Guatemala 2008 - Volcans Pacaya; Santiaguito/Santa Maria; Fuego.

par Juan Carlos Molina (Flautista), Thierry Sluys (Uno), Alain Melchior (Alino)

1. LE vOLCAN Santiaguito (alt.: 2400 m.) & Le volcan santa Maria (alt. : 3772 m.) -- 2. LE Lac Atitlan

10 km de Xela au Mirador nord ; 9 km de l'entrée sud (portail vert des "fincas") du Santiaguito au mirador sud "San Carlos".

Après avoir savouré la fameuse et désaltérante bière guatémaltèque "Gallo" au bar local situé en face de l’édifice bleu pâle du Parc National du Pacaya, nous nous dirigeons vers la grande ville d’Escuintla avant de bifurquer pour emprunter la route nationale E-O du sud (CA2), en travaux à maintes endroits, menant à Mazatenango et Retalhuleu. Malheureusement pour nous, c’est la saison de la récolte de la canne à sucre ! En route, nous rencontrons donc plusieurs camions imposants (à double remorque) transportant la canne à sucre vers une des grandes raffineries du pays, celle située entre Mazatenango et Retalhuleu. La canne est chargée en vrac et déborde le plus souvent des deux bennes jaunes. Le charroi est lent. En raison des travaux et des nombreux virages, nous devons régulièrement patienter de longues minutes avant de pouvoir doubler ces longs véhicules lourds, les bien nommés cachalots. En ce lundi 11/02, la circulation, principalement constituée de camions, est relativement dense ! Les dépassements des véhicules guatémaltèques se déroulent souvent dans des conditions assez hasardeuses et le risque de se retrouver, à tout moment, face à un camion ou à un autobus reste élevé. La route où nous circulons est bordée par de nombreux arbres à fleurs jaunes et, par endroits, d’imposants arbres dotés de puissantes racines trônent fièrement sur le bord de la nationale CA2. Leurs branches tentaculaires mettent en exergue un dense et spectaculaire feuillage disposé en éventail. Après environ trois heures de route à une altitude variant de 300 à 500 mètres (selon mes données GPS), nous rejoignons l’embranchement de la route 9S vers Quetzaltenango, deuxième ville du pays. Cette ville est aussi appelée Xela ou Xelaju (en langue Quiche) par les Guatémaltèques. La route asphaltée commence à monter progressivement parmi les bananeraies et les champs de canne à sucre. Lorsque nous atteignons la communauté de San Felipe, nous savons que le complexe volcanique du Santiaguito est à portée de vue mais, malheureusement, le bon temps n’est pas au rendez-vous. Le ciel est entièrement couvert et la pluie menace même de tomber. Après un court arrêt sur le bord de la route afin de nous désaltérer (bière et jus de noix de coco seront les bienvenus), nous reprenons la route et atteignons rapidement une zone nuageuse vers 1200 m. d'altitude où une pluie assez drue fait rapidement son apparition bien que la saison humide soit en principe derrière nous. La première forte pluie de notre séjour est au rendez-vous sur les pentes du complexe volcanique du Santa Maria / Santiaguito.

Assortiment de fruits exotiques sur le bord de la route régionale 9S remontant de Retalhuleu vers Xela, du côté de la communauté de San Felipe.

Plus nous montons sur la route de plus en plus sinueuse et plus la pluie est battante. Juan Carlos est obligé d’actionner les balais d’essuie-glace à pleine vitesse pour pouvoir à peine distinguer la route dans le brouillard sous les lourdes gouttes de pluie. Nous franchissons un pont surplombant le fleuve (Rio) Samalà avant d’atteindre le village de Zunil dont les alentours sont réputés pour la culture des oignons. Au passage, nous apercevons, sur notre droite, la petite route asphaltée qui mène au site des sources d'eau chaude Georginas. Nous entrons bientôt dans les faubourgs de Xela. A l’entrée de la ville, une portion de la route principale est en construction et le passage y est assez compliqué. Enfin, nous atteignons le centre ville et choisissons de nous installer pour la nuit à l’hôtel Modelo, de style colonial, situé sur la XIXème avenue Sud de la seconde ville du pays.

