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"Activités" L.A.V.E.-Belgique

film (gif animé)

2004 -- 2005 -- 2006 -- 2007 -- 2008 -- 2009 -- 2010 -- 2011

 

26 novembre: Jean-Guillaume FEIGNON, étudiant en volcanologie à l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, nous a fait l'amitié et le plaisir de venir présenter des montages de deux récents voyages, l'un au Vanuatu cet été 2011 et l'autre à Montserrat en févier 2010. Grâce à lui, nous avons pu revoir des images des volcans actifs du Vanuatu, dont celles de l'un des fameux lacs de lave d'Ambrym, celui du Marum très actif depuis quelques temps. Sa séquence vidéo montrant le brassage violent de ce lac de lave était particulièrement spectaculaire, cela malgré les mauvaises conditions météos habituelles qui régnaient au sommet de l'île. Nous nous sommes ensuite envolés pour l'île de Tanna et son petit volcan de cendre, le Yasur, qui était particulièrement actif lors de la visite de Jean-Guillaume. Notre jeune ami téméraire a même pu prélever un échantillon de lave toute fraîche de l'une des nombreuses bombes qui retombaient à cette époque sur la bordure du cratère. En seconde partie, il nous a présenté des images très spectaculaires de l'éruption paroxysmale de Soufrière Hills qui s'est produite soudainement le 11 février 2010 et qui a donné lieu à de très spectaculaires coulées pyroclastiques qui ont envahi et dévasté en quelques minutes la plaine s'étalant au nord-ouest du volcan, où se situait jusqu'alors l'aérodrome abandonné de Bramble. Ces images silencieuses de coulées pyroclastiques resteront longtemps gravées dans notre mémoire tant elles étaient impressionnantes.

 

Soufrière Hills dome collapse of 11 February 2010 – ‘largest event since May 2006

En seconde partie, notre ami Robin Campion nous a projeté un film à propos de ses multiples pérégrinations sur les volcans en 2010. Ses voyages se sont déroulés en compagnie de Nathalie, son amoureuse, étudiante en géologie à l'ULB bien sûr. En début d'année 2010 , notre couple de volcanologues belges s'est rendu au Stromboli et sur l'Etna. Au Stromboli , nous avons ainsi pu découvrir un hornito très actif qui dégorgeait une courte coulée de lave pâteuse, phénomène assez rare sur ce volcan.

 

Ensuite, une petite randonnée en vélo tout terrain sur les pentes de l'Etna et ses alentours nous a permis de découvrir une nouvelle facette de la personnalité de notre jeune ami volcanologue, le romantisme. Petites fleurs et plantes bucoliques se mêlaient cette fois aux cratères "fumants", et ce n'était pas pour nous déplaire ! Suite à cette charmante balade rafraîchissante, nous nous sommes envolés pour l'Indonésie afin de suivre les travaux scientifiques de Robin sur plusieurs volcans actifs de l'archipel. Après des vues du Papandayan embrumé et des flancs du Bromo couverts de cendre fine, nous avons découvert des images du sommet remodelé du Merapi avec son cratère béant abritant un petit dôme de lave inactif, puis de la région dévastée par les coulées pyroclastiques de novembre 2010. Après un court détour par le nouveau dôme spectaculaire du Kelut, nous avons pu revoir le beau cratère, abritant un lac acide, du Kawah Ijen d'où plusieurs tonnes de soufre sont annuellement extraits par des centaines de mineurs qui travaillent dans des conditions extrêmement pénibles. Les coulées de soufre liquide rouge pourpre ainsi que la combustion de cet élément, produisant de superbes flammes bleues dans l'obscurité, étaient particulièrement spectaculaires. Robin & Nathalie ont aussi eu l'occasion de trouver l'accès pour atteindre le petit cours d'eau acide qui s'écoule du lac, au-delà du barrage édifié au début du 20è siècle par les Hollandais. La chute brutale de température de l'eau à l'exutoire du lac acide cause, à cet endroit, la précipitation de cristaux translucides de gypse (CaSO4.2H2O), par endroit de taille impressionnante. Depuis quelques années, le Kawah Ijen produit de plus en plus de soufre natif, une aubaine pour les mineurs, et la température de certaines fumerolles est passée de ~250°c à ~650°c. Pour clore ce périple volcanique indonésien, Robin nous a emmené sur la bordure des lacs de cratère du Kelimutu, volcan aplati situé sur l'île de Florès. Nous avons ainsi pu assister à une partie de pêche assez particulière, dont l'objectif était de récupérer des échantillons d'eau de l'un des trois lacs de ce volcan. Grâce à la bonne complaisance du pilote de ligne locale, nous avons aussi pu admirer de très belles images aériennes des trois lacs accolés du Kelimutu. L'échappée volcanique "2010" de Robin s'est clôturée au Kamchatka, péninsule russe hautement volcanique et très active depuis plusieurs années. Robin y a participé à un congrès scientifique traitant des gaz volcaniques. Après avoir découvert le spectaculaire panorama des trois volcans entourant Petropavlovsk, la capitale, nous nous sommes envolés en hélicoptère vers le volcan Karymsky, l'un des volcans les plus actifs de la région. Robin y a effectué des mesures de gaz au moyen de la caméra UV mise au point à l'occasion de sa thèse de doctorat. Le cône de cendre du Karysmky expulsait à intervalles réguliers des volutes de cendre alors que les plus fortes explosions éjectaient des blocs qui arrosaient tous les flancs de ce cône élancé. Le circuit s'est terminé au volcan Gorely où un volcanologue russe s'est risqué à descendre, équipé de cordes, dans le cratère à parois abruptes pour tenter d'y mesurer les émissions de SO2. Nous avons ainsi pu découvrir une petite bouche incandescente d'où les gaz à haute température fusaient très bruyamment par un conduit étroit. Merci à Robin, et à Nathalie, pour leurs très belles et intéressantes images !

La soirée s'est poursuivie et conclue dans une taverne-restaurant du centre de Wavre. Une ambiance sympathique y a régné comme à l'accoutumée.


15 octobre: cette séance de reprise après les vacances d'été a réuni une cinquantaine de personnes dans une nouvelle salle à Rixensart. Après les quelques mots d'introduction de Thierry SLUYS (UNO) précisant notamment l'agenda des prochaines réunions, une introduction relative au contexte géo-tectonique des volcans du Chili du Sud et une évocation, en photos et séquences vidéos, de l'éruption du Cordon Caulle a ouvert le feu. Thierry DOCKX (DOS) a ensuite présenté un superbe diaporama, agrémenté de séquences vidéos, relatant son récent circuit sur quelques volcans de la ceinture volcanique du  Chili du Sud ainsi qu'une reconnaissance de l'énorme volcan bouclier (< point chaud) argentin qu'est le Payun Matru. Nous avons ainsi pu suivre au fil des jours les péripéties de nos amis sur ces magnifiques volcans méconnus. L'approche et l'ascension finale jusqu'au lac acide de cratère du Tupungatito au sein de paysages quasi lunaires étaient particulièrement impressionnantes. Vous retrouverez une partie de ces images sur le site  http://dos.lave.be/Chili_2011/. Thierry et Annick ont offert à l'assistance un apéritif géant accompagné de nombreuses tartes et d'une spécialité portugaise bien connue des habitués. Un grand merci à eux ! La séance s'est poursuivie au restaurant "Chanteclair" à Rosière dans une ambiance surchauffée.


17 juin: notre ami Robin Campion ("Robin des Volcans") a présenté brillamment sa thèse de doctorat intitulée "Imaging measurement of volcanic SO2 using space and ground based sensors". En résumé très raccourci, le travail de Robin a consisté à comparer, sur base du principe de l'absorption des photons lumineux dans le spectre UV par le SO2 (spectroscopie), des données spectrales quantitatives issues des capteurs ASTER (du satellite TERRA de la NASA), OMI et accessoirement MODIS (NASA) pour la détection des concentrations et surtout des flux de SO2 dans plusieurs panaches volcaniques, dont celui du volcan japonais Miyake-jima, de l'Anatahan (îles Mariannes), du désormais fameux volcan islandais Eyjafjallajökull (< 17 avril 2010), de l'Etna, du Popocateptl (Mexique), du Nyiragongo, du Nyamugyra, du Masaya (Nicaragua) et finalement du Turrialba au Costa Rica. Robin a ainsi pu développer un algorithme spécialisé visant à quantifier des flux de SO2, sur base du rapport de bandes spectrales dans l'UV analysées par ces différents capteurs de la NASA à plus ou moins haute résolution. Ses résultats ont pu démontrer une concordance/corrélation linéaire, bien qu'encore imparfaite, entre les mesures effectuées sur les données précises ASTER (90 x 90 m) et celles moins détaillées du capteur OMI (13 x 24 km). A partir des résultats obtenus, les deux types de données sont finalement considérées, en gros, comme complémentaires pour la mesure à grande distance des flux de SO2. En parallèle, Robin a aussi développé une caméra vidéo portative UV couplée à un système mini-DOAS destinée à mesurer à distance, et en direct, des concentrations et des flux de SO2 (l'UV est absorbé à 307 nm par le SO2). Les essais de ce nouvel équipement ont essentiellement porté sur l'étude du panache riche en SO2 du volcan Turrialba, le volcan actif le plus au sud de la chaîne volcanique du Costa Rica qui est en phase de réactivation depuis 1999.. Les images animées, colorées en fonction de la concentration en SO2, résultant des mesures au sol, sont spectaculaires alors que deux profils, l'un perpendiculaire et l'autre parallèle au panache, permettent d'estimer par intégration le flux (exprimé en kg/sec) de SO2 émis par ce volcan.

Les méthodes et résultats du travail de Robin ont été fort appréciés par l'ensemble du jury de sa thèse. Les implications de cette étude innovante sont évidentes dans le domaine de la quantification plus précise des flux de SO2 à grande (satellite) et faible (caméra UV) distance/échelle afin d'estimer les volumes de gaz magmatique (SO2 dans ce cas), et donc indirectement du volume de magma souvent corrélé à la puissance de l'éruption, mis en jeu lors de futures éruptions sur des volcans potentiellement dangereux pour les populations ou menaçantes pour le trafic aérien.

Robin a bien sûr été chaleureusement félicité par tous ses amis volcanophiles de "LAVE-Belgique" ainsi que ses compagnons universitaires. Cerise sur le gâteau, Alain Bernard, promoteur de thèse de Robin, a amusé l'assistance en nous racontant des anecdotes relatives à la légendaire distraction de notre jeune ami, particulièrement à propos de la perte fréquente de ses clefs. La présentation a été suivie d'un drink qui nous a été gentiment offert par les parents de Robin. La soirée s'est poursuivie et terminée tardivement dans une pizzeria d'Auderghem.

Robin, concentré et enthousiaste, entame la présentation publique de sa thèse de doctorat.

De gauche à droite: Alain Bernard, Robin des Volcans, son frère Billy, et Benjamin Barbier.

Autres photos prises par Jean-Louis Piette


7mai:  notre dernière réunion avant les vacances d'été a été consacrée aux volcans de la Chaîne des Cascades situés dans l'Etat de Washington aux Etats-Unis et au désormais célèbre Mont St Helens dont l'éruption du 8 mai 1980 est encore dans toutes les mémoires.  Après une introduction assez originale à propos de l'éruption de mai 1980, Bernard Duyck nous a expliqué le contexte géodynamique de l'alignement des volcans de la Chaîne des Cascades avant de poursuivre par un descriptif assez détaillé de leur géologie. Ensuite, nous avons pu découvrir du ciel le Mt St Helens et ses environs dévastés sur des images filmées d'hélicoptère en juin 2002 par Thierry Dockx. Dans la foulée, Sylvie & Daniel Chéreau nous ont fait partager leur montée au cratère, qui dévoilait en août 2006 un impressionnant dôme de lave surmonté par une spectaculaire aiguille lamellaire de lave pâteuse toujours "fumante" bordant un glacier en voie de formation.

Après la pause apéritif offert gentiment par les familles Mestdagh & Duyck, la séance s'est poursuivie par un rappel, au moyen d'archives télévisées ponctuées par une interview du tonitruant Maurice Krafft, des phases de l'éruption paroxysmale du Mt St Helens suivie par la projection d'un diaporama de type patchwork géo-localisé des volcans des Cascades puis ceux de l'Oregon. Nous avons ainsi parcouru les zones volcaniques du Newbery Volcano au Crater Lake, notamment avec des vues sur les superbes coulées d'obsidienne de la région.

Le bouquet final a été proposé par Thierry Sluys avec la projection de son très beau et spectaculaire court-métrage "Volcano World". Merci à tous les participants à cette réunion qui se sont déplacés par une journée quasi estivale.

Comme à l'accoutumée, la réunion s'est poursuivie au restaurant, cette fois à Genval, dans une ambiance toujours aussi conviviale et sympathique.


21 mars: dans le cadre du festival du film scientifique, l'Université Libre de Bruxelles (U.L.B.) a organisé une soirée de projection en avant-première d'un film consacré aux activités de chercheur en volcanologie de notre très enthousiaste ami Robin Campion. Lisez en le résumé mis en ligne par notre ami Bernard Duyck en cliquant sur ce lien !

Bande annonce du film "Robin des Volcans" avec la participation de notre jeune ami volcanologue Robin Campion (ULB)

Qu’est-ce qu’un volcanologue ? L’image qu’on s’en fait souvent est celle d’un baroudeur des volcans, héritée des publications et des films de noms illustres comme ceux de Maurice et Katia Krafft ou d’Haroun Tazieff. Pourtant, depuis la disparition de ces figures tutélaires il y a deux décennies, le métier a profondément évolué. Il a également disparu des flux médiatiques. Désormais, le scientifique n’a guère droit à la parole plus de quelques secondes et l’objet de ses recherches passe souvent au second plan face au spectaculaire d’une éruption volcanique. Au travers d’entretiens avec trois générations de professionnels, dans leurs laboratoires et à flanc de volcans, nous dépoussiérons l'histoire singulière d'un métier pas comme les autres. Source (Tous droits réservés Overdub Interactive 2010)

Robin Campion (Belgique) décrit par les auteurs du film

Grand maigre, les cheveux ébouriffés et la barbe naissante, ce jeune chercheur à l’Université Libre de Bruxelles ne porte que des t-shirts de volcans qu’il rapporte de ses voyages lointains. C’est lorsqu’il a sept ans que sa mère l’emmène à la projection d’un film de Maurice Krafft tout juste disparu, que sa passion glisse des dinosaures et de la paléontologie vers les volcans et la volcanologie.

Dès lors, Il se passionne pour la carrière d’Haroun Tazieff, son choix est fait : il deviendra volcanologue. Il termine sa thèse de géochimie entre ses expéditions sur le terrain et les cours dont il est chargé à l’université. Robin vit pour l’instant dans sa Belgique natale où malheureusement seuls les terrils de charbon lui font penser à des horizons volcaniques. Mais comme il le dit avec aplomb, « la Belgique exporte du volcanologue ! »

Séquence vidéo de l'activité du Stromboli filmée du Pizzo par Robin


26 février: Régis ETIENNE, Président de la S.V.G. ( Société Volcanologique de Genève), nous a a fait le grand plaisir de se déplacer spécialement de Suisse pour présenter plusieurs de ses plus récents films vidéos réalisés en haute définition. Un tout grand merci à lui & sa compagne Ysa, malheureusement absente à la réunion pour cause de méchante grippe !

La séance a débuté par le mot d'introduction habituel de Thierry Sluys à propos de l'agenda et du contenu des prochaines réunions et de l'activité volcanique récente. Ensuite, notre organisateur de réunions a présenté le conférencier du jour au public de la salle venu, à cette occasion, en masse (une quarantaine de personnes). Nous remercions particulièrement nos amis Anne-Marie et Philippe (de Metz), Pierette & Dédé (de Grenoble) ainsi que Régis et Ysa (de Suisse) pour avoir effectué un long déplacement à cette occasion.

En guise d'apéritif, nous avons entamé cette séance particulièrement dense par un diaporama montrant de belles photos récentes des volcans siciliens (Etna en 2006, Vulcano et Stromboli). Dans la foulée, Régis nous a projeté plusieurs séquences vidéo en HD relatives à l'activité de l'Etna en 2006 (imposantes coulées de lave entre la Bocca Nuova et le cône S.E.) puis à la puissante activité des cratères du Stromboli, dont l'un d'eux contenait exceptionnellement un petit lac de lave en furie, avant de terminer, sur un rythme plus apaisant, par quelques séquences du cratère de la Fossa II à Vulcano et des ruelles toujours aussi bucoliques du petit village de Stromboli.

Ensuite, le conférencier du jour nous a projeté de magnifiques images du toujours aussi magique site volcano-hydrothermal de Dallol situé dans la dépression Danakil au N.E. de l'Ethiopie. Peu après, nous avons fait un saut au volcan bouclier voisin, l'Erta'Ale, dont le lac de lave clapotait toujours aussi fébrilement lors d'images tournées en 2006, 2008 et en janvier 2011 par Marc Caillet.

La première partie s'est clôturée par des images tout aussi spectaculaires et étonnantes du seul volcan actif à carbonatites, l'Ol Doinyo Lengai (la Montagne des Dieux). Nous avons pu y découvrir la lente progression de coulées cordées sombres, très similaire au mécanisme de déroulement d'un tapis roulant, ainsi que des giclées de carbonatite noire expulsées avec force et impulsivité de l'un des nombreux hornitos qui s'élevaient à l'époque au fond du cratère à l'aspect plâtreux.

Après une pause où l'apéro était cette fois offert par nos amis Annick & Thierry DOS (un tout grand merci à eux bien sûr), Régis nous a plongé dans les vapeurs et gaz volcaniques du fameux Kawah Ijen (cratère vert) qui était à l'époque ( en automne 2010) déserté par les mineurs de soufre pour cause de Ramadan. Une nouvelles fois, les images en HD étaient somptueuses et spectaculaires. Hormis les désormais fameuses et toujours aussi étonnantes flammes bleutées dues à la combustion du soufre au détour des tuyaux utilisés pour le canaliser, l'intérêt de cette séquence était également de découvrir le travail de raffinage du minerai de soufre dans la petite installation de traitement juxtaposée à la base logistique des mineurs.

Il ne restait plus qu'à dévoiler le bouquet final ! Et quel bouquet final !!! A cette occasion, nous sommes descendus en compagnie de l'équipe suisse de la S.V.G. dans l'un des plus grands cratères-puits actifs au monde, celui du très fameux Nyiragongo situé dans la région du Nord-Kivu en R.D.Congo. Nous avons ainsi pu vivre intensément la descente de nos amis dans ce chaudron infernal qui contient un des lacs de lave parmi les plus actifs au monde, principalement du à sa nature (basaltes très pauvres en silice donc très fluides). Pas à pas, pris dans l'action du film, nous avons suivi l'équipée jusqu'au fond du cratère-puits flanqué de deux terrasses, dont la dernière était la plus délicate à franchir. En fin de compte, l'expédition a réussi à franchir, non sans peine due à plusieurs difficultés techniques et dangers liées au chutes de blocs et autres débris volcaniques, le dénivelé de plus de 600 mètres qui séparait la lèvre supérieure du grand cratère-puits du plancher inférieur noirci par les laves basaltiques consolidées issues du chaudron actif. A la mi-2010, le fond sombre du cratère recelait un anneau noir surélevé renfermant un lac de lave en furie et débordant épisodiquement par dessus le rempart, haut d'une dizaine de mètres, de ce précaire chaudron incandescent. A de nombreux moments de la séquence, nous avons intensément vibré avec nos amis dans cette fournaise hallucinante et même, à certains moments critiques, craint pour leur sécurité. Des images très spectaculaires que nous n'oublierons pas de si tôt et dont nous tenons à remercier l'auteur, Pierre Vetch, ainsi que toute l'équipe qui a permis de nous ramener cette séquence vidéo haute en couleurs et définition mais surtout en sensations fortes. Retrouvez en cliquant le récit et des photos de cette expédition unique.

Site américain contenant de nombreuses photos toutes aussi spectaculaires les unes que les autres

La soirée s'est poursuivie au restaurant "Chanteclair" à Rosière en compagnie d'une trentaine de convives qui ont pu poursuivre leurs conversations volcaniques enflammées dans une ambiance très conviviale et sympathique.

