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"Activités" L.A.V.E.-Belgique |
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Dernière mise à jour le 07 février 2010
2004 -- 2005 -- 2006 -- 2007 -- 2008 -- 2009
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En 2009 14 novembre: pour notre dernière réunion de l'année 2009, Alain (Alino) a ouvert la séance en présentant quelques séquences vidéos relatives à son récent voyage sur quelques uns des volcans indonésiens parmi les plus actifs. Nous avons pu ainsi voir (ou revoir pour certains) des images du pénible travail des mineurs de soufre du Kawah Ijen dans la solfatare bordant son très beau et étrange lac acide "fumant", les flammes bleues issues de la combustion du soufre liquide dans la solfatare où les gaz volcaniques toxiques jaillissent à au moins 200-250°c. Ensuite, nous avons pu découvrir quelques plans du Kelut et de son spectaculaire dôme de lave visqueuse (andésite) qui est apparu, soudainement, dans le cratère en fin 2007. Finalement, nous avons aussi eu droit à quelques vues sur l'imposante et très belle caldera Anak Segara du Rinjani où le cône strombolien du Barujari, trônant majestueusement au nord du lac, était encore bien actif en cette fin juillet. En seconde partie, Thierry (UNO) nous a projeté une vidéo spectaculaire et assez effrayante à la fois (quelque peu ambiance de fin du monde) retraçant l'historique du volcan de boue de Sidoarjo appelé aussi volcan de boue de Lusi. On a pu y voir l'étendue des dégâts et l'évolution, dans un court laps de temps, des destructions causées par l'épanchement de boue tiède émise principalement par le puits de forage déclencheur du phénomène, réalisé par la société minière Lapindo, mais aussi par d'autres sources secondaires laissant échapper du gaz méthane (CH4) issu de la compaction des sédiments meubles pauvres en oxygène du bassin d'arrière-arc volcanique de Surabaya. Fin 2007, l'importante émission de méthane a même abouti au déclenchement d'un incendie qui a embrasé le cratère durant 24 heures. Rappelons que ce phénomène catastrophique, causé par la main de l'homme et qui a affecté une importante surface (~25 km2) localisée au sud de la seconde ville d'Indonésie (Surabaya) en engloutissant une dizaine de villages et forçant des milliers de personnes à évacuer la zone, a débuté en mai 2006 et se poursuit sans interruption depuis lors. Finalement, Thierry nous a également projeté une superbe vidéo retraçant la très spectaculaire éruption du Piton de la Fournaise (île de la Réunion) de fin 2007 où d'innombrables torrents de lave très fluide rivalisaient de beauté et de majesté avec les vives fontaines de lave issues des fractures éruptives. Le spectacle du combat entre l'eau et le feu au bord de mer était particulièrement impressionnant. Cette éruption aura duré un mois et est aujourd'hui toujours considérée comme l'une des plus importantes éruptions historiques de ce volcan bouclier de point chaud. Après la fin de l'éruption, les dépôts et autres sublimés minéraux autour des fractures éruptives ont enfin révélé leurs très belles couleurs, variant dans une gamme allant des tons ocres à jaunes pastels. La soirée volcanique s'est poursuivie et achevée dans la petite salle de notre restaurant grec favori, le Delphes à Schaerbeek, autour d'assiettes de mezze grec, de succulentes grillades d'agneau et autre lapin à la grecque dégustés dans une ambiance, comme à l'accoutumée, très chaleureuse et festive. 26 septembre : après une laborieuse installation du matériel de projection (Win XP ne semble pas très compatible pour une projection vidéo sur grand écran), Thierry Dockx (DOS) nous a présenté un superbe diaporama à propos des volcans visités au Sud Chili en compagnie de Bernard & Nadine, Luc, Juan Carlos et bien sûr Annick. Du point de vue des volcans actifs, les excursions aux volcans Llaima et Chaiten ainsi que le survol du Villarica ont été le clou de cette expédition. Retrouvez les photos des volcans visités et de l'équipe belge sur le site web concernant ce voyage réalisé en février dernier ! Après avoir pris un petit apéro à l'abri des regards indiscrets, nous voilà reparti pour l'autre bout du monde, à Krakatau entre les îles de Java et Sumatra, en Indonésie. L'assistance a été particulièrement impressionnée par les images spectaculaires de l'activité fortement explosive (de type strombolien) au nouveau cratère de l'Anak Krakatau. Dans la foulée, Thierry Sluys (UNO) a projeté un montage vidéo où son et mouvement complétaient le diaporama de DOS. Les images vidéo nocturnes accompagnées de leur son étaient très impressionnantes ainsi que celles, notamment projetées au ralenti, d'une puissante explosion où les 25 personnes présentes (dont un groupe de camarades Chiliens) ont pu apprécier l'énorme taille (celle d'une petite voiture) de deux projectiles incandescents parmi tant d'autres juste un peu plus petits. Pour revoir des photos (+ récit) du Krakatau, consultez les sites web retraçant les deux visites à ce volcan effectuées au début de juin et à la fin de juillet: DOS, UNO, Alino. La soirée des 25 participants s'est achevée dans un restaurant chilien, l'Auracana à Ixelles, où nous avons carrément mis le "feu volcanique" à la petite salle. Les discussions à bâtons rompus ont pris place dans une ambiance très enflammée où de la fumée bleue, libérée en cuisine par la cuisson du succulent steak argentin servi à table, nous rappelait inévitablement une atmosphère volcanique ! Le bruit des explosions de paroles était plus nettement audible encore du côté de la table chiléno-espagnole. Ah ces bruyants et bouillants Latinos (hihi) ! C'est bien après minuit que nous avons finalement levé le camp avec regrets. Vivement la prochaine réunion ! 21 mars: après un faux départ en février pour cause d'indisponibilité de notre salle habituelle sur le campus Solbosch de l'U.L.B., notre première réunion de l'année 2009 s'est finalement tenue au premier jour calendrier du printemps. Robin a ouvert le feu volcanique en nous présentant un superbe diaporama relatif à son circuit islandais d'août 2008 après une participation à un congrès de volcanologie IAVCEV. Il était accompagné à cette occasion par son collègue Benjamin Barbier. Ils ont sillonné courageusement en V.T.T. les pistes caillouteuses du centre de l'Islande en parcourant, lourdement chargés, un kilométrage quotidien impressionnant, de l'ordre de 80 à 100 km.. Nous avons ainsi pu admirer de très belles photos des superbes paysages volcaniques islandais situés au nord des chutes de Gulfoss et dans la zone du geyser Strokkur. Pour la seconde partie de la présentation de Robin, nous sommes passés d'un climat assez frais et humide à un climat tropical pour aller visiter les volcans actifs du Guatemala. Robin y a effectué deux séjours; le premier en février 2008 où nous l'avions rejoint au sommet du Pacaya et le second en novembre de la même année après avoir participé à un congrès de volcanologie à Mexico City. Nous avons pu revoir de belles images spectaculaires des trois volcans actifs de ce petit pays d'Amérique Centrale. Parmi les nombreuses images, nous retiendrons particulièrement les courtes (200-300 m. de longueur maximum) coulées visqueuses du Pacaya qui s'empilent, toujours à l'heure actuelle, les unes sur les autres sur les hautes pentes sud du cône Mac Kenney pour y former des tumuli de lave. En novembre 2008, de l'incandescence était visible dans l'un des deux puits/hornitos nichés dans le cratère central du cône Mac Kenney où avaient lieu, par intermittence, de légères activités stromboliennes. Robin nous a également brièvement parler d'une reconnaissance au lac de cratère du volcan El Hoyo dont la légende local rapporte que son lac est sans fond. Robin et Agnès Mazot ont pu y réaliser un profil échosondeur qui a montré que la profondeur du lac était, en réalité, assez faible (une dizaine de mètres en moyenne). En conséquence, le cratère contient un volume d'eau douce limité, principalement utilisé pour l'irrigation des champs environnants, et un risque d'accumulation de CO2 quasi nul. Cliquez pour visionner des photos récentes des volcans du Guatemala sur le site d'Alain Catté. Après un petit intermède arrosé et une courte introduction géologique à propos des volcans du Salvador, Thierry Sluys a projeté un film vidéo sur ces volcans actifs et d'autres curiosités de ce charmant petit pays d'Amérique Centrale coincé entre le Guatemala et le Honduras. L'expédition de nos trois amis, sous bonne garde policière armée, a débuté par l'ascension du volcan San Miguel dont la dernière activité a eu lieu en 2002. Le San Miguel culmine à 2130 mètres d'altitude et son sommet est couronné par un énorme et profond cratère où plusieurs terrasses, plus ou moins effondrées, se succèdent. De petites exhalaisons gazeuses sont encore présentes ici et là sur les parois internes du cratère. Après une première petite fête locale, l'équipe a décidé de louer une avionnette au départ de San Miguel afin d'aller observer du ciel les beaux volcans et autres paysages volcaniques (notamment les lacs de caldera) de la cordillère volcanique du Salvador. Les images du survol de la chaîne volcanique étaient particulièrement spectaculaires et instructives du point de vue géologique. Les cratères concentriquement emboîtés du plus haut et plus actif volcan du Salvador, le Santa Ana ou LLamatepec, étaient bien visibles alors que les nuages d'altitude stagnaient sur un côté du grand cratère. Le lac du cratère le plus récent, le cratère actif qui a connu une éruption en 2005, était bien dégagé et exhibait fièrement sa magnifique couleur verdâtre. L'Izalco, cône de cendre/scories à pentes raides et haut de ~600 mètres, s'élève fièrement au sud du strato-volcan Llamatepec. Une légère fumerolle se dégage encore à un endroit de son cratère large de 250 mètres qui s'est endormi en 1966 après près de 200 ans d'activité interrompue depuis sa naissance en 1770. A l'époque, les marins de la région l'avaient qualifié de "Phare du Pacifique" en raison de son activité permanente. On rappellera qu'Haroun Tazieff, accompagné notamment de Pierre Bichet, avait réussi à atteindre le bord du cratère actif du volcan en 1956 après une expédition haute en couleur. Se dirigeant ensuite à l'est du Santa Ana, nos trois amis ont ensuite pu admirer la belle caldera de Coatepeque large de 10 x 7 km et occupée en partie par un lac. Avant d'atterrir sur la petite piste de l'aérodrome de San Miguel, ils ont finalement survolé le complexe volcanique San Salvador, surplombant la capitale, et son cône le plus récent, le Boqueron, dont le profond cratère arboré contient un petit cône de cendre né lors de la dernière éruption en 1917. Nos trois comparses, volcanophiles et désormais définitivement adeptes de la fête latino-américaine, ont aussi profité de ce séjour pour participer à des fêtes locales riches en couleurs et en sensations. Pour terminer en beauté, Thierry nous a montré de très belles orgues basaltiques et un lac volcanique dont les eaux exhibaient deux zones de couleur différente nettement délimitées, une zone d'eau verte et une autre d'eau bleue turquoise probablement acide. Retrouvez les plus belles photos de ce voyage en cliquant sur ce lien ! La soirée s'est achevée dans une ambiance conviviale, mais malheureusement très bruyante et assez étouffante, dans un restaurant italien de Watermael-Boitsfort. |
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En 2008 13 décembre: à l'occasion de l'ultime réunion de l'année 2008, Philippe Thiran nous a présenté un superbe diaporama (PPT) ayant comme thème un circuit effectué en été 2004 sur les volcans les plus connus et actifs de l'imposante péninsule du Kamchatka (Fédération de Russie). Après une introduction géographique et géologique relative aux deux chaînes volcaniques (est et ouest) de la péninsule, Philippe nous a raconté, d'une façon amusante et didactique, son expédition au sein d'un groupe mené par un guide français assisté d'un volcanologue russe. Nous avons ainsi pu voir des photos des volcans les plus fameux de la région. L'Avashinsky, l'un des volcans les plus actifs, est situé aux portes de la plus grande ville de la péninsule, Petropavlovsk. En 2004, son cratère "fumant" sommital était rempli de lave visqueuse (andésite). Le massif volcanique du Tobalchik s'élève au sein du complexe volcanique du Kliutchevskoi. L'édifice est formé d'un volcan bouclier, le Plosky Tobalchik, flanqué de plusieurs rifts, zones d'extension, longs de plusieurs km et ponctués d'une série de cônes de scories. L'éruption de 1975-76 a démarré à partir d'un système de fissures SSO et s'est propagée au sommet produisant la plus importante éruption historique basaltique du Kamchatka. Un autre volcan célèbre de la région est le Bezymianny (le volcan sans nom). L'éruption cataclysmale de 1956 a eu pour conséquence de décapiter le sommet de l'édifice, considéré jusque là comme un volcan en profond sommeil, de plus de 200 mètres. Cette éruption était très similaire à celle du Mont St Helens (Etat de Washington, USA) qui s'est réveillé violemment en mai 1980 après une longue période de dormance. Philippe a également eu l'occasion de survoler le fameux cône actif "fumant" du Karymsky, le volcan le plus actif de la chaîne orientale. C'est un stratovolcan très symétrique, présentant régulièrement une activité strombolienne à vulcanienne, édifié dans une caldera récente large de 5 km. Le Maly Semiachik avec sa caldera large de 10 km est elle-même encastrée dans une caldera grande de 15 x 20 km. Le cratère sommital du volcan, créé il y a 400 ans, présente un beau lac de cratère de couleur bleue turquoise. Une autre site grandiose est la caldera d'Uzon qui contient le site géothermal le plus vaste du Kamchatka inséré dans une dépression large de 7 x 18 km issue de plusieurs grandes éruptions. La caldera exhibe de nombreux dépôts d'ignimbrite (type de ponce à haute température se mettant en place sous forme de nappes fluides riches en gaz) couvrant 1700 km2. Le système hydrothermal de haute température contient de nombreuses sources d'eau chaude et des geysers dans la fameuse Vallée de Geysers longue de 4 km sur la bordure orientale de la dépression. Une éruption phréatique s'est produite en 1986 dans le secteur occidental du champ géothermal, créant un nouveau cratère large de 14 mètres. Le Mutnovsky est l'un des volcans les plus actifs de la péninsule. Il est formé de quatre stratovolcans coalescents à composition essentiellement basaltique. De nombreux cratères percent le sommet du complexe volcanique. Le Gorely, situé au sud de la péninsule, est un édifice du même type est est régulièrement actif. Finalement, Philippe nous a aussi parlé de la vie quotidienne des gens au Kamchatka et nous a montré quelques édifices marquants de la ville principale, Petropavlosk. Avec humour, il a ponctué son exposé de quelques anecdotes croustillantes. Mis à part l'incertitude climatique (temps très variable), j'ai retenu les nuées de moustiques essentiellement présentes le long des cours d'eau et, particulièrement, dans la vallée centrale de la péninsule où coule la rivière Kamchatka. Encore un grand merci à Thierry pour cet intéressant exposé didactique et savoureux. Les discussions volcaniques se sont poursuivies bruyamment au restaurant "la Bécasse"d'Ixelles, comme à l'accoutumée dans une ambiance sympathique et conviviale.