Après une longue et reposante nuit de repos, nous prenons un petit-déjeuner complet (« desayuno chapin »: "pan tostado, huevos rancheros/revueltos, carne, jugo de fruta y café") avant de nous diriger vers le village de Llanos del Pinal juché au pied du fameux volcan sacré Santa Maria (altitude : 3772 m.). L’accès jusqu’à l’extrémité sud du village est aisé. Une piste de terre et de cailloux défoncée succède à une étroite voie asphaltée débutant au sud de Xela.

L'imposant cône du Santa Maria culmine à 3772 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit à près de 1500 mètres au-dessus du village de Llanos del Pinal. C'est le dénivelé qu'il faudra franchir pour atteindre le sommet ("cumbre") du géant.

Nous atteignons rapidement la maison blanche où réside notre guide du Santa-Maria, Edgar. Sur place, nous sommes sympathiquement accueillis par toute la grande famille d’Edgar, notamment ses sœurs (Delphine, ...), sa maman et son petit frère. Un énorme panneau, illustrant les services offerts par notre guide, orne la façade de la bâtisse recouverte de chaux blanche côté rue ou plutôt piste principale.

La famille d'Edgar est curieuse de discuter à bâtons rompus avec leurs visiteurs du jour mais, aussi, de visionner nos photos numériques !