Pour rappel, voici le programme de cette réunion exceptionnelle:

Patchwork volcanique  : un diaporama animé de Ysa Wojtylo (10 minutes )

- VULCANO, STROMBOLI, ETNA : un film de Régis Etienne (18 minutes )

DALLOL 2008 : après la version 2006, voici la 2008, toujours aussi fascinante, film de Régis Etienne (15 minutes)

-  OL DOINYO LENGAI : la montagne sacrée des Masais, un film de Régis Etienne (15 minutes )

- ERTA ALE  2008  : nouvelle version , un film de Régis Etienne ( 8 minutes ) & quelques images tournées en jenvier 2011.

- ETNA  : un diaporama animé de Ysa Wojtylo ( 7 minutes )

- KAWAH  IDJEN  :Régis & Olivier Grunenwald ont passé une semaine au fond du cratère pour ramener des images  superbes du cratère jaune et de ses flammes bleues ; un film de Régis Etienne (24 minutes)

- NYIRAGONGO  ( 40 minutes ) une descente en enfer que nous n'oublierons pas de si vite!


22 janvier: cette première réunion de l'année fût d'abord l'occasion de formuler les vœux traditionnels ! Après une brève introduction de notre organisateur de réunions, Thierry Sluys (Uno), notre ami Luc Calvi a projeté un superbe film vidéo relatif à l'activité éruptive de l'Etna qui a eu lieu fin 2006. On y a pu voir une activité variée allant de coulées de lave à des explosions stromboliennes alternant avec des éjections de cendre. Par ailleurs, le fond musical choisi par Luc était particulièrement adapté à la beauté à la fois sereine et puissante des images. "Un film de Luc Calvi et de Thierry Maes; approche d’une éruption effusive, images superbes accompagnées de musiques  envoûtantes (22 minutes)"

Thierry Dockx (Dos) a pris le relais avec une séquence vidéo explosive tournée en juin 2010 sur le plus petit volcan constamment actif du monde, le Yasur sur l'île de Tanna dans l'archipel du Vanuatu (Pacifique Sud). Des détonations tonitruantes alternaient avec des éjections silencieuses à haute vitesse de cendre fine (jets cyprèsoïdes) zébrée régulièrement d'éclairs aux claquements secs. L'originalité de ce cratère à plusieurs bouches (au minimum trois) est de présenter une activité mixte variant du type strombolien au type vulcanien. Les commentaires en direct de notre ami Dos n'ont laissé aucun doute sur le caractère exceptionnellement puissant de cette phase éruptive violente qui a affecté ce petit cône de cendre en juin 2010. Il fût d'ailleurs placé à cette époque en alerte 3, sur une échelle de 4 niveaux. Retrouvez des spectaculaires photos de cette activité en cliquant sur ce lien !

Après cette séquence de sensations fortes et à haute énergie, le contraste des belles images tournées par Régis Etienne sur l'extraordinaire et exceptionnel site de Dallol (dépression Danakil de la région Afar en Ethiopie) s'est révélé apaisant. Grâce à elles, la plupart d'entre nous ont ainsi pu redécouvir les magnifiques mais toujours aussi inquiétantes vasques d'eau de couleur émeraude nappées de cristaux de soufre et autres sels riches en potasse issus du diapir de sel mis en place dans un système hydrothermal très actif. Merci à Régis pour nous avoir autorisé la diffusion de ce film ainsi que de celui qui suivra sur le fameux lac de lave de l'Erta'Ale. "Un film de Régis Etienne . Document de qualité professionnelle réalisé sur ce site extraordinaire, situé dans la dépression de l’Afar en Ethiopie. Régis nous a aimablement prêté 2 films pour cette séance. (10 minutes)"

L'heure de l'apéro ayant sonné, Thierry & Carine nous ont gentiment accueillis au bar éphémère bien achalandé ouvert à cette occasion. Un grand merci à eux !

En seconde partie, nous avons poursuivi le circuit emprunté en 2006 par la Société Volcanologique de Genève en Ethiopie orientale. Au programme, la redécouverte du fabuleux lac de lave de l'Erta'Ale et de son activité toujours aussi variée,  illustrant concrètement, en miniature, le concept de la tectonique des plaques avec ses divers mouvements de plaques lithosphériques. L'équipe de la S.V.G.  dirigée par son ex Président, Pierre Vetsch, a relevé le défi de descendre au fond du cratère-puits afin de nous ramener ces magnifiques et spectaculaires images mais aussi d'effectuer quelques mesures à but scientifique. "Un film de Régis Etienne. Descente en rappel dans le puit de feu, explications sur la mécanique d’un lac de lave et sur les volcans de l’Afar grâce à la narration de François Germond . Images et son d’une qualité exceptionnelle. (16 minutes)"

La conclusion est revenue à Thierry Sluys (Uno) qui nous a projeté un spectaculaire film réalisé sur la "Big Island" d'Hawaii en 2004. On a pu voir dans ce film les nombreuses coulées de lave cordée ("pahoehoe") qui se déversaient déjà à l'époque dans l'Océan Pacifique en une myriade de petits flots tubulaires ininterrompus. Le contact entre l'eau et le feu est toujours un spectacle extraordinaire mais qu'il convient d'approcher avec précaution tant les dangers invisibles sont nombreux dans cette nouvelle parcelle de croûte terrestre en voie d'édification entre terre et mer. Cependant, cette fois encore, la déesse Pelé veillait sur nos deux amis Carine & Thierry et leur a offert le plus somptueux de ses spectacles grandeur nature. ."Le mariage du feu et de l’océan sur cet archipel perdu au milieu du Pacifique avec des explications sur la formation des points chauds et sur le volcanisme propre au Kilauea"

La réunion s'est poursuivie et terminée dans une pizzeria située en bordure du lac de Genval où l'ambiance était, comme à l'accoutumée, chaleureuse et sympathique.

 

En 2010

11 décembre: notre dernière réunion de l'année 2010 a été une nouvelle fois très dense et riche en photos/vidéos de volcans actifs de tous types mais aussi en  belles images typiques des deux pays visités par Thierry & Annick. Lors de ces deux voyages, ils étaient accompagnés par leurs fidèles acolytes que sont Bernard & Nadine au Vanuatu auxquels se sont joints Jean-Louis et Stéphane au Guatemala.

Après le petit mot d'introduction traditionnel de Thierry Sluys, l'auteur de ces quelques lignes, Alain, a présenté une introduction à vocation de vulgarisation scientifique à propos du contexte géodynamique et géologique des volcans du Guatemala. Vingt minutes d'explications, qui je l'espère n'ont pas été trop rébarbatives, plus tard, Thierry Dos a pris le relais en nous projetant à nouveau un superbe diaporama agrémenté de courtes séquences vidéos sur les volcans du pays des Mayas. Nous avons ainsi visité tour à tour les volcans Pacaya, Fuego, le magnifique site de caldera abritant le beau lac Atitlan et, finalement, le majestueux Santa Maria flanqué au sud de ses quatre dômes gris dont le seul encore actif, "El Caliente" (le Chaud), connait une activité constante, le plus souvent modérée, depuis plusieurs dizaines d'années. Entre les séquences réalisées sur ces hautes montagnes de feu aux pentes raides, Thierry & Annick nous ont également projeté des clichés illustrant la vie quotidienne du Guatemala traditionnel. Nous avons ainsi pu revoir pour certains d'entre nous ou découvrir pour d'autres des portraits mayas typiques toujours hauts en couleurs, les couleurs vives des marchés de fruits, légumes, étoffes en tous genres et des petites habitations multicolores qui égrènent le pays maya. La caractéristique la plus évidente du Guatemala est la présence de couleurs vives à quasi tous les coins de rue qui ont le don précieux de réchauffer notre cœur d'Occidental en cette saison hivernale précoce. Pour ceux et celles d'entre nous qui ne connaissent pas encore cette partie du monde, elle est absolument à découvrir en prenant le temps de flâner de marchés en marchés et de places en places en n'oubliant pas de se balader sur les somptueux cônes actifs présentant des styles éruptifs variés (de type strombolien à péléen en passant par le type vulcanien). Il ne faut absolument pas non plus manquer la visite de la superbe petite ville d'Antigua Guatemala avec ses nombreux anciens édifices et églises de style colonial espagnol, sa charmante petite place bucolique et, cerise sur la gâteau, y contempler le spectaculaire paysage volcanique, composé de trois hauts volcans qui dominent la petite ville aux noirs pavés de basalte. Deux anciennes courtes séquences vidéos très spectaculaires réalisées par Thierry Sluys sur le versant sud du Santiaguito en 1999 (éboulements quasi continus de blocs incandescents issus du démantèlement de la bordure sud du dôme de lave pâteuse du "Caliente") et par Thierry Dos au Pacaya en janvier 2000 (intense activité strombolienne avec des fontaines de lave) ont clôturé la première partie de la séance.

Pour cette réunion, Luc et Greta ont eu la gentillesse d'offrir l'apéro à l'assistance composée d'une trentaine de personnes. A cette occasion, Greta avait préparé une spécialité syrienne d'une saveur orientale peu habituelle pour nos papilles occidentales. Merci à eux deux bien sûr !

Alain a lancé sur les chapeaux de roue la seconde partie en présentant une nouvelle introduction géologique à propos des volcans de l'arc insulaire du Vanuatu situé dans le Pacifique Sud. Pressé par le temps qui filait à toute allure, chrono en main tenu par l'"intraitable" organisateur Thierry Uno, j'ai cédé la parole à Thierry Dos, après cinq minutes de présentation menée tambours battants, pour la projection de son diaporama/vidéorama sur les volcans actifs du Vanuatu. Grâce à lui, nous avons ainsi pu parcourir cet archipel mélanésien composé de 83 îles du nord au sud, de l'île de Gaua la plus au nord à l'île de Tanna au sud en passant par les îles d'Aoba, d'Ambrym et d'Efaté sans oublier une courte séquence aérienne tournée en 2000 lors d'une éruption fissurale de l'imposant stratovolcan Lopevi. Thierry a débuté son voyage au Vanuatu par une expédition en solitaire sur l'île d'Aoba. Son but était d'atteindre le lac acide Voui qui est inclus dans une caldera renfermant deux surfaces d'eau douce, les lac et lagune Manaro. L'accès y est particulièrement difficile, voire pénible, en raison de la végétation dense et luxuriante couvrant les versants du volcan ainsi que des fortes pluies incessantes transperçant sans répit quiconque ose défier ce complexe édifice éruptif particulièrement isolé. Par chance, dès l'arrivée de notre aventurier belge au sommet de l'île, une brève mais suffisante lucarne s'est ouverte sur le spectaculaire lac Voui, ce qui lui a permis de nous rapporter des images assez exceptionnelles de la surface liquide acide turquoise et de son cône phréatique dégazant qui s'est récemment édifié au centre du lac. Après l'arrivée de Thierry et Nadine, l'équipe a loué une avionnette afin de se rendre sur l'île noire (dénomination issue de la magie noire pratiquée sur l'île et de la teinte des laves basaltiques foncées) d'Ambrym couronnée par une imposante caldera (12 x 8 km) qui renferme une immense plaine de cendre noire/grise d'où émergent deux cônes de cendre actifs, le Benbow et le Marum. A l'époque, leurs cratères renfermaient bel et bien chacun un  lac de lave actif qui sont, malheureusement, restés tapis sous la brume ambiante en raison des conditions météo exécrables (brouillard et fortes pluies) qui régnaient, comme souvent, au sommet de ce cette île étirée selon un axe, formé de deux rifts d'un paléo-volcan bouclier, orienté grosso modo est-ouest. Juché sur la bordure aiguisée du cratère, Thierry a juste pu deviner, au travers de la brume et du panache de gaz volcaniques, la présence d'un petit lac de lave au fond du cratère actif du Marum, le Mbweselu. Le périple de nos amis s'est poursuivi sur l'île volcanique la plus au sud de l'archipel, Tanna. Lors du passage de Thierry & Cie au début  juin, le petit cône de cendre du Yasur, que  Cook a découvert en 1774, était particulièrement actif. Bernard a pu déployer ses talents de technicien en volcanologie en herbe en manipulant un équipement  DOAS mobile (utilisé pour mesurer à distance le contenu de SO2 dans le panache gazeux sous le vent) installé sur un véhicule 4x4 de l'IRD. Après la visite du plus petit volcan constamment actif au monde (sans aucune coulée de lave), l'équipe s'est rendue sur l'île la plus grande et géologiquement  la plus ancienne de l'archipel, Espiritu Santo, pour y reprendre des forces avant de s'envoler pour l'île volcanique la plus septentrionale de l'archipel, celle de Santa Maria aussi appelée Gaua. Cette île circulaire est couronnée par une caldera de même forme contenant le lac Leitas, en bordure duquel s'élève un petit cône de cendres et de scories dénommé Garet. Lors du passage de Thierry, le cône Garet projetait un panache éruptif d'ampleur modérée formé essentiellement de cendre et de vapeur d'eau. Le voyage s'est clôturé dans le pays le plus heureux du monde, selon ses habitants, par la traditionnelle cérémonie du Kava mais cela est une autre histoire !

Merci à Thierry & Annick (Dos) pour cette réunion haute en couleurs qui a permis à l'assistance de se réchauffer le cœur des rigueurs de cet hiver neigeux particulièrement précoce !

La soirée s'est poursuivie et achevée au restaurant "Chanteclaire", choisi lors de notre précédente réunion, et, bien sûr, comme à l'accoutumée, s'est déroulée dans la gaîté et le brouhaha des multiples discussions "volcaniques". C'est peu après minuit que nous sommes quittés pour regagner nos pénates respectives avec, dans la tête, plein d'images de volcans rougeoyants et gris s'élevant dans les magnifiques paysages tropicaux du Guatemala et luxuriants du Vanuatu.


20 novembre: à l'occasion de cette réunion et d'ailleurs pour celles qui suivront, Thierry & Carine Sluys nous ont déniché une superbe salle spacieuse dans le petite village de Rosière. Encore merci à eux !

Après quelques mots d'introduction de Thierry à propos des modalités pratiques et de l'organisation des prochaines réunions, l'auteur de ces lignes (Alain) a présenté à la nombreuse assistance (une petite quarantaine de personnes) un PPT à propos du Merapi (Java, Indonésie) et plus particulièrement de son activité passée et actuelle. Robin a enchaîné pour nous montrer quelques graphiques se rapportant à l'activité actuelle (foyers des séismes sous l'édifice, énergie sismique volcanique libérée notamment). Une courte présentation à propos du processus de création et de formation de l'Islande a clôturé la première partie dédiée à des explications de vulgarisation scientifique.

Dans la foulée, Sylvie & Daniel (Chéreau) nous ont fait le grand plaisir de projeter leurs trois magnifiques films-diaporamas relatifs à leurs trois voyages effectués cette année 2010 en compagnie notamment de deux de leurs amis farfadets (Patrick Marcel et son épouse) qui adorent également l'Islande. Sylvie a un don certain pour commenter, de sa voix douce, d'une façon très agréable les beaux reportages confectionnés par elle et Daniel son époux, fidèle compagnon de voyage. Elle met dans ses commentaires de la précision mêlée à de la poésie, l'ensemble étant ponctué d'humour et parfois même d'une certaine facétie et malice. Les nombreux applaudissements chaleureux ont confirmé que l'assistance a beaucoup apprécié ces trois petits films très sympas et très beaux !

Voici le contenu des films résumés par leurs auteurs:

-L'Islande aux couleurs de l'hiver (20') : l'Islande en février  2010 avant l'éruption ou comment mettre le feu aux poudres sans allumettes.

-2010, une année islandaise (20') : l'Islande en mai pendant la  2ème phase de l'éruption avec gros plan sur le panache puis en juillet après l'éruption (notamment traces  laissées dans le paysage mais aussi retour du premier baleinier de la saison ou détour par Hveragerði, zone de géothermalisme fort actif).

-Présentation de la toponymie islandaise ou comment lire sur  une carte islandaise sans savoir parler   islandais... et sans se prendre au sérieux.
Ce dernier petit film commenté par Sylvie avec beaucoup d'humour s'est révélé bien instructif pour nous tous (sauf peut-être pour Robin et Sylvie) qui sommes toujours autant incapables de prononcer le nom de ce désormais fameux volcan au nom imprononçable: l'
Eyjafjallajökull

Et cerise sur le gâteau, plutôt Beaujolais nouveau dans le gobelet, Sylvie & Daniel nous ont invité à prendre un apéro quasi gargantuesque agrémenté notamment d'une spécialité bourguignonne bien agréable et légère en bouche constituée de petits beignets au fromage.

Encore un tout grand merci et toutes nos félicitations à Sylvie & Daniel pour cette superbe présentation très rafraîchissante en n'oubliant pas de les remercier aussi pour leur "apéro" géant bien sûr !

La séance s'est clôturée par une court diaporama réalisé par Thierry & Carine Sluys , sur une belle musique quelque peu lancinante d'un jeune groupe islandais, avec encore de très belles images de ce jeune et beau pays, qui plus est pour nous volcanophiles, entièrement d'origine volcanique, qu'est l'Islande.

La soirée s'est achevée dans un petit restaurant au centre du village qui a pu accueillir sans trop de mal 25 convives très en verve après 4 mois d'abstinence de présentation volcanique. C'est peu à près minuit que nous nous sommes décidés tous et toutes à repartir vers nos foyers respectifs, un peu forcés quand même par les mimiques du sympathique patron qui pensait peut-être que nous allions rester discuter et rire jusqu'à l'heure du petit-déjeuner.


19 juin: Bernard Duyck & Jean-Michel Mestdagh nous ont sympathiquement accueilli dans leur fief de Mouscron à l'occasion de la dernière réunion avant les vacances d'été.

En ouverture, Rémi Gaudfrin (délégation LAVE "France Nord") nous a présenté un superbe diaporama relatif à l'éruption effusive de l'Etna en 2006.

Philippe Thiran a ensuite pris le relai pour nous projeter un montage commenté dans lequel clichés et séquences vidéos étaient judicieusement mêlées. Philippe a découvert la ville sainte orthodoxe éthiopienne de Lalibela à l'occasion de la fête de Noël, haute en couleurs sur ce site étonnant. Après un long parcours en 4x4 sur des pistes caillouteuses parsemées d'ornières quelques fois impressionnantes, le groupe de Philippe et Marie a atteint le site toujours aussi magique et étonnant de Dallol. Rappelons que Dallol est un complexe volcano/hydrothermal qui perce un dôme de sel en résurgence, riche en potasse, situé dans la dépression Danakil, laquelle, pour la plupart, se situe sous le niveau de la mer. Nous avons circulé en leur compagnie au milieu des fragiles vasques remplies d'eau verte hyper-acide où jaillissaient localement de petits geysers d'eau soufrée de couleur jaune vive. L'étape suivante nous a emmené sur le très fameux volcan Erta'Ale dont le puits sud recèle quasi en permanence un lac de lave en fusion. En ce début d'année 2010, le niveau du lac était particulièrement haut dans le puits méridional, ce qui permettait une observation rapprochée des fontaines de lave et des mouvements relatifs des plaques de lave désormais bien connus. Ce mécanisme, illustrant à petite échelle les mouvements des plaques terrestres, est causé par la convection de la lave basaltique en fusion sous la croûte superficielle plus ou moins solidifiée. La dynamique du lac observée de jour et surtout de nuit était particulièrement grandiose à cette période d'activité accrue. D'ailleurs, les exclamations expressives de Philippe captées sur le terrain ont su communiquer à l'assistance du jour son bel enthousiasme. Des images, plus rafraîchissantes, des petites chutes d'eau d'Awash ont clôturé ce très beau et intéressant reportage techniquement réalisé par Thierry Sluys (UNO).

