Eruption du Merapi (Java, Indonésie) 2010 : du 26 octobre 2010 à fin 2010

  

Activité la plus récente

 Eruption meurtrière du 05/11


"Au-dessous du Merapi"; récit d'une Indonésienne qui a vécu l'éruption !

Le difficile travail de prévention des volcanologues auprès des populations

Page de photos spectaculaires parues dans la presse internationale; par Bob Thompson

 

Résumé chronologique de l'éruption après deux semaines d'activité éruptive intense 

Le Merapi a donné les premiers signes de réveil aux alentours du 20 septembre. Le nombre de séismes volcan-tectoniques est passé de 5 à 38 par jour alors que celui des secousses volcaniques passait de 1 à 11 par jour. C'est à ce moment que l'accès au sommet a été interdit par les autorités locales. A cette époque, deux mineurs travaillant dans une carrière de cendre avait été tués suite à un glissement de terrain. Jakarta Globe

25/10: l'état d'alerte maximum est déclaré par les autorités locales et une zone d'exclusion de 10 km autour du cratère est fixée après que le volcan ait subi une inflation (gonflement) de plus d'une dizaine de cm et que plusieurs séismes annonciateurs de la montée d'un grand volume de magma se soient produits.

26/10: l'éruption attendue se déclenche vers 17h heure locale. Les premières victimes sont retrouvées dans le village de Kinahedjo situé à seulement 4 km du cratère et à un demi km de la rivière Gendol qui draine le flanc sud du Merapi. Finalement, ce seront une trentaine de personnes qui seront retrouvées brûlées et asphyxiées par les gaz à haute température d'une coulée pyroclastique qui a emprunté le lit amont de la rivière Gendol. Le gardien spirituel du volcan, âgé de 83 ans, est retrouvé parmi les victimes.

29/10: pour la première fois depuis le début de l'éruption, le cratère laisse échapper de la lave incandescente visqueuse. Les coulées pyroclastiques les plus longues parcourent 3.5 km depuis le dôme de lave sommital.

30/10: Le Merapi produit une éruption de 22 minutes qui s'est révélée la plus violente depuis son réveil du 26 octobre.
Le panache éruptif a atteint une hauteur de 3.5 km au-dessus du cratère alors que des détonations semblables à des coups de tonnerre ont été entendues jusqu'à 12 km du cratère. Selon un des volcanologues indonésiens, Subandrio, les autorités devraient envisager d'étendre l'ordre d'évacuation à un rayon de 20 km autour du volcan contre 10 km jusqu'à présent.

01/11: une nouvelle éruption a eu lieu ce lundi 1er novembre à 10h02 HL en expulsant un panache éruptif à 1.5 km au-dessus du cratère et
des coulées pyroclastiques vers l'est, ainsi que le long notamment de la rivière Gendol, jusqu'à 4 km du cratère.

03/11: une nouvelle puissante éruption s'est produite pendant une heure forçant les autorités à étendre la zone d'exclusion à un
rayon de 15 km autour du cratère. 38 coulées pyroclastiques et 140 éboulements ont été dénombrés de 00h à 12 h (HL). La coulée pyroclastique la plus longue a atteint une distance de 4 km en 4 minutes dans le lit de la rivière Gendol. Cette éruption était trois fois plus puissante que celle du 26 octobre qui a tué 38 personnes

04/11: une nouvelle éruption très puissante a secoué l'édifice volcanique. Des jets de lave incandescente à 500 mètres de hauteur dans un rayon de 500 mètres ont aussi été observés. Le nuage éruptif a atteint une hauteur de 8 km et des écoulements pyroclastiques sont descendus le long des pentes jusqu’à 9 km sur la face sud.

05/11: c'est le pic de l'éruption ! Une éruption paroxysmale se déclenche peu après minuit et tue près de 200 personnes suite à une coulée
pyroclastique (peut-être une déferlante, "surge", pyroclastique) qui parcourt une distance de plus de 15 km (~17 km) à partir du cratère. Plusieurs lieux habités sont ravagés aux alentours de la rivière Gendol et le long de la route qui relie Yogyakarta à Kaliurang. Selon les volcanologues indonésiens, c'est la pire éruption depuis plus d'un siècle et elle aurait déjà produit la moitié du volume émis lors de l'éruption paroxysmale du Galunggung en 1982, la plus importante de ces dernières décennies en Indonésie. Le bruit de l'explosion a été entendu jusqu'à 30 km du cratère.
Hormis les nombreuses pertes tragiques en vie humaine (240 victimes), les dommages au bétail ainsi que les dégâts aux plantations et forêts situées sur les pentes sud du volcan sont énormes. Le risque pour la santé des personnes est de plus en plus élevé, notamment ceux liés aux problèmes respiratoires liés à l'inhalation de fines particules de cendre mêlés à des gaz nocifs. Par ailleurs, le risque de lahars destructeurs est de plus en plus élevé avec l'accumulation des matériaux volcaniques dans les lits des rivières majeures (Gendol, Woro, Kuning,...) drainant les pentes méridionales et orientales du volcan.

L'activité se poursuit avec une certaine virulence et ne semble pas faiblir même après la libération d'un énorme volume de matériaux éruptifs évalué à 50 millions de m3 depuis le début de l'éruption. Près de 300.000 personnes sont réfugiées dans des abris provisoires en attendant une amélioration de la situation.

Le travail de volcanologue de terrain n'est vraiment pas un boulot facile !

