Hunga Tonga-Hunga Ha'apai (îles Tonga) - 16-17/03 : un pilote a
observé une éruption sous-marine au voisinage d'îlots volcaniques ( 175º 25′
61″ ouest; 20º 27′ 73″ sud) de l'archipel des Tonga. La dernière éruption de
ce volcan a eu lieu en 1988.
19/03: un violent séisme
de magnitude 7.9 s'est produit à 18h17 GMT à ~280 km au SSE de la zone
éruptive de Hunga Tonga.
USGS;
fichier de localisation "kmz" de
Google Earth.
Le foyer/hypocentre du séisme était
relativement superficiel, seulement à ~10 km de profondeur.


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découvrir d'autres photos -
séquence vidéo spectaculaire de l'éruption
 
Photos AFP/Lothar Slabon & Reuters/Ho
Les photos réalisées sur les lieux le 18 mars montrent clairement deux
centres éruptifs, l'un se trouve sur une petite île et l'autre off shore.


L'éruption vue de l'espace
(image du capteur MODIS embarqué sur le satellite AQUA de la NASA, 18/03;
voir détail de l'image ci-dessous à droite).
De spectaculaires colonnes se sont
échappées de l'océan à ~10 kilomètres de la côte S.O. de l'île principale de
Tongatapu, une zone où sont recensés 36 volcans sous-marins. Selon
Keleti Mafi du Service Géologique des Tonga, il n'y a aucun danger pour
les populations environnantes étant donné que les gaz/vapeurs sont emportés
loin au large de l'île par les vents dominants. Les résidents de la capitale
des Tonga,
Nuku'alofoa, ont déclaré que la colonne de vapeur et de cendre était
apparue lundi matin, après une série de forts séismes ressentis dans la
capitale. Mafi souligne que la zone est régulièrement sujette à des
éruptions sous-marines, la dernière en date en 2002. Il est vraisemblable
que l'éruption se soit produite à l'ouest des îles volcaniques jumelles de
Hunga Tonga et de Hunga Ha'apai. D'importantes quantités de
matériaux légers (en réalité des scories basaltiques vésiculaires/bulleuses
riches en gaz et donc légères) éjectés par l'éruption devraient bientôt
atteindre les côtes des îles Fidji. L'archipel des Tonga comprend 170 îles à
mi-chemin entre l'Australie et Tahiti et fait partie de la Ceinture de Feu
du Pacifique.
The Associated Press
 Suite à cette éruption, des vols
ont été perturbés et des compagnies aériennes placées en état d'alerte. Les
deux sociétés néo-zélandaises qui gèrent le trafic aérien et le service de
planification des vols ont émis un avis d'alerte pour les avions survolant
la zone du volcan. Les vols néo-zélandais sont requis de contourner ou de
monter au-dessus du panache éruptif, qui a atteint une altitude de plus de
15.000 mètres. Rappelons qu'aujourd'hui, les nuages de cendre ne peuvent pas
encore être détectées par les radars classiques et peuvent endommager
gravement les moteurs jusqu'à les empêcher de fonctionner en vol.
Contexte géodynamique des Tonga (zone de subduction/arc des Tonga-Kermadec
longue de ~2500 km)
La zone de subduction/arc insulaire des
Tonga-Kermadec s'étend sur presque 2500 km de la Nouvelle-Zélande aux îles
Samoa. La zone de subduction des Kermadec-Tonga, où la plupart des séismes
majeurs se produisent, consiste en deux segments principaux. Le segment des
Tonga y constitue le plus septentrional et le segment des Kermadec y
représente la partie méridionale.
La structure des plaques en interaction dans la zone de subduction des
Tonga-Kermadec est quelque peu différente de celles des autres zones de
convergence de plaques. Les angles de subduction sont plus élevés et, en
conséquence, il y a plus de séismes profonds.
Les mesures GPS montrent que l'arc insulaire des
Tonga se déplace rapidement vers la Plaque Pacifique (à une vitesse de
l'ordre de 20 cm/an; l'endroit où le déplacement des plaques est le plus
rapide au monde) avec un léger mouvement de rotation dans le sens des
aiguilles d'une montre. En réalité, l'arc des Tonga occupe une microplaque
séparée de la Plaque Australienne par des centres d'expansion océanique
situés dans le Bassin de Lau (bassin d'arrière-arc). Lorsque le Bassin de
Lau s'ouvre (accrétion), l'arc des Tonga se déplace vers l'est en s'écartant
de la plaque australienne. Le résultat est une augmentation par addition du
taux de convergence du fossé des Tonga. Pendant que l'arc des Tonga se
déplace vers l'est, la plaque Pacifique plonge ou pousse l'arc du Tonga
produisant de nombreux tremblements de terre durant l'enfoncement de la
Plaque Pacifique.
NB: en conséquence, on peut logiquement se demander si le puissant
séisme du 19/03 pourrait être la conséquence directe d'un soudain et rapide
déplacement d'une portion de la microplaque des Tonga vers l'est suite à
l'éruption volcanique sous-marine de Hunga Ha'apai résultant d'un mécanisme
d'ouverture local. Dans cette hypothèse, ce mécanisme géodynamique aussi
rapide aurait pu renforcer la pression de la plaque Pacifique contre la
micro-plaque des Tonga au niveau de la zone de convergence (fossé),
aboutissant ainsi à un brusque décrochage d'un assez long segment de faille
qui a engendré ce séisme de forte magnitude/intensité.


La distribution spatiale des séismes suggère
clairement la configuration de la zone de subduction des Tonga-Kermadec qui
a une inclinaison d'environ 45° vers l'ouest.
Lire cet article intéressant (en anglais) expliquant la raison pour laquelle
un séisme majeur ne pourrait qu'occasionner un tsunami de faible amplitude
dans la zone des Tonga-Kermadec.
Néanmoins, selon l'hypothèse mentionnée
dans cet article, le puissant séisme du 19 mars aurait pu engendrer un
tsunami !

Représentation schématique de la limite entre la
croûte du bassin de Lau-Tofua et celle de l’arc des Tonga d ’après les
données de réfraction sismique
.
Contexte géodynamique global de la ceinture de
feu du Pacifique Sud-Ouest. Copyright : Atlas du Vanuatu / IRD
NB: récemment, une équipe
scientifique américano-néo-zéalandaise a découvert qu'une énorme éruption
sous-marine avait eu lieu à environ 300 km de la Baie de Plenty. Le volcan
Rumble III, qui fait partie de la ride méridionale des Kermadec, s'élève à
2300 mètres au-dessus du fond marin et a une taille similaire à celle du Mt
Ruapehu. Jusqu'en 2007, son sommet se situait à ~200 mètres sous la surface
de l'océan. Récemment, des scientifiques, embarqués sur un vaisseau de
recherches, ont noté une modification spectaculaire de la morphologie de la
zone sommitale, qui a perdu environ 100 mètres depuis 2007. Cornel de Ronde,
scientifique au Service Géologique Néo-Zélandais, a déclaré que le volcan
avait été le siège d'une éruption cataclysmale. Une cartographie établie en
2007 avait mis en évidence un cratère large de 800 mètres près du sommet. La
nouvelle cartographie montre que ce cratère a été comblé et que le cône
sommital voisin s'est effondré, suggérant qu'une éruption majeure avait
causé l'effondrement du cône sommital et colmaté le cratère adjacent.
Stuff Co NZ -
Fire Earth

Carte de localisation et morphologie du volcan Rumble
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