A partir d'août 2006, quelques fissures sont apparues dans la cratère central. Des scientifiques ont noté que la végétation située à l'intérieur et aux alentours du sommet avaient été durement affectée par les gaz.  Une intensification des odeurs de gaz a été reportée par des fermiers de la zone. La géométrie des zones brûlées par les gaz reflètent les directions des vents dominants. De 2002 jusqu'en 2006, le cratère ouest a exhibé une activité fumerollienne sur les côtés N, NE, O,, NO et SO avec de faibles niveaux d'émission et des températures des gaz peu élevées variant de 88 à 93°c. De nouveaux points de dépôt de soufre ont été mentionnés durant cette période.

Une augmentation de la sismicité a été enregistrée par une station située à 0,5 km au NE du cratère actif entre le 9 juillet et le 14 septembre 2003. Jusqu'en décembre 2003, les émissions ont continué dans le cratère principal, formant progressivement des nuages  gazeux transportés vers l'ouest. Durant cette période, on a observé que la végétation des parois SO et O du cratère central ont continué à se dégrader contemporainement au réchauffement du sol, au dépôt de sels minéraux en surface et à l'émission de gaz. En juin 2005, une substantielle augmentation de l'émission des fumerolles a été notée ainsi que des changements au niveau des émissions gazeuses du cratère ouest. Les analyses chimiques ont indiqué que le flux de CO2 avait diminué et que celui du SO2 avait augmenté provoquant la brûlure des arbustes et autres petites plantes qui avaient survécus jusque là à l'intérieur de la zone sommitale ouverte. Sur les parois externes N, NO et O de la caldera sommitale, les gaz ont tué la végétation.

Une recrudescence de l'activité fumerollienne accompagnée par de nouvelles fractures a été notée entre juin et septembre 2007. Du soufre liquide a également été signalé localement dans les fumerolles, fait exceptionnel depuis que les observations de l'OVSICORI ont lieu en continu sur ce volcan, c'est-à-dire depuis plus de 25 ans. Depuis octobre, de nouveaux sites d'émission gazeuse, de petits éboulements et de destruction de  la végétation ont été notés à divers endroits à l'intérieur et autour du cratère. Les fumerolles ont été actives et se sont répandues à travers le cratère central. En novembre, les zones brûlées par l'intense acidification se sont accrues. Un levé de terrain a confirmé une émission gazeuse inhabituelle le long des parois externes méridionales du volcan en ayant un impact important sur la végétation et les pâturages. En décembre, les températures de la fumerolle du cratère ouest ont atteint 280°c et des dépôts de soufre importants ont été signalés. Le 5 décembre 2007, des communautés locales ont observé un panache de vapeur et de gaz qui s'est élevé jusqu'à une altitude supérieure à 5,3 km. Une visite effectuée par une équipe de l'OVSICORI entre le 30 et 31 janvier 2008 a noté la progression de l'activité fumerollienne dans le cratère ouest, sur les parois externes du cratère ouest et dans des zones distantes situées à l'ouest, NO et SO du volcan. Quelques une des fumerolles correspondent à deux fractures. Une fracture était située au SO du cratère ouest et allongée SO. Elle était longue de 100 m. et large de 2-3 cm et présentait des dépôts soufrés. La seconde fracture située au NO et à l'ouest du cratère ouest exhibait des températures de 72°c et émettait de la vapeur d'eau et des gaz. Vers le NO du cratère ouest, l'équipe a trouvé une zone de 20x50 m avec une constante émission gazeuse à température de 88°c.

 


ARENAL :