08 novembre :après une introduction relative au volcanisme du Costa Rica, notre réunion a débuté par un diaporama sur les volcans actifs et la riche nature du Costa Rica, superbe petit pays d'Amérique Centrale comportant 6 volcans actifs qui sont du S au N : le Turrialba, l'Irazu, le Poas, l'Arenal, le Miravalles et le Rincon de la Vieja. J'ai ensuite eu le plaisir de présenter des images de la spectaculaire activité éruptive qui s'est déroulée le 18 septembre 2007 sur les pentes S.O. de l'Arenal . Celle-ci était caractérisée par l'émission de coulées pyroclastiques provenant du démantèlement partiel du dôme de lave visqueuse sommital et par d'incessantes avalanches de blocs incandescents dont certains étaient vraiment énormes. Photos de ce voyage. Après une courte pause apéritif, Thierry Sluys nous a projeté plusieurs séquences ramenées de son dernier séjour en Indonésie, en août 2008. Il a débuté sa présentation par des images spectaculaires, tournée en 2007, du volcan de boue de Bledug Kuwu où d'énormes bulles crèvent très régulièrement une surface de boue liquide. Ensuite, nous avons pu voir une séquence vidéo tournée lors d'une fête où des dizaines de papous de la partie indonésienne de la P.N.G., l'Irian Jara, étaient rassemblés pour se lancer, littéralement, dans des danses endiablées. Photos. Le voyage s'est poursuivi sur les beaux volcans des Moluques avec, notamment, l'ascension du volcan Gamalama dont le cratère dégaze en permanence. La séquence suivante nous a ramené sur les bords et à l'intérieur du fameux volcan Kawah Ijen, connu pour l'exploitation très artisanale de ses dépôts de soufre situés sur le bord d'un lac d'eau turquoise acide toujours menaçant. A cette occasion, Thierry a pu filmer, de nuit, le spectacle étrange d'un champ de flammes bleutées, hautes de 1-2 m, issues de la combustion du soufre liquide. La température des flammes, mesurée par télécaméra thermique (U.L.B.), est de ~600°c. Le travail d'extraction du soufre sans protection et le portage d'une lourde charge d'énormes plaques de soufre (70-80 kg), pour quelques € par jour, est toujours un spectacle ahurissant et interpellant. Photos. Finalement, nous avons pu voir des images spectaculaires de l'activité actuelle de l'Anak Krakatau. A l'époque, l'activité était caractérisée par de puissants jets de cendres où se mêlaient des blocs parfois de taille impressionnante. Pour s'être approchés un peu trop près de la gueule du monstre, Thierry, Carine et leur guide indonésien ont eu très chaud ! Un très beau spectacle volcanique en tout cas ! Photos La soirée s'est terminée, dans une ambiance festive et bruyante, autour d'une table de notre restaurant grec favori, le Delphes à Schaerbeek. 20 septembre : Thierry Dockx (DOS) nous a présenté deux superbes diaporamas. Le premier était relatif à un voyage sur les volcans actifs des Philippines en février 2008 : le fameux Pinatubo qui a connu une éruption paroxysmale en juin 1991, le Taal (dernière éruption en 1975) et le Mayon (le volcan les plus actif de l'archipel). En guise d'introduction, Thierry nous a projeté une courte séquence vidéo d'une expédition réalisée par Tazieff trois années après l'éruption la plus puissante du 20è siècle. Les anecdotes racontées par Thierry & Annick se sont révélées souvent croustillantes. J'ai retenu particulièrement la traversée du lac de cratère du Pinatubo (large d'environ 2 km) à la nage et la baignade parmi des requins baleines au large de l'île de Palawan. Après un intermède "apéritif", Thierry nous a montré des images de son voyage le plus récent, celui sur des volcans et sites archéologiques du Sud Pérou. Les photos très colorées de paysages magnifiques (dont les étonnantes salines de Mara), du majestueux vol des Condors, de sites archéologiques connus (Machu Pichu) et moins connus étaient splendides et bien dépaysantes. En cliquant sur le lien "Volcans du Sud Pérou", vous aurez l'occasion, à nouveau, de ressentir quelque peu l'atmosphère de cette superbe région. Les discussions, souvent enflammées, entre passionnés volcanophiles se sont poursuivies dans un restaurant d'Ixelles. 17 mai : 1) Jean-Michel Mestdagh & Bernard Duyck nous ont présenté un superbe diaporama sur les volcans actifs ainsi que sur la faune et la fore très riches du Costa Rica. Le pays qualifié de "Pais de la Pura Vida" par ses sympathiques habitants présente une diversité de paysages particulièrement étonnante. Il est juste dommage pour nos amis que les conditions météorologiques en janvier n'aient pas été à la hauteur de celles régnant habituellement en saison sèche, en ce qui concerne particulièrement la visibilité des volcans. Mais rappelons que la forte humidité tropicale est un bienfait qui procure à la végétation sa luxuriance et permet à la vie animale de prospérer dans de riches biotopes particulièrement préservés et protégés au Costa Rica. "Le Costa Rica est organisé topographiquement en trois grands secteurs : les chaînes de montagnes volcaniques des "Cordilleras" culminant à 3 819 m au Cerro Chiripo (Cordillera de Guanacaste et Valle Central) , les plaines inondées (marécageuses/mangrove) de la côte caraïbe et la côte pacifique accidentée. Dans la Cordillère centrale, il y a une multitude de volcans actifs, endormis et éteints. Le Rincón de la Vieja (Province de Guanacaste; alt.: 1 916 m) avec de nombreuses mares de boues sur ses flancs et un beau lac acide de couleur bleue, le Tenorio (1 916 m), le Miravalles (2 208 m), le Turrialba (3 328 m) avec une recrudescence d'activité fumerollienne depuis 2006. Les trois plus visités sont le Volcán Poás (2 704 m), dont le cratère le plus récent est occupé par un lac acide et un dôme, l'Irazú (3 432 m) dont le cratère le plus récent contient un lac vert, et l'Arenal (1 633 m), qui s'est réveillé en 1968 après 500 ans de repos, près duquel sont construits de nombreux hôtels et thermes. Page d'informations plus détaillées sur les volcans du Costa Rica
Dans la plaine élevée centrale (Meseta Central) du secteur de la cordillère, le Costa Rica est densément peuplé avec San José, Alajuela, Cartago et Heredia, quelques-unes des plus grandes villes du pays. Puerto Limón, sur la côte des Caraïbes, est le port le plus important du pays. San José, la capitale, compte 2 millions d'habitants avec sa grande banlieue. La côte pacifique est la plus ouverte au tourisme balnéaire avec de nombreuses stations prisées tant par les riches californiens (Tamarindo, Puntarenas, Quepos) que par les surfeurs en quête de vagues sensationnelles (Ollie's Point et Playa Grande au nord de Tamarindo, Jaco et Playa Hermosa dans la région de Puntarenas). Le climat du Costa Rica est marqué par la saison sèche et celle des pluies. La période des pluies s'étend de mai à novembre, la saison sèche de décembre à avril. En raison de sa situation entre le 8 et 11° de latitude nord, le Costa Rica se trouve dans les tropiques. Toutefois, d'un endroit à un autre, les précipitations diffèrent considérablement: les précipitations à San José sont de 1 867 mm par an, alors qu'à Puerto Limón sur la côte Caraïbes, il tombe 3 518 mm par an". A noter que 16% du territoire sont occupés par des Parc Nationaux (et 25 % sont protégés) ce qui fait de ce petit pays d'Amérique Centrale un des plus riches et diversifiés au monde du point de vue écologique. Du point de vue économique, le Costa Rica est un des plus grands producteurs mondiaux de café (Arabica) et de bananes. Page web illustrant ce circuit en quelques clichés ! 2) Ensuite, Daniel & Sylvie Chéreau nous ont projeté une vidéo spectaculaire réalisée en 2008 à Dallol & à l'Erta'Alé en Ethiopie, ainsi que quelques images du lac de lave très actif du Nyiragongo. Nous avons pu ainsi comparer ces deux lac de lave assez différents. Celui de l'Erta'Ale est circulaire, surmonté la plupart du temps d'une pellicule de lave "plastique" sombre, même durant la nuit, qui est zébrée par des fissures rougeoyantes en échelons et percée ponctuellement de jaillissements laviques qui se déplacent le plus souvent vers les extrémités du lac et qui s'insinuent sous les parois de la terrasse inférieure. Quelques fois, des débordements se produisent et la lave envahit l'ensemble de la surface de la terrasse la plus basse. Nos amis ont estimé que la hauteur les séparant du lac actif était de ~80 mètres et, malgré cette distance, ils disaient ressentir nettement la chaleur irradiante ce qui les obligeait, quelques fois, à se retirer de leur point d'observation et à déplacer leur matériel de prise de vue. Nous avons pu encore une fois observer sur ces images les déplacements des plaques de lave à l'image des plaques tectoniques (mouvements de divergence/convergence des plaques ou accrétion et subduction/obduction-chevauchement) ainsi que des points chauds mobiles et éphémères. Les images de zones de siphonage engouffrant rapidement la lave étaient également particulièrement étonnantes et spectaculaires. Quant au "pit crater" septentrional à fond plat couvert de lave durcie, il dégazait fortement par endroits. Les images du site volcano-hydrothermal du site de Dallol étaient toujours aussi splendides avec des couleurs pastelles sorties tout droit d'une bande dessinée. On a pu observer un phénomène étonnant et nouveau sur ce site : la présence de petits jaillissements d'eau de couleur jaune soufre (en fait de l'eau contenant du fer à l'état réduit) dans une lagune d'eau saumâtre située à l'est du site. A noter que, lors de la visite de Daniel & Sylvie sur ce site situé au nord de la dépression Danakil à quelques dizaine de mètres sous le niveau de la mer, le ciel plombé rendait les températures supportables (une trentaine de degrés) alors, qu'habituellement, elles atteignent régulièrement 45-50°c Le lac du Nyragongo (R.D.C.) a été filmé en 2005. A cette époque, ce lac, en forme de croissant de lune, était particulièrement agité et parcouru par des myriades de petits fontaines de lave durant la nuit. Le jour, il était quasi totalement recouvert d'une pellicule noire de lave partiellement solidifiée (plastique) et ses bordures étaient localement bouillonnantes (jaillissements de lave ponctuels). Rappelons que la composition des laves du Nyiragongo est plus pauvre en silice (ce qui produit une lave plus fluide) que celle des laves de l'Erta'Ale et que la quantité de gaz (principalement de dioxyde de soufre) émise par ce stratovolcan, localisé sur la branche occidentale du rift est-africain, est nettement plus élevée que celle émise par le volcan bouclier éthiopien situé dans la partie septentrionale du grand rift est-africain. Les éruptions de 2000 et 2002 du Nyiragongo, avec des coulées de lave traversant la ville de Goma avant d'atteindre le lac Kivu, sont encore en mémoire. Pour terminer, le couple nous a montré des photos spectaculaires de la partie basse des coulées de lave qui ont dévalé la Valle del Bove à partir du 10 mai. Au moins quatre lobes laviques rougeoyants étaient nettement visibles.
Voir aussi le blog de Sylvie & Daniel !