Nous discutons avec Edgar des modalités et conditions pour effectuer l’ascension du Santa Maria. Pratiquement, nous souhaitons engager deux habitants du village pour le portage du matériel de bivouac, de la nourriture et de l'eau. Nous apprenons rapidement qu’Edgar n’est pas disponible en ce début de semaine car il doit se rendre aux cours à Xelaju. Nous entamerons donc notre circuit par la montée au mirador du Santiaguito, situé à quelques 6 km de là à environ 400 mètres plus haut que le bout sud du village, en compagnie du grand-père d’Edgar. Equipé d’une machette, ce petit homme trapu et costaud, âgé de 79 ans, nous emmène "poco a poco" vers le lieu-dit du mirador du Santiaguito. Il a les jambes arquées mais ça ne l’empêche pas d’avancer rapidement et sûrement sur le chemin empierré qui se transforme par endroits en chemin de cendre et de terre brune et ocre. Le large chemin parsemé de rochers gris et à son début bordé de champs de légumes puis se fait de plus étroit vers le haut. Nous montons lentement vers un petit promontoire où sont disséminés de gros rochers issus d'éboulements. Nous nous y reposerons quelques minutes. A cet endroit, nous rencontrons un couple d’Autrichiens qui nous renseigne sur les conditions météorologiques au mirador. Elles ne sont pas bonnes et, qui plus est, notre départ assez tardif est un autre facteur de pessismisme. Il est déjà près de 11h et, à cette heure, les nuages commencent déjà à voiler le complexe des quatre dômes du Santiaguito, à savoir el Brujo, el Monje, la Mitad et el Caliente. Malgré tout, l’enthousiasme reste bel et bien présent et nous poursuivons notre chemin jusqu’à atteindre le flanc ouest de l’imposant cône boisé du Santa Maria. A partir de là, nous marcherons à flanc de coteaux, d’abord dans une zone forestière (pins) puis arbustive. Après plusieurs bifurcations, nous atteignons une barrière précaire, constituée par un enchevêtrement désordonné de branches de bois, qui empêche le passage du bétail d'accéder à la zone périlleuse du flanc SO du géant Quiche. Malgré l’écriteau en bois peu lisible mentionnant l’interdiction du passage des personnes, nous franchissons allègrement le frêle enchevêtrement de rondins de bois avant d’atteindre, quelques dizaines de minutes plus tard, une étroite plateforme herbeuse au milieu de laquelle se trouve une zone calcinée jonchée de branches partiellement brûlées. Nous comprenons vite la pertinence de l’emplacement de ce feu de bois eu égard à l’impression de froid causée principalement par la forte humidité ambiante. Nous décidons de suivre l’étroit chemin qui descend rapidement vers les basses pentes SO du Santa Maria. La pente est assez raide et la forte humidité ambiante rend le chemin glissant par endroits. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, nous interpellons notre guide pour savoir où il a décidé de nous emmener. Il nous signale l’existence d’une zone relativement dégagée d’où nous pourrons éventuellement observer l’activité du dôme actif du "El Caliente". Le seul souci est que nous trouvons dans une véritable purée de poix. Le brouillard est si dense que nous ne voyons pas à plus de 100 mètres devant nous ! Nous décidons de nous asseoir afin d’attendre une éventuelle éclaircie, même partielle. Malheureusement, après une heure d’attente et les incantations musicales de notre ami flûtiste Juan Carlos, le plafond nuageux est toujours aussi bas. Néanmoins, nous sommes relativement consolés par le son d'une explosion sourde en provenance du dôme actif. Juan Carlos prolonge le spectacle sonore en insufflant subtilement de l'air dans le tube, percé de trous qu'il ouvre et referme selon un secret nommé talent, de sa belle flûte japonaise. Nous rebroussons chemin afin de revenir à la plateforme du mirador où nous tentons, sans succès, d’allumer un feu qui aurait du nous réchauffer quelque peu. A cette occasion, Juan Carlos, notre talentueux flûtiste, va nous réchauffer le coeur en nous interprétant une impressionnante série de morceaux de musiques de film célèbres, de chansons fameuses et d'hymnes nationaux aussi variés que son répertoire. Nous sommes littéralement subjugués par son énorme mémoire musicale auditive. Gracias Señor Juan Carlos Molina ! Un homme assez rustre, muni d'une machette, vient rompre  intempestivement ce beau moment de quiétude et de sérénité. Il commence à vociférer des paroles en Quiche à notre sympathique guide qui garde néanmoins un calme extraordinaire. Nous sommes quelque peu inquiets de voir l'évolution des discussions entre les deux hommes. Il semble que le franchissement de la barrière soit à l'origine du différend et, fort heureusement, progressivement, l'ambiance s'apaise. En repartant, l'homme nous informe que c'est l'heure où le complexe volcanique devrait en principe se dévoiler. Nous patientons encore une heure avant de nous persuader que l’observation des dômes du Santiaguito ne sera pas possible aujourd’hui ! A regrets, nous tournons les talons et reprenons lentement le sentier longeant les basses pentes du Santa Maria pour rejoindre, à son terme, Llanos del Pinal.

La montée au mirador du Santiaguito -- Notre sympathique guide, bon pied bon oeil à 79 ans !

Le début de la montée vers le mirador du Santa Maria.

Deux explorateurs quelque peu éreintés !

Le complexe des dômes du Santiaguito et le majestueux cône du Santa Maria finissent par se dévoiler à peine dans l'épaisse brume chargée d'humidité !

Malgré le beau temps de la soirée, nous hésitons longtemps avant de décider de postposer, pour diverses raisons, notre ascension vers le sommet du Santa Maria. Ce ne sera finalement que parti remise !

Après avoir dégusté une excellente tasse de café local offerte par la maman d’Edgar et observé, une dernière fois, l’imposant et impressionnant cône parfait du Santa Maria au coucher du soleil, nous rejoignons notre hôtel colonial à Xelaju. Nous reprendrons des forces et de l'énergie dans un excellent restaurant local situé au coin SO du "Parque Central".