Autant la prévision/prédiction de l'éruption s'est révélée aisée et exacte, en raison principalement des nombreux signes précurseurs de l'éruption, autant son intensité s'est révélée être beaucoup plus malaisée à évaluer au jour le jour. Les volcanologues indonésiens ont certes bien observé que les signaux des sismographes étaient de plus en plus saturés avec l'avancement de l'éruption. En conséquence, ils ont prévenu les autorités locales des hauts risques potentiels encourus par les populations résidant dans les zones menacées par les coulées pyroclastiques (principalement aux environs des rivières Gendol, Woro et Kuning sur les pentes sud). Le fait est que beaucoup de personnes n'ont pas respecté les consignes d'évacuation ou sont retournées dans leur village prématurément pour s'occuper de leurs animaux et de leurs plantations. En Indonésie, personne ne peut être obligé d'évacuer manu militari son lieu de vie sauf en cas d'imposition de la loi martiale. Le nombre élevé des victimes est autant lié à la violence extrême de l'éruption (coulées pyroclastiques/déferlantes pyroclastiques exceptionnellement longues) qu'aux failles relatives de l'évacuation des résidants des zones menacées par l'éruption du volcan.

Il ya plus de 1.1 millions de personnes qui vivent sur les pentes fertiles du Merapi dont 450.000 sont exposées à des risques potentiels élevés d'aléas volcaniques. Les épisodes explosifs les plus violents surviennent avec une cyclicité de 26 à 54 ans. Les 63 éruptions répertoriées depuis le milieu du 15è siècle auraient tué environ 7000 personnes. Selon un article scientifique, au cours de l'histoire de l'activité turbulente du Merapi, des coulées pyroclastiques ont déjà parcouru 9-15 km à partir de leur source (dôme sommital) et des déferlantes pyroclastiques auraient même atteint des distances de 9-20 km à partir du cratère. Voir aussi la carte des zones à risques du Merapi publiée sur le site Volcano World.

L’analyse a posteriori de cette violente crise éruptive indique que la montée en puissance de l’éruption s'est produite en mode crescendo à partir du 30 octobre pour culminer au paroxysme du 5 novembre. Par ailleurs, un des volcanologues indonésiens, nommé Subandrio, avait bien anticipé les effets potentiellement meurtriers de la Montagne de Feu en proposant dès le 30 octobre une évacuation totale dans un rayon de 20 km autour du cratère. Comme d’autres qui l’ont précédée, cette crise éruptive, qui semble avoir été gérée d’une façon relativement satisfaisante par les autorités locales, apportera sans doute à la communauté volcanologique indonésienne des éléments qui devraient permettre une amélioration sensible des plans d’évacuation dans les zones menacées par ce volcan potentiellement très destructeur et meurtrier mais qui est aussi considéré comme une respectable divinité locale. Ce caractère divin provient sans doute aussi de sa contribution cruciale à la fertilité des sols dans cette partie de l’île de Java qui n’est plus à démontrer et qui n'est certes pas négligeable pour les populations d'agriculteurs et de cultivateurs qui y vivent.

Information scientifique au sujet de la simulation des coulées pyroclastiques et de l'établissement de nouvelles cartes d'aléas volcaniques

Photos de l'éruption du Merapi et de ses dégâts ; © "The Big Picture" ; Boston.com

Webcam live - Localisation

Photo du sommet du Merapi ("la Montagne de Feu") dégazant prise de la station spatiale internationale (ISS) le 24 août 2003.

Le cône élancé du Merapi vu du SSE (superposition MNT 3"-90m < SRTM et image satellite > Google Earth / Drainages principaux/carte des risques volcaniques/coulées pyroclastiques du 20è siècle et de l'éruption 2006; lire étude comparaison MNT zone Merapi ). -- Utilisation du logiciel VTP

La zone la plus affectée du point de vue des pertes humaines englobe celle touchée par les coulées pyroclastiques émises lors de la dernière éruption de 2006, à savoir le village de Kinahredjo & ses alentours immédiats dans le district de Kaliadem. Avec l'arrivée de la saison des pluies, des lahars empruntant les vallées/gorges de l'édifice volcanique très raviné sont à craindre et pourraient causer bien plus de dégâts mais aussi d'autres victimes.

 

Un lahar déferle dans le lit d'une rivière au pied du Merapi. Vidéo très spectaculaire (30/10) ! Rectification: en réalité, ce lahar a été filmé par un étudiant français (© Franck Lavigne ; université de la La Sorbonne) sur les pentes du Semeru (info Robin Campion; ULB). C'est le front d'un lahar filmé en 2003 dans la vallée de la rivière CUrah Lengkong (8-9 km du sommet) sur les flancs du volcan Semeru, ïle de Java.

 

Lahar dans la même rivière, filmé apparemment ~ au même endroit, le 17 février 2007.


Photos du "Figaro" - Photos "Le Vif" -- Photos "Alert.net" -- Photos "Jakarta Globe"

Galerie de photos du journal "Le Soir" en ligne

Le gouvernement indonésien a haussé le niveau d'alerte de 21 autres volcans aux deuxième et troisième degrés les plus élevés depuis deux mois, en raison d'une activité plus intense. Plusieurs de ces volcans tremblent et éjectent de la cendre noire. L'Indonésie garde normalement un oeil sur cinq à dix volcans qui ont atteint le troisième niveau d'alerte. Le géophysicien Pall Einarsson, de l'université d'Islande, a expliqué que cela pourrait signifier que les volcans pourraient s'influencer mutuellement quand ils sont près les uns des autres. Il s'agit d'une idée nouvelle pour les volcanologues, mais qui est étayée par de plus en plus de preuves. Le géologue Brent McInnes, de l'université australienne Curtin, croit pour sa part qu'on assiste possiblement à une réorganisation d'importance des plaques tectoniques, peut-être suite au récent séisme au large de la côte ouest de Sumatra. D'autres sismologues préviennent toutefois que si les éruptions peuvent être étudiées, il demeure impossible de prédire avec précision les éruptions ou les tremblements de terre. «Ma théorie est qu'il s'agit uniquement d'une fluctuation normale et imprévisible de l'activité volcanique», a dit John Ebel, de l'université de Boston. Metro Montréal

 

Parallèlement à l'éruption du Merapi, l'Anak Krakatau est le siège d'une forte recrudescence d'activité actuellement; vidéo tournée le 1er novembre.

