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"Activités" de L.A.V.E.-Belgique en 2010

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Dernière mise à jour le 21 juin 2010


19 juin: Bernard Duyck & Jean-Michel Mestdagh nous ont sympathiquement accueilli dans leur fief de Mouscron à l'occasion de la dernière réunion avant les vacances d'été.

En ouverture, Rémi Gaudfrin (délégation LAVE "France Nord") nous a présenté un superbe diaporama relatif à l'éruption effusive de l'Etna en 2006.

Philippe Thiran a ensuite pris le relai pour nous projeter un montage commenté dans lequel clichés et séquences vidéos étaient judicieusement mêlées. Philippe a découvert la ville sainte orthodoxe éthiopienne de Lalibela à l'occasion de la fête de Noël, haute en couleurs sur ce site étonnant. Après un long parcours en 4x4 sur des pistes caillouteuses parsemées d'ornières quelques fois impressionnantes, le groupe de Philippe et Marie a atteint le site toujours aussi magique et étonnant de Dallol. Rappelons que Dallol est un complexe volcano/hydrothermal qui perce un dôme de sel en résurgence, riche en potasse, situé dans la dépression Danakil, laquelle, pour la plupart, se situe sous le niveau de la mer. Nous avons circulé en leur compagnie au milieu des fragiles vasques remplies d'eau verte hyper-acide où jaillissaient localement de petits geysers d'eau soufrée de couleur jaune vive. L'étape suivante nous a emmené sur le très fameux volcan Erta'Ale dont le puits sud recèle quasi en permanence un lac de lave en fusion. En ce début d'année 2010, le niveau du lac était particulièrement haut dans le puits méridional, ce qui permettait une observation rapprochée des fontaines de lave et des mouvements relatifs des plaques de lave désormais bien connus. Ce mécanisme, illustrant à petite échelle les mouvements des plaques terrestres, est causé par la convection de la lave basaltique en fusion sous la croûte superficielle plus ou moins solidifiée. La dynamique du lac observée de jour et surtout de nuit était particulièrement grandiose à cette période d'activité accrue. D'ailleurs, les exclamations expressives de Philippe captées sur le terrain ont su communiquer à l'assistance du jour son bel enthousiasme. Des images, plus rafraîchissantes, des petites chutes d'eau d'Awash ont clôturé ce très beau et intéressant reportage techniquement réalisé par Thierry Sluys (UNO).

Après la pause apéro traditionnelle, Bernard Duyck a projeté un diaporama très complet sur le volcanisme continental de point chaud de la Snake River et du Yellowstone Parc localisé dans le nord-ouest des Etats-Unis. Sur un commentaire géologique et faunistique détaillé, Bernard nous a présenté une série de très belles photos aux teintes et contrastes magnifiques. En sa compagnie, nous avons ainsi pu visiter les cônes de scories du site de "Craters-of-the Moon" ainsi que les buttes rhyolitiques (dômes) alignés N.E.-S.O. ("trend" marquant le déplacement de la croûte continental au-dessus du point chaud situé actuellement sous Yellowstone) aux environs immédiats de la Snake River qui entaille un plateau formé essentiellement d'une superposition de coulées basaltiques surmontant des couches de tuf et d'obsidienne. Nous avons aussi pu découvrir les nombreux geysers et bassins géothermaux aux couleurs chatoyantes dues aux bactéries thermophiles vivant dans ces eaux très minéralisées. La gradation des couleurs aux abords des bassins d'eau chaude était particulièrement spectaculaire ainsi que le bleu profond ou le vert émeraude des vasques aux dimensions variables. Des photos du célèbre site de Yellowstone, le plus ancien des Parcs Naturels des Etats-Unis, ont clôturé ce  superbe diaporama riche en couleurs et en informations.

La réunion s'est achevée sur quelques images de l'île volcanique de Lanzarote (archipel des Canaries) réalisées récemment par Jean-Michel Mestdagh.

La soirée s'est poursuivie dans une taverne-restaurant de  Dottignies où l'ambiance était bien évidemment, comme à l'accoutumée, conviviale et bon enfant. Un tout grand merci à Bernard et Jean-Michel pour nous avoir accueilli à Mouscron.