Une bonne nuit de repos et nous voilà repartis, dès le lendemain matin 13/02, vers le lac Atitlan. Nous passerons au préalable par la petite église colorée de San Andrès Xecul située sur la place centrale de Totonicopàn. Cette église de style colonial est la plus célèbre du Guatemala pour sa couleur et ses décors naïfs d'inspiration religieuse. Nous arrivons par hasard à l’occasion d’une cérémonie religieuse catholico-quiche qui accompagne les funérailles d’une jeune femme décédée la veille. Sur le haut de la ville de Totonicopàn, l’ambiance est assez étrange et alourdie par une atmosphère de solennité certaine. Je me retrouve sans voix lorsqu’un homme costumé en noir flanqué d’un foulard blanc vient m’annoncer le décès de sa nièce. Que dire dans ces circonstances ? Je lui marmonne à l’oreille « suerte » ("bonne chance") sans savoir si cette formule est bien la plus adéquate. Après le départ de l’homme, un autre convive, ayant participé à la cérémonie religieuse, me chuchote timidement à l’oreille que le mot le plus approprié utilisé dans ces tristes circonstances est : « paciencia » ! C'est alors que je me dis : "patience avant que la mort ne nous emporte lorsque notre tour viendra !".

La surprenante petite église colorée de San Andrès Xecul à Totonicopàn.

 

Une autre petite église jaune trône dans la partie supérieure de la communauté villageoise de Totonicopàn alors qu'une cérémonie religieuse se tient à côté de l'édifice.

Nous reprenons la route vers le lac Atitlan. Après quelques kilomètres, nous atteignons le fameux carrefour de Quatro Caminos (Quatre Chemins) où nous bifurquons vers la droite, à savoir vers l'est. A l’instar de la route nationale CA2 du sud, la circulation sur la route nationale CA1 du Nord est régulièrement interrompue suite à de nombreux travaux destinés à transformer la panaméricaine à deux voies en une moderne autoroute à quatre voies. Après avoir effectué notre premier plein de carburant, nous bifurquons vers une étroite route asphaltée secondaire qui nous amènera sur les rives du fameux lac Atitlan. La route est relativement bonne mais envahie, par endroits, d’écoliers téméraires circulant à pieds, à vélo ou même à moto. Pour eux, il faut maintenir une constante vigilance étant donné que leur comportement apparaît à tout moment imprévisible ! La route dévale de plus en plus abruptement. Les virages se resserrent et se transforment bientôt en virages en épingle à cheveux. Nous atteignons un premier petit village perché sur un promontoire du lac, c'est Santa Clara La Laguna. La vertigineuse descente se poursuit jusqu’aux rives du lac où nous atteignons San Pablo la Laguna que nous traversons de part en part. La route est splendide et spectaculaire ! A présent, elle serpente le long de la plus grande étendue d’eau du Guatemala, le lac de caldeira d’Atitlan (128 km2).

 

1. La descente vertigineuse vers le superbe lac Atitlan -- 2. La porte d'accès au petit port lagunaire ("muelle") de San Juan La Laguna.

Nous arrivons à San Juan La Laguna puis à San Pedro La Laguna où nous dégusterons quelques pièces de poulet frit accompagnées de pommes frites. Le repas est arrosé de quelques bouteilles de bière "Gallo" dans un petit restaurant proche du port local ("muelle").

1. Le volcan San Pedro s'élève d'environ 1500 mètres au-dessus de la cité du même nom -- 2. Le bleu profond du lac Atitlan.

L’estomac bien plein, nous reprenons de plus belle la route en direction de Santiago Atitlan. Au passage, nous observons le petit dôme "Cerro de Oro" perçant le flanc nord du volcan Tolimàn percé de deux cratères à son sommet. Thierry me fait remarquer que c’est un véritable Puy de Dôme en miniature. En effet, la forme de ce petit volcan adventif est très similaire à celle du plus célèbre volcan de la chaîne des Puys. Tout comme son illustre pair, son sommet aplati est également couronné par un petit cône.

Le dôme adventif du "Cerro de Oro", le petit Puy de Dôme guatémaltèque, perce le flanc nord du volcan Tolimàn.