MERAPI (Java, Indonésie) -- 03/12: les autorités ont abaissé le niveau d'alerte d'un  cran à 3/4 mais conseillent néanmoins encore aux villageois de ne pas entrer dans un rayon de 2.5 km autour du cratère. Le volcan est toujours en train de libérer une colonne de vapeur d'eau (blanche) alors que le volcanologue Surono (directeur du PVMBG/ MVO) a écarté momentanément la menace de coulées pyroclastiques.

30/11: ce lundi 29/11, des pluies incessantes ont déclenché des lahars. Des centaines de personnes ont fui leur habitation pour échapper à des coulées de boue qui ont dévalé à grande vitesse (100 km/h) les pentes sud du volcan. Les zones les plus affectées sont les berges de la rivière Code qui coule sur les pentes sud du Merapi jusqu'au cœur de la grande ville de Yogyakarta. Au moins 341 personnes ont été tuées par la série d'éruptions qui ont eu lieu au Merapi depuis le 26 octobre dernier. Jakarta Globe

La rivière Code traverse de part en part la zone centrale de la très peuplée ville de Yogyakarta

Pente moyenne = 6.7° jusqu'aux portes nord de la ville de Yogyajarta


16/11: le volcan s'est assagi et plusieurs milliers de personnes ont pu regagner leur habitation sur les flancs du Merapi. La zone d'exclusion a été ramenée dans plusieurs secteurs à 10 km autour du cratère (au lieu de 20 km après l'éruption paroxysmale du 05/11) est est maintenue à 20 km dans le couloir d'avalanches sud (district de Sleman) dans le secteur des rivières Gendol, Woro et Kuning . La crainte d'autres éventuelles violentes éruptions futures justifie que le niveau d'alerte soit maintenu au niveau 4 par le MVO.  Par ailleurs, le bilan des victimes s'alourdit de jour en jour et atteint 273 morts ce 17/11.

Carte 3D en perspective illustrant l'extension approximative de la coulée pyroclastique du 5 novembre sur base de l'image du capteur MODIS acquise le 10/11/10. Sa surface la plus large est de 12 à 13 km2 , son extension maximale à partir du dôme de lave sommital est de 14.5 km et la largeur maximale approximative est de 1400 mètres.

Autre vue montrant que cette coulée/déferlante pyroclastique du 05/11 a emprunté le lit de la rivière Gendol en débordant assez largement de ses rives.

Image satellite en fausses-couleurs du capteur ASTER (Thermal Infra Red; TIR) plus précise (résolution = 15, 30 et 90 m, VNI, SWIR et TIR) que celle du capteur MODIS, embarqué sur le satellite Terra de la NASA, qui montre clairement (en gris clair) l'importante coulée pyroclastique associée à des lahars ultérieurs qui a emprunté le lit de la rivière Gendol sur le flanc sud du Mt Merapi. Earth Observatory

Animation illustrant la comparaison d'une image satellite capturée après l'éruption de 2006 et deux autres (ASTER TIR en fausses-couleurs et image de DigitalGlobe en couleurs naturelles) prises le 11/11/2010.

Superposition de l'image TIR ASTER sur le MNT/DEM du Merapi et illustration du dépôt pyroclastique du 05/11/10. L'illustration de la partie supérieure du dépôt est approximative en raison de l'effet de masque causé par la couche nuageuse

Profil vertical parallèle au trajet médian du dépôt dont la surface est de ~ 7 km2 ; l'altitude au point aval du dépôt est de ~ 340 m avec une pente moyenne de 9.24°/16.3% (17.3°/31% sur les cinq premiers km) pour une variation d'altitude de 2545 m. et une distance 3D de ~ 17 km.

   

Le nouveau cratère éjectant de gros volumes de cendre


11/01: l'intensité de l'éruption continue à décroître. Une pluie de cendre tombe dans certaines zones dont celle du poste d'observation de Ketep. La colonne éruptive s'élevait à 800 m. de hauteur vers 05 HL. Une coulée pyroclastique longue de ~1 km a été observée dans le couloir de la rivière Gendol. à 10h35 HL. D'autres flots pyroclastiques ont été observé sur le réseau de télésurveillance vidéo interne du SGI dont une à 05h30 HL alors que le colonne de gaz et de cendre montait à 1500 m. de hauteur. Les menaces/dangers liés aux lahars dans les rivières drainant les pentes ouest, sud et est de l'édifice volcanique restent élevés. SGI 


10/11: pour la première fois depuis plusieurs jours, l'intensité de l'éruption a diminué même si des jets de lave incandescente ont été observés tôt ce matin (05 HL) et que la colonne éruptive s'élève encore à 1500 mètres au-dessus du cratère. SGI

Le bilan de l’éruption du Merapi a atteint 191 morts (240 à la date du 13/11) a indiqué un responsable des secours. Le précédent bilan de l’éruption qui a débuté le 26 octobre faisait état de 151 morts.