24 avril: après les quelques tentatives habituelles avant de pouvoir connecter correctement le portable au projecteur vidéo ( pour les prochaines, fois, il faut appuyez simultanément sur les touches Fn et F3 !), Alain a présenté quelques unes des nombreuses données/résultats scientifiques, principalement publiées par l'Institut Islandais des Sciences de la Terre, à propos de l'actuelle éruption du volcan islandais Eyjafjöll. Il a notamment commenté celles ayant trait au contexte géologique/géodynamique de l'Islande,  aux nombreux signes précurseurs de cette éruption qui se sont échelonnés sur une longue période, à la caractérisation des deux dynamismes éruptifs bien distincts (effusif et explosif) et, finalement, à la nature des matériaux (laves/téphra) émis lors de cette petite éruption qui a eu tant de conséquences néfastes pour le trafic aérien dans le ciel nord-européen. Robin a pris le relai pour expliquer diverses données quantitatives issues de différents satellites capables de plus ou moins détecter le panache éruptif, autant du point de vue des gaz volcaniques (par exemple OMI pour le SO2) que du fameux nuage de cendres (par exemple l'analyse par le petit satellite CALIPSO utilisant principalement la méthode LIDAR) qui s'est diffusé au-dessus de l'Atlantique Nord. On notera que les résultats de la plupart des mesures des capteurs embarqués à bord des différents satellites de la NASA ou de l'ESA sont souvent assez peu précises du point de vue de leur résolution, sont souvent caractérisées par une bien grande incertitude, voire sont carrément contradictoires, principalement du fait de la haute complexité de la circulation atmosphérique. Selon des études très récentes, le seuil de concentration de cendres autorisant ou non le trafic aérien serait de 2 mg de cendre par m3, ce qui est un taux particulièrement faible. Il reste donc encore beaucoup d'études à réaliser dans ce domaine et gageons que Robin puisse y apporter prochainement sa contribution.

En deuxième partie, Sylvie & Daniel Chéreau nous ont présenté un bien rafraîchissant diaporama relatant, sur un ton humoristique, leur tout récent voyage hivernal islandais.

Après une courte pause apéro, Thierry & Carine Sluys nous ont projeté leur diaporama, incluant de très belles photos prises à différentes heures de la journée, relatant leurs différents circuits dans les trois principales îles volcaniques de l'archipel canarien, à savoir La Palma, Tenerife et Lanzarote.

La soirée s'est poursuivie dans notre resto grec favori à Schaerbeek, le Delphes, où nous nous sommes quittés encore bien tard (il était 1h).