Nous entrons finalement dans la cité de Santiago Atitlan en passant par la place centrale où trônent un alignement impressionnant de bus rouges de la compagnie Esmeralda.

Un habitant s’encourt rapidement devant notre véhicule afin de nous guider vers le portail d’un splendide hôtel 4 étoiles et espérer ainsi percevoir quelques pièces de monnaie locale, le Quetzal, pour son service. Un garde armé ouvre rapidement le portail en fer forgé puis une simple barrière métallique afin que nous puissions nous rendre au bureau de réception et nous informer des tarifs de ce luxueux hôtel. L’édifice est construit sur un promontoire juché à quelques mètres seulement au-dessus de la crique du lac où est niché la cité de Santiago.

1. La piscine en rénovation de notre luxueux hôtel à Santiago Atitlan -- 2. Le magique levé du soleil sur le lac Atitlan

A notre grande surprise, le tarif d’une chambre pour trois personnes est très raisonnable (une quarantaine d'Euros). Nous décidons donc d’y rester afin de passer notre première nuit dans un hôtel de luxe. A notre grande surprise, l’hôtel est entièrement vide malgré la haute saison. La superbe piscine est en voie de rénovation et le calme règne ici en maître. Il est déjà 17h et nous avons l’intention de traverser le lac pour rejoindre Panajachel (ville très touristique, également qualifiée de Gringotenango par les habitants de la région). Nous descendons donc rapidement au petit port ("muelle") où nous nous renseignons sur les locations d’embarcations. Il suffit de quelques minutes pour y trouver notre bonheur. Deux jeunes gens vont nous amener sur la rive opposée en une trentaine de minutes au maximum, pour une somme de 300 Qz, soit ~30 €. Nous embarquons dans le frêle esquif de bois équipés de notre matériel de photographie et de vidéo. La grande barque munie d’un moteur hors-bord, prenant progressivement de la vitesse, commence rapidement à virevolter de plus en plus sur les flots du lac. Régulièrement, la coque frappe violemment la surface de l’eau et nous plaque littéralement sur notre siège en bois. Vers 18h, soit une vingtaine de minutes après notre départ, nous approchons les jetées du port lagunaire de Panajachel où nous abordons quelques minutes plus tard. Dès notre arrivée, nous confirmons à nos deux pilotes l’heure de notre rendez-vous pour le retour, soit 19h. Tout le monde est d’accord et nous nous dispersons allègrement ! Nous sommes très contents d’être de ce côté du lac afin de pouvoir observer le coucher du soleil par-delà les montagnes et volcans ceinturant l’ouest du lac. Et quoi de plus agréable que d’admirer un coucher de soleil en savourant une délicieuse Margarita bien frappée ?! En ce début de soirée, nous nous imaginons allègrement au paradis ! Et si ce lac était réellement un petit paradis ? L’atmosphère magique, la sérénité, la beauté de ce lieu spectaculaire nous confirment cette impression paradisiaque. Nous sommes tout simplement heureux d’être ici !

1. Les volcans Tolimàn (à l'avant-plan) et Atitlan vu de Panajachel -- 2. Les cabanons en bois surplombant le lac abritent de sympathiques bars et restaurants.

Juan Carlos déguste une désaltérante Margarita peu chargée en tequila !

1. Le coucher de soleil au milieu des volcans du lac Atitlan -- 2. Le sommet du San Pedro semble dégazer mais ce n'est qu'un mirage !

Superbe coucher de soleil sur le lac Atitlan !