09/11: comme vous pouvez le voir sur cette séquence vidéo, le Merapi émet encore un dense panache de cendre et de gaz. Des corps brûlés recouverts d'une épaisse couche de cendre ont été retrouvés dans le village de Bronggang. Malheureusement, d'autres victimes, encore ensevelies à l'heure actuelle dans plusieurs villages (Bronggang, Plumbon, Gadingan, Guling and Ngacar) du district de Cangkringan, seront probablement retrouvées dès que le dépôt volcanique aura quelque peu refroidi, ce qui permettra aux secouristes d'accéder à la zone. Indahnesia news

Par ailleurs, un séisme de magnitude 5,4 a provoqué des mouvements de panique mardi après-midi dans la région du volcan en éruption Merapi, sans faire ni victime ni dégâts, selon les autorités. L'épicentre du tremblement de terre a été localisé à 94 km au sud-ouest de Yogyakarta, la grande ville située à une trentaine kilomètres au sud du volcan, dans le centre de l'île de Java.

 

 

Merapi info

Sur ce cliché extrait d'une séquence video (http://merapi.info) réalisée le 09/11 à 6h HL, on peut se faire une idée sur la distance qui sépare le volcan de la zone dévastée le 5 novembre dernier située à l'avant-plan sur cette photo, à 12 km du cratère crachant son panache de gaz et de cendres.

Wukazari "kmz" -- Le cercle rouge  indique la localisation du premier village, Kinahedjo, détruit le 26 octobre.


08/11 :L'éruption du Merapi qui a débuté le 26 octobre est toujours en cours avec virulence. Depuis la puissante explosion du 30 octobre, le volcan  émet quotidiennement des coulées pyroclastiques qui ont atteint leur apogée ce 5 novembre en tuant près de 150 personnes après avoir parcouru une distance de plus de 15 km (déferlante pyroclastique / "pyroclastic surge") à partir du cratère. A présent, ce sont des lahars destructeurs qui sont à redouter si de fortes pluies s'abattaient sur la région.

J'ai une pensée émue pour la population indonésienne attachante qui a été frappée ces derniers temps, à plusieurs reprises, par des catastrophes naturelles telles que séismes de forte puissance parfois suivi de tsunamis meurtriers, d'inondations souvent accompagnées de glissements de terrain et à présent d'une éruption volcanique paroxysmale et meurtrière qui a provoqué tant de dégâts aux villages et campagnes environnantes du volcan. Le Merapi s'est révélé être un tueur à l'occasion de cette éruption alors qu'il est plutôt nourricier (< sol volcanique fertile) entre ses cycles éruptifs de 4 à 5 ans.


06/11: de 00h à 06h, l'intense activité du volcan s'est poursuivie avec le déclenchement de plusieurs coulées pyroclastiques. Une brume épaisse enveloppe le volcan qui émet des grondements audibles jusqu'à 20 km du cratère. Le risque de lahars est toujours élevé. SGI

 

A noter que 36 vols, dont de nombreux internationaux, ont été annulés samedi en provenance et en direction de Jakarta en raison des risques liés à l'éruption du volcan indonésien Merapi, selon des sources aéroportuaires.


05/11: au moins 78 personnes (88 à la date du 07/11) ont été tuées par une nouvelle violente éruption du Merapi (< 00h40) ce qui porte à 153 (porté à 191 le 10/11) le bilan des victimes de cette crise éruptive. Des villages éloignés de 18 km du cratère ont été brûlés par des lahars/coulées pyroclastiques. Un nombre de 150 autres personnes ont été admis dans les hôpitaux pour des brûlures graves. Beaucoup de victimes sont des enfants du village d'Argomulyo situé à 18 km du cratère et d'autres victimes sont sans doute encore à craindre vu que d'autres cadavres sont encore ensevelis dans les ruines de leurs habitations. C'est l'éruption la plus forte depuis le début de l'activité du 26 octobre dernier. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les pentes jusqu'à une distance de 13 km et l'explosion a été entendue à plus de 20 km. La zone d'exclusion a été étendue de 15 à 20 km autour du cratère et tous les résidents de la zone ont été sommés d'évacuer leur habitation ou abris sur le champ. Le Ministère Indonésien des Transports a informé les pilotes de rester éloigné au moins à 12 km du volcan et plusieurs vols reliant Le Centre de Java à Singapore et à la Malaisie ont été annulés cette semaine. Plus de 250.000 personnes ont été déplacées à ce jour. Jakarta Globe.

Deux hameaux situés sur les pentes du Mt Merapi ont été détruits suite à l'éruption. Un des deux hameaux touchés est Brogangsuruh près du village d'Argomulyo dans le district de Cangkringan (Sleman) et l'autre est le hameau de Slodokan près du village de Wukirsari dans le même district. A Brogangsuruh (Bronggang), situé à seulement 15 mètres de la rivière Gendol et à 15 km du cratère où les coulées pyroclastiques ont atteint une vitesse de ~100km/h, les résidents locaux étaient en train d'édifier une digue de béton renforcé haute de 3 mètres et épaisse de 2 mètres. Malheureusement, la construction n'a pas suffit à empêcher le flux de matériaux chauds (probablement un lahar ) de déborder par dessus la digue. Le flux de ce matériau a dévasté 10 habitations dans le hameau. 31 corps ont été découverts dans 5 des 10 habitations détruites. Les 5 autres maisons n'ont pas encore été fouillées à cause de la présence de cendre et de gravillons chauds qui a envahi les résidences. D'après la position et l'état des corps, beaucoup de résidents ont été tués par les gaz toxiques très chauds en tentant de fuir. Les survivants se plaignent qu'ils n'ont pas été alertés par les autorités locales pour évacuer la zone. Beaucoup critiquent le travail de prédiction des volcanologues indonésiens qui n'a pas été efficace et s'est faite au jour le jour d'une façon relativement empirique, étant donné que plusieurs instruments de surveillance, dont plusieurs sismographes, ayant été détruits suite à l'activité du volcan. Jakarta Globe & Post.