06 février: notre première réunion de l'année 2010 a été riche en images volcaniques spectaculaires et bien sûr, comme à chaque fois, s'est déroulée dans une ambiance très conviviale et bon enfant. Nos amis Sylvie & Daniel Chéreau ont ouvert la séance en nous projetant un très beau court-métrage à propos des trois volcans les plus actifs du Guatemala. Ce brillant reportage, commenté alternativement d'une façon poétique et informative par Sylvie, nous a permis de revoir les somptueux volcans du beau pays des Mayas. Nous avons d'abord eu l'occasion d'observer le lent parcours chaotique des courtes coulées de lave "aa" du Pacaya ainsi que la bouche, rougeoyante par intermittence, du cratère du cône Mac Kenney. Ensuite, l'assemblée composée d'une trentaine de personnes a pu admirer de puissantes explosions stromboliennes du volcan Fuego filmées de nuit et de jour à partir des contreforts de son imposant voisin culminant à 4000 m. d'altitude, l'Acatenango. Le voyage s'est poursuivi en direction du majestueux lac Atitlan niché dans une immense caldera dont la dernière éruption paroxysmale s'est produite il y a 82000 ans en générant des coulées pyroclastiques et nappes de ponce (ignimbrites). Par ailleurs, ce très beau lac offre au visiteur une vue exceptionnelle sur ses trois imposants volcans récents que sont le Toliman, l'Atitlan et le San Pedro. Cet endroit, vraiment exceptionnel par sa beauté, sa puissance géologique passée, et sa quiétude actuelle est habitué par trois ethnies mayas, habillées de vêtements traditionnels multicolores, pratiquant l'artisanat et l'agriculture (principalement la culture des oignons) sur ces terres volcaniques très fertiles. La dernière étape de ce périple guatémaltèque nous a emmené au fameux et spectaculaire complexe volcanique du Santa Maria / Santiaguito qui demeure un des lieux volcaniques parmi les plus attractifs de notre planète. Sylvie & Daniel ont d'abord entrepris la descente vers le vallon qui sépare le complexe des quatre dômes créés à partir de 1922 suite à l'éruption cataclysmique du santa Maria en 1902. Ce vallon parsemé de blocs de dacite et de pierres ponces, dénommé El Playon (la petite plage; cela fait sourire en regard de ce lieu hostile), est très difficilement accessible. L'excursion, qui ne peut être réalisée en une seule journée, exige beaucoup d'efforts et d'attention étant donné la configuration de la descente vertigineuse le long d'un dénivelé de 800 mètres à partir du mirador du Santiaguito. Après avoir atteint le fond du vallon, il faut encore remonter au sommet du complexe de dômes en avalant un nouveau dénivelé de 200 mètres formé d'éboulis instables et anguleux. L'atmosphère, souvent saturée d'humidité et de cendre, y est réellement dantesque. Perchés au sommet de l'un des quatre dômes, nos amis ont pu observer l'activité vulcanienne modérée du dôme "El Caliente" ("Le Chaud") ainsi que de fracassants éboulements de blocs incandescents provenant de la désintégration partielle de la langue visqueuse méridionale débordant du petit dôme de lave niché dans le cratère du dôme actuellement actif. Le point final et peut-être d'orgue du circuit volcanique guatémaltèque de Sylvie et Daniel a été l'ascension du majestueux Santa Maria du sommet duquel une vue extraordinaire porte, notamment, sur le complexe de dômes du Santiaguito et sur l'activité vulcanienne du "Caliente" alors que l'ombre du cône pointu du Santa Maria s'exhibe fièrement vers l'ouest sur la mer de nuages du petit matin. Un grand merci à Sylvie et Daniel pour être venu nous présenter leurs fabuleuses images agrémentées par un très beau commentaire ! Je vous invite à consulter leur blog pour poursuivre le voyage.

Voir aussi : Guatemala_2008 - Guatemala_2007 - Guatemala 2006 - Guatemala 2004 - Guatemala 2000

En seconde partie, Thierry & Carine Sluys nous ont présenté un reportage de compilation très didactique à propos des volcans qu'ils ont visité dans l'arc volcanique des Petites Antilles. L'objectif principal de leur film était de montrer la spectaculaire activité du volcan Soufrière Hills s'élevant dans la partie sud de la petite île de Montserrat en se référant notamment à l'historique de l'une des éruptions les plus dévastatrices qu'ait connu la planète au cours des temps historiques, celle de la Montagne Pelée qui s'est produite le 8 mai 1902. L'analogie entre les images de destruction et d'enfouissement des villes martyres de Saint Pierre de la Martinique et de Plymouth à Montserrat était saisissante. L'unique différence, mais d'importance majeure, est que l'éruption de 1902 a causé la mort de plus de 36.000 personnes alors que celle de Montserrat n'aura, si l'on peut dire, tué que 12 personnes. La progression des connaissances durant la période séparant les deux éruptions a permis en effet de bien mieux comprendre les causes de la production des nuées ardentes (coulées pyroclastiques), d'analyser en détail leur caractère destructeur et dans certains cas de pouvoir prévoir leur déclenchement et éventuellement leur(s) parcours. Avant de découvrir les impressionnantes images des coulées pyroclastiques de Soufrière Hills, Thierry & Carine nous ont montré des images de la nature encore vierge et préservée associée à la Vallée de la Désolation qui est nichée au sein de l'île de la Dominique, l'une des îles les plus sauvages des Petites Antilles. De petites marres bouillonnantes et colorées parsèment la vallée fumante qui abouti au site de Boiling Lake, un petit lac agité en son centre de bouillonnements impressionnants. Le voyage s'est poursuivi sur l'île, en forme de papillon, de la Guadeloupe et au sommet de son volcan actif, la Soufrière, qui a fait particulièrement parlé de lui lors de la crise éruptive de 1976 (éruption phréatique), surtout suite à la célèbre polémique qui a opposé l'imposant Claude Allègre et le bouillant Haroun Tazieff. Le reportage s'est clôturé en feu d'artifice sur les pentes tumultueuses du volcan Soufrière Hills. Le 25/112009, Thierry a eu la chance d'être sur place pour assister à l'effondrement partiel du dôme de lave sommital du volcan en déclenchant des myriades de coulées pyroclastiques vers le N.E. (Tuitts Ghaut) et vers l'ouest en direction de Plymouth (Gages Valley). Les images des habitations, partiellement ou totalement détruites et ensevelies de Plymouth, étaient particulièrement impressionnantes et révèlent, en arrière-plan, la détresse des résidants qui ont du les abandonner définitivement souvent dans la précipitation. Cette partie de l'île est désormais vidée de ses habitants et livrée entièrement aux caprices du volcan gris de Montserrat.