Après la pause apéro traditionnelle, Bernard Duyck a projeté un diaporama très complet sur le volcanisme continental de point chaud de la Snake River et du Yellowstone Parc localisé dans le nord-ouest des Etats-Unis. Sur un commentaire géologique et faunistique détaillé, Bernard nous a présenté une série de très belles photos aux teintes et contrastes magnifiques. En sa compagnie, nous avons ainsi pu visiter les cônes de scories du site de "Craters-of-the Moon" ainsi que les buttes rhyolitiques (dômes) alignés N.E.-S.O. ("trend" marquant le déplacement de la croûte continental au-dessus du point chaud situé actuellement sous Yellowstone) aux environs immédiats de la Snake River qui entaille un plateau formé essentiellement d'une superposition de coulées basaltiques surmontant des couches de tuf et d'obsidienne. Nous avons aussi pu découvrir les nombreux geysers et bassins géothermaux aux couleurs chatoyantes dues aux bactéries thermophiles vivant dans ces eaux très minéralisées. La gradation des couleurs aux abords des bassins d'eau chaude était particulièrement spectaculaire ainsi que le bleu profond ou le vert émeraude des vasques aux dimensions variables. Des photos du célèbre site de Yellowstone, le plus ancien des Parcs Naturels des Etats-Unis, ont clôturé ce  superbe diaporama riche en couleurs et en informations.

La réunion s'est achevée sur quelques images de l'île volcanique de Lanzarote (archipel des Canaries) réalisées récemment par Jean-Michel Mestdagh.

La soirée s'est poursuivie dans une taverne-restaurant de  Dottignies où l'ambiance était bien évidemment, comme à l'accoutumée, conviviale et bon enfant. Un tout grand merci à Bernard et Jean-Michel pour nous avoir accueilli à Mouscron.


24 avril: après les quelques tentatives habituelles avant de pouvoir connecter correctement le portable au projecteur vidéo ( pour les prochaines, fois, il faut appuyez simultanément sur les touches Fn et F3 !), Alain a présenté quelques unes des nombreuses données/résultats scientifiques, principalement publiées par l'Institut Islandais des Sciences de la Terre, à propos de l'actuelle éruption du volcan islandais Eyjafjöll. Il a notamment commenté celles ayant trait au contexte géologique/géodynamique de l'Islande,  aux nombreux signes précurseurs de cette éruption qui se sont échelonnés sur une longue période, à la caractérisation des deux dynamismes éruptifs bien distincts (effusif et explosif) et, finalement, à la nature des matériaux (laves/téphra) émis lors de cette petite éruption qui a eu tant de conséquences néfastes pour le trafic aérien dans le ciel nord-européen. Robin a pris le relai pour expliquer diverses données quantitatives issues de différents satellites capables de plus ou moins détecter le panache éruptif, autant du point de vue des gaz volcaniques (par exemple OMI pour le SO2) que du fameux nuage de cendres (par exemple l'analyse par le petit satellite CALIPSO utilisant principalement la méthode LIDAR) qui s'est diffusé au-dessus de l'Atlantique Nord. On notera que les résultats de la plupart des mesures des capteurs embarqués à bord des différents satellites de la NASA ou de l'ESA sont souvent assez peu précises du point de vue de leur résolution, sont souvent caractérisées par une bien grande incertitude, voire sont carrément contradictoires, principalement du fait de la haute complexité de la circulation atmosphérique. Selon des études très récentes, le seuil de concentration de cendres autorisant ou non le trafic aérien serait de 2 mg de cendre par m3, ce qui est un taux particulièrement faible. Il reste donc encore beaucoup d'études à réaliser dans ce domaine et gageons que Robin puisse y apporter prochainement sa contribution.

En deuxième partie, Sylvie & Daniel Chéreau nous ont présenté un bien rafraîchissant diaporama relatant, sur un ton humoristique, leur tout récent voyage hivernal islandais.

Après une courte pause apéro, Thierry & Carine Sluys nous ont projeté leur diaporama, incluant de très belles photos prises à différentes heures de la journée, relatant leurs différents circuits dans les trois principales îles volcaniques de l'archipel canarien, à savoir La Palma, Tenerife et Lanzarote.

La soirée s'est poursuivie dans notre resto grec favori à Schaerbeek, le Delphes, où nous nous sommes quittés encore bien tard (il était 1h).


06 février: notre première réunion de l'année 2010 a été riche en images volcaniques spectaculaires et bien sûr, comme à chaque fois, s'est déroulée dans une ambiance très conviviale et bon enfant. Nos amis Sylvie & Daniel Chéreau ont ouvert la séance en nous projetant un très beau court-métrage à propos des trois volcans les plus actifs du Guatemala. Ce brillant reportage, commenté alternativement d'une façon poétique et informative par Sylvie, nous a permis de revoir les somptueux volcans du beau pays des Mayas. Nous avons d'abord eu l'occasion d'observer le lent parcours chaotique des courtes coulées de lave "aa" du Pacaya ainsi que la bouche, rougeoyante par intermittence, du cratère du cône Mac Kenney. Ensuite, l'assemblée composée d'une trentaine de personnes a pu admirer de puissantes explosions stromboliennes du volcan Fuego filmées de nuit et de jour à partir des contreforts de son imposant voisin culminant à 4000 m. d'altitude, l'Acatenango. Le voyage s'est poursuivi en direction du majestueux lac Atitlan niché dans une immense caldera dont la dernière éruption paroxysmale s'est produite il y a 82000 ans en générant des coulées pyroclastiques et nappes de ponce (ignimbrites). Par ailleurs, ce très beau lac offre au visiteur une vue exceptionnelle sur ses trois imposants volcans récents que sont le Toliman, l'Atitlan et le San Pedro. Cet endroit, vraiment exceptionnel par sa beauté, sa puissance géologique passée, et sa quiétude actuelle est habitué par trois ethnies mayas, habillées de vêtements traditionnels multicolores, pratiquant l'artisanat et l'agriculture (principalement la culture des oignons) sur ces terres volcaniques très fertiles. La dernière étape de ce périple guatémaltèque nous a emmené au fameux et spectaculaire complexe volcanique du Santa Maria / Santiaguito qui demeure un des lieux volcaniques parmi les plus attractifs de notre planète. Sylvie & Daniel ont d'abord entrepris la descente vers le vallon qui sépare le complexe des quatre dômes créés à partir de 1922 suite à l'éruption cataclysmique du santa Maria en 1902. Ce vallon parsemé de blocs de dacite et de pierres ponces, dénommé El Playon (la petite plage; cela fait sourire en regard de ce lieu hostile), est très difficilement accessible. L'excursion, qui ne peut être réalisée en une seule journée, exige beaucoup d'efforts et d'attention étant donné la configuration de la descente vertigineuse le long d'un dénivelé de 800 mètres à partir du mirador du Santiaguito. Après avoir atteint le fond du vallon, il faut encore remonter au sommet du complexe de dômes en avalant un nouveau dénivelé de 200 mètres formé d'éboulis instables et anguleux. L'atmosphère, souvent saturée d'humidité et de cendre, y est réellement dantesque. Perchés au sommet de l'un des quatre dômes, nos amis ont pu observer l'activité vulcanienne modérée du dôme "El Caliente" ("Le Chaud") ainsi que de fracassants éboulements de blocs incandescents provenant de la désintégration partielle de la langue visqueuse méridionale débordant du petit dôme de lave niché dans le cratère du dôme actuellement actif. Le point final et peut-être d'orgue du circuit volcanique guatémaltèque de Sylvie et Daniel a été l'ascension du majestueux Santa Maria du sommet duquel une vue extraordinaire porte, notamment, sur le complexe de dômes du Santiaguito et sur l'activité vulcanienne du "Caliente" alors que l'ombre du cône pointu du Santa Maria s'exhibe fièrement vers l'ouest sur la mer de nuages du petit matin. Un grand merci à Sylvie et Daniel pour être venu nous présenter leurs fabuleuses images agrémentées par un très beau commentaire ! Je vous invite à consulter leur blog pour poursuivre le voyage.

Voir aussi : Guatemala_2008 - Guatemala_2007 - Guatemala 2006 - Guatemala 2004 - Guatemala 2000

En seconde partie, Thierry & Carine Sluys nous ont présenté un reportage de compilation très didactique à propos des volcans qu'ils ont visité dans l'arc volcanique des Petites Antilles. L'objectif principal de leur film était de montrer la spectaculaire activité du volcan Soufrière Hills s'élevant dans la partie sud de la petite île de Montserrat en se référant notamment à l'historique de l'une des éruptions les plus dévastatrices qu'ait connu la planète au cours des temps historiques, celle de la Montagne Pelée qui s'est produite le 8 mai 1902. L'analogie entre les images de destruction et d'enfouissement des villes martyres de Saint Pierre de la Martinique et de Plymouth à Montserrat était saisissante. L'unique différence, mais d'importance majeure, est que l'éruption de 1902 a causé la mort de plus de 36.000 personnes alors que celle de Montserrat n'aura, si l'on peut dire, tué que 12 personnes. La progression des connaissances durant la période séparant les deux éruptions a permis en effet de bien mieux comprendre les causes de la production des nuées ardentes (coulées pyroclastiques), d'analyser en détail leur caractère destructeur et dans certains cas de pouvoir prévoir leur déclenchement et éventuellement leur(s) parcours. Avant de découvrir les impressionnantes images des coulées pyroclastiques de Soufrière Hills, Thierry & Carine nous ont montré des images de la nature encore vierge et préservée associée à la Vallée de la Désolation qui est nichée au sein de l'île de la Dominique, l'une des îles les plus sauvages des Petites Antilles. De petites marres bouillonnantes et colorées parsèment la vallée fumante qui abouti au site de Boiling Lake, un petit lac agité en son centre de bouillonnements impressionnants. Le voyage s'est poursuivi sur l'île, en forme de papillon, de la Guadeloupe et au sommet de son volcan actif, la Soufrière, qui a fait particulièrement parlé de lui lors de la crise éruptive de 1976 (éruption phréatique), surtout suite à la célèbre polémique qui a opposé l'imposant Claude Allègre et le bouillant Haroun Tazieff. Le reportage s'est clôturé en feu d'artifice sur les pentes tumultueuses du volcan Soufrière Hills. Le 25/112009, Thierry a eu la chance d'être sur place pour assister à l'effondrement partiel du dôme de lave sommital du volcan en déclenchant des myriades de coulées pyroclastiques vers le N.E. (Tuitts Ghaut) et vers l'ouest en direction de Plymouth (Gages Valley). Les images des habitations, partiellement ou totalement détruites et ensevelies de Plymouth, étaient particulièrement impressionnantes et révèlent, en arrière-plan, la détresse des résidants qui ont du les abandonner définitivement souvent dans la précipitation. Cette partie de l'île est désormais vidée de ses habitants et livrée entièrement aux caprices du volcan gris de Montserrat.

Voir aussi : Montserrat 2009 - Montserrat 2007

Après l'apéritif offert par Nadine et Bernard Fontaine, la séance a repris avec le court-métrage de Thierry Sluys relatif à la puissante activité explosive de l'Anak Krakatau au début de juin 2009 (voir aussi photos de 2008) . A l'époque, de puissantes explosions éjectaient violemment des blocs incandescents qui roulaient sur les pentes du cône de l'Anak. Nous avons eu droit à nouveau à des images très spectaculaires alors qu'on a pu admirer la placidité de nos camarades assis tranquillement sur le rebord de l'ancien cratère en attendant la prochaine explosion ("la zen atittude volcanique!").

Thierry Dockx a pris le relais pour nous remontrer des images spectaculaires de l'activité explosive de l'Anak Krakatau en juin 2009. Ensuite, il nous a projeté de belles images des volcans Sorik Marapi (Sumatra) en juin 2009 et du Slamet (Java) en 2007. Le Sorik Marapi est un volcan difficilement accessible à partir de la grande ville de Padang située au S.O. de l'île de Sumatra. L'ascension de ce volcan, noyé dans la végétation tropicale et troué de multiples zone hydrothermales, n'a pas été une sinécure selon Thierry. Sur le chemin du cratère sommital, on passe d'abord sur les contreforts d'un cratère adventif, couvert de végétation, avant d'atteindre le grand cratère sommital qui abrite, selon la saison, un ou plusieurs lacs acides d'un beau bleu turquoise à cette époque de l'année. Une des particularités de ce cratère est de renfermer une spectaculaire marre de soufre liquide et un petit volcan de soufre qui produit de temps à autre des coulées grisâtres où soufre jaune natif et matériaux volcaniques gris sont intimement mêlés. Nous avons poursuivi le voyage vers Java afin de gravir l'un des volcans les plus régulièrement actif de l'île, le Slamet. C'est est un volcan très peu visité et qui exige une expédition d'au moins deux jours pour découvrir son cratère actif emboîté percé de multiples bouches. En 2009, le volcan a été le siège d'une épisodique activité strombolienne au niveau de plusieurs des évents du cratère sommital. Lors de la visite de Thierry, il y avait d'ailleurs déjà de l'incandescence au sein de petits dômes de lave nichés dans le cratère, probablement un signe précurseur de l'activité future.

Cette très belle réunion inaugurant l'année 2010 s'est évidemment achevée dans un restaurant correspondant à l'un des thèmes de la journée et, pour bon nombre d'entre nous, à d'excellents souvenirs de voyage "volcanique" de l'année 2009. C'est ainsi que le bien nommé "Garuda" s'est vu accueillir une vingtaine de passionnés de volcans actifs pour nous offrir sa carte variée de mets typiquement indonésiens. Au cours de la soirée, nous avons pu apprécier les talents linguistiques de notre ami et futur volcanologue, Robin Campion, qui s'est exprimé en indonésien (et parfois même en dialecte) avec le patron. L'apothéose des éclats de rire est survenu lorsqu'une des jeunes serveuses nous a conseillé de ne pas commander le seul dessert encore disponible à cette heure tardive de la soirée, de la glace aux litchis. Avec un cri du cœur que l'on ne peut pas nier, elle nous a lancé que ce dessert était "dégueulase" !!! La soirée s'est donc terminée ainsi sur une explosion de rires vivifiants.

 

En 2009


14 novembre: pour notre dernière réunion de l'année 2009, Alain (Alino) a ouvert la séance en présentant quelques séquences vidéos relatives à son récent voyage sur quelques uns des volcans indonésiens parmi les plus actifs. Nous avons pu ainsi voir (ou revoir pour certains) des images du pénible travail des mineurs de soufre du Kawah Ijen dans la solfatare bordant son très beau et étrange lac acide "fumant", les flammes bleues issues de la combustion du soufre liquide dans la solfatare où les gaz volcaniques toxiques jaillissent à au moins 200-250°c. Ensuite, nous avons pu découvrir quelques plans du Kelut et de son spectaculaire dôme de lave visqueuse (andésite) qui est apparu, soudainement, dans le cratère en fin 2007. Finalement, nous avons aussi eu droit à quelques vues sur l'imposante et très belle caldera Anak Segara du Rinjani où le cône strombolien du Barujari, trônant majestueusement au nord du lac, était encore bien actif en cette fin juillet.

En seconde partie, Thierry (UNO) nous a projeté une vidéo spectaculaire et assez effrayante à la fois (quelque peu ambiance de fin du monde) retraçant l'historique du volcan de boue de Sidoarjo appelé aussi volcan de boue de Lusi. On a pu y voir l'étendue des dégâts et l'évolution, dans un court laps de temps, des destructions causées par l'épanchement de boue tiède émise principalement par le puits de forage déclencheur du phénomène, réalisé par la société minière Lapindo, mais aussi par d'autres sources secondaires laissant échapper du gaz méthane (CH4) issu de la compaction des sédiments meubles pauvres en oxygène du bassin d'arrière-arc volcanique de Surabaya. Fin 2007, l'importante émission de méthane a même abouti au déclenchement d'un incendie qui a embrasé le cratère durant 24 heures. Rappelons que ce phénomène catastrophique, causé par la main de l'homme et qui a affecté une importante surface (~25 km2) localisée au sud de la seconde ville d'Indonésie (Surabaya) en engloutissant une dizaine de villages et forçant des milliers de personnes à évacuer la zone, a débuté en mai 2006 et se poursuit sans interruption depuis lors.

Finalement, Thierry nous a également projeté une superbe vidéo retraçant la très spectaculaire éruption du Piton de la Fournaise (île de la Réunion) de fin 2007 où d'innombrables torrents de lave très fluide rivalisaient de beauté et de majesté avec les vives fontaines de lave issues des fractures éruptives. Le spectacle du combat entre l'eau et le feu au bord de mer était particulièrement impressionnant. Cette éruption aura duré un mois et est aujourd'hui toujours considérée comme l'une des plus importantes éruptions historiques de ce volcan bouclier de point chaud. Après la fin de l'éruption, les dépôts et autres sublimés minéraux autour des fractures éruptives ont enfin révélé leurs très belles couleurs, variant dans une gamme allant des tons ocres à jaunes pastels.

La soirée volcanique s'est poursuivie et achevée dans la petite salle de notre restaurant grec favori, le Delphes à Schaerbeek, autour d'assiettes de mezze grec, de succulentes grillades d'agneau et autre lapin à la grecque dégustés dans une ambiance, comme à l'accoutumée, très chaleureuse et festive.


26 septembre : après une laborieuse installation du matériel de projection (Win XP ne semble pas très compatible pour une projection vidéo sur grand écran), Thierry Dockx (DOS) nous a présenté un superbe diaporama à propos des volcans visités au Sud Chili en compagnie de Bernard & Nadine, Luc, Juan Carlos et bien sûr Annick. Du point de vue des volcans actifs, les excursions aux volcans Llaima et Chaiten ainsi que le survol du Villarica ont été le clou de cette expédition. Retrouvez les photos des volcans visités et de l'équipe belge sur le site web concernant ce voyage réalisé en février dernier !

Après avoir pris un petit apéro à l'abri des regards indiscrets, nous voilà reparti pour l'autre bout du monde, à Krakatau entre les îles de Java et Sumatra, en Indonésie. L'assistance a été particulièrement impressionnée par les images spectaculaires de l'activité fortement explosive (de type strombolien) au nouveau cratère de l'Anak Krakatau. Dans la foulée, Thierry Sluys (UNO) a projeté un montage vidéo où son et mouvement complétaient le diaporama de DOS. Les images vidéo nocturnes accompagnées de leur son étaient très impressionnantes ainsi que celles, notamment projetées au ralenti, d'une puissante explosion où les 25 personnes présentes (dont un groupe de camarades Chiliens) ont pu apprécier l'énorme taille (celle d'une petite voiture) de deux projectiles incandescents parmi tant d'autres juste un peu plus petits. 

Pour revoir des photos (+ récit) du Krakatau, consultez les sites web retraçant les deux visites à ce volcan effectuées au début de juin et à la fin de juillet: DOS, UNO, Alino.

La soirée des 25 participants s'est achevée dans un restaurant chilien, l'Auracana à Ixelles, où nous avons carrément mis le "feu volcanique" à la petite salle. Les discussions à bâtons rompus ont pris place dans une ambiance très enflammée où de la fumée bleue, libérée en cuisine par la cuisson du succulent steak argentin servi à table, nous rappelait inévitablement une atmosphère volcanique ! Le bruit des explosions de paroles était plus nettement audible encore du côté de la table chiléno-espagnole. Ah ces bruyants et bouillants Latinos (hihi) ! C'est bien après minuit que nous avons finalement levé le camp avec regrets. Vivement la prochaine réunion !


21 mars:  après un faux départ en février pour cause d'indisponibilité de notre salle habituelle sur le campus Solbosch de l'U.L.B., notre première réunion de l'année 2009 s'est finalement tenue au premier jour calendrier du printemps.

Robin a ouvert le feu volcanique en nous présentant un superbe diaporama relatif à son circuit islandais d'août 2008 après une participation à un congrès de volcanologie IAVCEV. Il était accompagné à cette occasion par son collègue Benjamin Barbier.  Ils ont sillonné courageusement en V.T.T. les pistes caillouteuses du centre de l'Islande en parcourant, lourdement chargés, un kilométrage quotidien impressionnant, de l'ordre de 80 à 100 km.. Nous avons ainsi pu admirer de très belles photos des superbes paysages volcaniques islandais situés au nord des chutes de Gulfoss et dans la zone du geyser Strokkur.