Le Mt Merapi n'a pas cessé d'émettre des nuages éruptifs depuis deux jours (c-à-d mercredi 03/11) indiquant que le volcan est encore en train de produire du magma selon un volcanologue indonésien. Il a déclaré que les éruptions produites durant ces deux derniers jours étaient les plus puissantes depuis 100 ans. La dernière éruption de ce type a eu lieu au Galunggung en 1982. Il a ajouté que les gens qui vivent autour du Mt Merapi n'ont jamais connu une éruption de cette ampleur et que le volcan aurait produit environ 50 millions de m3 de matériaux volcaniques depuis la première explosion du 26 octobre. Le travail de surveillance du volcan est rendu plus difficile en raison de la destruction de plusieurs instruments de surveillance (essentiellement des sismographes) mais l'agence de prévention des risques géologiques continue à surveiller de près le comportement du Merapi. Antara News

Zone approximative affectée par l'éruption du 05/11/10. Cliquez sur la carte/sur ce texte pour accéder (via un fichier "kmz") à la zone dans "Google Earth"

Animation illustrant le trajet approximatif (débordant plus ou moins amplement du lit de la rivière Gendol) de la coulée pyroclastique (probablement associée à une composante de lahar) meurtrière du 05/11/10

Le capteur MODIS embarqué sur le satellite Terra de la NASA a capturé cette image en couleurs naturelles le 05/11, jour de l'éruption paroxysmale du Merapi. On y distingue le panache éruptif se dirigeant vers l'ouest.

Le 30/10, le capteur ASTER ("Thermal Infra Red"; TIR )embarqué sur le satellite de la NASA "Terra" a capturé la signature thermale d'une coulée pyroclastique et du dôme de lave incandescent. Les données thermiques sont ici superposées sur une image en relief ombré issue du traitement du MNT/DEM du volcan. Pour plus d'informations, cliquez sur l'image. Voir aussi photo "ASTER" sur cette page

Vue en 3D de l'image "ASTER" vers le nord avec superposition des anomalies thermiques (TIR) du 30/10 (nuit). Sur cette image "ASTER", la végétation est représentée en rouge et les anciennes coulées sont en bleu-gris. Les lacunes observables dans les zones chaudes sont dues à une interférence causée par la couche nuageuse nocturne. Cliquez pour visionner ces données (+ C.P. de 2006) dans "Google Earth".

L'anomalie thermique du dôme sommital est d'environ 45.000 m2. Si on estime l'épaisseur moyenne du dôme de lave au moins à 30 mètres (valeur plausible), le volume minimum du dôme pourrait être au moins de 1,5 millions de m3. Quant à la zone thermique correspondant à la partie avale de la coulée pyroclastique détectée par le capteur ASTER en date du 30/10/10 elle couvre une surface approximative de 1,525 km2.

Sur base du rapport du Directeur des postes d'observation de minuit à 6h, tous ces postes ont indiqué qu'un grondement sourd se fait entendre jusqu'à une distance de 30 km du cratère. Il pleuvait des cendres sur la ville de Yogyakarta située à 30 km du volcan et de la cendre humide dans un rayon de 15 km. Les résultats issus de la surveillance instrumentale et visuelle du volcan de minuit à 6h00 montrent que l'activité du volcan reste très élevée avec déclenchement de plusieurs séquences de coulées pyroclastiques. L'augmentation progressive du volume de matériaux issus de l'éruption dans les chenaux en amont des rivières, de matériau incandescent du dôme associés à la forte intensité des pluies aux alentours du volcan suggèrent une forte probabilité de risque d'inondation (lahar) sur le trajet des coulées pyroclastiques. SGI

 

Video BBC News 05/11

 

 

 

 

Selon les avis de plusieurs volcanologues indonésiens, la ville de Yogyakarta ne serait désormais plus à l'abris des sautes d'humeur du Merapi, principalement en ce qui concerne les chutes de cendres fines mêlées aux pluies, aux lahars, voire aux effets délétères des gaz volcaniques toxiques. Selon le Dr Surono, directeur du PVMBG, le vent serait co-responsable de l'extension des coulées pyroclastiques jusqu'à 17 km du cratère, qui pour rappel ont abouti à la destruction de lieux habités et causé une septantaine de victimes ce vendredi 05/11, alors que ce genre d'évènement n'était pas du tout attendu. Cette éruption est la pire depuis l'éruption de 1872 il y a près de 140 ans ! Il y a un risque élevé de lahar dans la rivière Code qui traverse notamment la ville de Yogyakarta et dans d'autres cours d'eau drainant les pentes de l'édifice volcanique en éruption. Les populations résidant à proximité de la rivière Code ainsi que les curieux s'attardant sur les ponts surplombant la rivière sont sommés de s'éloigner immédiatement de cette zone dangereuse. La population incluse dans la zone d'exclusion des 20 km autour du cratère doit évacuer sans attendre ce secteur qui est désormais devenu plus menaçant. Le volume de matériaux émis au cours de cette éruption aurait déjà atteint la moitié de celui émis lors de l'éruption du Galunggung qui avait duré 10 mois en 1982. Le Mt Merapi a généré un nombre exceptionnel d'émissions de matériaux volcaniques et personne ne sait dire ce qu'il va se passer dans les prochains jours. La situation pourrait encore s'aggraver ! Il y a beaucoup de problèmes respiratoires à cause de la cendre fine. La qualité de l'air dans la ville de Yogyakarta et ses faubourgs continue de se détériorer. Idéalement, l'air ambiant ne devrait pas contenir plus de 230 microgrammes (µgr) de particules solides par m3 alors que, dans 12 zones, la quantité de particules en suspension excède trois fois cette norme. La pire situation se présente dans la région de Pakem, au sud du volcan, où l'air contient 1.819 µgr de particules fines de silice (dont la granulométrie moyenne et de 0.25 µm) par m3 ainsi que du soufre et du méthane (< incinération de la végétation). Jakarta Globe