A 18h50, comme prévu, nous redescendons sur les berges du lac afin de rejoindre notre embarcation quelques minutes avant 19h. A notre surprise, nos deux pilotes sont absents. Nous patientons une bonne heure avant de les voir revenir en courant et en titubant quelque peu. Nous leur demandons la cause de leur retard et, à notre stupéfaction, ils nous informent qu’ils étaient présents sur la jetée à 19h mais qu’ils ne nous y ont pas aperçu. Il y a un souci car nous étions bien à l’endroit indiqué à l’heure convenue. Par ailleurs, ils semblent assez arrogants et insistants. C'est alors que Juan Carlos fait instamment valoir notre bon droit. Par ailleurs, leur comportement assez étrange nous incite à envisager l’hypothèse qu’ils auraient pu boire un "petit" verre, probablement en ayant allègrement profité de la provision de 150 Quetzales remise avant notre départ. Notre première impression se confirme rapidement au regard de leur agressivité et d’une certaine incohérence dans leurs propos. Nous insistons pour qu’ils démarrent rapidement leur engin car il fait déjà nuit. Comme l’embarcation n’est pas équipée d'au moins un phare, il leur faudra naviguer approximativement dans l'obscurité. Un des deux jeunes saisit et serre la barre du moteur hors-bord entre ses jambes afin de diriger l’esquif alors que l’autre se tient debout à l’avant et sautille au gré des vagues. Il est chargé d’avertir le pilote de la présence d’autres embarcations, notamment celles des pêcheurs locaux. Après quelques minutes, nous atteignons une vitesse de croisière d’environ 60 km/h. L’embarcation commence à frapper lourdement la surface de l’eau en secouant assez violemment ses passagers d’infortune. En approchant Santiago la Laguna, les vagues se creusent et la violence des chocs s’accroît. A ce moment précis, nous nous regardons mutuellement avec une certaine inquiétude. En réalité, à cet instant, nous ne sommes plus si sûrs d’arriver à destination car l’embarcation lancée à grande vitesse sur de telles vagues pourrait bien chavirer à tout moment ! Ouf, nous atteignons finalement la jetée où nous nous expliquons une dernière fois avec le patron des deux jeunes gens afin de mettre définitivement les choses au clair avec lui. Dans la nuit sombre étoilée, nous remontons rapidement la rue principale pavée, bordée d’échoppes touristiques, à la recherche d’un restaurant. Nous dénichons le « Pescador » où nous dégustons goulûment un succulent poisson du lac avant de réintégrer notre superbe chambre 4 étoiles.

Le lendemain, nous sommes debout dès 6h pour aller admirer le lever du soleil par-dessus les montagnes de la rive orientale du lac. La lumière chaude est une nouvelle fois véritablement magique ! Nous quittons à regrets Santiago, en traversant la place où le marché local bat son plein, pour nous diriger vers l’extrémité orientale du lac.

Vus de notre hôtel, les premiers rayons du soleil se reflètent sur le hautes pentes du volcan San Pedro.

Après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres, nous entrons à San Lucas Tolimàn. Un vieil homme, se tenant près d’une barrière ouverte, vient à notre rencontre pour nous demander la somme de 2 Quetzales (0,2 €) afin de pouvoir pénétrer dans la cité. Nous nous dirigeons vers l’embarcadère de la cité ("muelle") où joue une kyrielle d’enfants encadrés par leurs deux professeurs féminins. Ils nous entourent rapidement afin de visionner les photos réalisées durant leurs jeux et farandoles. Leur gaieté communicative nous met du baume au cœur !

Les joyeuses rondes d'enfants sur la plage de San Lucas Tolimàn.

Thierry est sympathiquement assailli par les enfants qui souhaitent poser pour la photo et visionner ses premiers clichés

Le rire et la joie des enfants de San Lucas sont communicatifs !

Juan Carlos et moi décidons d’aller nous baigner. On se dirige tous les deux à l’extrémité de l’un des deux embarcadères avant de nous déshabiller rapidement et nous jeter à l’eau avec avidité. L’eau est à température ambiante et d’une clarté impeccable. Nous nageons quelques encablures afin de profiter de la fraîcheur de cette belle eau transparente.

Une baignage rafraîchissante pour Juan Carlos & Alain dans les eaux turquoises du lac Atitlan.