Pour la seconde partie de la présentation de Robin, nous sommes passés d'un climat assez frais et humide à un climat tropical pour aller visiter les volcans actifs du Guatemala. Robin y a effectué deux séjours; le premier en février 2008 où nous l'avions rejoint au sommet du Pacaya et le second en novembre de la même année après avoir participé à un congrès de volcanologie à Mexico City. Nous avons pu revoir de belles images spectaculaires des trois volcans actifs de ce petit pays d'Amérique Centrale. Parmi les nombreuses images, nous retiendrons particulièrement les courtes (200-300 m. de longueur maximum) coulées visqueuses du Pacaya qui s'empilent, toujours à l'heure actuelle, les unes sur les autres sur les hautes pentes sud du cône Mac Kenney pour y former des tumuli de lave. En novembre 2008, de l'incandescence était visible dans l'un des deux puits/hornitos nichés dans le cratère central du cône Mac Kenney où avaient lieu, par intermittence, de légères activités stromboliennes. Robin nous a également brièvement parler d'une reconnaissance au lac de cratère du volcan El Hoyo dont la légende local rapporte que son lac est sans fond. Robin et Agnès Mazot ont pu y réaliser un profil échosondeur qui a montré que la profondeur du lac était, en réalité, assez faible (une dizaine de mètres en moyenne). En conséquence, le cratère contient un volume d'eau douce limité, principalement utilisé pour l'irrigation des champs environnants, et un risque d'accumulation de CO2 quasi nul. Cliquez pour visionner des photos récentes des volcans du Guatemala sur le site d'Alain Catté.

Après un petit intermède arrosé et une courte introduction géologique à propos des volcans du Salvador, Thierry Sluys a projeté un film vidéo sur ces volcans actifs et d'autres curiosités de ce charmant petit pays d'Amérique Centrale coincé entre le Guatemala et le Honduras. L'expédition de nos trois amis, sous bonne garde policière armée, a débuté par l'ascension du volcan San Miguel dont la dernière activité a eu lieu en 2002. Le San Miguel culmine à 2130 mètres d'altitude et son sommet est couronné par un énorme et profond cratère où plusieurs terrasses, plus ou moins effondrées, se succèdent. De petites exhalaisons gazeuses sont encore présentes ici et là sur les parois internes du cratère. Après une première petite fête locale, l'équipe a décidé de louer une avionnette au départ de San Miguel afin d'aller observer du ciel les beaux volcans et autres paysages volcaniques (notamment les lacs de caldera) de la cordillère volcanique du Salvador. Les images du survol de la chaîne volcanique étaient particulièrement spectaculaires et instructives du point de vue géologique. Les cratères concentriquement emboîtés du plus haut et plus actif volcan du Salvador, le Santa Ana ou LLamatepec, étaient bien visibles alors que les nuages d'altitude stagnaient sur un côté du grand cratère. Le lac du cratère le plus récent, le cratère actif qui a connu une éruption en 2005, était bien dégagé et exhibait fièrement sa magnifique couleur verdâtre. L'Izalco, cône de cendre/scories à pentes raides et haut de ~600 mètres, s'élève fièrement au sud du strato-volcan Llamatepec. Une légère fumerolle se dégage encore à un endroit de son cratère large de 250 mètres qui s'est endormi en 1966 après près de 200 ans d'activité interrompue depuis sa naissance en 1770. A l'époque, les marins de la région l'avaient qualifié de "Phare du Pacifique" en raison de son activité permanente. On rappellera qu'Haroun Tazieff, accompagné notamment de Pierre Bichet, avait réussi à atteindre le bord du cratère actif du volcan en 1956 après une expédition haute en couleur. Se dirigeant ensuite à l'est du Santa Ana, nos trois amis ont ensuite pu admirer la belle caldera de Coatepeque large de 10 x 7 km et occupée en partie par un lac. Avant d'atterrir sur la petite piste de l'aérodrome de San Miguel, ils ont finalement survolé le complexe volcanique San Salvador, surplombant la capitale, et son cône le plus récent, le Boqueron, dont le profond cratère arboré contient un petit cône de cendre né lors de la dernière éruption en 1917. Nos trois comparses, volcanophiles et désormais définitivement adeptes de la fête latino-américaine, ont aussi profité de ce séjour pour participer à des fêtes locales riches en couleurs et en sensations. Pour terminer en beauté, Thierry nous a montré de très belles orgues basaltiques et un lac volcanique dont les eaux exhibaient deux zones de couleur différente nettement délimitées, une zone d'eau verte et une autre d'eau bleue turquoise probablement acide. Retrouvez les plus belles photos de ce voyage en cliquant sur ce lien !

La soirée s'est achevée dans une ambiance conviviale, mais malheureusement très bruyante et assez étouffante, dans un restaurant italien de Watermael-Boitsfort.

 

En 2008


13 décembre: à l'occasion de l'ultime réunion de l'année 2008, Philippe Thiran nous a présenté un superbe diaporama (PPT) ayant comme thème un circuit effectué en été 2004 sur les volcans les plus connus et actifs de l'imposante péninsule du Kamchatka (Fédération de Russie). Après une introduction géographique et géologique relative aux deux chaînes volcaniques (est et ouest) de la péninsule, Philippe nous a raconté, d'une façon amusante et didactique, son expédition au sein d'un groupe mené par un guide français assisté d'un volcanologue russe. Nous avons ainsi pu voir des photos des volcans les plus fameux de la région. L'Avashinsky, l'un des volcans les plus actifs, est situé aux portes de la plus grande ville de la péninsule, Petropavlovsk. En 2004, son cratère "fumant" sommital était rempli de lave visqueuse (andésite). Le massif volcanique du Tobalchik s'élève au sein du complexe volcanique du Kliutchevskoi. L'édifice est formé d'un volcan bouclier, le Plosky Tobalchik, flanqué de plusieurs rifts, zones d'extension, longs de plusieurs km et ponctués d'une série de cônes de scories. L'éruption de 1975-76 a démarré à partir d'un système de fissures SSO et s'est propagée au sommet produisant la plus importante éruption historique basaltique du Kamchatka. Un autre volcan célèbre de la région est le Bezymianny (le volcan sans nom). L'éruption cataclysmale de 1956 a eu pour conséquence de décapiter le sommet de l'édifice, considéré jusque là comme un volcan en profond sommeil, de plus de 200 mètres. Cette éruption était très similaire à celle du Mont St Helens (Etat de Washington, USA) qui s'est réveillé violemment en mai 1980 après une longue période de dormance. Philippe a également eu l'occasion de survoler le fameux cône actif "fumant" du Karymsky, le volcan le plus actif de la chaîne orientale. C'est un stratovolcan très symétrique, présentant régulièrement une activité strombolienne à vulcanienne, édifié dans une caldera récente large de 5 km. Le Maly Semiachik avec sa caldera large de 10 km est elle-même encastrée dans une caldera grande de 15 x 20 km. Le cratère sommital du volcan, créé il y a 400 ans, présente un beau lac de cratère de couleur bleue turquoise. Une autre site grandiose est la caldera d'Uzon qui contient le site géothermal le plus vaste du Kamchatka inséré dans une dépression large de 7 x 18 km issue de plusieurs grandes éruptions. La caldera exhibe de nombreux dépôts d'ignimbrite (type de ponce à haute température se mettant en place sous forme de nappes fluides riches en gaz) couvrant 1700 km2. Le système hydrothermal de haute température contient de nombreuses sources d'eau chaude et des geysers dans la fameuse Vallée de Geysers longue de 4 km sur la bordure orientale de la dépression. Une éruption phréatique s'est produite en 1986 dans le secteur occidental du champ géothermal, créant un nouveau cratère large de 14 mètres. Le Mutnovsky est l'un des volcans les plus actifs de la péninsule. Il est formé de quatre stratovolcans coalescents à composition essentiellement basaltique. De nombreux cratères percent le sommet du complexe volcanique. Le Gorely, situé au sud de la péninsule, est un édifice du même type est est régulièrement actif. Finalement, Philippe nous a aussi parlé de la vie quotidienne des gens au Kamchatka et nous a montré quelques édifices marquants de la ville principale, Petropavlosk. Avec humour, il a ponctué son exposé de quelques anecdotes croustillantes. Mis à part l'incertitude climatique (temps très variable), j'ai retenu les nuées de moustiques essentiellement présentes le long des cours d'eau et, particulièrement, dans la vallée centrale de la péninsule où coule la rivière Kamchatka. Encore un grand merci à Thierry pour cet intéressant exposé didactique et savoureux. Les discussions volcaniques se sont poursuivies bruyamment au restaurant "la Bécasse"d'Ixelles, comme à l'accoutumée dans une ambiance sympathique et conviviale.

 


08 novembre :après une introduction relative au volcanisme du Costa Rica, notre réunion a débuté par un diaporama sur les volcans actifs et la riche nature du Costa Rica, superbe petit pays d'Amérique Centrale comportant 6 volcans actifs qui sont du S au N : le Turrialba, l'Irazu, le Poas, l'Arenal, le Miravalles et le Rincon de la Vieja. J'ai ensuite eu le plaisir de présenter des images de la spectaculaire activité éruptive qui s'est déroulée le 18 septembre 2007 sur les pentes S.O. de l'Arenal . Celle-ci était caractérisée par l'émission de coulées pyroclastiques provenant du démantèlement partiel du dôme de lave visqueuse sommital et par d'incessantes avalanches de blocs incandescents dont certains étaient vraiment énormes. Photos de ce voyage.

Après une courte pause apéritif, Thierry Sluys nous a projeté plusieurs séquences ramenées de son dernier séjour en Indonésie, en août 2008. Il a débuté sa présentation par des images spectaculaires, tournée en 2007, du volcan de boue de Bledug Kuwu où d'énormes bulles crèvent très régulièrement une surface de boue liquide. Ensuite, nous avons pu voir une séquence vidéo tournée lors d'une fête où des dizaines de papous de la partie indonésienne de la P.N.G., l'Irian Jara,  étaient rassemblés pour se lancer, littéralement, dans des danses endiablées. Photos. Le voyage s'est poursuivi sur les beaux volcans des Moluques avec, notamment, l'ascension du volcan Gamalama  dont le cratère dégaze en permanence. La séquence suivante nous a ramené sur les bords et à l'intérieur du fameux volcan Kawah Ijen, connu pour l'exploitation très artisanale de ses dépôts de soufre situés sur le bord d'un lac d'eau turquoise acide toujours menaçant. A cette occasion, Thierry a pu filmer, de nuit, le spectacle étrange d'un champ de flammes bleutées, hautes de 1-2 m, issues de la combustion du soufre liquide. La température des flammes, mesurée par télécaméra thermique (U.L.B.), est de ~600°c. Le travail d'extraction du soufre sans protection et le portage d'une lourde charge d'énormes plaques de soufre (70-80 kg), pour quelques € par jour, est toujours un spectacle ahurissant et interpellant. Photos. Finalement, nous avons pu voir des images spectaculaires de l'activité actuelle de l'Anak Krakatau. A l'époque, l'activité était caractérisée par de puissants jets de cendres où se mêlaient des blocs parfois de taille impressionnante. Pour s'être approchés un peu trop près de la gueule du monstre, Thierry, Carine et leur guide indonésien ont eu très chaud ! Un très beau spectacle volcanique en tout cas ! Photos

La soirée s'est terminée, dans une ambiance festive et bruyante, autour d'une table de notre restaurant grec favori, le Delphes à Schaerbeek.


20 septembre : Thierry Dockx (DOS) nous a présenté deux superbes diaporamas. Le premier était relatif à un voyage sur les volcans actifs des Philippines en février 2008 : le fameux Pinatubo qui a connu une éruption paroxysmale en juin 1991, le Taal (dernière éruption en 1975) et le Mayon (le volcan les plus actif de l'archipel). En guise d'introduction, Thierry nous a projeté une courte séquence vidéo d'une expédition réalisée par Tazieff trois années après l'éruption la plus puissante du 20è siècle. Les anecdotes racontées par Thierry & Annick se sont révélées souvent croustillantes. J'ai retenu particulièrement la traversée du lac de cratère du Pinatubo (large d'environ 2 km) à la nage et la baignade parmi des requins baleines au large de l'île de Palawan. Après un intermède "apéritif", Thierry nous a montré des images de son voyage le plus récent,  celui sur des volcans et sites archéologiques du Sud Pérou. Les photos très colorées de paysages magnifiques (dont les étonnantes salines de Mara), du majestueux vol des Condors, de sites archéologiques connus (Machu Pichu) et moins connus étaient splendides et bien dépaysantes. En cliquant sur le lien "Volcans du Sud Pérou", vous aurez l'occasion, à nouveau, de  ressentir quelque peu l'atmosphère de cette superbe région. Les discussions, souvent enflammées, entre passionnés volcanophiles se sont poursuivies dans un restaurant d'Ixelles.


17 mai : 1) Jean-Michel Mestdagh & Bernard Duyck nous ont présenté un superbe diaporama sur les volcans actifs ainsi que sur la faune et la fore très riches du Costa Rica. Le pays qualifié de "Pais de la Pura Vida" par ses sympathiques habitants présente une diversité de paysages particulièrement étonnante. Il est juste dommage pour nos amis que les conditions météorologiques en janvier n'aient pas été à la hauteur de celles régnant habituellement en saison sèche, en ce qui concerne particulièrement la visibilité des volcans. Mais rappelons que la forte humidité tropicale est un bienfait qui procure à la végétation sa luxuriance et permet à la vie animale de prospérer dans de riches biotopes particulièrement préservés et protégés au Costa Rica.

"Le Costa Rica est organisé topographiquement en trois grands secteurs : les chaînes de montagnes volcaniques des "Cordilleras" culminant à 3 819 m au Cerro Chiripo (Cordillera de Guanacaste et Valle Central) , les plaines inondées (marécageuses/mangrove) de la côte caraïbe et la côte pacifique accidentée.

Dans la Cordillère centrale, il y a une multitude de volcans actifs, endormis et éteints. Le Rincón de la Vieja (Province de Guanacaste; alt.: 1 916 m) avec de nombreuses mares de boues sur ses flancs et un beau lac acide de couleur bleue, le Tenorio (1 916 m), le Miravalles (2 208 m), le Turrialba (3 328 m) avec une recrudescence d'activité fumerollienne depuis 2006. Les trois plus visités sont le Volcán Poás (2 704 m), dont le cratère le plus récent est occupé par un lac acide et un dôme, l'Irazú (3 432 m) dont le cratère le plus récent contient un lac vert, et l'Arenal (1 633 m), qui s'est réveillé en 1968 après 500 ans de repos, près duquel sont construits de nombreux hôtels et thermes.

Page d'informations plus détaillées sur les volcans du Costa Rica

Dans la plaine élevée centrale (Meseta Central) du secteur de la cordillère, le Costa Rica est densément peuplé avec San José, Alajuela, Cartago et Heredia, quelques-unes des plus grandes villes du pays. Puerto Limón, sur la côte des Caraïbes, est le port le plus important du pays. San José, la capitale, compte 2 millions d'habitants avec sa grande banlieue.

La côte pacifique est la plus ouverte au tourisme balnéaire avec de nombreuses stations prisées tant par les riches californiens (Tamarindo, Puntarenas, Quepos) que par les surfeurs en quête de vagues sensationnelles (Ollie's Point et Playa Grande au nord de Tamarindo, Jaco et Playa Hermosa dans la région de Puntarenas).

Le climat du Costa Rica est marqué par la saison sèche et celle des pluies. La période des pluies s'étend de mai à novembre, la saison sèche de décembre à avril. En raison de sa situation entre le 8 et 11° de latitude nord, le Costa Rica se trouve dans les tropiques. Toutefois, d'un endroit à un autre, les précipitations diffèrent considérablement: les précipitations à San José sont de 1 867 mm par an, alors qu'à Puerto Limón sur la côte Caraïbes, il tombe 3 518 mm par an".

A noter que 16% du territoire sont occupés par des Parc Nationaux (et 25 % sont protégés) ce qui fait de ce petit pays d'Amérique Centrale un des plus riches et diversifiés au monde du point de vue écologique. Du point de vue économique, le Costa Rica est un des plus grands producteurs mondiaux de café (Arabica) et de bananes.

Page web illustrant ce circuit en quelques clichés !


2) Ensuite, Daniel & Sylvie Chéreau nous ont projeté une vidéo spectaculaire réalisée en 2008 à Dallol & à l'Erta'Alé en Ethiopie, ainsi que quelques images du lac de lave très actif du Nyiragongo. Nous avons pu ainsi comparer ces deux lac de lave assez différents. Celui de l'Erta'Ale est circulaire, surmonté la plupart du temps d'une pellicule de lave "plastique" sombre, même durant la nuit, qui est zébrée par des fissures rougeoyantes en échelons et percée ponctuellement de jaillissements laviques qui se déplacent le plus souvent vers les extrémités du lac et qui s'insinuent sous les parois de la terrasse inférieure. Quelques fois, des débordements se produisent et la lave envahit l'ensemble de la surface de la terrasse la plus basse. Nos amis ont estimé que la hauteur les séparant du lac actif était de ~80 mètres et, malgré cette distance, ils disaient ressentir nettement la chaleur irradiante ce qui les obligeait, quelques fois, à se retirer de leur point d'observation et à déplacer leur matériel de prise de vue.  Nous avons pu encore une fois observer sur ces images les déplacements des plaques de lave à l'image des plaques tectoniques (mouvements de divergence/convergence des plaques ou accrétion et subduction/obduction-chevauchement) ainsi que des points chauds mobiles et éphémères. Les images de zones de siphonage engouffrant rapidement la lave étaient également particulièrement étonnantes et spectaculaires. Quant au "pit crater" septentrional à fond plat couvert de lave durcie, il dégazait fortement par endroits. 

Les images du site volcano-hydrothermal du site de Dallol étaient toujours aussi splendides avec des couleurs pastelles sorties tout droit d'une bande dessinée. On a pu observer un phénomène étonnant et nouveau sur ce site : la présence de petits jaillissements d'eau de couleur jaune soufre (en fait de l'eau contenant du fer à l'état réduit) dans une lagune d'eau saumâtre située à l'est du site. A noter que, lors de la visite de Daniel & Sylvie sur ce site situé au nord de la dépression Danakil à quelques dizaine de mètres sous le niveau de la mer, le ciel plombé rendait les températures supportables (une trentaine de degrés) alors, qu'habituellement, elles atteignent régulièrement 45-50°c

Le lac du Nyragongo (R.D.C.) a été filmé en 2005. A cette époque, ce lac, en forme de croissant de lune, était particulièrement agité et parcouru par des myriades de petits fontaines de lave durant la nuit. Le jour, il était quasi totalement recouvert d'une pellicule noire de lave partiellement solidifiée (plastique) et ses bordures étaient localement bouillonnantes (jaillissements de lave ponctuels). Rappelons que la composition des laves du Nyiragongo est plus pauvre en silice (ce qui produit une lave plus fluide) que celle des laves de l'Erta'Ale et que la quantité de gaz (principalement de dioxyde de soufre) émise par ce stratovolcan, localisé sur la branche occidentale du rift est-africain, est nettement plus élevée que celle émise par le volcan bouclier éthiopien situé dans la partie septentrionale du grand rift est-africain. Les éruptions de 2000 et 2002 du Nyiragongo, avec des coulées de lave traversant la ville de Goma avant d'atteindre le lac Kivu, sont encore en mémoire. 

Pour terminer, le couple nous a montré des photos spectaculaires de la partie basse des coulées de lave qui ont dévalé la Valle del Bove à partir du 10 mai. Au moins quatre lobes laviques rougeoyants étaient nettement visibles.

Voir aussi le blog de Sylvie & Daniel ! 

La soirée s'est achevée au restaurant ixellois "Le Loup Voyant" dans une sympathique ambiance conviviale et festive.