La soirée s'est achevée au restaurant ixellois "Le Loup Voyant" dans une sympathique ambiance conviviale et festive. 12 avril : Alain Melchior (Alino) a débuté la séance en projetant 5 séquences vidéo relatives à un récent circuit sur les trois volcans actifs du Guatemala (février 2008). Nous avons ainsi pu voir les mouvements variés et souvent tortueux des coulées de lave du Pacaya, une séquence animée d'une spectaculaire avalanche de blocs incandescents issus de la dislocation partielle de la langue méridionale du dôme actif du Santiaguito, le Caliente, ainsi que des images associées au bruit de dégazage impressionnant (bruit de turbine de moteur à réaction) de deux explosions du Caliente filmées à partir du sommet du Santa Maria. Quelques images du superbe lac Atitlan et de l'étonnante église San Andrès Xecul ont clôturé la première partie. Thierry Sluys (Uno) a enchaîné en projetant un diaporama résumant les points forts de ce voyage où les zones habitées situées à proximité des volcans actifs visités ainsi que les personnages souvent colorés étaient bien mis en évidence au moyen de superbes clichés agrémentés d'extraits musicaux bien choisis. Les clichés nocturnes, réalisés au moyen de pauses longues sous sensibilité ISO élevée, des avalanches de blocs incandescents du Caliente et du Fuego (02/2007) étaient particulièrement spectaculaires ainsi que les séquences vidéo de 2007 et 2008 des explosions qui secouent régulièrement le cratère actif du Caliente. La soirée s'est déroulée autour d'une bonne table d'un restaurant d'Ixelles. Cliquez sur ce texte pour visionner des photos de ce voyage !
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En 2007 21 avril : Alain Melchior a d'abord présenté un documentaire réalisé par l'ORTF en 1963 mettant en scène Haroun Tazieff et son équipe scientifique de l'époque (dont son ami artiste peintre Pierre Bichet) au sommet du très actif Stromboli. On y voit l'équipe de volcanologues, munis de heaumes anti-bombes, effectuer des mesures de température et des échantillonnages de gaz sur les bords des bouches actives du volcan en prenant certaines risques afin de pouvoir réaliser ce travail périlleux. A la fin du reportage, Haroun Tazieff ("Garou") est surpris par une explosion plus violente que les autres et sort indemne, assez miraculeusement, de cette situation à hauts risques. La seconde partie a été dédiée au Volcan de Colima situé sur la bordure occidentale de la Ceinture Volcanique Transmexicaine (CVT). Rappelons que le Complexe de Colima comporte trois volcans distincts (Le Cantaro, Le Nevado de Colima ainsi que le beau cône actif et élancé du Fuego de Colima). L'auteur du film a d'abord montré quelques cartes pour situer géographiquement, géologiquement et tectoniquement ce volcan mexicain bien moins connu que son grand voisin, le Popocatepetl. Quelques informations relatives aux laves, au dynamisme éruptif, à l'âge du volcanisme et à la chronologie des éruptions historiques (plus de 40 en 400 ans) ont également été données. Un survol en 3D du volcan a permis de bien distinguer ses caractéristiques géomorphologiques majeures comme la caldera del Playon large de 5 km et ouverte vers le sud, qui a libéré une gigantesque coulée pyroclastique (sous forme d'un "blast" ou souffle, beaucoup plus puissant que celui du Mt St Helens en mai 1980) il y a 2500, 4300 ou 9700 ans selon les diverses interprétations des géologues. Ensuite, le réalisateur a projeté le film vidéo réalisé en juin 2005, période pendant laquelle le volcan était moyennement actif (1 à 4 explosions quotidiennement). On y voit le volcan à partir du bunker de l'Observatoire Volcanologique de l'Etat de Jalisco, situé seulement à 5 km à vol d'oiseau au nord du volcan de Fuego à près de 4000 mètres d'altitude, et à partir du Sud sur le site du ranch de "La Yerbabuena". A cette époque, les explosions propulsaient dans les airs des panaches de gaz et de cendres atteignant 3000 mètres de hauteur. Une séquence vidéo réalisée par des scientifiques de l'Université de Colima, incluant 4 activités spectaculaires, a également été montrée. Pour conclure, un documentaire réalisé par le Centre de Volcanologie de l'Université de Colima a bien résumé l'évolution géologique du volcan, l'historique des éruptions, les méthodes de surveillances mises en oeuvre par ce Centre ainsi que la description des principaux dangers de ce volcan (coulées pyroclastiques, lahars, retombées de cendres). Cette réunion s'est comme à l'accoutumée poursuivie entre amis et passionnés de volcans actifs au restaurant "Le Villon" et c'est vers minuit que nous avons finalement décider de rendre les armes pour aller nous coucher et, peut-être, rêver de volcans actifs ?! Je voudrais finalement remercier les plus fidèles parmi les fidèles, mes amis, d'avoir assister à cette présentation malgré le beau temps de cette journée quasi estivale ! 17 mars : Robin Campion : Robin nous a présenté un superbe film vidéo très spectaculaire à propos de l'activité polymorphe de l'Etna qui s'est déroulée fin 2006. Activité explosive, activité strombolienne forte, effusive et même pyroclastique se sont succédés au cône SE pendant les derniers mois de 2006. Ces nombreuses phases d'activité variée plus ou moins intenses et destructrices ont considérablement modifié la morphologie du cône SE en quelques mois seulement. Cicatrices/entailles profondes sur le flanc sud, hornitos s'élevant fièrement des pentes scoriacées du cône principal, bouches effusives multiples, et gouffre béant sous le cratère sommital balafrent désormais le cône terminal le plus actif de l'Etna. L'activité effusive, d'intensité variable, était le plus souvent accompagnée de phases explosives caractérisées par la libération de nuages de cendres et de gaz dans les airs (parfois, jusqu'à 3000 mètres au-dessus du cratère). Une petite activité strombolienne débutante a pu être filmée d'assez près par nos téméraires volcanophiles au sein d'une bouche effusive perçant le flanc sud du cône SE. A la fin de novembre, une brève activité de fontaines de lave a même eu lieu au cratère sommital du cône SE. Elle a éjecté un volume appréciable de cendres sur toute la région et notamment jusqu'à l'aéroport de Catane (Fontanarossa) qui a du être fermé à plusieurs reprises suite aux matériaux fins, présents en suspension en altitude, qui étaient susceptibles de perturber le trafic aérien transitant par l'est de la Sicile. Une courte mais impressionnante coulée pyroclastique, ayant pris naissance à mi-pente du cône SE, a été filmée entièrement par Robin. Ce mécanisme, exceptionnel sur l'Etna, a probablement été causé par la conjugaison de plusieurs facteurs dont l'effondrement partiel du flanc méridional de l'imposant cône SE (dont la hauteur estimée est d'environ 300 mètres), peut-être suite à l'ouverture d'une nouvelle bouche et/ou à la poussée violente des gaz libérées par la vaporisation d'eau au contact du magma (activité phréato-magmatique). D'ailleurs, de belles explosions phréato-magmatiques (petites panaches cyprèsoïdes noirs associés à des volutes blanches de vapeur d'eau) ont suivi ou précédé cette mini coulée pyroclastique. Bref, ce fût une magnifique spectacle, caractérisé par une très belle (couleurs magnifiques en période de soleil rasant et de phases d'expulsion de cendres) et spectaculaire activité très variée sur le flanc SE du plus haut volcan actif d'Europe, auquel a assisté Robin au cours de plusieurs séjours. Robin nous a également montré des belles images hivernales du Mongibello (construction d'un igloo) et des salinelles (solfatares volcano-sédimentaires) de Paterno (flanc sud). Bernard Louant nous a présenté l'interview de deux des plus célèbres collaborateurs d'Haroun Tazieff (dit "Garou") réalisées dans le cadre du vingtième anniversaire de L.A.V.E. (pour rappel, pour ceux qui ne le sauraient pas encore : "L'Association Volcanologique Européenne"). Le très sympathique Pierre Bichet, artiste peintre de profession, a eu la chance et le plaisir de participer maintes fois à des expéditions d'Haroun Tazieff. Il en garde un excellent souvenir. Selon Pierre, la particularité dominante de cet homme de caractère qu'était Haroun Tazieff se reflétait dans son caractère aventurier au vrai sens du terme se plaisait-il à répéter. C'était un découvreur de situations et d'émotions nouvelles doté d'une énergie et d'une force physique et psychologique exceptionnelles. Le facétieux artiste peintre, bien épaulé par sa chaleureuse et courageuse épouse, soulignait l'importance de la distribution mondiale des volcans actifs qui a forcé, pour le plus grand plaisir de Pierre, l'équipe pionnière de volcanologues à voyager dans le monde entier afin d'aller étudier/observer sur le terrain un de plus beaux et fascinants spectacles de la nature : le volcanisme actif. La seconde interview s'intéressait à un autre fameux collaborateur de "Garou", le scientifique François le Guern dit "Fanfan". Il nous a également évoqué, avec son léger sourire légendaire, les bons moments passés en compagnie de l'enfant prodige de la volcanologie. Il a souligné le fait qu'Haroun Tazieff était bel et bien un véritable scientifique, c'est-à-dire, selon lui, un pionnier et un chercheur de l'inconnu qui a cherché, découvert et diffusé ses résultats en les publiant dans plusieurs revues scientifiques réputées internationalement. Dans cette interview, Fanfan a déclaré qu'un véritable chercheur était celui qui se mettait en quête de ce qu'on ne savait pas encore, c'est-à-dire de l'inconnu. C'est à vrai dire un aventurier des temps modernes. Dans cette perspective, il nous a raconté brièvement une histoire relative à un projet de mise au point d'un appareillage de mesure des gaz (sur base du processus d'équilibre de la phase vapeur dans les gaz soufrés au-dessus d'une certaine température) de terrain. Dans le cadre de ce projet financé par le CNRS, le chef d'équipe, Haroun Tazieff en l'occurrence, avait proposé un délai d'un an à l'équipe de chimistes, dont faisait partie Fanfan et un chimiste belge de l'université de Gand appelé Yvan Elskens, afin de mettre au point un appareillage miniaturisé de chromatographie en phase gazeuse. Finalement, cet appareillage a vu le jour juste 1 mois après que la décision de réalisation ait été prise ! Un diaporarama de Bernard Fontaine nous a permis de revoir la spectaculaire activité de l'Etna sous la forme d'instantanés. Une vingtaine de participants à la réunion se sont retrouvés au restaurant ("Le Villon") dans une ambiance très chaleureuse et conviviale (et même le plus souvent dans une ambiance surchauffée volcaniquement) et très sympathique où les éclats de rire ont alterné avec les discussions à bâtons rompus tournant autour des récents voyages des membres présents et de l'activité actuelle du volcan le plus actif d'Europe, le Stromboli aussi appelé le phare de la Méditerranée. Pour visionner quelques photos de l'activité de l'Etna en fin 2006, je vous invite à visiter les pages web suivantes : Etna - fin novembre 2006 (Luc, Robin, Bernard, Juan-Carlos & Claude) Thierry, Bernard, Claude, Juan & Robin et le cône SE (photo de Luc Calvi) Evolution possible du dynamisme éruptif de l'Etna (vers un type plus explosif) -- < "Letters to Nature/Natue/Vol 412/30/08/2001" Etna (3/11) : photos de Thierry & Carine Sluys Site "photos" ,à propos de l'activité effusive au sommet de l'Etna le 20 octobre 2006, par Luc Calvi
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25 mars : Thierry DOCKX a présenté un superbe diaporama-DVD sur les très beaux volcans de l'île de Flores (Indonésie). 20 mai : Thierry Dockx nous a présenté des images, sous forme d'un diaporama sur support DVD & d'un film vidéo numérique, relatives à une expédition réalisée en février 2006 dans la dépression Danakil (voir page web pour visionner des photos). Les images du site hydrothermal de Dallol (volcanisme hydrothermal perçant un dôme d'évaporites riches en potasse) et du fabuleux lac de lave actif de l'Erta'Ale (niché au fon du puits/pit crater sud) étaient particulièrement belles et spectaculaires. Auparavant, Juan Carlos Molina nous avait fait un exposé, au moyen d'une présentation "Power Point" et d'une série de diapositives, visant à retracer l'histoire tectonique de l'Afrique au cours des différentes périodes géologiques. Il a terminé en nous rafraîchissant la mémoire à propos du modèle de la tectonique des plaques en Afrique de l'Est et, plus spécifiquement, dans la zone d'intersection triple (RRR) de l'Afar. De nombreuses cartes géologiques, tectoniques et satellitaires ainsi que des photos de terrain personnelles ont illustré l'exposé marqué désormais par son légendaire et sympathique accent castillan de Catalogne (ainsi, pour les non initiés, le mot "boule", prononcé ainsi par J.C., signifie "bulle"). Rappelons, qu'en parallèle à son emploi au sein des Institutions Européennes, Juan Carlos poursuit un cycle d'études spécialisées en volcanologie au sein de l' "Open University". Après cette intéressante et spectaculaire présentation, beaucoup d'entre nous se sont rendus au restaurant "Le Villon" où un sympathique et amusant commis de salle nous a bien diverti et cela pour notre plus grande plaisir ! Nous y avons d'ailleurs déjà réservé une table à l'occasion de notre prochaine réunion prévue le samedi 24 juin. 24 juin : à l'occasion de notre réunion de juin, Thierry SLUYS nous a présenté deux diaporamas. Le premier concernait un voyage effectué au Sud de l'Islande en février dernier. Nous avons ainsi pu visionner quelques uns des magnifiques paysages volcaniques islandais : le complexe de dômes rhyolitiques (incluant localement des coulées d'obsidienne) multicolores de Landmannalaugar; la grande faille de Thingvellir séparant les mégaplaques eurasienne et nord-américaine (elle fût aussi à ses heures le siège du premier parlement islandais), le geyser "Geysir" (à l'origine du terme geyser) près de la plus haute chute d'eau du pays (Gulfoss), le volcan Hekla (dernière éruption en 2000) sous le soleil de minuit, le geyser le plus actif d'Islande (le Strokkur), l'île d'Heymaey où le plus récent volcan du pays trône désormais, l'Eldfell (1973), ainsi que quelques paysages de glaciers dans lequels certains blocs de glace translucide sont maculés de cendres noires provenant d'éruptions sous-glaciaires passées (celles du Grimsvötn par exemple).