Séismogramme complètement saturé illustrant l'intense activité sismique du Merapi au 05/11

Cette éruption est désormais la plus meurtrière du Merapi depuis celle de 1930 qui avait tué plus de 1300 personnes. D'après les séquences vidéo postées sur le site "youtube", il semble bien que la situation à Yogyakarta et aux alentours du Merapi soit devenue apocalyptique et chaotique depuis aujourd'hui (chutes de cendre mêlée à la pluie, lahars notamment dans la rivière Code traversant Yogyakarta, pluies acides, gaz volcaniques et coulées pyroclastiques dévalant jusqu'à plus de 15 km du cratère) !


04/11: il y a eu une nouvelle éruption, la plus puissante depuis mardi soir. Le volcan a émis des cendres et autres matériaux dans un rayon de 2 km autour du cratère jeudi matin. La cendre issue de l'explosion est transportée vers l'ouest. De fortes pluies durant la nuit ont déclenché des lahars qui se sont déversés dans les rivières Kunin, Gendol, Worro, Boyong, Krasak et Opak. Par ailleurs, une forte odeur de soufre a été perçue dans les environs du volcan. Des jets de lave incandescente à 500 mètres de hauteur dans un rayon de 500 mètres ont aussi été observés. Le nuage éruptif a atteint une hauteur de 8 km et des écoulements pyroclastiques seraient descendus le long des pentes jusqu’à 9 km (?) sur la face sud. Plus de 75.000 personnes sont abritées dans des abris provisoires. Jakarta Globe

 

Photo de la colonne éruptive du Merapi prise au cours d'un vol intérieur reliant Denpasar (Bali) à Yogyakarta qui a du être dévié vers l'aéroport de Surabaya ce jeudi 04/11; photo AFP

Vue nocturne spectaculaire du dôme de lave incandescent en croissance continue depuis le 25/10 dernier et des coulées visqueuses qui s'en échappent.

 

 

 

Video BBC News 03/11


03/11: une nouvelle puissante éruption s'est produite aujourd'hui pendant une heure forçant les autorités à étendre la zone d'exclusion à un rayon de 15 km autour du cratère. 38 coulées pyroclastiques et 140 éboulements ont été dénombrés de 00h à 12 h (HL). La coulée pyroclastique la plus longue a atteint une distance de 4 km en 4 minutes dans le lit de la rivière Gendol. Cette éruption était trois fois plus puissante que celle du 26 octobre qui a tué 38 personnes. Par ailleurs, les volcanologues indonésiens déclarent que l'activité du volcan pourrait encore durer deux mois.

Zone d'exclusion étendue à 15 km autour du sommet.

 

 


02/11: les observations visuelles et les relevés sismiques effectuées de 6h00 à 12h00 indiquent que le volcan montre à nouveau une recrudescence d'activité. Il y a eu 8 coulées pyroclastiques longues de 0.5 à 3 km, une soixantaine d'explosions accompagnées de séismes et d'avalanches/éboulements. Service Géologique Indonésien. Par ailleurs, les autorités indonésiennes ont appelé mardi les avions à cesser de survoler les environs du volcan Merapi. Dans un avis publié mardi matin, le ministère des Transports “conseille aux compagnie aériennes d’utiliser des routes alternatives pour des raisons de sécurité liées aux poussières volcaniques”, selon Bambang Ervan, un porte-parole.

 
Indonésie : le volcan Mérapi est toujours actif


 


01/11: une nouvelle éruption a eu lieu ce lundi 1er novembre à 10h02 HL en expulsant un panache éruptif à 1.5 km au-dessus du cratère et des nuages pyroclastiques vers l'est, et aussi le long notamment de la rivière Gendol, jusqu'à 4 km du cratère. Les explosions ont été accompagnées de bruits sourds. Cette éruption n'a pas causé de nouvelle victimes. Depuis samedi 30/10, le Merapi a libéré 63 émissions laviques (coulées pyroclastiques) et 9 émissions gazeuses mineures. Antara News.

Les gens résidant dans la région située au sud du volcan fuient les impressionnantes coulées pyroclastiques du Merapi.

Voici la séquence chronologique de cette éruption telle que reportée par le Service Géologique Indonésien:

- L'éruption a débuté par un tremblement de terre de basse fréquence à 09h47 qui a été suivi par des avalanches de petite à moyenne ampleur à partir de 09h50
- Des avalanches importantes se sont produites de 10h00-10h02 et ont été suivies par les premières coulées pyroclastiques de 10h03 10h05.
- Cinq coulées pyroclastiques se sont produites de 10h05 à 10h08, de 10h20 à 10h24, de 10h56 à 10h59, de 11h00 à 11h02 et de 11h45 à 11h47.
- La plupart des flux pyroclastiques ont déferlé dans le lit des rivières ("Kari") Gendol et Woro sur une distance de 4 km
- Un panache éruptif blanc-marron s'est élevé à une hauteur de 1500 mètres
- Le vent souffle vers l'est au vers le nord.