Mais toute bonne chose a une fin et nous devons, à regrets, remonter dans notre 4x4 pour rejoindre la route nationale transversale E-O du Sud (CA2) via la route régionale N-S passant par la cité de Patulul. L’altitude passe progressivement de 1500 m. à 300 m. sur la route en lacets longeant les contreforts du magnifique volcan Atitlan. Nous parcourons à nouveau la route nationale CA2 du Sud jusqu’à Mazatenango où nous déjeunerons rapidement et ferons des provisions pour nos futures escapades sur les volcans Santa Maria et Santiaguito. Nous achetons des pièces de poulet rôti dans un restaurant de la chaîne de restauration rapide guatémaltèque "Pollo Campero" ainsi que d’autres aliments et de l'eau dans une grande surface des environs. Nous sommes finalement prêts pour notre prochain objectif, les pentes méridionales du complexe volcanique du Santiaguito via la "finca" (propriété agricole) d’El Faro et le poste d'observations volcanologiques INSIVUMEH du Santiaguito.

En remontant la route 9S vers Xela, une pluie de plus en plus drue commence à noyer le pare-brise de notre véhicule. La pluie devient rapidement battante et la visibilité quasi nulle. Nous franchissons le pont surplombant le fleuve (rio) Samalà avant de virer à gauche pour emprunter l’étroite route asphaltée qui mène au site d’El Palmar Viejo, village détruit durant la décennie 1980 par une série de coulées pyroclastiques et de lahars (coulées de boue charriant des blocs de toutes tailles). Après quelques kilomètres, nous atteignons l’entrée sud principale des "fincas". Nous franchissons aisément le contrôle de la barrière métallique verte qui autorise l’entrée dans les diverses "fincas" privées de la région méridionale du Santiaguito. Les trombes d’eau envahissent la route pavée de blocs dacitiques et génèrent des petits cours d’eau éphémères sur les bords de la piste. Nous remontons la route pavée sous un véritable déluge d'eau et sommes assez pessimistes pour la fin de la journée. Lorsque nous parvenons à hauteur de la zone de parking de l’observatoire, nous nous y arrêtons et je monte rapidement les quelques dizaines de marches tracées dans la terre parmi les caféiers. Je m’aperçois que le portail d’entrée est cadenassé. Après quelques appels restés sans réponse, je redescends les marches et nous décidons de poursuivre la piste vers le mirador San Carlos situé au pied sud du Caliente, le dôme actif du complexe du Santiaguito. Une demi-heure d’une conduite sur une piste difficile nous amène jusqu’au point ultime, terminus de la piste. A cette heure, c’est-à-dire vers 17h, le complexe volcanique gris n’est que partiellement visible. Il faut être rapide pour réaliser quelques clichés du complexe partiellement dégagé.

1. La partie occidentale du complexe de dômes du Santiaguito -- 2. Une avalanche de blocs parcourt la partie supérieure du flanc sud du dôme actif du "El Caliente" (Le Chaud).

Juan Carlos et moi décidons néanmoins de monter le chemin menant à la dernière crête boisée faisant face à la pente SE du dôme Caliente. La marche dans le brouillard parmi les fougères arborescentes me semble étrange en raison de l'atmosphère brumeuse et de la végétation surprenante. Parvenus sur la crête, nous trouvons un endroit pour nous asseoir en attendant une éventuelle éclaircie. Elle ne viendra jamais mais, en revanche, nous entendrons très nettement un long bruit sourd et intense de roulements provenant d’une importante avalanche de blocs dévalant le flanc sud du Caliente. Entendre sans voir le spectacle volcanique accroît sensiblement l’impression d’étrangeté du lieu.

1. Juan Carlos dans les brumes de l'éparse forêt de fougères arborescentes au pied du dôme Caliente -- 2. Le flanc sud éventré du Santa Maria se dévoile partiellement au sein de l'épaisse brume ambiante; à sa gauche les pentes orientales du Caliente.