Geyser Strokkur Le second diaporama se rapportait à une expédition au volcan Nyiragongo, s'élevant au nord du lac Kivu, lui-même situé dans la branche occidentale du rift est-africain. A l'inverse de son imposant voisin qui était couronné de neige, le Karisimbi (dont le sommet fait office de frontière entre le Rwanda et la RDC), le Nyiragongo se trouve entièrement en territoire congolais. L'expédition avait comme objectif initial la découverte et l'observation du lac de lave actif de ce volcan dont le lac de lave avait été, pour la première fois, atteint par Haroun Tazieff (1958). Malheureusement, des véritables bandits de grand chemin, semant régulièrement la terreur dans cette région du Sud Kivu, en ont décidé autrement ! Venant à peine d'atteindre la lèvre abrupte du cratère du Nyiragongo, Thierry et ses compagnons d'infortune de la Société Volcanologique de Genève (P. Vetch, M. Caillet, ...) ainsi que Jacques Durieux (volcanologue d'origine belge dirigeant l'Observatoire Volcanologique de Goma), fûrent lâchement attaqués en pleine nuit par des hommes lourdement armés. Ces derniers sont parvenus à détrousser plusieurs personnes du groupe avant de s'enfuir et de s'enfoncer rapidement au coeur de la dense forêt équatoriale couvrant les basses pentes de ce vaste volcan au sommet tronqué. Lors de ce séjour mouvementé, Thierry a néanmoins eu l'occasion de voir les importants dégâts occasionnés par l'éruption fissurale qui s'est produite en 2002. Les photos, réalisées lors du survol de l'aéroport de Goma, sont particulièrement édifiantes. On y voit l'extrémité nord de la piste véritablement noyée sous un amas chaotique de lave basaltique tordue sombre au-delà duquel se trouvaient encore, à l'époque du passage de notre ami, des avions en état de vol (seraient-ils bloqués là ad vitam eternam ? ...). Les photos aériennes soulignent très clairement les diverses fractures éruptives parallèles (souvent associées en échelons) qui ont déchiré le flanc sud de l'imposant cône du Nyiragongo. Elles lézardent l'édifice depuis une zone située à quelques centaines de mètres sous le sommet jusqu'aux portes de la ville de Goma (à proximité de l'aéroport) en passant par le cône adventif du Shaheru (les coulées basaltiques sous-saturées en silice de 2002 ont d'ailleurs rempli quasi entièrement le cratère de cet imposant cône secondaire). On peut aisément s'imaginer la très grande fluidité de cette lave néphélénitique en portant son regard sur certaines hautes branches d'arbres situées sur la parcours de la coulée principale de 2002. Par endroits, la partie supérieure des branches est littéralement enrobée de paquets de lave tordus qui se sont rapidement figés sur place (processus de refroidissement de "prise rapide"). Ces amas de roche noire ont été projetés à plusieurs mètres de haut sous la force de l'impétueux torrent tourbillonnaire de lave très fluide (vitesse maximale estimée à 70 km/h). Ce diaporama s'est conclu par le survol de la grande caldera du volcan bouclier Nyamugyra. On a pu aisément observer sur les clichés aériens qu'une extrémité échancrée de la caldera (en direction du Nyiragongo) avait été le point de passage (ou de départ) d'une longue coulée de lave basaltique. La caldera sommitale, partiellement comblée de laves récentes, était à l'époque peu profonde et percée de plusieurs cratères puits plus ou moins profonds. L'intermède a été mis à profit pour diffuser les premières images, très spectaculaires, de l'éruption en cours au Merapi (Java Centrale, Indonésie) réalisées début et mi-juin par notre ami Thierry Dockx. On a pu ainsi visionner de véritables coulées pyroclastiques (depuis leur point d'émission) très impressionnantes qui dévalaient les pentes S-SE du Merapi (dans la région de Kaliurang).
Le cône dégazant du Nyiragongo vu de l'aéroport de Goma (Sud Kivu, R.D.C.)
Enfants de Goma posant sur le chaos superficiel des coulées de lave torsadées ("pahoehoe") de l'éruption de 2002. En seconde partie de séance, nous avons pu apprécier un film vidéo (numérique), réalisé par un membre de la S.V.G., relatif à une expédition récente menée sur ce volcan (rappelons-le "interdit" à l'époque où Haroun Tazieff est descendu pour la première fois au fond de ce puits actif en 1959). Les images du lac de lave en fusion, très bouillonnant et remuant, étaient particulièrement spectaculaires et belles. Le film raconte, du début à la fin, le déroulement de cette expédition qui a réussi à atteindre la première plate-forme localisée sous la lèvre du cratère sommital du Nyiragongo (400 mètres seulement au-dessus du puits de feu et 300 mètres sous le bord du cratère sommital). Les quelques anecdotes ponctuant cette expédition ainsi que les images sensationnelles de la descente dans le puits actif en font un documentaire d'une très grande qualité. En épilogue, la découverte des gorilles de montagne était également très instructive et particulièrement impressionnante. C'est ainsi que l'opérateur de prise de vues s'est retrouvé à quelques mètres seulement d'un grand mal dominant (appelé "dos argenté") en train de déguster le feuillage et l'écorce d'une branche qui lui semblaient particulièrement savoureuses. Merci à la S.V.G. d'avoir autorisé la diffusion de ce film au bénéfice des membres de LAVE-Belgique; "Le paradis à l'envers" : Régis ETIENNE ( S.V.G.). Afin de visionner des photos du Nyiragongo et de son lac de lave actif (diamètre : env. 250 mètres), visitez la page spéciale sur le site de J-J Faugère; "Volcans Actifs". Pour conclure cette belle après-midi, nous avons visionné un court-métrage (réactualisé) résumant spectaculairement les périples/aventures de Thierry/Carine sur de nombreux volcans actifs de la planète. A ce sujet, Thierry SLUYS est le concepteur d'un très beau et spectaculaire poster (mosaïque de ses 15 plus beaux clichés). Pour plus d'informations, prière de le contacter par mail. La soirée s'est poursuivie au sympathique restaurant italien "Le Villon"afin de partager notre passion devant un repas savoureux arrosé du vin du patron. Comme à l'accoutumée, l'ambiance était conviviale, bon enfant et très animée. 30 septembre : Thierry Dockx, nous a présenté un diaporama relatif à trois volcans actifs d'Indonésie. Nous avons d'abord pu voir un bel échantillon de la spectaculaire activité du Merapi qui s'est déroulée en mai & juin dernier. Thierry a eu l'occasion d'approcher la zone des coulées pyroclastiques sur le flanc SE du volcan (dans la zone des villages de Kaliurang & Kaliadem). Les images (photos et séquence vidéo) qu'il nous en a rapportées sont extraordinaires et soulignent, une fois encore, que les coulées pyroclastiques, qui semblent a priori si lentes et si peu dangereuses quand elles sont vues derrière l'objectif de la caméra, sont bel et bien un phénomène terrifiant et menaçant de par le caractère imprévisible de leurs parcours et de leur vitesse élevée (jusqu'à 200-300 km/h). L'observation d'une telle activité doit donc se faire à une distance minimale (de l'ordre de plusieurs km; rappelons que le périmètre de sécurité défini par les autorités locales correspondait à un rayon de 8 km autour du cratère sur les flancs SO, S et SE) avec la plus grande prudence en prenant également en compte les éventuelles mauvaises conditions météorologiques et/ou les nuages diffus de cendres issus d'une précédente nuée ardente. Ces deux facteurs, susceptibles de gêner voire d'empêcher le suivi à bonne distance du trajet des coulées pyroclastiques, peuvent aboutir à une menace potentiellement élevée à l'égard de l'observateur. Il n'est reste pas moins que ce spectacle est extraordinaire par sa puissance destructrice et le caractère imprévisible de la trajectoire des flots gris riches en gaz et matériaux pulvérisés en suspension. Selon notre ami, les sons et odeurs (seule une légère odeur de soufre se faisait sentir par moments en fonction de la direction du vent) étaient absents, ce qui rendait le phénomène encore plus inquiétant. Par moments, il était également possible d'observer des blocs, quelques fois d'une taille impressionnante bien qu'il manquait une référence pour évaluer l'échelle, débouler au front du lobe principale de la coulée grise. Ils avaient probablement été arrachés du socle rocheux sur lequel le puissant courant de cendres et de gaz se déplaçait. Etant donné qu'aucune incandescence n'était visible au cours de la nuit, ces blocs ne semblaient donc pas été avoir arrachés de la partie active du dôme de lave sommital du volcan. Par contre, quelques très belles photos en pauses longues, réalisées au moment de l'aurore, montraient une nette incandescence liée aux avalanches de blocs issus du dôme actif de lave acide. Il était également intéressant d'observer, ici et là, des volutes verticales de cendres /gaz au sein du flux ardent latéral. Localement, les gaz chauds, entraînant les matériaux les plus fins, peuvent donc ainsi d'échapper vers le haut au sein du flot ardent à déplacement essentiellement latéral. Ce mécanisme s'explique probablement par le caractère tourbillonnaire/turbulent des mouvements gazeux au sein de la coulée de cendres pouvant, en fonction de la structure du terrain sous-jacent, générer, par endroits, une libération verticale des fins matériaux mais aussi une ramification latérale du flot de cendres. Il est toujours surprenant d'observer que, le long du front principal d'une coulée pyroclastique qui emprunte en général la plus grande pente, des lobes secondaires carrément perpendiculaires au flot principal se forment assez fréquemment et peuvent même, ici et là, remonter une pente. Cela nous rappelle que ce phénomène, toujours aussi surprenant, a provoqué la mort prématurée du couple "Krafft" sur les pentes du volcan Unzen, situé sur l'île de Kyushu au Japon, en 1991. Quelques anecdotes ont ponctué le récit de notre ami passionné qui était encore cette fois accompagné dans ses aventures par Annick, sa courageuse et volontaire épouse. Activité 2006 du Merapi -- Photos du Merapi par Thierry Dockx La seconde présentation nous a permis d'observer la très spectaculaire et puissante activité vulcanienne du Semeru en juin dernier. Rappelons que ce volcan est le plus élevé de Java (alt.: 3676 m.) et le plus actif (en activité permanente depuis 1967). Lors de la visite de Thierry, les violentes explosions déchiraient l'air selon une fréquence d'une toutes les 10 à 15 minutes. Au nord, dans la direction des téméraires observateurs, les flancs externes du cratère actif étaient régulièrement bombardés de nombreux blocs de toutes tailles. En raison des excellentes conditions météorologiques, le panorama au sommet était sublime. Les volcans Kawah Ijen et Welirang était nettement visibles ainsi que la très belle caldera du Tengger d'où perce le fameux cône de cendres actif du Bromo, réputé pour son attrait touristique (on atteint son cratère fumant par un escalier de bois) et religieux (fête annuelle du Kesodo). La troisième partie nous a dévoilé les beautés du volcan Rinjani situé sur l'île de Lombok. Cet imposant volcan, le second plus haut d'Indonésie (3726 m.) après le Kerinci situé sur l'île de Sumatra, dont la caldera (caldera Segara-Anak = fils de Segara) contient un lac d'eau douce, localement légèrement acide, et d'où émerge un petit cône de scories/cendres, le Barujari. Des villageois de l'île de Lombok vont régulièrement pêcher dans ce lac et font sécher leurs captures sur place. Le dénivelé entre le sommet du Rinjani et son lac de caldera est impressionnant : 1800 mètres ! Rappelons que Thierry était sur ce volcan lors de sa dernière grande éruption en 1994. Ce fût d'ailleurs sa première expérience de volcanophile et, depuis lors, il n'arrête plus de sillonner les coins du monde riches en volcans actifs en compagnie de son épouse, Annick, ou de quelques camarades aussi "fous" que lui dans cette passion (je pense notamment à nos amis Thierry Sluys et Juan-Carlos Molina dont la devise est : "hasta la victoria siempre" ... & qui a prononcé cette célèbre phrase ? Eh oui c'est bien le fameux cubano-argentin au béret noir frappé de l'étoile rouge ! Bref, pour en revenir à nos moutons que sont les volcans, les images du point culminant de Lombok étaient très tout simplement sublimes, grâce aussi aux excellentes conditions météorologiques régnant lors de la visite de nos amis. Finalement, nous avons visionné une séquence vidéo tournée au Merapi au cours de deux périodes distinctes. Nous y avons pu voir la dynamique des coulées pyroclastiques ainsi que la fuite inopinée, en 4x4, de deux journalistes indonésiens pas très téméraires, à moins que ce soit Thierry & Annick qui aient été assez inconscients. A la vue des dégâts provoqués par la principale coulée pyroclastique du 15 juin, ayant ravagé le petit village de Kaliadem et tué deux villageois réfugiés dans un bunkers de protection, on pencherait plutôt pour la seconde hypothèse ! Dommage que Thierry n'avait pas prévu d'amener son vélo de course pour pouvoir éventuellement fuir à toute vitesse ! Hola, sorry, j'avais oublié Annick !!! Il eut fallu donc prévoir un tandem ! Vingt-cinq personnes se sont retrouvées au restaurant thai-vietnamien situé à quelques encablures du cimetière d'Ixelles. La bonne humeur et l'enthousiasme étaient évidemment une nouvelle fois de mise au cours du dîner d'après réunion. Merci à toutes et à tous d'être venus et, particulièrement, au nombreuses nouvelles têtes (particulièrement aux compagnons cyclistes de Thierry et aux personnes qu'il a rencontrées au Semeru, c'est-à-dire les courageux Jean-Michel Mestdagh et son épouse qui, résidant dans la région de Tournai, ont fait le déplacement jusqu'à Bruxelles (110 km svp !) à l'occasion de cette belle réunion. Voir quelques photos en page d'accueil ! 9 décembre: Thierry Sluys a présenté deux superbes films qui retracent ses séjours sur l'Etna au début et à la fin du mois de novembre. En cette fin novembre 2006, l'activité du géant sicilien était particulièrement spectaculaire et variée, Notamment, son cône le plus actif, le SE, a libéré trois coulées pyroclastiques, évènements exceptionnels sur ce volcan. En complément de son matériel, Thierry Sluys a projeté un film vidéo intitulé: " Je parle aux volcans", réalisé par un volcanophile suisse, Régis ETIENNE. Ce film vidéo est subdivisé en 4 parties : Etna , Dallol, Erta Ale, Lengai. Nous le remercions évidemment de son aimable collaboration ! Thierry, Bernard, Claude, Juan & Robin
et le cône SE Evolution possible du dynamisme éruptif de l'Etna (vers un type plus explosif) < "Letters to Nature/Natue/Vol 412/30/08/2001" Transition of Mount Etna lavas from a mantle-plume to an island-arc magmatic source Transition des laves du Mt Etna d'une source magmatique de panache mantélique à une source magmatique d'arc insulaire (contexte de subduction)