12 avril : Alain Melchior (Alino) a débuté la séance en projetant 5 séquences vidéo relatives à un récent circuit sur les trois volcans actifs du Guatemala (février 2008). Nous avons ainsi pu voir les mouvements variés et souvent tortueux des coulées de lave du Pacaya, une séquence animée d'une spectaculaire avalanche de blocs incandescents issus de la dislocation partielle de la langue méridionale du dôme actif du Santiaguito, le Caliente, ainsi que des images associées au bruit de dégazage impressionnant (bruit de turbine de moteur à réaction) de deux explosions du Caliente filmées à partir du sommet du Santa Maria. Quelques images du superbe lac Atitlan et de l'étonnante église San Andrès Xecul  ont clôturé la première partie. Thierry Sluys (Uno) a enchaîné en projetant un diaporama résumant les points forts de ce voyage où les zones habitées situées à proximité des volcans actifs visités ainsi que les personnages souvent colorés étaient bien mis en évidence au moyen de superbes clichés agrémentés d'extraits musicaux bien choisis. Les clichés nocturnes, réalisés au moyen de pauses longues sous sensibilité ISO élevée, des avalanches de blocs incandescents du Caliente et du Fuego (02/2007) étaient particulièrement spectaculaires ainsi que les séquences vidéo de 2007 et 2008 des explosions qui secouent régulièrement le cratère actif du Caliente. La soirée s'est déroulée autour d'une bonne table d'un restaurant d'Ixelles.

Cliquez sur ce texte pour visionner des photos de ce voyage !

Cliquez sur ce texte pour visionner trois séquences extraites du film vidéo (1 du Pacaya et 2 du Santiaguito)!

 

 

En 2007


21 avril : Alain Melchior  a d'abord présenté un documentaire réalisé par l'ORTF en 1963 mettant en scène Haroun Tazieff et son équipe scientifique de l'époque (dont son ami artiste peintre Pierre Bichet) au sommet du très actif Stromboli. On y voit l'équipe de volcanologues, munis de heaumes anti-bombes, effectuer des mesures de température et des échantillonnages de gaz sur les bords des bouches actives du volcan en prenant certaines risques afin de pouvoir réaliser ce travail périlleux. A la fin du reportage, Haroun Tazieff ("Garou") est surpris par une explosion plus violente que les autres et sort indemne, assez miraculeusement, de cette situation à hauts risques.

La seconde partie a été dédiée au Volcan de Colima situé sur la bordure occidentale de la Ceinture Volcanique Transmexicaine (CVT). Rappelons que le Complexe de Colima comporte trois volcans distincts (Le Cantaro, Le Nevado de Colima ainsi que le beau cône actif et élancé du Fuego de Colima). L'auteur du film a d'abord montré quelques cartes pour situer géographiquement, géologiquement et tectoniquement ce volcan mexicain bien moins connu que son grand voisin, le Popocatepetl. Quelques informations relatives aux laves, au dynamisme éruptif, à l'âge du volcanisme et à la chronologie des éruptions historiques (plus de 40 en 400 ans) ont également été données. Un survol en 3D du volcan a permis de bien distinguer ses caractéristiques géomorphologiques majeures comme la caldera del Playon large de 5 km et ouverte vers le sud, qui a libéré une gigantesque coulée pyroclastique (sous forme d'un "blast" ou souffle, beaucoup plus puissant que celui du Mt St Helens en mai 1980) il y a 2500, 4300 ou 9700 ans selon les diverses interprétations des géologues. Ensuite, le réalisateur a projeté le film vidéo réalisé en juin 2005, période pendant laquelle le volcan était moyennement actif (1 à 4 explosions quotidiennement). On y voit le volcan à partir du bunker de l'Observatoire Volcanologique de l'Etat de Jalisco, situé seulement à 5 km à vol d'oiseau au nord du volcan de Fuego à près de 4000 mètres d'altitude, et à partir du Sud sur le site du ranch de "La Yerbabuena". A cette époque, les explosions propulsaient dans les airs des panaches de gaz et de cendres atteignant 3000 mètres de hauteur. Une séquence vidéo réalisée par des scientifiques de l'Université de Colima, incluant 4 activités spectaculaires, a également été montrée. Pour conclure, un documentaire réalisé par le Centre de Volcanologie de l'Université de Colima a bien résumé l'évolution géologique du volcan, l'historique des éruptions, les méthodes de surveillances mises en oeuvre par ce Centre ainsi que la description des principaux dangers de ce volcan (coulées pyroclastiques, lahars, retombées de cendres).

Cette réunion s'est comme à l'accoutumée poursuivie entre amis et passionnés de volcans actifs au restaurant "Le Villon" et c'est vers minuit que nous avons finalement décider de rendre les armes pour aller nous coucher et, peut-être, rêver de volcans actifs ?! Je voudrais finalement remercier les plus fidèles parmi les fidèles, mes amis, d'avoir assister à cette présentation malgré le beau temps de cette journée quasi estivale !

Cliquez sur le cliché afin de visionner des photos et lire des informations sur ce volcan et ce voyage effectué en juin 2005.


17 mars : Robin Campion : Robin nous a présenté un superbe film vidéo très spectaculaire à propos de l'activité polymorphe de l'Etna qui s'est déroulée fin 2006. Activité explosive, activité strombolienne forte, effusive et même pyroclastique se sont succédés au cône SE pendant les derniers mois de 2006. Ces nombreuses phases d'activité variée plus ou moins intenses et destructrices ont considérablement modifié la morphologie du cône SE en quelques mois seulement. Cicatrices/entailles profondes sur le flanc sud, hornitos s'élevant fièrement des pentes scoriacées du cône principal, bouches effusives multiples, et gouffre béant sous le cratère sommital balafrent désormais le cône terminal le plus actif de l'Etna. L'activité effusive, d'intensité variable, était le plus souvent accompagnée de phases explosives caractérisées par la libération de nuages de cendres et de gaz dans les airs (parfois, jusqu'à 3000 mètres au-dessus du cratère). Une petite activité strombolienne débutante a pu être filmée d'assez près par nos téméraires volcanophiles au sein d'une bouche effusive perçant le flanc sud du cône SE. A la fin de novembre, une brève activité de fontaines de lave a même eu lieu au cratère sommital du cône SE. Elle a éjecté un volume appréciable de cendres sur toute la région et notamment  jusqu'à l'aéroport de Catane (Fontanarossa) qui a du être fermé à plusieurs reprises suite aux matériaux fins, présents en suspension en altitude, qui étaient susceptibles de perturber le trafic aérien transitant par l'est de la Sicile. Une courte mais impressionnante coulée pyroclastique, ayant pris naissance à mi-pente du cône SE, a été filmée entièrement par Robin. Ce mécanisme, exceptionnel sur l'Etna, a probablement été causé par la conjugaison de plusieurs facteurs dont l'effondrement partiel du flanc méridional de l'imposant cône SE (dont la hauteur estimée est d'environ 300 mètres), peut-être suite à l'ouverture d'une nouvelle bouche et/ou à la poussée violente des gaz libérées par la vaporisation d'eau au contact du magma (activité phréato-magmatique). D'ailleurs, de belles explosions phréato-magmatiques (petites panaches cyprèsoïdes noirs associés à des volutes blanches de vapeur d'eau) ont suivi ou précédé cette mini coulée pyroclastique. Bref, ce fût une magnifique spectacle, caractérisé par une très belle (couleurs magnifiques en période de soleil rasant et de phases d'expulsion de cendres) et spectaculaire activité très variée sur le flanc SE du plus haut volcan actif d'Europe, auquel a assisté Robin au cours de plusieurs séjours. Robin nous a également montré des belles images hivernales du Mongibello (construction d'un igloo) et des salinelles (solfatares volcano-sédimentaires) de Paterno (flanc sud).

Bernard Louant nous a présenté l'interview de deux des plus célèbres collaborateurs d'Haroun Tazieff (dit "Garou") réalisées dans le cadre du vingtième anniversaire de L.A.V.E. (pour rappel, pour ceux qui ne le sauraient pas encore : "L'Association Volcanologique Européenne"). Le très sympathique Pierre Bichet, artiste peintre de profession, a eu la chance et le plaisir de participer maintes fois à des expéditions d'Haroun Tazieff. Il en garde un excellent souvenir. Selon Pierre, la particularité dominante de cet homme de caractère qu'était Haroun Tazieff se reflétait dans son caractère aventurier au vrai sens du terme se plaisait-il à répéter. C'était un découvreur de situations et d'émotions nouvelles doté d'une énergie et d'une force physique et psychologique exceptionnelles. Le facétieux artiste peintre, bien épaulé par sa chaleureuse et courageuse épouse, soulignait l'importance de la distribution mondiale des volcans actifs qui a forcé, pour le plus grand plaisir de Pierre, l'équipe pionnière de volcanologues à voyager dans le monde entier afin d'aller étudier/observer sur le terrain un de plus beaux et fascinants spectacles de la nature : le volcanisme actif.

La seconde interview s'intéressait à un autre fameux collaborateur de "Garou", le scientifique François le Guern dit "Fanfan". Il nous a également évoqué, avec son léger sourire légendaire, les bons moments passés en compagnie de l'enfant prodige de la volcanologie. Il a souligné le fait qu'Haroun Tazieff était bel et bien un véritable scientifique, c'est-à-dire, selon lui, un pionnier et un chercheur de l'inconnu qui a cherché, découvert et diffusé ses résultats en les publiant dans plusieurs revues scientifiques réputées internationalement. Dans cette interview, Fanfan a déclaré qu'un véritable chercheur était celui qui se mettait en quête de ce qu'on ne savait pas encore, c'est-à-dire de l'inconnu. C'est à vrai dire un aventurier des temps modernes. Dans cette perspective, il nous a raconté brièvement une histoire relative à un projet de mise au point d'un appareillage de mesure des gaz (sur base du processus d'équilibre de la phase vapeur dans les gaz soufrés au-dessus d'une certaine température) de terrain. Dans le cadre de ce projet financé par le CNRS, le chef d'équipe, Haroun Tazieff en l'occurrence, avait proposé un délai d'un an à l'équipe de chimistes, dont faisait partie Fanfan et un chimiste belge de l'université de Gand appelé Yvan Elskens, afin de mettre au point un appareillage miniaturisé de chromatographie en phase gazeuse. Finalement, cet appareillage a vu le jour juste 1 mois après que la décision de réalisation ait été prise !

Un diaporarama de Bernard Fontaine nous a permis de revoir la spectaculaire activité de l'Etna sous la forme d'instantanés.

Une vingtaine de participants à la réunion se sont retrouvés au restaurant ("Le Villon") dans une ambiance très chaleureuse et conviviale (et même le plus souvent dans une ambiance surchauffée volcaniquement) et très sympathique où les éclats de rire ont alterné avec les discussions à bâtons rompus tournant autour des récents voyages des membres présents et de l'activité actuelle du volcan le plus actif d'Europe, le Stromboli aussi appelé le phare de la Méditerranée.

Pour visionner quelques photos de l'activité de l'Etna en fin 2006, je vous invite à visiter les pages web suivantes :

Etna - fin novembre 2006 (Luc, Robin, Bernard, Juan-Carlos & Claude)

Thierry, Bernard, Claude, Juan & Robin et le cône SE (photo de Luc Calvi)

Evolution possible du dynamisme éruptif de l'Etna (vers un type plus explosif) -- < "Letters to Nature/Natue/Vol 412/30/08/2001"

Etna (3/11) : photos de Thierry & Carine Sluys

 

Site "photos" ,à propos de l'activité effusive au sommet de l'Etna le 20 octobre 2006, par Luc Calvi

 

 


 

En 2006

25 mars : Thierry DOCKX a présenté un superbe diaporama-DVD sur les très beaux volcans de l'île de Flores (Indonésie).


20 mai : Thierry Dockx  nous a présenté des images, sous forme d'un diaporama sur support DVD & d'un film vidéo numérique, relatives à une expédition réalisée en février 2006 dans la dépression Danakil (voir page web pour visionner des photos). Les images du site hydrothermal de Dallol (volcanisme hydrothermal perçant un dôme d'évaporites riches en potasse) et du fabuleux lac de lave actif de l'Erta'Ale  (niché au fon du puits/pit crater sud) étaient particulièrement belles et spectaculaires. Auparavant, Juan Carlos Molina nous avait fait un exposé, au moyen d'une présentation "Power Point" et d'une série de diapositives, visant à retracer l'histoire tectonique de l'Afrique au cours des différentes périodes géologiques. Il a terminé en nous rafraîchissant la mémoire à propos du modèle de la tectonique des plaques en Afrique de l'Est et, plus spécifiquement, dans la zone d'intersection triple (RRR) de l'Afar. De nombreuses cartes géologiques, tectoniques et satellitaires ainsi que des photos de terrain personnelles ont illustré l'exposé marqué désormais  par son légendaire et sympathique accent castillan de Catalogne (ainsi, pour les non initiés, le mot "boule", prononcé ainsi par J.C., signifie "bulle"). Rappelons, qu'en parallèle à son emploi au sein des Institutions Européennes, Juan Carlos poursuit un cycle d'études spécialisées en volcanologie au sein de l' "Open University". Après cette intéressante et spectaculaire présentation, beaucoup d'entre nous se sont rendus au restaurant "Le Villon" où un sympathique et amusant commis de salle nous a bien diverti et cela pour notre plus grande plaisir ! Nous y avons d'ailleurs déjà réservé une table à l'occasion de notre prochaine réunion prévue le samedi 24 juin.


24 juin : à l'occasion de notre réunion de juin, Thierry SLUYS nous a présenté deux diaporamas. Le premier concernait un voyage effectué au Sud de l'Islande en février dernier. Nous avons ainsi pu visionner quelques uns des magnifiques paysages volcaniques islandais : le complexe de dômes rhyolitiques (incluant localement des coulées d'obsidienne) multicolores de Landmannalaugar; la grande faille de Thingvellir séparant les mégaplaques eurasienne et nord-américaine (elle fût aussi à ses heures le siège du premier parlement islandais), le geyser "Geysir" (à l'origine du terme geyser) près de la plus haute chute d'eau du pays (Gulfoss), le volcan Hekla (dernière éruption en 2000) sous le soleil de minuit, le geyser le plus actif d'Islande (le Strokkur), l'île d'Heymaey où le plus récent volcan du pays trône désormais, l'Eldfell (1973), ainsi que quelques paysages de glaciers dans lequels certains blocs de glace translucide sont maculés de cendres noires provenant d'éruptions sous-glaciaires passées (celles du Grimsvötn par exemple).

Geyser Strokkur

Le second diaporama se rapportait à une expédition au volcan Nyiragongo, s'élevant au nord du lac Kivu, lui-même situé dans la branche occidentale du rift est-africain. A l'inverse de son imposant voisin qui était couronné de neige, le Karisimbi (dont le sommet fait office de frontière entre le Rwanda et la RDC), le Nyiragongo se trouve entièrement en territoire congolais. L'expédition avait comme objectif initial la découverte et l'observation du lac de lave actif de ce volcan dont le lac de lave avait été, pour la première fois, atteint par Haroun Tazieff (1958). Malheureusement, des véritables bandits de grand chemin, semant régulièrement la terreur dans cette région du Sud Kivu, en ont décidé autrement ! Venant à peine d'atteindre la lèvre abrupte du cratère du Nyiragongo, Thierry et ses compagnons d'infortune de la Société Volcanologique de Genève (P. Vetch, M. Caillet, ...) ainsi que Jacques Durieux (volcanologue d'origine belge dirigeant l'Observatoire Volcanologique de Goma), fûrent lâchement attaqués en pleine nuit par des hommes lourdement armés. Ces derniers sont parvenus à détrousser plusieurs personnes du groupe avant de s'enfuir et de s'enfoncer rapidement au coeur de la dense forêt équatoriale couvrant les basses pentes de ce vaste volcan au sommet tronqué. Lors de ce séjour mouvementé, Thierry a néanmoins eu l'occasion de voir les importants dégâts occasionnés par l'éruption fissurale qui s'est produite en 2002. Les photos, réalisées lors du survol de l'aéroport de Goma, sont particulièrement édifiantes. On y voit l'extrémité nord de la piste véritablement noyée sous un amas chaotique de lave basaltique tordue sombre au-delà duquel se trouvaient encore, à l'époque du passage de notre ami, des avions en état de vol (seraient-ils bloqués là ad vitam eternam ? ...). Les photos aériennes soulignent très clairement les diverses fractures éruptives parallèles (souvent associées en échelons) qui ont déchiré le flanc sud de l'imposant cône du Nyiragongo. Elles lézardent l'édifice depuis une zone située à quelques centaines de mètres sous le sommet jusqu'aux portes de la ville de Goma (à proximité de l'aéroport) en passant par le cône adventif du Shaheru (les coulées basaltiques sous-saturées en silice de 2002 ont d'ailleurs rempli quasi entièrement le cratère de cet imposant cône secondaire). On peut aisément s'imaginer la très grande fluidité de cette lave néphélénitique en portant son regard sur certaines hautes branches d'arbres situées sur la parcours de la coulée principale de 2002. Par endroits, la partie supérieure des branches est littéralement enrobée de paquets de lave tordus qui se sont rapidement figés sur place (processus de refroidissement de "prise rapide"). Ces amas de roche noire ont été projetés à plusieurs mètres de haut sous la force de l'impétueux torrent tourbillonnaire de lave très fluide (vitesse maximale estimée à 70 km/h). Ce diaporama s'est conclu par le survol de la grande caldera du volcan bouclier Nyamugyra.  On a pu aisément observer sur les clichés aériens qu'une extrémité échancrée de la caldera (en direction du Nyiragongo) avait été le point de passage (ou de départ) d'une longue coulée de lave basaltique. La caldera sommitale, partiellement comblée de laves récentes, était à l'époque peu profonde et percée de plusieurs cratères puits plus ou moins profonds.

L'intermède a été mis à profit pour diffuser les premières images, très spectaculaires, de l'éruption en cours au Merapi (Java Centrale, Indonésie) réalisées début et mi-juin par notre ami Thierry Dockx. On a pu ainsi visionner de véritables coulées pyroclastiques (depuis leur point d'émission) très impressionnantes qui dévalaient les pentes S-SE du Merapi (dans la région de Kaliurang).

Le cône dégazant du Nyiragongo vu de l'aéroport de Goma (Sud Kivu, R.D.C.)

Enfants de Goma posant sur le chaos superficiel des coulées de lave torsadées ("pahoehoe") de l'éruption de 2002.

En seconde partie de séance, nous avons pu apprécier un film vidéo (numérique), réalisé par un membre de la S.V.G., relatif à une expédition récente menée sur ce volcan (rappelons-le "interdit" à l'époque où Haroun Tazieff est descendu pour la première fois au fond de ce puits actif en 1959). Les images du lac de lave en fusion, très bouillonnant et remuant, étaient particulièrement spectaculaires et belles. Le film raconte, du début à la fin, le déroulement de cette expédition qui a réussi à atteindre la première plate-forme localisée sous la lèvre du cratère sommital du Nyiragongo (400 mètres seulement au-dessus du puits de feu et 300 mètres sous le bord du cratère sommital). Les quelques anecdotes ponctuant cette expédition ainsi que les images sensationnelles de la descente dans le puits actif en font un documentaire d'une très grande qualité. En épilogue, la découverte des gorilles de montagne était également très instructive et particulièrement impressionnante. C'est ainsi que l'opérateur de prise de vues s'est retrouvé à quelques mètres seulement d'un grand mal dominant (appelé "dos argenté") en train de déguster le feuillage et l'écorce d'une branche qui lui semblaient particulièrement savoureuses. Merci à la S.V.G. d'avoir autorisé la diffusion de ce film au bénéfice des membres de LAVE-Belgique;  "Le paradis à l'envers" : Régis ETIENNE ( S.V.G.).

Afin de visionner des photos du Nyiragongo et de son lac de lave actif (diamètre : env. 250 mètres), visitez la page spéciale sur le site de J-J Faugère;  "Volcans Actifs".

Pour conclure cette belle après-midi, nous avons visionné un court-métrage (réactualisé) résumant spectaculairement les périples/aventures de Thierry/Carine sur de nombreux volcans actifs de la planète. A ce sujet, Thierry SLUYS est le concepteur d'un très beau et spectaculaire poster (mosaïque de ses 15 plus beaux clichés). Pour plus d'informations, prière de le contacter par mail.

La soirée s'est poursuivie au sympathique restaurant italien "Le Villon"afin de partager notre passion devant un repas savoureux arrosé du vin du patron. Comme à l'accoutumée, l'ambiance était conviviale, bon enfant et très animée.