 Galerie de photos spectaculaires prises le 1er novembre

 

 

 


31/10: après une courte accalmie, une troisième éruption s'est produite ce dimanche qui a libéré des coulées pyroclastiques le long des pentes sud et sud-est du volcan. Une grande panique s'est emparée des milliers de villageois résidant encore dans la zone menacée du volcan. Jakarta Globe


30/10: le volcan est à nouveau puissamment entré en éruption dans la nuit de vendredi à samedi, provoquant la fuite de milliers d'habitants effrayés par la puissance de l'explosion. La nouvelle éruption du Merapi, qui s'est produite vendredi vers 20 heures (heure belge), a été plus violente que celle de mardi (26/10) dernier. Le bruit des deux explosions, semblable à des coups de tonnerre, a été entendu jusqu'à 12 km du cratère. Des cendres incandescentes ont été projetées jusqu'à une vingtaine de kilomètres du cratère, ont indiqué des habitants à l'AFP, qui témoignent de leur frayeur. Cette éruption, qui a duré 22 minutes, n'a pas directement provoqué de victimes mais deux personnes ont été tuées sur la route lorsque des milliers d'habitants ont pris la fuite en pleine nuit, portant le bilan à 38 morts depuis mardi. Les coulées pyroclastiques ont emprunté les vallées des rivières Krasak et Boyong alors que le panache éruptif a atteint une hauteur de 3.5 km au-dessus du cratère. «De nouvelles éruptions explosives vont se produire car il y a une grande quantité de magma accumulée sous le cratère», a indiqué Subandrio, l'un des volcanologues chargés de la surveillance du Merapi qui le considéré comme «actuellement extrêmement dangereux». Selon lui, les autorités devaient envisager d'étendre l'ordre d'évacuation à un rayon de 20 km autour du volcan contre 10 km jusqu'à présent. AFP

Par ailleurs, des parties des fameux temples Borobudur ont été fermées au public afin que les travailleurs puissent nettoyer la couche blanche de cendres provenant du mont Merapi, dont l'éruption a débuté mardi. Des experts des antiquités craignent que les pluies acides accélèrent la désintégration des pierres, a noté Marsis Sutopo, directeur du bureau de conservation du temple.

 

 

 

Photos AFP


29/10: le volcan, dont l'éruption a tué 32 personnes mardi, a de nouveau émis vendredi à l'aube des nuages de cendres et, pour la première fois cette semaine, de la lave, ont annoncé les volcanologues chargés de sa surveillance. Il ne s'agit pas à vrai dire d'une nouvelle éruption, ont précisé les experts, en soulignant que ce regain d'activité pouvait aider à stabiliser le volcan et à éviter une forte éruption semblable à celle de mardi. Le Merapi «a envoyé des nuages de cendres et de gaz à 06H10 (23H10 GMT jeudi) jusqu'à 3,5 km le long de ses pentes au sud-est», a indiqué à l'AFP Heru Suparwoko, l'un des volcanologues.

Cliquez pour visionner la séquence vidéo (info Th Sluys)

 

 

 

No Comment - Euronews


27/10: selon les dernières informations officielles, l'éruption aurait causé la mort au moins de 28 personnes dont deux seraient identifiées à l'heure actuelle. Toutes les victimes ont été retrouvées lorsque les secouristes ont fouillé le village le plus proche du volcan, Kinahredjo. Le Directeur de l'un des hôpitaux de la région a déclaré qu'il était convaincu que le corps de Mbah Maridjan, le gardien spirituel du volcan Merapi âgé de 83 ans, faisait partie des dépouilles. Antara News

L'éruption, qui a débuté le 26 octobre vers 17h (HL), a été caractérisée par des explosions associées à des coulées pyroclastiques qui se sont déversées vers l'O.S.O. et le S.E. Des flux pyroclastiques se sont succédés jusqu'à 18h54, heure à laquelle l'activité pyroclastique a commencé à décliner. La plupart des phénomènes de coulées pyroclastiques ont duré de 2 à 9 minutes, excepté deux qui ont duré 33 minutes chacun. Des bruits d'explosions ont été entendus et de l'incandescence issue du cratère a été observée au poste d'observation de Selo situé au nord du volcan. Un panache de cendre a aussi été observé et est monté à 1.5 km au-dessus du cratère. G.V.P.

Image impressionnante illustrant l'impact de la coulée pyroclastique qui a causé la mort d'une trentaine de personnes. Un promontoire, situé au SE du volcan, autrefois verdoyant a été touché par les gaz à haute température (600°c) et les cendres chaudes de la coulée pyroclastique. Metro TV

Photos du "Figaro" - Photos "Le Vif" -- Photos "Alert.net" -- Photos "Jakarta Globe"

La colline en question est peut-être celle photographiée en 2006 par Thierry Dockx

 

Deux des zones touchées par les coulées pyroclastiques où plusieurs victimes ont été recensées; < carte des menaces volcaniques du Merapi , VSI. -- Vue 3D des pentes méridionales de l'édifice volcanique où les zones les plus touchées du point de vue des pertes humaines sont illustrées en rouge (recouvrement du DEM [< HGT 3"] et de la carte des risques volcaniques en transparence).


26/10: le volcan est finalement entré en éruption entre 17h02 et 17h34 HL, émettant à trois reprises des nuages et des cendres volcaniques, alors que les autorités ont ordonné lundi l’évacuation de quelque 19.000 habitants vivant sur ses flancs. En début de soirée, les corps de 14 personnes ont  été découverts portant à 15 le nombre de victimes dues à l'éruption. Antara News

Photo AFP

 

Séquence vidéo informative pour ceux qui comprennent l'Indonésien et pour les autres il faudra se contenter des images.