Pierre Schiano ,
Roberto Clocchiattlt, Luisa Ottolini & Tiziana Busa Le Mont Etna se situe à proximité de la frontière entre deux régions qui présentent des différences significatives au niveau du type de volcanisme. Au nord, le volcanisme des Iles Eoliennes est présumé être associé à la subduction de la lithosphère Ionienne. Sur la grande île de Sicile, toutefois, aucune évidence chimique ou sismologique de volcanisme de subduction n’existe, et, donc, on pense que le volcanisme, incluant le Mt Etna lui-même, est issu de la remontée d’un matériau mantélique, associée à différents processus tectoniques superficiels. Mais l’absence d’évidence géologique eu égard à la composition primaire du magma du Mt Etna signifie que les caractéristiques de sa source restent controversées. Dans cette étude, nous avons analysé la composition des éléments en traces d’une série de laves émises par le Mt Etna sur les 500.000 derniers ans et préservées comme inclusions fluides dans des phénocristaux d’olivine. Nous montrons que le changement de composition dans les magmas primaires du Mt Etna reflète une transition progressive à partir d’un panache mantélique prédominant à un manteau avec une plus grande contribution de basaltes d’arc insulaire (liés à la subduction). Nous suggérons que celui-ci est associé avec le déplacement vers le sud de la plaque ionienne, qui a été juxtaposée avec un panache mantélique sous la Sicile. Ceci implique que le volcanisme du Mt Etna est devenu plus calco-alcalin, et donc plus explosif, pendant son évolution. Traduction de l'anglais par Alain M. |
29 janvier : Thierry Sluys nous a présenté une série de diapositives réalisées lors d'un récent voyage sur l'île de la Réunion. Il a pu y observer les produits et nouvelles structures mais surtout les modifications des paysages intervenues depuis la dernière éruption du Piton de la Fournaise (voir page "Eruptions 2004"). C'est ainsi que le petit cône de scorie, juché à l'extrémité de la plateforme de lave nouvellement créée sur le bord de mer, était déjà en train de subir l'érosion par l'Océan Indien au moment de la visite de Thierry. Une vidéo, réalisée il y a quelques années au Chili par le même volcanophile, nous a permis de revoir les somptueux paysages du Nord Chili et les imposants volcans du désert d'Atacama (Licancabur, Lascar, zone géothermale d'El Tatio) et finalement de voir le spectacle toujours impressionnant d'une petite fontaine de lave s'activant au fond du cratère du Villarica situé dans la province méridionale d'Araucarie. Deux films court-métrages, l'un à propos de la disparition des Orang-Outans de Sumatra et l'autre concernant les volcans japonais actifs de l'île de KyuShu, ont conclu cette après-midi. Evidemment, comme à notre habitude, les discussions se sont poursuivies autour d'une bonne table dans notre restaurant favori, le Delphes. On regrettera néanmoins la faible participation à cette première réunion de l'année (7 personnes). 28 février : Alain Melchior a présenté un film réalisé en novembre 2004 au cours d'un séjour au Guatemala où il a pu observer l'activité des trois volcans les plus actifs de ce pays: le Pacaya, le Fuego, et le Santiaguito. Pour accéder à des informations détaillées sur ce voyage, voir: http://users.skynet.be/etna/Guatemala_2004/ Activité strombolienne d'un petit cône intracratérique du Pacaya (24/11/2004). Cliquez sur la photo pour visionner une courte animation de l'activité (4", 520 Ko) 19 mars: Alain Bernard, professeur de géochimie à l'U.L.B. et spécialiste de la thermodynamique des lacs de cratère, nous a présenté un exposé à propos d'une méthode de télédétection récente utilisée en surveillance volcanologique. Celle-ci repose essentiellement sur la mesure, au moyen d'un capteur embarqué sur un satellite, des températures dans les cratères ainsi qu'à la surface des lacs de cratère et, en parallèle, sur des mesures indirectes, via le même capteur, du taux de sédimentation des sels précipités dans ces lacs de cratère de volcans actifs, le plus souvent acides. Alain nous a expliqué la technique en l'illustrant par des cas concrets (volcans Raung, Ijen & Rinjani en Indonésie, lac de cratère du Taal aux Philippines et lac de cratère Voui sur l' île d'Aoba au Vanuatu). L'outil fait appel à la haute technologie des capteurs ASTER & MODIS, qui différent principalement par leur résolution d'acquisition (respectivement 90 m et 1000 m. au sol par pixel), embarqués sur le satellite Terra. Les deux capteurs ou senseurs se sont révélés très efficaces pour la mesure des températures sur divers volcans peu accessibles et, également, dans le cadre du suivi des variations de température à la surface de quelques lacs de cratère menaçants (Kawah Ijen, Taal). A l'inverse des satellites de télédétection classiques comme Landsat T.M., l'intérêt de ces deux capteurs réside dans le fait qu'ils peuvent fonctionner également la nuit lorsque la chaleur solaire du jour diffusée par le sol n'interfère plus avec le dégagement de chaleur lié à l'activité volcanique/ hydrothermale de basse température, ce qui permet d'obtenir des contrastes de températures plus élevés et, par conséquent, une meilleure précision des mesures, surtout en ce qui concerne les mesures de la température de l'eau des lacs de cratère (en général variant de ± 10 à ± 60°c). Alain nous a présenté essentiellement le principe de fonctionnement du capteur ASTER, instrument financé par le Japon. Il permet de travailler dans une gamme du spectre infrarouge. Deux bandes spectrales dans le domaine des longueurs d'ondes infrarouges sont particulièrement utiles dans le cadre de la surveillance de l'activité volcanique. Le S.W.I.R. ("Short Wave InfraRed" -- ondes infrarouges courtes, ± équivalent au proche infrarouge) et le T.I.R. (infrarouge thermique). La détection fine de la diffusion par le sol des ondes de ces deux parties du spectre infrarouge au niveau du capteur ASTER permet de mesurer des contrastes de température de l'ordre du degré (T.I.R.) à quelques dizaines de degrés (S.W.I.R.; notamment illustré par la mise en évidence des coulées de l'Etna émises lors de l'éruption de 2001) et cela avec une assez grande précision. On signalera que c'est dans l'infrarouge (surtout le S.W.I.R. et le T.I.R.) que l'influence de l'atmosphère est minimale en ce qui concerne les effets de dispersion (réflexion, réfraction, absorption,...) de la chaleur du sol par l'atmosphère. Par conséquent, c'est dans ces deux gammes spectrales que la mesure du flux de chaleur d'une source au sol est la moins altérée par les processus de dispersion de la chaleur dans l'atmosphère. C'est pour cette raison que seule l'analyse de l'absorption du spectre infrarouge par le capteur permet d'obtenir une grande précision au niveau de la mesure de la température au sol. Le suivi de l'évolution de ces températures dans le temps se révèle souvent crucial dans le cadre de la prévision d'une activité éruptive. L'infrarouge thermique est principalement utilisé pour la mesure des plus basses températures (de quelques degrés à ± 70°c en ce qui concerne les lacs de cratère et les champs fumerolliens de basse température). Elle est donc particulièrement efficace pour mettre en évidence des petits écarts de température survenus entre deux passages du satellite au-dessus d'un volcan donné (cas récent d'un cône intracratérique au volcan Raung à l'Est de Java) mais aussi au niveau des calorimètres géants que sont les lacs de cratère (Ijen, Taal). Il est à noter que les spécialistes chargés de la surveillance volcanologique à distance peuvent aujourd'hui introduire une demande, cela à tout moment via un site internet, afin d'obtenir des données ASTER infrarouges (scènes de 60 x 60 km) sur des zones volcaniques sensibles, c'est-à-dire celles qui leur semblent particulièrement susceptibles de redevenir actives à court ou moyen terme. Dorénavant, on peut donc suivre l'évolution thermique des volcans depuis le bureau via des satellites spécialisés. Dans ce cadre, Alain nous a montré des images spectaculaires de lacs volcaniques où on peut identifier clairement des cellules de convection thermique associées à des mouvements d'eau chaude remontant du plancher du cratère à la suite d'une intensification de l'activité volcanique/hydrothermale (Ijen, Taal, Voui, Rinjani). Dans le domaine de l'infrarouge thermique, le recoupement des températures mesurées sur le terrain avec celles fournies indirectement par les mesures du capteur ASTER a permis à l'équipe bruxelloise d'élaborer un algorithme (dit U.L.B.) afin de mettre au point un calibrage (basé sur les paramètres d'une droite de régression linéaire) de la température fournie par les mesures d'absorption d'un champ donné du spectre infrarouge analysé par le capteur ASTER. On signalera que cet étalonnage est indépendant du facteur climatique et que, dès lors, l'analyse des températures peut être effectuée sur l'ensemble des lacs de cratères situés dans le monde entier. Par ailleurs, la mesure de l'absorption dans un autre domaine spectral restreint de l'infrarouge permet également de suivre l'évolution du taux de sédimentation des précipités (silice, sulfates, carbonates, chlorures,...) dans les lacs de cratère (exemple du Rinjani sur l'île de Lombok). Etant donné que la quantité de précipités qui se forment, et sédimentent ensuite, est liée directement à la température, elle-même fonction de l'état d'activité du volcan, ce paramètre permet de suivre l'évolution de l'activité volcanique secondaire (hydrothermale) et, par conséquent, indirectement de l'activité éruptive. Alain nous a finalement parlé du suivi de l'évolution dans le temps de la superficie du lac du volcan mexicain El Chichon (qui connut une éruption paroxysmale en 1982) au moyen du satellite. Cette dernière peut varier du simple au double en fonction du débit de l'alimentation d'une source hydrothermale sous-lacustre, et cela indépendamment de la saison (sèche ou humide). QUELQUES LIENS Galerie de photos "ASTER" consacrée aux volcans
Image ASTER (T.I.R.), réalisée le 24 février 2005, dans le secteur du volcan Kliuchevskoi et Shiveluch (Kamtchatka, Russie) -- Le tracé en rouge représente une coulée de lave descendant le flanc NO du volcan. Le mélange de la lave avec la glace/neige du glacier Ehrman a produit des coulées de boue. Pour obtenir des données thermiques du capteur MODIS (notamment sur certains volcans) en temps réel, voir: http://modis.higp.hawaii.edu/
Anomalie thermique actuelle associée au volcan Kliuchevskoi (Kamchatka) Pour accéder à des images "ASTER" thermiques (SWIR & TIR), voir: www.gsj.jp/database/vsidb/image/"Volcan"/volinfo.html Remplacer uniquement le nom du volcan (ici Ambrym) pour visionner les images s'y rapportant. Pour
obtenir des données ASTER et d'autres satellites ou
SRTM (topo),
consultez:
Après cet exposé très intéressant, nous nous sommes retrouvés, comme d'habitude, dans notre sympathique restaurant grec, le Delphes, pour poursuivre les discussions de volcans dans une ambiance conviviale et chaleureusement volcanique. Encore un grand merci à Alain Bernard ! 15 octobre : Thierry Dockx (DOS pour les initiés) nous a présenté un magnifique diaporama digital (sur support DVD) concernant un voyage en Nouvelle-Zélande (île du Nord) qu'il a effectué en février 2005 en compagnie de deux autres compatriotes. Ce séjour avait évidemment comme objectif principal la visite des volcans actifs et des zones géothermales de ce superbe pays des antipodes. Vous pouvez retrouver des photos de ce voyage en cliquant ici. En seconde partie, Alain Melchior a présenté un montage audiovisuel digital à propos de l'expédition qui l'a conduit au volcàn de Fuego de Coliùa au Mexique en juin 2005. Merci à Robin Campion pour avoir pu obtenir l'autorisation de disposer d'un auditoire à l'U.L.B., équipé à la projection de montages audiovisuels sur grand écran (à noter néanmoins l'impossibilité d'obtenir du son). La soirée s'est poursuivie dans un restaurant proche du campus. 26 novembre : Benjamin Barbier & Robin Campion ont présenté l'objet des missions de l'U.L.B. sur les volcans d'Indonésie. Malheureusement, le rapporteur des réunions est resté bloqué chez lui en raison des mauvaises conditions météo. 17 décembre : Juan Carlos Molina nous a permis de rafraîchir nos connaissances relatives au modèle de la tectonique des plaques au moyen d'une présentation PPT intégrant de nombreuses cartes actualisées de la terre publiées récemment par l'USGS (relief, séismicité, volcanisme). Une animation, présentant la probable localisation des continents dans 60-100 millions d'années, mettait en évidence la disparition progressive de la Méditerranée suite au rapprochement des plaques eurasienne et africaine, la transformation du bloc Est africain (région située à l'est du rift) en grande île et, en Orient, le regroupement en un seul bloc de l'Australie, du Japon, des Philippines et des îles de la Mélanésie/Micronésie. En seconde partie, un film, très spectaculaire, à propos de la dernière grande éruption du Piton de la Fournaise (9/2004) a été projeté. Les images de l'édification rapide et agitée d'un petit cône de scories par agglutinement de lambeaux de lave très fluide (< mélange lave + eau de mer) ainsi que les projections incessantes expulsant une multitude de filets de lave virevoltant agilement dans les airs ont fasciné les quelques 25 personnes présentes dans la salle de l'ULB. Dix-sept d'entre nous se sont ensuite retrouvés dans un restaurant viet-thai où l'ambiance fût, comme à l'accoutumée, très conviviale. 20 décembre: Agnès Mazot a présenté brillamment sa thèse de doctorat et a obtenu le diplôme de Docteur ès Sciences (U.L.B.). Le sujet en était : "Activité hydrothermale des volcans Kelud et Papandayan (Indonésie) et évaluation des flux de gaz carbonique". Encore bravo à Agnès et nous lui souhaitons plein de succès dans sa future carrière de chercheur en volcanologie. |
Cette année, nous avons déjà eu:10 janvier : Bernard Fontaine nous a présenté 700 diapositives réalisées lors d'un voyage consacré à la visite de plusieurs volcans chiliens et boliviens (en 2002). Nous avons pu ainsi admirer les superbes paysages d'une large zone, s'étendant sur ± 700 km, de la Cordillère des Andes comprise entre le sud-ouest de la Bolivie (Province du Lipez) et les régions du Chili septentrional. Bernard & Nadine ont pu notamment approcher les cratères des volcans Licancabur & Lascar, ce dernier étant le volcan le plus actif de cette région frontalière. Des images de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, Chuquicamata, et du lac le plus haut du globe, le Titicaca, ont ponctué cet exposé.