30 septembre : Thierry Dockx, nous a présenté un diaporama relatif à trois volcans actifs d'Indonésie. Nous avons d'abord pu voir un bel échantillon de la spectaculaire activité du Merapi qui s'est déroulée en mai & juin dernier. Thierry a eu l'occasion d'approcher la zone des coulées pyroclastiques sur le flanc SE du volcan (dans la zone des villages de Kaliurang & Kaliadem). Les images (photos et séquence vidéo) qu'il nous en a rapportées sont extraordinaires et soulignent, une fois encore, que les coulées pyroclastiques, qui semblent a priori si lentes et si peu dangereuses quand elles sont vues derrière l'objectif de la caméra, sont bel et bien un phénomène terrifiant et menaçant de par le caractère imprévisible de leurs parcours et de leur vitesse élevée (jusqu'à 200-300 km/h). L'observation d'une telle activité doit donc se faire à une distance minimale (de l'ordre de plusieurs km; rappelons que le périmètre de sécurité défini par les autorités locales correspondait à un rayon de 8 km autour du cratère sur les flancs SO, S et SE) avec la plus grande prudence en prenant également en compte les éventuelles mauvaises conditions météorologiques et/ou les nuages diffus de cendres issus d'une précédente nuée ardente. Ces deux facteurs, susceptibles de gêner voire d'empêcher le suivi à bonne distance du trajet des coulées pyroclastiques, peuvent aboutir à une menace potentiellement élevée à l'égard de l'observateur. Il n'est reste pas moins que ce spectacle est extraordinaire par sa puissance destructrice et le caractère imprévisible de la trajectoire des flots gris riches en gaz et matériaux pulvérisés en suspension. Selon notre ami, les sons et odeurs (seule une légère odeur de soufre se faisait sentir par moments en fonction de la direction du vent) étaient absents, ce qui rendait le phénomène encore plus inquiétant. Par moments, il était également possible d'observer des blocs, quelques fois d'une taille impressionnante bien qu'il manquait une référence pour évaluer l'échelle, débouler au front du lobe principale de la coulée grise. Ils avaient  probablement été arrachés du socle rocheux sur lequel le puissant courant de cendres et de gaz se déplaçait. Etant donné qu'aucune incandescence n'était visible au cours de la nuit, ces blocs ne semblaient donc pas été avoir arrachés de la partie active du dôme de lave sommital du volcan. Par contre, quelques très belles photos en pauses longues, réalisées au moment de l'aurore, montraient une nette incandescence liée aux avalanches de blocs issus du dôme actif de lave acide. Il était également intéressant d'observer, ici et là, des volutes verticales de cendres /gaz au sein du flux ardent latéral. Localement, les gaz chauds, entraînant les matériaux les plus fins, peuvent donc ainsi d'échapper vers le haut au sein du flot ardent à déplacement essentiellement latéral. Ce mécanisme s'explique probablement par le caractère tourbillonnaire/turbulent des mouvements gazeux au sein de la coulée de cendres pouvant, en fonction de la structure du terrain sous-jacent, générer, par endroits, une libération verticale des fins matériaux mais aussi une ramification latérale du flot de cendres. Il est toujours surprenant d'observer que, le long du front principal d'une coulée pyroclastique qui emprunte en général la plus grande pente, des lobes secondaires carrément perpendiculaires au flot principal se forment assez fréquemment et peuvent même, ici et là, remonter une pente. Cela nous rappelle que ce phénomène, toujours aussi surprenant, a provoqué la mort prématurée du couple "Krafft" sur les pentes du volcan Unzen, situé sur l'île de Kyushu au Japon, en 1991.

Quelques anecdotes ont ponctué le récit de notre ami passionné qui était encore cette fois accompagné dans ses aventures par Annick, sa courageuse et volontaire épouse.

Activité 2006 du Merapi -- Photos du Merapi par Thierry Dockx

La seconde présentation nous a permis d'observer la très spectaculaire et puissante activité vulcanienne du Semeru en juin dernier. Rappelons que ce volcan est le plus élevé de Java (alt.: 3676 m.) et le plus actif (en activité permanente depuis 1967). Lors de la visite de Thierry, les violentes explosions déchiraient l'air selon une fréquence d'une toutes les 10 à 15 minutes. Au nord, dans la direction des téméraires observateurs, les flancs externes du cratère actif étaient régulièrement bombardés de nombreux blocs de toutes tailles. En raison des excellentes conditions météorologiques, le panorama au sommet était sublime. Les volcans Kawah Ijen et Welirang était nettement visibles ainsi que la très belle caldera du Tengger d'où perce le fameux cône de cendres actif du Bromo, réputé pour son attrait touristique (on atteint son cratère fumant par un escalier de bois) et religieux (fête annuelle du Kesodo).

La troisième partie nous a dévoilé les beautés du volcan Rinjani situé sur l'île de Lombok. Cet imposant volcan, le second plus haut d'Indonésie (3726 m.) après le Kerinci situé sur l'île de Sumatra, dont la caldera (caldera Segara-Anak = fils de Segara) contient un lac d'eau douce, localement légèrement acide, et d'où émerge un petit cône de scories/cendres, le Barujari. Des villageois de l'île de Lombok vont régulièrement pêcher dans ce lac et font sécher leurs captures sur place. Le dénivelé entre le sommet du Rinjani et son lac de caldera est impressionnant : 1800 mètres ! Rappelons que Thierry était sur ce volcan lors de sa dernière grande éruption en 1994. Ce fût d'ailleurs sa première expérience de volcanophile et, depuis lors, il n'arrête plus de sillonner les coins du monde riches en volcans actifs en compagnie de son épouse, Annick, ou de quelques camarades aussi "fous" que lui dans cette passion (je pense notamment à nos amis Thierry Sluys et Juan-Carlos Molina dont la devise est : "hasta la victoria siempre" ... & qui a prononcé cette célèbre phrase ? Eh oui c'est bien le fameux cubano-argentin au béret noir frappé de l'étoile rouge ! Bref, pour en revenir à nos moutons que sont les volcans, les images du point culminant de Lombok étaient très tout simplement sublimes, grâce aussi aux excellentes conditions météorologiques régnant lors de la visite de nos amis.

Finalement, nous avons visionné une séquence vidéo tournée au Merapi au cours de deux périodes distinctes. Nous y avons pu voir la dynamique des coulées pyroclastiques ainsi que la fuite inopinée, en 4x4, de deux journalistes indonésiens pas très téméraires, à moins que ce soit Thierry & Annick qui aient été assez inconscients. A la vue des dégâts provoqués par la principale coulée pyroclastique du 15 juin, ayant ravagé le petit village de Kaliadem et tué deux villageois réfugiés dans un bunkers de protection, on pencherait plutôt pour la seconde hypothèse ! Dommage que Thierry n'avait pas prévu d'amener son vélo de course pour pouvoir éventuellement fuir à toute vitesse ! Hola, sorry,  j'avais oublié Annick !!! Il eut fallu donc prévoir un tandem !

Vingt-cinq personnes se sont retrouvées au restaurant thai-vietnamien situé à quelques encablures du cimetière d'Ixelles. La bonne humeur et l'enthousiasme étaient évidemment une nouvelle fois de mise au cours du dîner d'après réunion. Merci à toutes et à tous d'être venus et, particulièrement, au nombreuses nouvelles têtes (particulièrement aux compagnons cyclistes de Thierry et aux personnes qu'il a rencontrées au Semeru, c'est-à-dire les courageux Jean-Michel Mestdagh et son épouse qui, résidant dans la région de Tournai, ont fait le déplacement jusqu'à Bruxelles (110 km svp !) à l'occasion de cette belle réunion. 

Voir quelques photos en page d'accueil !


9 décembre: Thierry Sluys a présenté deux superbes films qui retracent ses séjours sur l'Etna au début et à la fin du mois de novembre. En cette fin novembre 2006, l'activité du géant sicilien était particulièrement spectaculaire et variée, Notamment, son cône le plus actif, le SE, a libéré trois coulées pyroclastiques, évènements exceptionnels sur ce volcan.  En complément de son matériel, Thierry Sluys a projeté un film vidéo intitulé: " Je parle aux volcans", réalisé par un volcanophile suisse, Régis ETIENNE. Ce film vidéo est subdivisé en 4 parties : Etna , Dallol, Erta Ale, Lengai. Nous le remercions évidemment de son aimable collaboration !


Thierry, Bernard, Claude, Juan & Robin et le cône SE
Cliquez pour visionner les photos de Luc Calvi (fin novembre)

Evolution possible du dynamisme éruptif de l'Etna (vers un type plus explosif) < "Letters to Nature/Natue/Vol 412/30/08/2001"

Transition of Mount Etna lavas from a mantle-plume to an island-arc magmatic source

Transition des laves du Mt Etna d'une source magmatique de panache mantélique à une source magmatique d'arc insulaire (contexte de subduction)

Pierre Schiano , Roberto Clocchiattlt, Luisa Ottolini & Tiziana Busa
Laboratoire "Magmas et Volcans", Université Blaise Pascal, CNRS UMR SSiC OPGC, 5 rue Kessler, 63038 Clermont-Ferrand, France Laboratoire Pierre Sue, CEA CNRS UMR 9956, Centre d'Etude Nudeaireck Saclay, 91191 Gif-sur-Yvette, France
Centro di Studio per la Cristallochimica e la Cristallografia-CNR, via Ferrata 1, 1-27100 Pavia, Italy
Dipartimento di Scienze Geologiche, Universita di Catania, Corso Italia 55, 1-95129 Catania, Italy

Le Mont Etna se situe à proximité de la frontière entre deux régions qui présentent des différences significatives au niveau du type de volcanisme. Au nord, le volcanisme des Iles Eoliennes est présumé être associé à la subduction de la lithosphère Ionienne. Sur la grande île de Sicile, toutefois, aucune évidence chimique ou sismologique de volcanisme de subduction n’existe, et, donc, on pense que le volcanisme, incluant le Mt Etna lui-même, est issu de la remontée d’un matériau mantélique, associée à différents processus tectoniques superficiels. Mais l’absence d’évidence géologique eu égard à la composition primaire du magma du Mt Etna signifie que les caractéristiques de sa source restent controversées. Dans cette étude, nous avons analysé la composition des éléments en traces d’une série de laves émises par le Mt Etna sur les 500.000 derniers ans et préservées comme inclusions fluides dans des phénocristaux d’olivine. Nous montrons que le changement de composition dans les magmas primaires du Mt Etna reflète une transition progressive à partir d’un panache mantélique prédominant à un manteau avec une plus grande contribution de basaltes d’arc insulaire (liés à la subduction). Nous suggérons que celui-ci est associé avec le déplacement vers le sud de la plaque ionienne, qui a été juxtaposée avec un panache mantélique sous la Sicile. Ceci implique que le volcanisme du Mt Etna est devenu plus calco-alcalin, et donc plus explosif, pendant son évolution.

Traduction de l'anglais par Alain M.


 

En 2005

29 janvier : Thierry Sluys nous a présenté une série de diapositives réalisées lors d'un récent voyage sur l'île de la Réunion. Il a pu y observer les produits et nouvelles structures mais surtout les modifications des paysages intervenues depuis la dernière éruption du Piton de la Fournaise (voir page "Eruptions 2004"). C'est ainsi que le petit cône de scorie, juché à l'extrémité de la plateforme de lave nouvellement créée sur le bord de mer, était déjà en train de subir l'érosion par l'Océan Indien au moment de la visite de Thierry. Une vidéo, réalisée il y a quelques années au Chili par le même volcanophile, nous a permis de revoir les somptueux paysages du Nord Chili et les imposants volcans du désert d'Atacama (Licancabur, Lascar, zone géothermale d'El Tatio) et finalement de voir le spectacle toujours impressionnant d'une petite fontaine de lave s'activant au fond du cratère du Villarica situé dans la province méridionale d'Araucarie. Deux films court-métrages, l'un à propos de la disparition des Orang-Outans de Sumatra et l'autre concernant les volcans japonais actifs de l'île de KyuShu, ont conclu cette après-midi. Evidemment, comme à notre habitude, les discussions se sont poursuivies autour d'une bonne table dans notre restaurant favori, le Delphes. On regrettera néanmoins la faible participation à cette première réunion de l'année (7 personnes).


28 février : Alain Melchior a présenté un film réalisé en novembre 2004 au cours d'un séjour au Guatemala où il a pu observer l'activité des trois volcans les plus actifs de ce pays: le Pacaya, le Fuego, et le Santiaguito. Pour accéder à des informations détaillées sur ce voyage, voir: http://users.skynet.be/etna/Guatemala_2004/

Activité strombolienne d'un petit cône intracratérique du Pacaya (24/11/2004). Cliquez sur la photo pour visionner une courte animation de l'activité (4", 520 Ko)


19 mars: Alain Bernard, professeur de géochimie à l'U.L.B. et spécialiste de la thermodynamique des lacs de cratère, nous a présenté un exposé à propos d'une méthode de télédétection récente utilisée en surveillance volcanologique. Celle-ci repose essentiellement sur la mesure, au moyen d'un capteur embarqué sur un satellite, des températures dans les cratères ainsi qu'à la surface des lacs de cratère et, en parallèle, sur des mesures indirectes, via le même capteur, du taux de sédimentation des sels précipités dans ces lacs de cratère de volcans actifs, le plus souvent acides. Alain nous a expliqué la technique en l'illustrant par des cas concrets (volcans Raung, Ijen & Rinjani en Indonésie, lac de cratère du Taal aux Philippines et lac de cratère Voui sur l' île d'Aoba au Vanuatu). L'outil fait appel à la haute technologie des capteurs ASTER & MODIS, qui différent principalement par leur résolution d'acquisition (respectivement 90 m et 1000 m. au sol par pixel), embarqués sur le satellite Terra. Les deux capteurs ou senseurs se sont révélés très efficaces pour la mesure des températures sur divers volcans peu accessibles et, également, dans le cadre du suivi des variations de température à la surface de quelques lacs de cratère menaçants (Kawah Ijen, Taal). A l'inverse des satellites de télédétection classiques comme Landsat T.M., l'intérêt de ces deux capteurs réside dans le fait qu'ils peuvent fonctionner également la nuit lorsque la chaleur solaire du jour diffusée par le sol n'interfère plus avec le dégagement de chaleur lié à l'activité volcanique/ hydrothermale de basse température, ce qui permet d'obtenir des contrastes de températures plus élevés et, par conséquent, une meilleure précision des mesures, surtout en ce qui concerne les mesures de la température de l'eau des lacs de cratère (en général variant de ± 10 à ± 60°c). Alain nous a présenté essentiellement le principe de fonctionnement du capteur ASTER, instrument financé par le Japon. Il permet de travailler dans une gamme du spectre infrarouge. Deux bandes spectrales dans le domaine des longueurs d'ondes infrarouges sont particulièrement utiles dans le cadre de la surveillance de l'activité volcanique. Le S.W.I.R. ("Short Wave InfraRed" -- ondes infrarouges courtes, ± équivalent au proche infrarouge) et le T.I.R. (infrarouge thermique). La détection fine de la diffusion par le sol des ondes de ces deux parties du spectre infrarouge au niveau du capteur ASTER permet de mesurer des contrastes de température de l'ordre du degré (T.I.R.) à quelques dizaines de degrés (S.W.I.R.; notamment illustré par la mise en évidence des coulées de l'Etna émises lors de l'éruption de 2001) et cela avec une assez grande précision. On signalera que c'est dans l'infrarouge (surtout le S.W.I.R. et le T.I.R.) que l'influence de l'atmosphère est minimale en ce qui concerne les effets de dispersion (réflexion, réfraction, absorption,...) de la chaleur du sol par l'atmosphère. Par conséquent, c'est dans ces deux gammes spectrales que la mesure du flux de chaleur d'une source au sol est la moins altérée par les processus de dispersion de la chaleur dans l'atmosphère. C'est pour cette raison que seule l'analyse de l'absorption du spectre infrarouge par le capteur permet d'obtenir une grande précision au niveau de la mesure de la température au sol. Le suivi de l'évolution de ces températures dans le temps se révèle souvent crucial dans le cadre de la prévision d'une activité éruptive. L'infrarouge thermique est principalement utilisé pour la mesure des plus basses températures (de quelques degrés à ± 70°c en ce qui concerne les lacs de cratère et les champs fumerolliens de basse température). Elle est donc particulièrement efficace pour mettre en évidence des petits écarts de température survenus entre deux passages du satellite au-dessus d'un volcan donné (cas récent d'un cône intracratérique au volcan Raung à l'Est de Java) mais aussi au niveau des calorimètres géants que sont les lacs de cratère (Ijen, Taal). Il est à noter que les spécialistes chargés de la surveillance volcanologique à distance peuvent aujourd'hui introduire une demande, cela à tout moment via un site internet, afin d'obtenir des données ASTER infrarouges (scènes de 60 x 60 km) sur des zones volcaniques sensibles, c'est-à-dire celles qui leur semblent particulièrement susceptibles de redevenir actives à court ou moyen terme. Dorénavant, on peut donc suivre l'évolution thermique des volcans depuis le bureau via des satellites spécialisés. Dans ce cadre, Alain nous a montré des images spectaculaires de lacs volcaniques où on peut identifier clairement des cellules de convection thermique associées à des mouvements d'eau chaude remontant du plancher du cratère à la suite d'une intensification de l'activité volcanique/hydrothermale (Ijen, Taal, Voui, Rinjani). Dans le domaine de l'infrarouge thermique, le recoupement des températures mesurées sur le terrain avec celles fournies indirectement par les mesures du capteur ASTER a permis à l'équipe bruxelloise d'élaborer un algorithme (dit U.L.B.) afin de mettre au point un calibrage (basé sur les paramètres d'une droite de régression linéaire) de la température fournie par les mesures d'absorption d'un champ donné du spectre infrarouge analysé par le capteur ASTER. On signalera que cet étalonnage est indépendant du facteur climatique et que, dès lors, l'analyse des températures peut être effectuée sur l'ensemble des lacs de cratères situés dans le monde entier. Par ailleurs, la mesure de l'absorption dans un autre domaine spectral restreint de l'infrarouge permet également de suivre l'évolution du taux de sédimentation des précipités (silice, sulfates, carbonates, chlorures,...) dans les lacs de cratère (exemple du Rinjani sur l'île de Lombok). Etant donné que la quantité de précipités qui se forment, et sédimentent ensuite, est liée directement à la température, elle-même fonction de l'état d'activité du volcan, ce paramètre permet de suivre l'évolution de l'activité volcanique secondaire (hydrothermale) et, par conséquent, indirectement de l'activité éruptive.  Alain nous a finalement parlé du suivi de l'évolution dans le temps de la superficie du lac du volcan mexicain El Chichon (qui connut une éruption paroxysmale en 1982) au moyen du satellite. Cette dernière peut varier du simple au double en fonction du débit de l'alimentation d'une source hydrothermale sous-lacustre, et cela indépendamment de la saison (sèche ou humide).

QUELQUES LIENS

Galerie de photos "ASTER" consacrée aux volcans

Image ASTER (T.I.R.), réalisée le 24 février 2005, dans le secteur du volcan Kliuchevskoi et Shiveluch (Kamtchatka, Russie) -- Le tracé en rouge représente une coulée de lave descendant le flanc NO du volcan. Le mélange de la lave avec la glace/neige du glacier Ehrman a produit des coulées de boue.

Pour obtenir des données thermiques du capteur MODIS (notamment sur certains volcans) en temps réel, voir: http://modis.higp.hawaii.edu/

Anomalie thermique actuelle associée au volcan Kliuchevskoi (Kamchatka)

Pour accéder à des images "ASTER" thermiques (SWIR & TIR), voir:

www.gsj.jp/database/vsidb/image/"Volcan"/volinfo.html

Remplacer uniquement le nom du volcan (ici Ambrym) pour visionner les images s'y rapportant.

Pour obtenir des données ASTER et d'autres satellites ou SRTM (topo), consultez:

Après cet exposé très intéressant, nous nous sommes retrouvés, comme d'habitude, dans notre sympathique restaurant grec, le Delphes, pour poursuivre les discussions de volcans dans une ambiance conviviale et chaleureusement volcanique. Encore un grand merci à Alain Bernard !