25/10: les autorités indonésiennes ont relevé à son maximum lundi le niveau d’alerte autour du volcan Merapi, situé sur l’île de Java, dont l’activité a fortement augmenté et décrété l’évacuation des populations vivant à proximité. Des coulées de lave se sont produites durant le week-end (suivant le cours de la rivière Gendol) ainsi que près de 500 secousses sismiques, ont indiqué des responsables. Le niveau d’alerte a été porté à son maximum à 6h00 lundi matin (23h00 GMT), indiquant qu’une éruption était imminente. « Le magma est poussé vers le haut en raison de l’énergie sismique et il se trouve à environ 1 km sous le cratère », a indiqué le vulcanologue Surono. L’évacuation a été décrétée pour les habitants vivant dans un rayon de 10 km autour du cratère situé au sommet du mont Merapi qui culmine à 2.914 m d’altitude. AFP

Les tambours des sismographes installés pour la surveillance de l'activité du Merapi sont à la limite de la saturation ce 25/10. Photo AFP publié sur "Boston.com"


25/10: durant la journée de jeudi dernier (21/10), le cône volcanique s'est distendu de 8.5 cm alors que le jour suivant le taux de gonflement a grimpé à 16.4 cm durant la journée. Dans le même temps, le nombre de séismes de type tremor a aussi augmenté, passant de 321 à 525 de vendredi à samedi. Le directeur du PVMBG, Dr Surano, a déclaré que la déformation (mouvement de distension / gonflement du cône) des pentes du volcan était beaucoup plus rapide par rapport au dernier épisode pré-éruptif de 2006, suggérant une accumulation de gaz sous plus haute pression et, par conséquent, l'éventualité d'une éruption plus explosive que celle de 2006. Cette éruption à venir pourrait même être équivalente à celle de 1930 qui a détruit 30 villages et provoqué la mort de 1300 personnes suite à des coulées pyroclastiques. Jakarta Globe

 

 

L'éruption de novembre 1994 a fourni une bonne évidence du découplage des coulées pyroclastiques issues de l'effondrement du dôme de lave avec la séparation à grande échelle d'une composante dite de "déferlante", formée d'un nuage de cendre (ACS), de la coulée basale de cendres et de blocs (BAF). Ces déferlantes de cendre parcourent une plus longue distance que la coulée pyroclastique basale. Les destructions liées à ces déferlantes en dehors des vallées ont été fréquemment signalées dans les épisodes éruptifs récents. Il y a eu destruction systématique lorsque l'extension maximale de la coulée pyroclastique basale (BAF) était de 6.5 km et des dégâts à moins grande échelle pour de plus courtes coulées de type BAF. Les caractéristiques topographiques du cône du Merapi favorisent le déclenchement de coulées de type ACF ; les pentes abruptes (30°) du cône supérieur contribuent à de hautes vitesses initiales des coulées pyroclastiques et donc au transfert de grandes quantités de particules fines dans le nuage de cendre; la forte rupture de pente au pied du cône proximal, où la vitesse des coulées basales diminue fortement, favoriserait la formation d'une composante ACF qui se détacherait par friction sur la coulée basale; la faible profondeur de la plupart des vallées au cours des premiers kilomètres par delà la base du cône terminal qui permettrait aux composantes ACF de se séparer des coulées basales plus denses. Toutefois, le découplage de coulées associé à la séparation de déferlantes ACS a lieu seulement pour quelques unes des coulées pyroclastiques qui parcourent un trajet identique au cours d'une même éruption. Cela indique que la topographie seule ne peut expliquer le découplage des coulées. Les auteurs suggèrent l'existence de deux facteurs du découplage et de son extension. Le facteur essentiel est le volume de la coulée (et donc le débit qui sont tous les deux corrélés quasi instantanément aux processus d'effondrement du dôme), ce qui est a fortiori suggéré par la relation observée entre le découplage de coulée et la distance parcourue des coulées pyroclastiques. Le second facteur est la quantité disponible de cendre dans la coulée à un stade initial ou précoce, ce qui influence la masse et donc l'inertie du nuage de cendre. La quantité de cendre dans les coulées pyroclastiques du Merapi peuvent dépendre de plusieurs facteurs parmi lesquels l'état physique et thermique de la partie active du dôme qui s'effondre et de la proportion d'anciennes roches froides (parties anciennes du dôme) incorporées dans le flux. Source. Il est à noter que depuis cette étude publiée en 2001, plusieurs autres études et observations sur des volcans explosifs en éruption, notamment sur Soufrière Hills à Monterrat, ont permis de corroborer cette hypothèse de séparation entre la composante pyroclastique basale (coulée pyroclastique sensu stricto) relativement dense et la composante de déferlante plus légère et riche en gaz à haute température, qui a donc une plus grande extension, et représente en conséquence un plus grand danger pour les populations vivant sur les pentes hautes et moyennes du volcan. Ce processus de découplage des coulées pyroclastiques a probablement généré une telle déferlante de type "ACS" qui a provoqué tant de dégâts et de victimes le 5 novembre dernier.

Deux articles scientifiques (accès payant de la revue "Bulletin of Volcanology" pour télécharger l'article complet) traitent du sujet de la modélisation/simulation des coulées/déferlantes pyroclastiques (BAF et ACF).

Objective rapid delineation of areas at risk from block-and-ash pyroclastic flows and surges

Off the shelf maps help mitigate volcanic hazards

Numerical simulations of block-and-ash flows using the Titan2D flow model: examples from the 2006 eruption of Merapi Volcano, Java, Indonesia

 

 

Eruption 2006


Photos de l'éruption de 2006 par Th. Dockx


Vue plongeante vertigineuse sur les pentes sud du Merapi et son dôme de lave de l'époque (Alino, été 1988)


 

Vidéo de Geoff Mackley - 4 juin 2009


Merapi.net (en anglais) -- An Overview of Merapi Volcano, Central Java, Indonesia (en anglais)


Service Géologique Indonésien