Comme d'habitude, la soirée se termina en toute gaîté dans un bon restaurant. Cette fois, nous jetâmes notre dévolu sur "La Mamma" où certains dégustèrent de succulentes pizzas ("pizze") alors que d'autres goûtèrent un plat de pâtes fraîches, évidemment préparées & cuisinées à l'italienne.
21 février : c'est dans une ferme habitée par des moines bénédictins que Thierry Sluys nous a présenté 3 diaporamas "volcans" (au total 16 volcans) et 1 série de diapos réalisées au cours d'un récent week-end à Venise où se déroulait le célèbre carnaval de la Cité des Doges. En première partie, nous avons pu voir des diapos de trois volcans parmi les plus actifs des Philippines, à savoir le Mayon, le Taal et le désormais célèbre Pinatubo. Le Mayon dresse son cône parfait en forme de toupie au-dessus de la plaine de Legaspi et fait l'objet d'une étroite surveillance du PHIVOLCS, le bureau de surveillance sismologique et volcanologique des Philippines. Depuis 2000, ce volcan connaît une nette recrudescence d'activité qui se manifeste essentiellement par l'émission de coulées pyroclastiques. La dernière éruption meurtrière du Mayon date de 1993. Depuis lors, le PHIVOLCS a installé un réseau de surveillance (principalement sismique) autour du volcan pour tenter de prévenir ses éruptions potentiellement dévastatrices et meurtrières. Nous nous rendrons ensuite au Taal, volcan situé à ± 60 km au sud de la capitale. De par sa structure et son type de magmatisme explosif, ce volcan est l'un des plus dangereux de l'archipel philippin. Le Taal est formé de deux volcans emboîtés dont chacun des cratères contient un lac d'eau douce. Le diamètre de la caldera est de ± 30 km. L'île centrale, "Volcano Island", contient une zone d'activité fumerolienne assez active le long d'un secteur de la berge du lac de cratère et, à son extrémité, un cône de scorie et de cendre issu de la dernière grande éruption meurtrière de 1965. Sur ce volcan, les volcanologues philippins mesurent en priorité les variations de températures susceptibles d'être associées à une reprise d'activité. Le périple se terminera par la visite du désormais célèbre Pinatubo qui délivra une éruption particulièrement violente en juin 1991, après 611 ans de repos. Cette crise éruptive fût particulièrement bien suivie par les volcanologues américains de l'USGS du fait que le volcan se trouvait à proximité de la plus grande base militaire américaine de l'archipel, la base Clark. Les signes précurseurs de réveil de ce volcan "gris" étaient nombreux et évidents : apparition de fumerolles, accroissement des températures, nombreuses secousses sismiques de type "tremor", et finalement formation d'un dôme au sein du cratère. Les clichés réalisés à partir d'avion fournissent une vue d'ensemble du cratère, rempli aujourd'hui d'eau douce, ainsi que des pentes instables très ravinées et couvertes de nombreux dépôts de lahar. Par endroits, à proximité du cratère, les dépôts de matériaux pyroclastiques atteignent 200 mètres d'épaisseur.
Le cratère du Pinatubo vu fin 2003 (photo: T. Sluys)
Nous quitterons les Philippines sur de belles images de coucher de soleil en Mer de chine avant de nous rendre dans un endroit tout aussi somptueux, le Parc de Yellowstone dans l'Ouest américain (se trouvant principalement dans l'Etat du Wyoming) où nous découvrions une série de sites à activité hydrothermale tout aussi magnifiques les uns que les autres. Le fameux geyser Old Faithfull (le Vieux Fidèle) qui vomit son torrent d'eau chaude et de vapeur toutes les 30 à 60 minutes; Tower Falls et ses versants corrodés par l'activité hydrothermale contemplé notamment du lieu panoramique dénommé si justement "Artist Point". Nous admirerons également de belles vasques calcaires, où le torrent est pétrifié par d'impressionnantes concrétions minérales, ainsi que des bassins multicolores au centre desquels la zone d'eau la plus chaude, d'un bleu azur intense, est d'une beauté spectaculaire. Les bisons, élans, biches, loups et autres grizzli sont ici dans leur élément ! Nous terminerons ce voyage dans le NO américain par la visite du Parc National "Devils Tower" au centre duquel s'élance vers le ciel un piton rocheux formé par d'impressionnantes orgues basaltiques où les alpinistes les plus expérimentés du monde entier viennent s'adonner à leur passion.
La dernière étape volcanique du jour nous conduira en Indonésie où nous découvrirons d'abord une zone de réhabilitation à la vie sauvage pour les nonchalants Orang-outang (les hommes de la forêt) avant de gravir les pentes des volcans Sibayak et Marapi situés tous deux sur l'île de Sumatra. Après un court détour vers le fameux lac Toba et son île centrale habitée par les Dayaks, nous traverserons le détroit de la Sonde afin d'aller contempler quelques uns des plus beaux volcans actifs de l'île de Java. Nous irons observer tour à tour le Papandayan qui est entré en éruption en novembre 2002, le lac de cratère du Talagabodas, le Galunggung dont la dernière grande éruption s'est produite le 17 août 1982, la zone volcanique et hydrothermale du plateau de Dieng qui a connu une recrudescence d'activité en août 2003, le volcan Kelut avec ses tunnels superposés construits par les hollandais afin d'évacuer, à l'époque, l'énorme volume d'eau accumulé dans le lac de cratère après l'éruption meurtrière de 1919 où plus de 5000 personnes perdirent la vie, l'immense caldera du Tengger tapissée de cendre et couronnée par ses deux cônes actifs que sont le Bromo et le très actif Semeru caractérisé par ses fréquentes explosions vulcaniennes produisant des panaches en forme de chou-fleur et finalement le fameux Kawah Ijen , le volcan le plus oriental de l'île de Java, couronné par son cratère rempli d'un lac très acide (PH ±.01) d'une belle couleur vert-émeraude et marqué par une zone d'intense activité fumerollienne exhibant des dépôts de soufre massif, encore exploités manuellement aujourd'hui malgré l'acidité élevée des gaz. A cause de l'inhalation de ces gaz très nocifs, ces travailleurs courageux du soufre ne vivent souvent pas au-delà de l'âge de 40 ans. Notre tour indonésien se clôturera par l'ascension du volcan sacré Agung dont le cratère trône du haut de ses 3142 mètres sur la très belle et luxuriante île de Bali.
L'après-midi de présentation fût entrecoupée de pauses "apéritif" et la soirée se déroula autour d'un buffet campagnard très savoureux, évidemment bien arrosé, au cours duquel les diverses discussions "volcaniques" constituèrent à nouveau la plat principal. Encore un grand merci à Thierry & Carine pour cette agréable soirée !
13/03/2004 : Santorin, l'ombre de l'Atlantide par Louis Jamar
L'île de Santorin fût pulvérisée par une éruption colossale il y a environ 3500 ans et donna naissance au mythe de l'Atlantide. Il eut comme effet d'anéantir la civilisation minoënne qui peuplait cette partie de la Méditerranée. L'éruption paroxysmale déchargea une grande quantité de magma ce qui provoqua l'effondrement de l'île sur elle-même (processus similaire à Krakatoa en 1883). Il ne reste aujourd'hui que trois îles dont Thera, la plus grande, et Nea Kameni, la plus jeune.
08 mai: Volcans du Sud Japon (mars 2004) & du Nicaragua (février 2003) par Thierry Sluys avec la collaboration de Thierry Dockx pour les volcans du Nicaragua.
Les volcans actifs de Kyushu (vue du nord)
Après avoir traversé Tokyo à toute allure, le fameux Fuji-Yama ou Fuji-San, recouvert en grande partie de neige et dégazant légèrement, se dresse fièrement devant nos yeux. Mais pas le temps d'admirer plus longuement ce beau cône de 3776 mètres d'altitude et dont la dernière éruption a eu lieu en 1708. En effet, il faut déjà reprendre la longue route qui mènera nos 5 volcanophiles franco-belges (à savoir Juan Carlos Molina, Daniel et Chantal Brazilier, et nos deux Thierry) vers la 3ème grande île du Japon, celle de Kyushu, qui est aussi la plus méridionale. En leur compagnie, nous commencerons par visiter la célèbre et très belle région hydrothermale de Beppu avec ses innombrables sources d'eau chaude et jets de vapeur brûlants. A cette époque de l'année, l'île est encore recouverte de neige, excepté dans les zones les plus chaudes à l'instar de la ville thermale de Beppu nichée au creux d'une baie entaillant la côte NE de la grande île. Les temples et dragons se succèdent tour à tour pour nous faire comprendre qu'ici la tradition shintoïste tient encore une place prépondérante dans le vie des populations. On comprendra rapidement que la quiétude, la sérénité, l'extrême courtoisie et la politesse associées à la discipline des Japonais sont des qualités qui ont enthousiasmé nos 5 volcanophiles pressés de visiter le plus de volcans et de curiosités locales. Après une longue promenade bucolique dans les rues et ruelles de Beppu, un téléphérique nous amènera sur les hauteurs de la ville d'où nous admirerons, d'un côté, la baie et sa cité fumante et, de l'autre, les montagnes toujours fumantes de l'intérieur de l'île de Kyushu. A cette occasion, les charmantes jeunes filles nippones ne manqueront pas d'afficher leur joli sourire et leur joie de vivre pour notre plus grande joie. Après ces moments rafraîchissants et bouillonnants à la fois, il est grand temps d'aller observer de plus près les cônes fumants du Japon méridional. Nous débuterons la visite par le volcan Kuju situé dans la partie centro-nord de l'île, et plus exactement au nord de la grande caldera de l'Aso San. Comme son cratère fumant le prouve, ce volcan est toujours bien actif. Après avoir rapidement déambuler dans les rues de la ville nichée au pied du monstre enneigé assoupi, nos amis rencontrent un vieil homme à la barbe blanche qui les emmènera avec plein d'enthousiasme vers les pentes du complexe volcanique du Kuju. La neige et la glace livrent à ce paysage, certes déjà impressionnant, des tons et des irisations superbes qui se reflètent jusque dans les feuilles gelées des arbustes couvrant les flancs de la montagne. Après quelques heures de marche dans une épaisse couche de neige, nous parvenons enfin au but, le cratère fumant et ponctué de soufre massif du Kuju. Les bords de la cavité dégazant sont parsemés de blocs épars témoignant de précédentes explosions qui ont du être violentes. Après cette ballade revigorante, nous rejoignons le grand volcan de l'île, l'Aso San. Ce géant est formé d'un cône actif (le Naka-Dake) qui renferme un lac d'eau acide à couleur variable. Il est niché au centre d'une vaste caldera elliptique dont le grand axe s'étire sur 25 km et le petit axe sur 18 km. Par ailleurs, la caldera, vieille d'environ 300.000 ans, est parsemée de nombreux cônes de scorie et de cendre (cinder cones). Des échoppes de souvenirs divers (minéraux, roches, origame, ...) sont disposés sur le rebord du cratère fumant mais, à la surprise de nos 5 compagnons de voyage, les vendeurs y sont absents. Une tirelire fait office de caisse ! Rappelons que l'Aso San est un volcan dangereux en raison notamment d'explosions phréato-magmatiques qui peuvent se révéler tout aussi bien violentes qu'imprévisibles, comme en témoignent les nombreux abris bétonnés édifiés sur le pourtour du cratère actif. Les émanations de gaz, principalement de CO2, représentent également une autre menace majeure pour le visiteur. Après avoir admiré ce magnifique cratère sous une lumière rasante, il est déjà malheureusement temps de rejoindre l'hôtel, semble-t-il d'un genre assez particulier.