15 octobre : Thierry Dockx (DOS pour les initiés) nous a présenté un magnifique diaporama digital (sur support DVD) concernant un voyage en Nouvelle-Zélande (île du Nord) qu'il a effectué en février 2005 en compagnie de deux autres compatriotes. Ce séjour avait évidemment comme objectif principal la visite des volcans actifs et des zones géothermales de ce superbe pays des antipodes. Vous pouvez retrouver des photos de ce voyage en cliquant ici. En seconde partie, Alain Melchior a présenté un montage audiovisuel digital à propos de  l'expédition qui l'a conduit au volcàn de Fuego de Coliùa au Mexique en juin 2005. Merci à Robin Campion pour avoir pu  obtenir l'autorisation de disposer d'un auditoire à l'U.L.B.,  équipé à la projection de montages audiovisuels sur grand écran (à noter néanmoins l'impossibilité d'obtenir du son). La soirée s'est poursuivie dans un restaurant proche du campus.

26 novembre : Benjamin Barbier & Robin Campion ont présenté l'objet des missions de l'U.L.B. sur les volcans d'Indonésie. Malheureusement, le rapporteur des réunions est resté bloqué chez lui en raison des mauvaises conditions météo.

17 décembre : Juan Carlos Molina nous a permis de rafraîchir nos connaissances relatives au modèle de la tectonique des plaques au moyen d'une présentation PPT intégrant de nombreuses cartes actualisées de la terre publiées récemment par l'USGS (relief, séismicité, volcanisme). Une animation, présentant la probable localisation des continents dans 60-100 millions d'années, mettait en évidence la disparition progressive de la Méditerranée suite au rapprochement des plaques eurasienne et africaine, la transformation du bloc Est africain (région située à l'est du rift) en grande île et, en Orient, le regroupement en un seul bloc de l'Australie, du Japon, des Philippines et des îles de la Mélanésie/Micronésie. En seconde partie, un film, très spectaculaire, à propos de la dernière grande éruption du Piton de la Fournaise (9/2004) a été projeté. Les images de l'édification rapide et agitée d'un petit cône de scories par agglutinement de lambeaux de lave très fluide (< mélange lave + eau de mer) ainsi que les projections incessantes expulsant une multitude de filets de lave virevoltant agilement dans les airs ont fasciné les quelques 25 personnes présentes dans la salle de l'ULB. Dix-sept d'entre nous se sont ensuite retrouvés dans un restaurant viet-thai où l'ambiance fût, comme à l'accoutumée, très conviviale.

20 décembre: Agnès Mazot a présenté brillamment sa thèse de doctorat et a obtenu le diplôme de Docteur ès Sciences (U.L.B.). Le sujet en était : "Activité hydrothermale des volcans Kelud et  Papandayan (Indonésie) et évaluation des flux de gaz  carbonique". Encore bravo à Agnès et nous lui souhaitons plein de succès dans sa future carrière de chercheur en volcanologie.

 


En 2004

Cette année, nous avons déjà eu:

10 janvier : Bernard Fontaine nous a présenté 700 diapositives réalisées lors d'un voyage consacré à la visite de plusieurs volcans chiliens et boliviens (en 2002). Nous avons pu ainsi admirer les superbes paysages d'une large zone, s'étendant sur ± 700 km, de la Cordillère des Andes comprise entre le sud-ouest de la Bolivie (Province du Lipez) et les régions du Chili septentrional. Bernard & Nadine ont pu notamment approcher les cratères des volcans Licancabur & Lascar, ce dernier étant le volcan le plus actif de cette région frontalière. Des images de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, Chuquicamata, et du lac le plus haut du globe, le Titicaca, ont ponctué cet exposé.

Comme d'habitude, la soirée se termina en toute gaîté dans un bon restaurant. Cette fois, nous jetâmes notre dévolu sur "La Mamma" où certains dégustèrent de succulentes pizzas ("pizze") alors que d'autres goûtèrent un plat de pâtes fraîches, évidemment préparées & cuisinées à l'italienne.


21 février : c'est dans une ferme habitée par des moines bénédictins que Thierry Sluys nous a présenté 3 diaporamas "volcans" (au total 16 volcans) et 1 série de diapos réalisées au cours d'un récent week-end à Venise où se déroulait le célèbre carnaval de la Cité des Doges. En première partie, nous avons pu voir des diapos de trois volcans parmi les plus actifs des Philippines, à savoir le Mayon, le Taal et le désormais célèbre Pinatubo. Le Mayon dresse son cône parfait en forme de toupie au-dessus de la plaine de Legaspi et fait l'objet d'une étroite surveillance du PHIVOLCS, le bureau de surveillance sismologique et volcanologique des Philippines. Depuis 2000, ce volcan connaît une nette recrudescence d'activité qui se manifeste essentiellement par l'émission de coulées pyroclastiques. La dernière éruption meurtrière du Mayon date de 1993. Depuis lors, le PHIVOLCS a installé un réseau de surveillance (principalement sismique) autour du volcan pour tenter de prévenir ses éruptions potentiellement dévastatrices et meurtrières. Nous nous rendrons ensuite au Taal, volcan situé à ± 60 km au sud de la capitale. De par sa structure et son type de magmatisme explosif, ce volcan est l'un des plus dangereux de l'archipel philippin. Le Taal est formé de deux volcans emboîtés dont chacun des  cratères contient un lac d'eau douce. Le diamètre de la caldera est de ± 30 km. L'île centrale, "Volcano Island",  contient une zone d'activité fumerolienne assez active le long d'un secteur de la berge du lac de cratère et, à son extrémité, un cône de scorie et de cendre issu de la dernière grande éruption meurtrière de 1965. Sur ce volcan, les volcanologues philippins mesurent en priorité les variations de températures susceptibles d'être associées à une reprise d'activité. Le périple se terminera par la visite du désormais célèbre Pinatubo qui délivra une éruption particulièrement violente en juin 1991, après 611 ans de repos. Cette crise éruptive fût particulièrement bien suivie par les volcanologues américains de l'USGS du fait que le volcan se trouvait à proximité de la plus grande base militaire américaine de l'archipel, la base Clark. Les signes précurseurs de réveil de ce volcan "gris" étaient nombreux et évidents : apparition de fumerolles, accroissement des températures, nombreuses secousses sismiques de type "tremor", et finalement formation d'un dôme au sein du cratère. Les clichés réalisés à partir d'avion fournissent une vue d'ensemble du cratère, rempli aujourd'hui d'eau douce, ainsi que des pentes instables très ravinées et couvertes de nombreux dépôts de lahar. Par endroits, à proximité du cratère, les dépôts de matériaux pyroclastiques atteignent 200 mètres d'épaisseur.

Le cratère du Pinatubo vu fin 2003 (photo: T. Sluys)

Nous quitterons les Philippines sur de belles images de coucher de soleil en Mer de chine avant de nous rendre dans un endroit tout aussi somptueux, le Parc de Yellowstone dans l'Ouest américain (se trouvant principalement dans l'Etat du Wyoming) où nous découvrions une série de sites à activité hydrothermale tout aussi magnifiques les uns que les autres. Le fameux geyser Old Faithfull (le Vieux Fidèle) qui vomit son torrent d'eau chaude et de vapeur toutes les 30 à 60 minutes; Tower Falls et ses versants corrodés par l'activité hydrothermale contemplé notamment du lieu panoramique dénommé si justement "Artist Point". Nous admirerons également de belles vasques calcaires, où le torrent est pétrifié par d'impressionnantes concrétions minérales, ainsi que des bassins multicolores au centre desquels la zone d'eau la plus chaude, d'un bleu azur intense, est d'une beauté spectaculaire. Les bisons, élans, biches, loups et autres grizzli sont ici dans leur élément ! Nous terminerons ce voyage dans le NO américain par la visite du Parc National "Devils Tower" au centre duquel s'élance vers le ciel un piton rocheux formé par d'impressionnantes orgues basaltiques où les alpinistes les plus expérimentés du monde entier viennent s'adonner à leur passion.

La dernière étape volcanique du jour nous conduira en Indonésie où nous découvrirons d'abord une zone de réhabilitation à la vie sauvage pour les nonchalants Orang-outang (les hommes de la forêt) avant de gravir les pentes des volcans Sibayak et Marapi situés tous deux sur l'île de Sumatra. Après un court détour vers le fameux lac Toba et son île centrale habitée par les Dayaks, nous traverserons le détroit de la Sonde afin d'aller contempler quelques uns des plus beaux volcans actifs de l'île de Java. Nous irons observer tour à tour le Papandayan qui est entré en éruption en novembre 2002, le lac de cratère du Talagabodas, le Galunggung dont la dernière grande éruption s'est produite le 17 août 1982, la zone volcanique et hydrothermale du plateau de Dieng qui a connu une recrudescence d'activité en août 2003, le volcan Kelut avec ses tunnels superposés construits par les hollandais afin d'évacuer, à l'époque, l'énorme volume d'eau accumulé dans le lac de cratère après l'éruption meurtrière de 1919 où plus de 5000 personnes perdirent la vie, l'immense caldera du Tengger tapissée de cendre et couronnée par ses deux cônes actifs que sont le Bromo et le très actif Semeru caractérisé par ses fréquentes explosions vulcaniennes produisant des panaches en forme de chou-fleur et finalement le fameux Kawah Ijen , le volcan le plus oriental de l'île de Java, couronné par son cratère rempli d'un lac très acide (PH ±.01) d'une belle couleur vert-émeraude et marqué par une zone d'intense activité fumerollienne exhibant des dépôts de soufre massif, encore exploités manuellement aujourd'hui malgré l'acidité élevée des gaz. A cause de l'inhalation de ces gaz très nocifs, ces travailleurs courageux du soufre ne vivent souvent pas au-delà de l'âge de 40 ans. Notre tour indonésien se clôturera par l'ascension du volcan sacré Agung dont le cratère trône du haut de ses 3142 mètres sur la très belle et luxuriante île de Bali.

L'après-midi de présentation fût entrecoupée de pauses "apéritif" et la soirée se déroula autour d'un buffet campagnard très savoureux, évidemment bien arrosé, au cours duquel les diverses discussions "volcaniques" constituèrent à nouveau la plat principal. Encore un grand merci à Thierry & Carine pour cette agréable soirée !

13/03/2004 : Santorin, l'ombre de l'Atlantide par Louis Jamar
L'île de Santorin fût pulvérisée par une éruption colossale il y a environ 3500 ans et donna naissance au mythe de l'Atlantide. Il eut comme effet d'anéantir la civilisation minoënne qui peuplait cette partie de la Méditerranée. L'éruption paroxysmale déchargea une grande quantité de magma ce qui provoqua l'effondrement de l'île sur elle-même (processus similaire à Krakatoa en 1883). Il ne reste aujourd'hui que trois îles dont Thera, la plus grande, et Nea Kameni, la plus jeune.


08 mai: Volcans du Sud Japon (mars 2004) & du Nicaragua (février 2003) par Thierry Sluys avec la collaboration de Thierry Dockx pour les volcans du Nicaragua.

Les volcans actifs de Kyushu (vue du nord)

Après avoir traversé Tokyo à toute allure, le fameux Fuji-Yama ou Fuji-San, recouvert en grande partie de neige et dégazant légèrement, se dresse fièrement devant nos yeux. Mais pas le temps d'admirer plus longuement ce beau cône de 3776 mètres d'altitude et dont la dernière éruption a eu lieu en 1708. En effet, il faut déjà reprendre la longue route qui mènera nos 5 volcanophiles  franco-belges (à savoir Juan Carlos Molina, Daniel et Chantal Brazilier, et nos deux Thierry) vers la 3ème grande île du Japon, celle de Kyushu, qui est aussi la plus méridionale. En leur compagnie, nous commencerons par visiter la célèbre et très belle région hydrothermale de Beppu avec ses innombrables sources d'eau chaude et jets de vapeur brûlants. A cette époque de l'année, l'île est encore recouverte de neige, excepté dans les zones les plus chaudes à l'instar de la ville thermale de Beppu nichée au creux d'une baie entaillant la côte NE de la grande île. Les temples et dragons se succèdent tour à tour pour nous faire comprendre qu'ici la tradition shintoïste tient encore une place prépondérante dans le vie des populations. On comprendra rapidement que la quiétude, la sérénité, l'extrême courtoisie et la politesse associées à la discipline des Japonais sont des qualités qui ont enthousiasmé nos 5 volcanophiles pressés de visiter le plus de volcans et de curiosités locales.  Après une longue promenade bucolique  dans les rues et ruelles de Beppu, un téléphérique nous amènera sur les hauteurs de la ville d'où nous admirerons, d'un côté, la baie et sa cité fumante et, de l'autre, les montagnes toujours fumantes de l'intérieur de l'île de Kyushu. A cette occasion, les charmantes jeunes filles nippones ne manqueront pas d'afficher leur joli sourire et leur joie de vivre pour notre plus grande joie. Après ces moments rafraîchissants et bouillonnants à la fois, il est grand temps d'aller observer de plus près les cônes fumants du Japon méridional. Nous débuterons la visite par le volcan Kuju situé dans la partie centro-nord  de l'île, et plus exactement au nord de la grande caldera de l'Aso San. Comme son cratère fumant le prouve, ce volcan est toujours bien actif. Après avoir rapidement déambuler dans les rues de la ville nichée au pied du monstre enneigé assoupi, nos amis rencontrent un vieil homme à la barbe blanche qui les emmènera avec plein d'enthousiasme vers les pentes du complexe volcanique du Kuju. La neige et la glace livrent à ce paysage, certes déjà impressionnant, des tons et des irisations superbes qui se reflètent jusque dans les feuilles gelées des arbustes couvrant les flancs de la montagne. Après quelques heures de marche dans une épaisse couche de neige, nous parvenons enfin au but, le cratère fumant et ponctué de soufre massif du Kuju. Les bords de la cavité dégazant sont parsemés de blocs épars témoignant de précédentes explosions qui ont du être violentes. Après cette ballade revigorante, nous rejoignons le grand volcan de l'île, l'Aso San. Ce géant est formé d'un cône actif (le Naka-Dake) qui renferme un lac d'eau acide à couleur variable. Il est niché au centre d'une vaste caldera elliptique dont le grand axe s'étire sur 25 km et le petit axe sur 18 km. Par ailleurs, la caldera, vieille d'environ 300.000 ans, est parsemée de nombreux cônes de scorie et de cendre (cinder cones).  Des échoppes de souvenirs divers (minéraux, roches, origame, ...) sont disposés sur le rebord du cratère fumant mais, à la surprise de nos 5 compagnons de voyage, les vendeurs y sont absents. Une tirelire fait office de caisse ! Rappelons que l'Aso San est un volcan dangereux en raison notamment d'explosions phréato-magmatiques qui peuvent se révéler tout aussi bien violentes qu'imprévisibles, comme en témoignent les nombreux abris bétonnés édifiés sur le pourtour du cratère actif. Les émanations de gaz, principalement de CO2, représentent également une autre menace majeure pour le visiteur. Après avoir admiré ce magnifique cratère sous une lumière rasante, il est déjà malheureusement temps de rejoindre l'hôtel, semble-t-il d'un genre assez particulier.

La caldera de l'Aso San vue du ciel (modéle topo SRTM + image Landsat 7)

Après une courte nuit de récupération, nos 5 aventuriers des volcans reprennent la route en direction du Sud qui les conduira à la pointe sud de l'île de Kyushu. Après un court arrêt sur les hauteurs de la baie de Kagoshima où nous bénéficions d'une vue imprenable sur son volcan mythique, le Sakura-Jima, nos amis arrivent finalement aux installations thermales de sables noirs et chauds d'Ibusuki. De là, une superbe vue sur le volcan pointu Kaimon-Dake s'offre à nous. Ici, il faut bien faire attention à ne pas circuler n'importe où. En effet, il y a des corps de nippons quasi entièrement enterrés. Il sont en train de cuire au feu volcanique doux mais persistent de la région ! C'est étrange ! Seules les têtes sereines dépassent de la cendre chaude. Le corps enrobé dans un kimono blanc est entièrement recouvert sous une épaisse couche. Au cours de cette pose longue, l'immobilité est évidemment de rigueur. Tous les visages semblent comme adoucis par la chaleur volcanique. C'est impressionnant ! Mais reprenons à présent la route vers Kagoshima où la pluie s'est invitée à l'improviste. Le frère-jumeau du Vésuve est dans la purée de poids. On ne distingue que sa moitié inférieure. Sans hésiter un instant, nos compères décident de rejoindre le fameux volcan Unzen, tristement célèbre pour avoir repris la vie trop tôt au couple de volcanologues le plus célèbre au monde, Katia et Maurice Krafft. Le tueur gris s'est aujourd'hui assagi et s'est réassoupi pour une période indéterminée. La route en lacets nous mène de la ville de Shimabara vers le dôme de lave pâteuse aujourd'hui immobile mais toujours fumant. De la station de téléphérique, on observe encore une petite aiguille de lave consolidée pointant le nez vers le ciel au sommet du dôme Fugen. Au coucher du soleil, la végétation arbustive verglacée ajoute une touche d'une étrange beauté. Les essaims d'arbres calcinés marquent l'emplacement des diverses coulées pyroclastiques qui ont semé la terreur dans la région de 1991 à 1993. Au loin, des ponts métalliques verts posent en travers de la vallée empruntée par les nuées ardentes et les avalanches de débris durant la crise éruptive. Mais, malheureusement, le temps commence à manquer.

La presqu'île fumante du Sakura-Jima vue du nord

Vite, il faut absolument rejoindre la région du Sakura-Jima avant de  filer directement à l'aéroport de Kagoshima où un Cessna attend impatiemment les 5 compères. Seul un créneau de 45 minutes est encore disponible pour survoler le majestueux et redoutable Sakura-Jima. Mais, cela valait vraiment la peine de s'empresser pour ne pas rater ce vol. Le pilote fait le tour du volcan couronné par un profond cratère dégazant dans des nuances bleutées. L'arête du cratère est étroite et les pentes sont très ravinées. Un ancien cratère à fond plat s'étale sur le sommet septentrional. Un sentier semble relier l'ancien cratère à l'actif, le Minami-Dake. Mais qui risquerait de s'y aventurer pour aller voir directement dans la gueule du monstre ? Le sommet du volcan est interdit au public, et comme ici au Japon, toutes les règles en vigueur sont respectées, il n'est pas nécessaire d'ériger des barrières. Seule une inscription témoigne de cette interdiction. Encore faut-il savoir la décrypter !!! A grands regrets, nous remontons à toute berzingue vers Tokyo; soit 1500 km de route. Mais avant de monter dans l'avion qui les ramènera à la maison, nos amis décident de revoir une dernière fois le cône quasi parfait du mythique Fuji-Yama. Cette fois, ils le verront du Nord, de la région des lacs. Une nouvelle fois, la vue de ce magnifique volcan au lever du jour est étincelante de couleurs. Une dernière fois, la sérénité envahit paradoxalement mais agréablement notre âme volcanique sans cesse en quête de nouvelles sensations de chaleur, de secousses et d'odeurs soufrées.

Pour voir des photos de ce voyage : http://users.skynet.be/volcans/Japon/KS.htm

L'île de Kyushu (modèle topo SRTM 3"arc drappé par image Landsat 7 ETM+) vue du sud.