Voir aussi : Montserrat 2009 - Montserrat 2007

Après l'apéritif offert par Nadine et Bernard Fontaine, la séance a repris avec le court-métrage de Thierry Sluys relatif à la puissante activité explosive de l'Anak Krakatau au début de juin 2009 (voir aussi photos de 2008) . A l'époque, de puissantes explosions éjectaient violemment des blocs incandescents qui roulaient sur les pentes du cône de l'Anak. Nous avons eu droit à nouveau à des images très spectaculaires alors qu'on a pu admirer la placidité de nos camarades assis tranquillement sur le rebord de l'ancien cratère en attendant la prochaine explosion ("la zen atittude volcanique!").

Thierry Dockx a pris le relais pour nous remontrer des images spectaculaires de l'activité explosive de l'Anak Krakatau en juin 2009. Ensuite, il nous a projeté de belles images des volcans Sorik Marapi (Sumatra) en juin 2009 et du Slamet (Java) en 2007. Le Sorik Marapi est un volcan difficilement accessible à partir de la grande ville de Padang située au S.O. de l'île de Sumatra. L'ascension de ce volcan, noyé dans la végétation tropicale et troué de multiples zone hydrothermales, n'a pas été une sinécure selon Thierry. Sur le chemin du cratère sommital, on passe d'abord sur les contreforts d'un cratère adventif, couvert de végétation, avant d'atteindre le grand cratère sommital qui abrite, selon la saison, un ou plusieurs lacs acides d'un beau bleu turquoise à cette époque de l'année. Une des particularités de ce cratère est de renfermer une spectaculaire marre de soufre liquide et un petit volcan de soufre qui produit de temps à autre des coulées grisâtres où soufre jaune natif et matériaux volcaniques gris sont intimement mêlés. Nous avons poursuivi le voyage vers Java afin de gravir l'un des volcans les plus régulièrement actif de l'île, le Slamet. C'est est un volcan très peu visité et qui exige une expédition d'au moins deux jours pour découvrir son cratère actif emboîté percé de multiples bouches. En 2009, le volcan a été le siège d'une épisodique activité strombolienne au niveau de plusieurs des évents du cratère sommital. Lors de la visite de Thierry, il y avait d'ailleurs déjà de l'incandescence au sein de petits dômes de lave nichés dans le cratère, probablement un signe précurseur de l'activité future.

Cette très belle réunion inaugurant l'année 2010 s'est évidemment achevée dans un restaurant correspondant à l'un des thèmes de la journée et, pour bon nombre d'entre nous, à d'excellents souvenirs de voyage "volcanique" de l'année 2009. C'est ainsi que le bien nommé "Garuda" s'est vu accueillir une vingtaine de passionnés de volcans actifs pour nous offrir sa carte variée de mets typiquement indonésiens. Au cours de la soirée, nous avons pu apprécier les talents linguistiques de notre ami et futur volcanologue, Robin Campion, qui s'est exprimé en indonésien (et parfois même en dialecte) avec le patron. L'apothéose des éclats de rire est survenu lorsqu'une des jeunes serveuses nous a conseillé de ne pas commander le seul dessert encore disponible à cette heure tardive de la soirée, de la glace aux litchis. Avec un cri du cœur que l'on ne peut pas nier, elle nous a lancé que ce dessert était "dégueulase" !!! La soirée s'est donc terminée ainsi sur une explosion de rires vivifiants.

 

Activités antérieures (de 2004 à 2009) de la Délégation "LAVE-Belgique"