La caldera de l'Aso San vue du ciel (modéle topo SRTM + image Landsat 7)
Après une courte nuit de récupération, nos 5 aventuriers des volcans reprennent la route en direction du Sud qui les conduira à la pointe sud de l'île de Kyushu. Après un court arrêt sur les hauteurs de la baie de Kagoshima où nous bénéficions d'une vue imprenable sur son volcan mythique, le Sakura-Jima, nos amis arrivent finalement aux installations thermales de sables noirs et chauds d'Ibusuki. De là, une superbe vue sur le volcan pointu Kaimon-Dake s'offre à nous. Ici, il faut bien faire attention à ne pas circuler n'importe où. En effet, il y a des corps de nippons quasi entièrement enterrés. Il sont en train de cuire au feu volcanique doux mais persistent de la région ! C'est étrange ! Seules les têtes sereines dépassent de la cendre chaude. Le corps enrobé dans un kimono blanc est entièrement recouvert sous une épaisse couche. Au cours de cette pose longue, l'immobilité est évidemment de rigueur. Tous les visages semblent comme adoucis par la chaleur volcanique. C'est impressionnant ! Mais reprenons à présent la route vers Kagoshima où la pluie s'est invitée à l'improviste. Le frère-jumeau du Vésuve est dans la purée de poids. On ne distingue que sa moitié inférieure. Sans hésiter un instant, nos compères décident de rejoindre le fameux volcan Unzen, tristement célèbre pour avoir repris la vie trop tôt au couple de volcanologues le plus célèbre au monde, Katia et Maurice Krafft. Le tueur gris s'est aujourd'hui assagi et s'est réassoupi pour une période indéterminée. La route en lacets nous mène de la ville de Shimabara vers le dôme de lave pâteuse aujourd'hui immobile mais toujours fumant. De la station de téléphérique, on observe encore une petite aiguille de lave consolidée pointant le nez vers le ciel au sommet du dôme Fugen. Au coucher du soleil, la végétation arbustive verglacée ajoute une touche d'une étrange beauté. Les essaims d'arbres calcinés marquent l'emplacement des diverses coulées pyroclastiques qui ont semé la terreur dans la région de 1991 à 1993. Au loin, des ponts métalliques verts posent en travers de la vallée empruntée par les nuées ardentes et les avalanches de débris durant la crise éruptive. Mais, malheureusement, le temps commence à manquer.
La presqu'île fumante du Sakura-Jima vue du nord
Vite, il faut absolument rejoindre la région du Sakura-Jima avant de filer directement à l'aéroport de Kagoshima où un Cessna attend impatiemment les 5 compères. Seul un créneau de 45 minutes est encore disponible pour survoler le majestueux et redoutable Sakura-Jima. Mais, cela valait vraiment la peine de s'empresser pour ne pas rater ce vol. Le pilote fait le tour du volcan couronné par un profond cratère dégazant dans des nuances bleutées. L'arête du cratère est étroite et les pentes sont très ravinées. Un ancien cratère à fond plat s'étale sur le sommet septentrional. Un sentier semble relier l'ancien cratère à l'actif, le Minami-Dake. Mais qui risquerait de s'y aventurer pour aller voir directement dans la gueule du monstre ? Le sommet du volcan est interdit au public, et comme ici au Japon, toutes les règles en vigueur sont respectées, il n'est pas nécessaire d'ériger des barrières. Seule une inscription témoigne de cette interdiction. Encore faut-il savoir la décrypter !!! A grands regrets, nous remontons à toute berzingue vers Tokyo; soit 1500 km de route. Mais avant de monter dans l'avion qui les ramènera à la maison, nos amis décident de revoir une dernière fois le cône quasi parfait du mythique Fuji-Yama. Cette fois, ils le verront du Nord, de la région des lacs. Une nouvelle fois, la vue de ce magnifique volcan au lever du jour est étincelante de couleurs. Une dernière fois, la sérénité envahit paradoxalement mais agréablement notre âme volcanique sans cesse en quête de nouvelles sensations de chaleur, de secousses et d'odeurs soufrées.
Pour voir des photos de ce voyage : http://users.skynet.be/volcans/Japon/KS.htm
L'île de Kyushu (modèle topo SRTM 3"arc drappé par image Landsat 7 ETM+) vue du sud.
Cartes des volcans du Nicaragua : 1 ; 2
Les volcans du Nicaragua sont alignés le long d'une cordillère, alignée NO-SE, qui borde la côte pacifique. Le volcan actif le plus proche de la capitale, Managua, est le Masaya. Il est formé par une vaste caldera renfermant plusieurs cratère. Le plus actif d'entre eux est le Santiago où l'on pouvait apercevoir de l'incandescence jusqu'à il y a peu. Le Masaya est facilement accessible et, pour les Nicaraguéens, il est un lieu de promenade habituel le week-end. Le Masaya a la caractéristique d'émettre un panache riche en dioxyde de soufre qui, de par la morphologie du volcan et les vents dominants de l'endroit, s'étale à basse altitude vers des lieux habitués. La présence de nombreux arbres morts aux alentours de la caldera et jusqu'à proximité de la côte pacifique témoigne de la puissante corrosivité du panache. Après le Masaya, l'imposant lac de cratère de la caldera d'Apoyo nous donne une impression de fraîcheur dans ce pays où la température atteint régulièrement les 40°c.. Le Momotombo est un cône pointu à pentes très raides qui se dresse sur le bord sud du Lac Managua. A son pied, se dresse une centrale géothermique conçue en partie par des ingénieurs belges. La région n'est pas seulement dangereuse en regard à la menace volcanique mais aussi par la présence de nombreux serpents venimeux (principalement des crotales appelés dans la région "cascavel"). Le sommet du volcan, balayé par un vent puissant, présente une cavité en forme de fer à cheval qui est tapissée par des concrétions de soufre disposées en plaques. Le sol argileux dégaze abondamment mais la vue du sommet vers le Lac Managua et le Momotombito est magnifique. Mais il est déjà temps de redescendre pour rejoindre la belle ville de Léon. A l'inverse de Managua, le style colonial des édifices lui confère le cachet d'une authentique ville latino-américaine. Dans la salle, on peut imaginer le puissant parfum se dégageant des fleurs exotiques des parcs de la ville. Mais l'heure n'est plus aux flâneries bucoliques, il nous faut rejoindre le volcan Telica qui dégaze toujours abondamment. Ce volcan est l'un des plus actifs du Nicaragua. Son cône de cendre s'élève au dessus de la plaine de Léon et est coiffé par un profond cratère. Pendant que Pedro, le technicien du service de volcanologie de l'INETER, effectue des mesures à distance de la température du fond du cratère au moyen d'une télécaméra thermique, nos volcanophiles remarquent les nombreux blocs éparpillés autour du cratère et se rendent compte du danger potentiel de ce volcan en cas d'explosion soudaine. Non loin de ce volcan facilement accessible se trouve une petite zone géothermale où bouillonnent notamment des mares de boue. Il faut circuler prudemment car l'endroit est dangereux. Le San Cristobal est un beau cône de cendre qui se dresse fièrement et fumant au nord de la plaine de Léon. Sur son flanc sud est juché le volcan Casita sur les pentes duquel s'est produit un énorme glissement de terrain qui s'est produit le 30 octobre 1998 lors du passage de l'ouragan Mitch. La montée du San Cristobal s'effectue sous un soleil de plomb mais vaut le détour. Sur le chemin, un série d'arbres morts dénotent le caractère très acide et donc très corrosifs des gaz libérés par ce volcan. Enfin, nos amis atteignent le sommet qui surplombe le cratère actif d'une centaine de mètres. Ici encore, le sol est argileux suite à leur attaque par les gaz acides (altération hydrothermale). Il faut cheminer avec précaution pour atteindre la lèvre du cratère grondant mais l'effort en vaudra la peine. A peine penché au-dessus du gouffre, on observe un puissant dégazage émanant d'une cavité ouverte en oblique sur le plancher du cratère et qui prend en écharpe la paroi opposée. La bouche exhale de puissantes bouffées de gaz bleutés et est rougeoyante. Le spectacle est impressionnant mais la chaleur est quasi intenable. Après s'être imprégné de l'humeur de ce démon, nos amis décident de partir pour le volcan le plus septentrional du Nicaragua, le Coseguina. La route dans la forêt inextricable est longue et pénible mais, encore une fois, les efforts seront récompensés à leur juste valeur. Parvenus sur l'arête de la caldera, une vue imprenable et spectaculaire attend nos amis. A leurs pieds, un beau lac s'étend dans un vaste cratère abritant en grande partie un végétation arbustive. Pedro effectue quelques observations à la jumelle et note une variation de couleur du lac. Le dernier volcan que nous visiterons en compagnie des nos aventuriers volcanophiles sera la fameux Cerro Negro. Ce volcan est le plus actif du pays et est formé d'une série de cône de scorie et de cendre au sud de la cordillère de Léon. Le cône le plus récemment actif est complètement noir (basaltes) et jalonné de dépôts soufrés. Mais rien ne vaut le point de vue du sommet du cône éteint Las Pilas ! Ce dernier effort dans une chaleur étouffante sera récompensé par une vue exceptionnelle sur toute la cordillère volcanique de Léon.
Pour des photos, voir : http://users.skynet.be/volcans/Nicaragua/Nicaragua.htm
La fin de soirée s'est déroulée au restaurant "La Mamma" en compagnie notamment de quelques volcanophiles de l'association "VOLCANO" (Nord de la France). Pour les plus noctambules et fêtards, la nuit s'est poursuivie dans un bar "branché" (spécialité rhum à gogo) du centre de Bruxelles dont je ne me rappelle plus le nom ... après avoir ingurgité quelques 16 types de rhum différents servis sur deux plateaux enjôleurs.