Cartes des volcans du Nicaragua : 1 ; 2

Les volcans du Nicaragua sont alignés le long d'une cordillère, alignée NO-SE, qui borde la côte pacifique. Le volcan actif le plus proche de la capitale, Managua, est le Masaya. Il est formé par une vaste caldera renfermant plusieurs cratère. Le plus actif d'entre eux est le Santiago où l'on pouvait apercevoir de l'incandescence jusqu'à il y a peu. Le Masaya est facilement accessible et, pour les Nicaraguéens, il est un lieu de promenade habituel le week-end. Le Masaya a la caractéristique d'émettre un panache riche en dioxyde de soufre qui, de par la morphologie du volcan et les vents dominants de l'endroit, s'étale à basse altitude vers des lieux habitués. La présence de nombreux arbres morts aux alentours de la caldera et jusqu'à proximité de la côte pacifique témoigne de la puissante corrosivité du panache. Après le Masaya, l'imposant lac de cratère de la caldera d'Apoyo nous donne une impression de fraîcheur dans ce pays où la température atteint régulièrement les 40°c.. Le Momotombo est un cône pointu à pentes très raides qui se dresse sur le bord sud du Lac Managua. A son pied, se dresse une centrale géothermique conçue en partie par des ingénieurs belges. La région n'est pas seulement dangereuse en regard à la menace volcanique mais aussi par la présence de nombreux serpents venimeux (principalement des crotales appelés dans la région "cascavel"). Le sommet du volcan, balayé par un vent puissant, présente une cavité en forme de fer à cheval qui est tapissée par des concrétions de soufre disposées en plaques. Le sol argileux dégaze abondamment mais la vue du sommet vers le Lac Managua et le Momotombito est magnifique. Mais il est déjà temps de redescendre pour rejoindre la belle ville de Léon. A l'inverse de Managua, le style colonial des édifices lui confère le cachet d'une authentique ville latino-américaine. Dans la salle, on peut imaginer le puissant parfum se dégageant des fleurs exotiques des parcs de  la ville. Mais l'heure n'est plus aux flâneries bucoliques, il nous faut rejoindre le volcan Telica qui dégaze toujours abondamment. Ce volcan est l'un des plus actifs du Nicaragua. Son cône de cendre s'élève au dessus de la plaine de Léon et est coiffé par un profond cratère. Pendant que Pedro, le technicien du service de volcanologie de l'INETER, effectue des mesures à distance de la température du fond du cratère au moyen d'une télécaméra thermique, nos volcanophiles remarquent les nombreux blocs éparpillés autour du cratère et se rendent compte du danger potentiel de ce volcan en cas d'explosion soudaine. Non loin de ce volcan facilement accessible se trouve une petite zone géothermale où bouillonnent notamment des mares de boue. Il faut circuler prudemment car l'endroit est dangereux. Le San Cristobal est un beau cône de cendre qui se dresse fièrement et fumant au nord de la plaine de Léon. Sur son flanc sud est juché le volcan Casita sur les pentes duquel s'est produit un énorme glissement de terrain qui s'est produit le 30 octobre 1998 lors du passage de l'ouragan Mitch. La montée du San Cristobal s'effectue sous un soleil de plomb mais vaut le détour. Sur le chemin, un série d'arbres morts dénotent le caractère très acide et donc très corrosifs des gaz libérés par ce volcan. Enfin, nos amis atteignent le sommet qui surplombe le cratère actif d'une centaine de mètres. Ici encore, le sol est argileux suite à leur attaque par les gaz acides (altération hydrothermale). Il faut cheminer avec précaution pour atteindre la lèvre du cratère grondant mais l'effort en vaudra la peine. A peine penché au-dessus du gouffre, on observe un puissant dégazage émanant d'une cavité ouverte en oblique sur le plancher du cratère et qui prend en écharpe la paroi opposée. La bouche exhale de puissantes bouffées de gaz bleutés et est rougeoyante. Le spectacle est impressionnant mais la chaleur est quasi intenable. Après s'être imprégné de l'humeur de ce démon, nos amis décident de partir pour le volcan le plus septentrional du Nicaragua, le Coseguina. La route dans la forêt inextricable est longue et pénible mais, encore une fois, les efforts seront récompensés à leur juste valeur. Parvenus sur l'arête de la caldera, une vue imprenable et spectaculaire attend nos amis. A leurs pieds, un beau lac s'étend dans un vaste cratère abritant en grande partie un végétation arbustive. Pedro effectue quelques observations à la jumelle et note une variation de couleur du lac. Le dernier volcan que nous visiterons en compagnie des nos aventuriers volcanophiles sera la fameux Cerro Negro. Ce volcan est le plus actif du pays et est formé d'une série de cône de scorie et de cendre au sud de la cordillère de Léon. Le cône le plus récemment actif est complètement noir (basaltes) et jalonné de dépôts soufrés. Mais rien ne vaut le point de vue du sommet du cône éteint Las Pilas ! Ce dernier effort dans une chaleur étouffante sera récompensé par une vue exceptionnelle sur toute la cordillère volcanique de Léon.

Pour des photos, voir : http://users.skynet.be/volcans/Nicaragua/Nicaragua.htm

 La fin de soirée s'est déroulée au restaurant "La Mamma" en compagnie notamment de quelques volcanophiles de l'association "VOLCANO" (Nord de la France). Pour les plus noctambules et fêtards, la nuit s'est poursuivie dans un bar "branché" (spécialité rhum à gogo) du centre de Bruxelles dont je ne me rappelle plus le nom ... après avoir ingurgité quelques 16 types de rhum différents servis sur deux plateaux enjôleurs.


12 juin : Volcanisme et volcans des îles Canaries par Juan Carlos Molina

Juan Carlos entame son exposé en nous présentant les différentes théories susceptibles d'expliquer le volcanisme des îles Canaries. La plus ancienne est celle du point chaud qui associe l'archipel des Canaries à celui d'Hawaï. Cependant, plusieurs faits ne sont pas cohérents avec ce modèle, principalement la chronologie des différentes activités au cours du temps (volcanisme contemporain de La Palma et de Lanzarote). D'autres imaginent un point chaud oblique qui engloberait l'ensemble des Canaries et pourrait expliquer les activités simultanées des îles occidentales et orientales. La théorique la plus récente met en jeu une vaste anomalie thermique sous une zone qui s'allonge de l'archipel canarien au rif du Maroc septentrionale. L'alignement NE-SO des nombreuses failles et des épicentres sismiques, s'égrenant du Maroc à La Palma, soutiennent cette hypothèse. D'un point de vue tectonique, l'archipel canarien serait formé d'une série de horsts et de grabens se succédant en alternance. Les mouvements de soulèvement et d'affaissement le long des failles régionales limitant les différents blocs, et qui surplombent un vaste panache mantélique, pourraient expliquer en grande partie la chronologie récurrente des diverses manifestations éruptives. Dans les zones soumises à une extension, le magma pourrait ainsi se frayer un chemin jusqu'à la surface lors des épisodes d'extension/ rifting. D'autre part, les nombreux mouvements de surrection et de subsidence compris entre les mégafailles profondes pourraient expliquer les nombreux transports de masse de grande ampleur qui ont affecté la plupart des îles, principalement à Tenerife, El Hierro, et la Palma. Ensuite, Juan nous présentera le volcanisme de chaque île qu'il a étudié sur le terrain en compagnie d'étudiants au cours d'une formation internationale en volcanologie (dans le cadre des formations d'Open University). Nous visiterons d'abord l'île de Tenerife sur laquelle se trouve la capitale administrative. Juan nous expliquera que les vents alizés du NE génèrent des épais nuages qui s'accumulent par périodes sur les versants E des îles les plus hautes (Tenerife, La Palma, La Gomera, El Hierro). Les photos de ces barrières de nuages prises d'avion sont très spectaculaires. Tenerife est formé de trois volcans dont le plus récent forme l'ossature centrale de l'île et se présente sous la forme d'une vaste caldera ouverte vers le nord, c'est la caldera de Las Canadas percée en son centre par le cône élancé récent du Teide.  La visite des lieux permet de découvrir une grande variété de morphologies et d'édifices éruptifs. On passe souvent rapidement d'horizons formés de matériaux pyroclastiques acides (phonolitiques) à des niveaux scoriacés basaltiques. L'absence générale de transition entre ces deux types de matériaux témoigne de l'immiscibilité des magmas dont sont issus ces deux types principaux de matériaux (l'image en serait l'impossible mélange entre l'huile et l'eau). La grande caldera de Las Canadas se serait formée suite à un gigantesque effondrement qui aurait emporté un énorme volume de matériaux vers le Nord jusqu'à l'océan. Ce ne serait donc pas une caldera d'effondrement classique comme celles que l'on trouve notamment à Hawaï. Le massif du Teide est un parc naturel où circuler est strictement réglementé. Un téléphérique permet d'emmener les visiteurs jusqu'au point le plus élevé de la caldera et de là une autorisation administrative est nécessaire pour gravir les dernières centaines de mètres séparant le sommet du cône terminal encore fumant. A Tenerife, la dernière manifestation volcanique a eu lieu en 1909 sur les contreforts NO du Teide. A signaler qu'un bel hôtel (appelés en Espagne Parradones) se niche au fond de la caldera de Las Canadas, ce qui permet de découvrir à son aise les magnifiques paysages de ce site volcanique, parmi lesquels, les nombreuses structures appelées "roques" (necks) . Du point de vue géologique, on signalera la présence de trois rifts séparés par un angle de 120° et de nombreux cônes de scorie monogéniques. L'île de Lanzarote est de loin la plus désertique et la moins humide. La végétation y est uniquement arbustive. Au nord de l'île, de belles coupes mises à nues par l'érosion marine dans des cinder cones  permettent d'observer la structure interne d'un édifice avec son dyke d'alimentation et ses différents dépôts.  A signaler qu'à cet endroit la mer est d'une magnifique couleur bleue turquoise. De nombreux édifices phréatomagmatiques émergent dans la région nord de Lanzarote et sont reconnaissables par leur faible rapport entre leur hauteur et le diamètre de leur cratère. Il y a de belles coupes où l'on peut également observer les dépôts phréatomagmatiques et des structures étranges (boules ocres appelés pépérites issues du volcanisme sous-marin). Dans la région septentrionale de l'île s'élance un cône de scorie vieux d'un million d'année mais qui semble beaucoup plus récent. Son flanc E est percé de nombreux tunnels de lave superposés mis en évidence par la géophysique. Le faible taux d'érosion, dû principalement à la rareté des précipitations, a permis la bonne conservation de l'ensemble des structures volcaniques de Lanzarote. Finalement, nous découvrions l'attraction "numéro un" de Lanzarote, l'ensemble volcanique de Timanfaya qui s'est formé entre 1703 et 1736. C'est un parc naturel où l'accès est strictement réglementé. En compagnie de Juan, nous découvrirons un laboratoire scientifique souterrain au niveau duquel règne une température élevée. La température maximale mesurée est de 612°c. Dans ce laboratoire troglodyte travaillent des scientifiques de divers pays, dont un géophysicien belge, issus de diverses disciplines. Une multitude de capteurs de température et un extensiomètre composent la base de l'instrumentation. Par ailleurs, la forte anomalie thermique associée à la zone de Timanfaya permet de montrer aux touristes ce dégagement de chaleur sous forme spectaculaire (création artificiel de geysers, mise à feu de paille). On admirera également un bel alignement de cônes de scorie édifiés le long d'une fissure volcanique (semblable à celle du Laki en Islande). Après Lanzarote, nous nous envolons vers l'île d'El Hierro, une des plus récentes. Cette île est caractérisée par la présence d'une énorme échancrure lézardant son flanc NO. El Golfo est le témoin d'un énorme glissement (transport de masse) qui se serait produit il y a ± 15.000 ans, c'est-à-dire hier à l'échelle géologique. D'autres phénomènes similaires (au moins trois) se sont produits sur cette île. Partons à présent pour l'île de La Gomera. C'est une île circulaire  âgée de ± 2.35 MA où existe encore aujourd'hui une communication originale, par sifflements. Finalement, nous visiterons l'île de La Palma où a été enregistrée la dernière manifestation éruptive aux Canaries.  Le Nord de l'île est formé par une immense caldera d'avalanche (Taburiente). Une randonnée spectaculaire dans une étroite vallée permet d'observer une coupe quasi complète à travers ce volcan, mais gare aux précipitations inopinées qui peuvent rendre cette ballade tragique. La randonnée débute dans une épaisse série de laves en coussins (pillow lavas) qui se sont formées à grande profondeur (>600 mètres). C'est l'ossature du volcan quand il était encore sous-marin. Vers l'E, l'apparition de vacuoles dans les pillow lavas témoigne de l'émersion progressive du volcan. Simultanément apparaissent des structures d'injection magmatique (dykes, sills) qui deviennent de plus en plus nombreuses et imposantes vers l'est. Ces structures recoupent les laves en coussin mais aussi l'encaissant formé principalement de gabbros (partie supérieure d'une formation ophiolitique de croûte océanique ?). Arrivé à l'extrémité du défilé face à la paroi de cet amphithéâtre d'érosion qu'est la caldera ouverte de Taburiente, on est frappé par la multitude et l'enchevêtrement des structures d'injection magmatiques. Une autre fait majeur est la présence de nombreux gros blocs qui se sont détachés suite à des mécanismes d'érosion agressive par l'eau ou qui vont se désolidariser prochainement de leur gangue. Les dykes basaltiques peu épais semblent les plus nombreux et pour la plupart s'alignent parallèlement entre eux. Lorsqu'on observe de plus près  le voisinage de ces dykes, on aperçoit, par endroits, un métamorphisme de contact dans l'encaissant ainsi qu'une bordure de prise rapide (quenching ou refroidissement rapide) dénuée de toute minéralisation. Des minéraux d'altération secondaire (zéolites,...) remplissent généralement les vacuoles des basaltes filoniens. Hormis la géologie, les paysages de cette zone sont superbes. Une photo montrant cascade de nuages basculant vers l'intérieur de la caldera est particulièrement spectaculaire. A signaler que le sommet de la caldera est occupée par une série de télescopes de l'agence spatiale européenne (c'est la Mauna Kea européen). Au centre et au sud de l'île s'expriment les manifestations volcaniques les plus récentes des Canaries (celles de 1949 et de 1971 - cône du Teneguia). La crise éruptive de 1949  a été de loin la plus intense. Il y a même eu formation d'un lac de lave au sein du cône de scorie principal. Ce lac de lave a débordé et les coulées ont circulé en tunnel jusqu'à une zone située à proximité de la côte. Les coulées se sont épanchées vers l'ouest et vers l'est à partir de la faille axiale principale (rift appelé Cumbre Vieja) qui coupe l'île en deux dans sa partie centrale et méridionale. La lave était extrêmement fluide (lave pahoehoe) et le volcanisme essentiellement de type hawaïen. L'activité a repris 22 ans plus tard et a formé un petit cône strombolien, le Teneguia, au pied nord d'un plus grand cône de scorie. Le fait géologique le plus spectaculaire, mais aussi le plus tragique, est la présence de cette faille tectonique régionale dite Cumbre Vieja. Certains scientifiques, plutôt catastrophistes, craignent d'énormes glissements de terrain engendrés par les mouvements soudains de la dite faille. Un effondrement pourrait affecter, dans un futur plus ou moins proche, la partie sud-ouest de La Palma et provoquer un énorme glissement de terrain dont la masse entrerait soudainement en mer en créant instantanément un raz de marée (tsunami) en direction ouest. Certains signalent que ce tsunami pourrait ravager une grande partie de la côte est des Etats-Unis en quelques heures (6) en générant des vagues hautes de 30 mètres selon une simulation mathématique récente. Souhaitons qu'il ne s'agisse qu'un scénario apocalyptique de science-fiction. Le lecteur pourra se référer au site http://perso.wanadoo.fr/raphael.paris/volcanisme.htm pour obtenir de plus amples précisions sur le vaste sujet du volcanisme des îles Canaries. Un grand merci à Juan Carlos pour le travail fourni à l'occasion de cet exposé brillamment mené.

Après cet exposé synthétique et très complet, nous nous rendîmes en force (18) dans un restaurant turc proche de l'école des R.H.. Les discussions se poursuivirent dans une chaude ambiance méditerranéenne et conviviale comme on les aime. A table, nous regretterons quelque peu le niveau sonore élevé produit par l'orchestre turc en scène mais ce désagrément fût rapidement compensé par la chaleur et les danses des convives.


La première journée "VOLCANO DAY" s'est tenue le samedi 6 mars à l'I.R.S.N. Il y avait une quarantaine de personnes inscrites pour cette journée spéciale "volcans" ! L'animateur du service éducatif, Jean-Marie Bragard, et notre guide spécialisé du jour Christophe Ottermans (professeur de chimie) ont ouvert cette journée en accueillant les participants dans la salle d'exposition de minéralogie. La matinée était consacrée à une introduction du volcanisme devant les diverses vitrines de minéralogie et autres panneaux  consacrés à la géologie et à la manipulation d'échantillons de roches volcaniques et de minéraux. A midi, Alain Melchior a présenté au public installé dans l'auditorium de 150 places un diaporama de 45' relatif au volcanisme et à ses divers produits. Ensuite, après un break bien mérité, la séance de l'après-midi a repris par une courte introduction à propos de l'Etna avant de lancer la série des 4 films vidéo prévus. Celle-ci a commencé par la projection d'un film intitulé "Etna-2001" et relatif à la première éruption (assez explosive) du 21ème siècle du plus haut volcan actif d'Europe (A.M.). Après quoi, le public a pu visionner une grande partie d'un film consacré au Stromboli et à son éruption 2002-2003 (A.M.). L'après-midi de films s'est achevée par la projection de deux films spectaculaires et splendides réalisés par Thierry & Carine Sluys-Dalimier à propos du lac de lave de l'Erta'Ale et d'un autre volcan africain fameux, l'Ol Doinyo Lengai, seul volcan à carbonatites au monde.  Finalement, les associations "L.A.V.E.-Belgique" &  G.E.S.T. ont présenté leurs diverses activités et la journée s'est terminée par la présentation du site internet de la délégation belge de l'Association Volcanologique Européenne.


Le samedi 13 mars, A. Melchior a présenté son film "Stromboli" (géologie, activité, chronologie éruption 2002-2003, séjour mai 2003) à la salle de la Mairie des Lilas (région parisienne) dans le cadre des activités de la délégation L.A.V.E. de l'Ile de France. Environ 70 personnes étaient présentes pour assister aux quatre présentations du jour dont le programme était le suivant :

-       La Chaussée des Géants - Diaporama de Bruno Dassy

-       Stromboli - Film d'Alain Melchior. Ce film présente la structure et
la formation du Stromboli puis de magnifiques images de l'épisode éruptif
2002 - 2003.

-       Les volcans de boue de Colombie - magnifiques images de cette
curiosité de la nature, très proche dans son dynamisme des volcans
magmatiques

-       Volcans du bout du monde - Film de Pierre Fortin. Vous y verrez de
très belles images des volcans du Vanuatu, de leur approche et de leur
environnement, ainsi que des images de la zone volcanique de Rotorua en
Nouvelle Zélande - mares de boue geysers et volcan Tarawera.

 

La seconde journée "VOLCANO DAY" s'est tenue le samedi 27 mars à l'I.R.S.N. Il y avait une soixantaine de personnes inscrites pour cette seconde session spéciale "volcans" ! La journée s'est globalement déroulée comme la première. Cette fois Thierry Sluys était de retour de son périple de 10 jours au Japon pour nous présenter en personne trois de ses films.

         Le barbecue de rentrée du G.E.S.T. & L.A.V.E.-Belgique

Le barbecue annuel de rentrée des groupes G.E.S.T. & L.A.V.E.-Belgique  s'est déroulé, à l'accoutumée, dans une ambiance très conviviale et festive chez nos amis Dominique et Rose-Marie Van Espen (Bousval). Les membres actifs de L.A.V.E. Belgique ont déjà ainsi pu échanger leurs  premières impressions & sensations cueillies au cours de leurs différents voyages sur les volcans actifs (Japon, Afrique de l'Est, Sicile). Voici quelques photos de cette réunion informelle.


La table bien garnie des membres de L.A.V.E.-Belgique


Samedi 19 septembre, notre ami Thierry Dockx nous a présenté un superbe diaporama (support DVD) sur les volcans du Japon qu'il a eu l'occasion de visiter au cours de deux voyages, en mars et mai-juin 2004. Les quelques 70 personnes présentes dans la salle communale d'Aiseaux-Presles ont ainsi pu admirer la grande beauté des volcans du pays du soleil levant. L'après-midi s'est clôturée par une séquence vidéo montrant un spectacle nocturne de percussions sur l'île de Satsuma-Iwo-Jima. Un repas festif a clôturé cette belle journée dédiée aux montagnes fumantes et souvent aussi sacrées du Japon. Cliquez ici pour visionner des photos des deux voyages de Thierry.

Séjour mars 2004 - Séjour mai-juin 2004

Une partie du groupe de la délégation L.A.V.E.-Belgique en train de faire honneur à la table dressée par Annick et Thierry. A l'avant-plan, à droite, notre regrettée Viviane