par Bernard Fontaine
20/02/1999
Après avoir appris par le site de Boris
qu'une coulée récente était toujours présente sur l'Etna, une décision rapide est
prise. Nous partons à deux, Jean-Louis et moi, pour les cimes enneigées de l'Etna.
Après avoir atterri à Catane, nous louons une voiture et fonçons vers Nicolosi pour le
ravitaillement puis nous montons vers le refuge de Sapienza au pied du téléphérique.
Après nous être assuré du logement pour la nuit, nous partons pour une petite rando
vers la valle del Bove en espérant voir la coulée qui se déverse dans celle-ci depuis
le flanc du cône du cratère SE.
Un peu plus d'une heure de
marche nous mène sur le bord de la valle del Bove dans les environs du point de vue près
de Serra dell'Acqua.
Nous pouvons enfin observer, mais de loin, la coulée. Il s'agit en fait de plusieurs
coulées qui semblent se croiser.
21/02/1999
Le lendemain, nous empruntons le téléphérique jusqu'au refuge
de la Montagnola, puis chargés de notre équipement, nous atteignons le refuge de Torre
del filosofo.
Nous déposons les sacs dans la cave du refuge puis, après un repas bienvenu, nous
partons vers les coulées toutes proches.
Nous suivons les
coulées, au départ sous tunnel, depuis la base du cône Sud-Est à l'endroit où se
construit des hornitos d'une belle couleur de soufre, en direction de la Valle del Bove.
On appreçoit ensuite une
coulée au travers de "skylight" et enfin la coulée apparaît à l'air libre
entre deux murs de scories qui la bordent et la canalisent; long serpent écarlate à la
peau écaillée de scories noires.
Retour au refuge pour ravitailler le p'tit personnel et nous repartons pour une
observation de la lave à la tombée du jour (c'est
un des meilleurs moments, avec l'aube, pour les photos).
Après environ une demi heure de "promenade" sur les bord sur les bords des
coulées et dans les vapeurs de souffre nous rentrons au refuge heureux mais crevés.
23/02/1999
Après
une "bonne" nuit de non-sommeil, petit déjeuner sur la terrasse avec une vue
magnifique et retour vers Catane.
Petite virée d'un W-E au Mongibello
par Thierry Sluys
5-7/11/1999
( Thierry et Carine SLUYS, Thierry et Raphaël DOCKX, Jean-Louis PIETTE - LAVE,SVG BELGIQUE)
Vendredi 5/11 : Au cours de notre montée vers la Torre del
Filosofo,
nous
observons d'impressionnants panaches de cendre noire, émis par la Bocca Nuova toutes les
minutes environs et poussés vers l'est par un vent moyen . Un guide nous apprend que cet
épisode a commencé vers 14h15. Installation du camp au pied du cône de l'Observatoire
malgré une météo peu engageante.
La nuit tombant, nous renoncons à explorer la nouvelle
coulée côté ouest et préférons passer notre début de soirée bien au chaud à
contempler une coulée située à 300 mètres à l'est de la Torre del Filosofo, au pied
du cône Sud - Est. Cette coulée fait environ 40 mètres de long et prend sa source au
pied d'un hornito éventré qui a la forme d'une arche. Retour au camp. Les panaches noirs
de la Bocca Nuova ont fait place à des panaches blancs, visibles de nuit . Des bombes
incandescentes dépassent par moment la hauteur de la lèvre du cratère, témoins d'une
activité strombolienne assez soutenue. Notre sommeil sera pertubé par un violent orage
qui éclate vers 2 h du matin.
Samedi 6/11 : Réveil dans des tentes recouvertes par 10 cm de
neige fraîche. Et dire qu'on nous avait annoncé des t
empératures estivales sur la Sicile! Le paysage
est méconnaissable. Nous découvrons enfin le côté ouest du cône de la Bocca Nuova :
une immense langue noire encore fumante émerge du cratère affaissé et plonge en
s'élargissant vers les pentes boisées. Sur le grand tapis blanc, le contraste de cette
masse sombre est assez saisissant. Là-haut, les panaches se font à nouveau plus denses et plus
noirs. Nous sommes dans un véritable champ de bombes ; tous les impacts circulaires se
dessinent parfaitement sous la neige et témoignent de l'activité intense des dernières
semaines. Après une heure d'observation, nous nous décidons à monter au sommet. A
mi-pente la neige disparaît progressivement sous l'effet de la chaleur . Halte forcée
d'un quart d'heure car nous sommes engloutis par un nuage. Le ciel se dégage à nouveau.
Non sans quelques appréhensions, nous arrivons enfin au bord du cratère à l'endroit de
la large échancrure qui a laissé échapper le débordement de lave.
Etrange
impression que de fouler le plancher d'un cratère maintes fois observé depuis les
hauteurs d'une falaise! Côté ouest,il ne reste plus rien de la paroi, emportée dans la
vallée par le flot de débordement et rendue presque insignifiante vu la hauteur du
plancher actuel, soulevé par l'amoncellement des laves émises par l'activité récente.
La bouche côté nord n'a pas changé d'emplacement. C'est elle la plus active. Elle se
trouve à la même hauteur que notre poste d'observation, situé sur la coulée de
débordement. Elle semble divisée en deux par un petit cône (h=15m) : le côté est
présente un dégazage très intense et très bruyant avec émission de cendres grises et
de blocs rocheux arrachés au puit par la puissance du flux gazeux. Le côté ouest
présente un dégazage de vapeur blanche.
La deuxième bouche est toujours située au sud du cratère, contre la paroi de séparation de la Voragine; elle dégaze une vapeur blanche et rend la visibilité assez difficile dans cette direction.
Une éclaircie permettra toutefois à Thierry et Raphaël de s'approcher de cette dernière en progressant par le centre du cratère. Les parois côté sud semblent les moins modifiées par l'activité récente.
Une augmentation du dégazage côté nord nous décide à quitter à regret cette Bocca Nuova nouvelle version . Apéro bien mérité près de la coulée paisible de la Sud Est et descente de nuit sur Sapienza pour clôturer ce week-end bien chargé.
Dernière mise à jour: 02/12/07