12 juin : Volcanisme et volcans des îles Canaries par Juan Carlos Molina
Juan Carlos entame son exposé en nous présentant les différentes théories susceptibles d'expliquer le volcanisme des îles Canaries. La plus ancienne est celle du point chaud qui associe l'archipel des Canaries à celui d'Hawaï. Cependant, plusieurs faits ne sont pas cohérents avec ce modèle, principalement la chronologie des différentes activités au cours du temps (volcanisme contemporain de La Palma et de Lanzarote). D'autres imaginent un point chaud oblique qui engloberait l'ensemble des Canaries et pourrait expliquer les activités simultanées des îles occidentales et orientales. La théorique la plus récente met en jeu une vaste anomalie thermique sous une zone qui s'allonge de l'archipel canarien au rif du Maroc septentrionale. L'alignement NE-SO des nombreuses failles et des épicentres sismiques, s'égrenant du Maroc à La Palma, soutiennent cette hypothèse. D'un point de vue tectonique, l'archipel canarien serait formé d'une série de horsts et de grabens se succédant en alternance. Les mouvements de soulèvement et d'affaissement le long des failles régionales limitant les différents blocs, et qui surplombent un vaste panache mantélique, pourraient expliquer en grande partie la chronologie récurrente des diverses manifestations éruptives. Dans les zones soumises à une extension, le magma pourrait ainsi se frayer un chemin jusqu'à la surface lors des épisodes d'extension/ rifting. D'autre part, les nombreux mouvements de surrection et de subsidence compris entre les mégafailles profondes pourraient expliquer les nombreux transports de masse de grande ampleur qui ont affecté la plupart des îles, principalement à Tenerife, El Hierro, et la Palma. Ensuite, Juan nous présentera le volcanisme de chaque île qu'il a étudié sur le terrain en compagnie d'étudiants au cours d'une formation internationale en volcanologie (dans le cadre des formations d'Open University). Nous visiterons d'abord l'île de Tenerife sur laquelle se trouve la capitale administrative. Juan nous expliquera que les vents alizés du NE génèrent des épais nuages qui s'accumulent par périodes sur les versants E des îles les plus hautes (Tenerife, La Palma, La Gomera, El Hierro). Les photos de ces barrières de nuages prises d'avion sont très spectaculaires. Tenerife est formé de trois volcans dont le plus récent forme l'ossature centrale de l'île et se présente sous la forme d'une vaste caldera ouverte vers le nord, c'est la caldera de Las Canadas percée en son centre par le cône élancé récent du Teide. La visite des lieux permet de découvrir une grande variété de morphologies et d'édifices éruptifs. On passe souvent rapidement d'horizons formés de matériaux pyroclastiques acides (phonolitiques) à des niveaux scoriacés basaltiques. L'absence générale de transition entre ces deux types de matériaux témoigne de l'immiscibilité des magmas dont sont issus ces deux types principaux de matériaux (l'image en serait l'impossible mélange entre l'huile et l'eau). La grande caldera de Las Canadas se serait formée suite à un gigantesque effondrement qui aurait emporté un énorme volume de matériaux vers le Nord jusqu'à l'océan. Ce ne serait donc pas une caldera d'effondrement classique comme celles que l'on trouve notamment à Hawaï. Le massif du Teide est un parc naturel où circuler est strictement réglementé. Un téléphérique permet d'emmener les visiteurs jusqu'au point le plus élevé de la caldera et de là une autorisation administrative est nécessaire pour gravir les dernières centaines de mètres séparant le sommet du cône terminal encore fumant. A Tenerife, la dernière manifestation volcanique a eu lieu en 1909 sur les contreforts NO du Teide. A signaler qu'un bel hôtel (appelés en Espagne Parradones) se niche au fond de la caldera de Las Canadas, ce qui permet de découvrir à son aise les magnifiques paysages de ce site volcanique, parmi lesquels, les nombreuses structures appelées "roques" (necks) . Du point de vue géologique, on signalera la présence de trois rifts séparés par un angle de 120° et de nombreux cônes de scorie monogéniques. L'île de Lanzarote est de loin la plus désertique et la moins humide. La végétation y est uniquement arbustive. Au nord de l'île, de belles coupes mises à nues par l'érosion marine dans des cinder cones permettent d'observer la structure interne d'un édifice avec son dyke d'alimentation et ses différents dépôts. A signaler qu'à cet endroit la mer est d'une magnifique couleur bleue turquoise. De nombreux édifices phréatomagmatiques émergent dans la région nord de Lanzarote et sont reconnaissables par leur faible rapport entre leur hauteur et le diamètre de leur cratère. Il y a de belles coupes où l'on peut également observer les dépôts phréatomagmatiques et des structures étranges (boules ocres appelés pépérites issues du volcanisme sous-marin). Dans la région septentrionale de l'île s'élance un cône de scorie vieux d'un million d'année mais qui semble beaucoup plus récent. Son flanc E est percé de nombreux tunnels de lave superposés mis en évidence par la géophysique. Le faible taux d'érosion, dû principalement à la rareté des précipitations, a permis la bonne conservation de l'ensemble des structures volcaniques de Lanzarote. Finalement, nous découvrions l'attraction "numéro un" de Lanzarote, l'ensemble volcanique de Timanfaya qui s'est formé entre 1703 et 1736. C'est un parc naturel où l'accès est strictement réglementé. En compagnie de Juan, nous découvrirons un laboratoire scientifique souterrain au niveau duquel règne une température élevée. La température maximale mesurée est de 612°c. Dans ce laboratoire troglodyte travaillent des scientifiques de divers pays, dont un géophysicien belge, issus de diverses disciplines. Une multitude de capteurs de température et un extensiomètre composent la base de l'instrumentation. Par ailleurs, la forte anomalie thermique associée à la zone de Timanfaya permet de montrer aux touristes ce dégagement de chaleur sous forme spectaculaire (création artificiel de geysers, mise à feu de paille). On admirera également un bel alignement de cônes de scorie édifiés le long d'une fissure volcanique (semblable à celle du Laki en Islande). Après Lanzarote, nous nous envolons vers l'île d'El Hierro, une des plus récentes. Cette île est caractérisée par la présence d'une énorme échancrure lézardant son flanc NO. El Golfo est le témoin d'un énorme glissement (transport de masse) qui se serait produit il y a ± 15.000 ans, c'est-à-dire hier à l'échelle géologique. D'autres phénomènes similaires (au moins trois) se sont produits sur cette île. Partons à présent pour l'île de La Gomera. C'est une île circulaire âgée de ± 2.35 MA où existe encore aujourd'hui une communication originale, par sifflements. Finalement, nous visiterons l'île de La Palma où a été enregistrée la dernière manifestation éruptive aux Canaries. Le Nord de l'île est formé par une immense caldera d'avalanche (Taburiente). Une randonnée spectaculaire dans une étroite vallée permet d'observer une coupe quasi complète à travers ce volcan, mais gare aux précipitations inopinées qui peuvent rendre cette ballade tragique. La randonnée débute dans une épaisse série de laves en coussins (pillow lavas) qui se sont formées à grande profondeur (>600 mètres). C'est l'ossature du volcan quand il était encore sous-marin. Vers l'E, l'apparition de vacuoles dans les pillow lavas témoigne de l'émersion progressive du volcan. Simultanément apparaissent des structures d'injection magmatique (dykes, sills) qui deviennent de plus en plus nombreuses et imposantes vers l'est. Ces structures recoupent les laves en coussin mais aussi l'encaissant formé principalement de gabbros (partie supérieure d'une formation ophiolitique de croûte océanique ?). Arrivé à l'extrémité du défilé face à la paroi de cet amphithéâtre d'érosion qu'est la caldera ouverte de Taburiente, on est frappé par la multitude et l'enchevêtrement des structures d'injection magmatiques. Une autre fait majeur est la présence de nombreux gros blocs qui se sont détachés suite à des mécanismes d'érosion agressive par l'eau ou qui vont se désolidariser prochainement de leur gangue. Les dykes basaltiques peu épais semblent les plus nombreux et pour la plupart s'alignent parallèlement entre eux. Lorsqu'on observe de plus près le voisinage de ces dykes, on aperçoit, par endroits, un métamorphisme de contact dans l'encaissant ainsi qu'une bordure de prise rapide (quenching ou refroidissement rapide) dénuée de toute minéralisation. Des minéraux d'altération secondaire (zéolites,...) remplissent généralement les vacuoles des basaltes filoniens. Hormis la géologie, les paysages de cette zone sont superbes. Une photo montrant cascade de nuages basculant vers l'intérieur de la caldera est particulièrement spectaculaire. A signaler que le sommet de la caldera est occupée par une série de télescopes de l'agence spatiale européenne (c'est la Mauna Kea européen). Au centre et au sud de l'île s'expriment les manifestations volcaniques les plus récentes des Canaries (celles de 1949 et de 1971 - cône du Teneguia). La crise éruptive de 1949 a été de loin la plus intense. Il y a même eu formation d'un lac de lave au sein du cône de scorie principal. Ce lac de lave a débordé et les coulées ont circulé en tunnel jusqu'à une zone située à proximité de la côte. Les coulées se sont épanchées vers l'ouest et vers l'est à partir de la faille axiale principale (rift appelé Cumbre Vieja) qui coupe l'île en deux dans sa partie centrale et méridionale. La lave était extrêmement fluide (lave pahoehoe) et le volcanisme essentiellement de type hawaïen. L'activité a repris 22 ans plus tard et a formé un petit cône strombolien, le Teneguia, au pied nord d'un plus grand cône de scorie. Le fait géologique le plus spectaculaire, mais aussi le plus tragique, est la présence de cette faille tectonique régionale dite Cumbre Vieja. Certains scientifiques, plutôt catastrophistes, craignent d'énormes glissements de terrain engendrés par les mouvements soudains de la dite faille. Un effondrement pourrait affecter, dans un futur plus ou moins proche, la partie sud-ouest de La Palma et provoquer un énorme glissement de terrain dont la masse entrerait soudainement en mer en créant instantanément un raz de marée (tsunami) en direction ouest. Certains signalent que ce tsunami pourrait ravager une grande partie de la côte est des Etats-Unis en quelques heures (6) en générant des vagues hautes de 30 mètres selon une simulation mathématique récente. Souhaitons qu'il ne s'agisse qu'un scénario apocalyptique de science-fiction. Le lecteur pourra se référer au site http://perso.wanadoo.fr/raphael.paris/volcanisme.htm pour obtenir de plus amples précisions sur le vaste sujet du volcanisme des îles Canaries. Un grand merci à Juan Carlos pour le travail fourni à l'occasion de cet exposé brillamment mené.
Après cet exposé synthétique et très complet, nous nous rendîmes en force (18) dans un restaurant turc proche de l'école des R.H.. Les discussions se poursuivirent dans une chaude ambiance méditerranéenne et conviviale comme on les aime. A table, nous regretterons quelque peu le niveau sonore élevé produit par l'orchestre turc en scène mais ce désagrément fût rapidement compensé par la chaleur et les danses des convives.
La première journée "VOLCANO DAY" s'est tenue le samedi 6 mars à l'I.R.S.N. Il y avait une quarantaine de personnes inscrites pour cette journée spéciale "volcans" ! L'animateur du service éducatif, Jean-Marie Bragard, et notre guide spécialisé du jour Christophe Ottermans (professeur de chimie) ont ouvert cette journée en accueillant les participants dans la salle d'exposition de minéralogie. La matinée était consacrée à une introduction du volcanisme devant les diverses vitrines de minéralogie et autres panneaux consacrés à la géologie et à la manipulation d'échantillons de roches volcaniques et de minéraux. A midi, Alain Melchior a présenté au public installé dans l'auditorium de 150 places un diaporama de 45' relatif au volcanisme et à ses divers produits. Ensuite, après un break bien mérité, la séance de l'après-midi a repris par une courte introduction à propos de l'Etna avant de lancer la série des 4 films vidéo prévus. Celle-ci a commencé par la projection d'un film intitulé "Etna-2001" et relatif à la première éruption (assez explosive) du 21ème siècle du plus haut volcan actif d'Europe (A.M.). Après quoi, le public a pu visionner une grande partie d'un film consacré au Stromboli et à son éruption 2002-2003 (A.M.). L'après-midi de films s'est achevée par la projection de deux films spectaculaires et splendides réalisés par Thierry & Carine Sluys-Dalimier à propos du lac de lave de l'Erta'Ale et d'un autre volcan africain fameux, l'Ol Doinyo Lengai, seul volcan à carbonatites au monde. Finalement, les associations "L.A.V.E.-Belgique" & G.E.S.T. ont présenté leurs diverses activités et la journée s'est terminée par la présentation du site internet de la délégation belge de l'Association Volcanologique Européenne.
Le samedi 13 mars, A. Melchior a présenté son film "Stromboli" (géologie, activité, chronologie éruption 2002-2003, séjour mai 2003) à la salle de la Mairie des Lilas (région parisienne) dans le cadre des activités de la délégation L.A.V.E. de l'Ile de France. Environ 70 personnes étaient présentes pour assister aux quatre présentations du jour dont le programme était le suivant :
- La Chaussée des Géants - Diaporama de Bruno Dassy
- Stromboli - Film d'Alain Melchior. Ce film présente la structure et
la formation du Stromboli puis de magnifiques images de l'épisode éruptif
2002 - 2003.
- Les volcans de boue de Colombie - magnifiques images de cette
curiosité de la nature, très proche dans son dynamisme des volcans
magmatiques
- Volcans du bout du monde - Film de Pierre Fortin. Vous y verrez de
très belles images des volcans du Vanuatu, de leur approche et de leur
environnement, ainsi que des images de la zone volcanique de Rotorua en
Nouvelle Zélande - mares de boue geysers et volcan Tarawera.
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La seconde journée "VOLCANO DAY" s'est tenue le samedi 27 mars à l'I.R.S.N. Il y avait une soixantaine de personnes inscrites pour cette seconde session spéciale "volcans" ! La journée s'est globalement déroulée comme la première. Cette fois Thierry Sluys était de retour de son périple de 10 jours au Japon pour nous présenter en personne trois de ses films. |
Le barbecue de rentrée du G.E.S.T. & L.A.V.E.-Belgique
Le barbecue annuel de rentrée des groupes G.E.S.T. & L.A.V.E.-Belgique s'est déroulé, à l'accoutumée, dans une ambiance très conviviale et festive chez nos amis Dominique et Rose-Marie Van Espen (Bousval). Les membres actifs de L.A.V.E. Belgique ont déjà ainsi pu échanger leurs premières impressions & sensations cueillies au cours de leurs différents voyages sur les volcans actifs (Japon, Afrique de l'Est, Sicile). Voici quelques photos de cette réunion informelle.

La table bien garnie des membres de L.A.V.E.-Belgique
Samedi 19 septembre, notre ami Thierry Dockx nous a présenté un superbe diaporama (support DVD) sur les volcans du Japon qu'il a eu l'occasion de visiter au cours de deux voyages, en mars et mai-juin 2004. Les quelques 70 personnes présentes dans la salle communale d'Aiseaux-Presles ont ainsi pu admirer la grande beauté des volcans du pays du soleil levant. L'après-midi s'est clôturée par une séquence vidéo montrant un spectacle nocturne de percussions sur l'île de Satsuma-Iwo-Jima. Un repas festif a clôturé cette belle journée dédiée aux montagnes fumantes et souvent aussi sacrées du Japon. Cliquez ici pour visionner des photos des deux voyages de Thierry.
Séjour mars 2004 - Séjour mai-juin 2004

Une partie du groupe de la délégation L.A.V.E.-Belgique en train de faire honneur à la table dressée par Annick et Thierry. A l'avant-plan, à droite, notre regrettée Viviane