A la tombée de la nuit, nous redescendons rapidement vers la voiture où est resté Thierry.

Le soleil va bientôt se coucher sur le complexe du Santiaguito et nous laisser dans une nuit obscure où les moustiques vont s'en donner à coeur joie !

Une petite éruption de cendre et de vapeur d'eau se produit vers 18h.

Nous allons passer une nouvelle nuit de guet à 2 km du cratère pour surveiller l'activité du cône actif du Caliente. Thierry et Juan Carlos somnoleront dans le véhicule alors que j’ai choisi de passer la nuit à la belle étoile en m’allongeant par terre protégé uniquement du sol humide par un tapis de sol étanche. Je m'enroule dans mon frêle sac de couchage et me blottis dans l’habitacle de ma tente à double toit. La chaude nuit agitée est accompagnée de nuées de moustiques bruyants et piquants. Elle est également régulièrement interrompue par les roulements sourds des avalanches de blocs, par moments incandescents. Vers 2h du matin, une énorme avalanche de longue durée, constituée de blocs incandescents, dévale l’abrupt flanc sud du cône Caliente. Le spectacle est véritablement dantesque ! Certains gros blocs se fracassent et les débris générés roulent les eux sur les autres en rebondissant sur l'abrupte pente de cendre dans un fracas impressionnant.

 

 

La spectaculaire avalanche à 2 h de la nuit; clichés numériques et captures vidéo ! Cliquez sur les deux dernières photos afin de visualiser une animation "gif".

Fichier son "mp3" associé à cette avalanche

Par la suite, nous avons l’occasion d’observer quelques panaches blancs s’élevant verticalement, issus de quelques explosions de faible intensité, ainsi que d’autres avalanches incandescentes ou non, mais toujours moins intenses. Au lever du jour, les couleurs sont splendides et le complexe volcanique gris est entièrement dégagé. La dernière explosion a eu lieu à 6h et nous attendons donc le prochain évènement explosif entre 8h et 9h, soit 2 à 3 heures après, en fonction du cycle éruptif actuel. L’éruption ne se produit pas et nous décidons donc de rebrousser chemin. Évidemment, à peine le dos tourné, le monstre se manifeste et nous prodigue une explosion, essentiellement gazeuse, en plusieurs phases. Nous nous arrêtons rapidement afin de réaliser des photos et une séquence vidéo. Nous nous disons que le monstre se moque bien de ses visiteurs du jour et qu’il n’aura pas le dernier mot. Dans le rétroviseur, nous l’épions d’un bon œil  pour qu’il nous dévoile une partie de sa beauté matinale sous les couleurs chaudes du matin précoce. Le majestueux complexe s’est entièrement découvert et nous en prenons alors plein les yeux !

Le Caliente éternue au petit matin !

Parvenus à la hauteur de l'aire de parking de l’observatoire volcanologique de l’INSIVUMEH, j’aperçois la moto enduro blanche de mon ami Alvajo Rojas, technicien principal au poste d'observations volcanologiques du Santiaguito. Nous décidons de monter jusqu'à la bâtisse de l’observatoire pour le saluer et prendre de ses nouvelles ainsi que de recueillir des informations fraîches au sujet de l’activité récente du volcan. Alvajo, déjà au courant de notre présence dans le massif, est heureux de nous accueillir et nous offre d'emblée un bon verre d’eau fraîche. Après une courte discussion, nous sommes déjà au regret de quitter notre hôte car, depuis midi, nous sommes attendus chez Edgar, à Llanos del Pinal, pour effectuer l’ascension du Santa Maria. Aujourd’hui, le temps est bon et nous nous réjouissons tous de cette prochaine expédition. Avant de remonter vers Xela, nous ferons également un court arrêt à l'entrée du site de la Pompéi guatémaltèque, El Palmar Viejo, pour que Juan Carlos et Thierry puissent aller voir l'église coupée en deux par un lahar (coulée de boue) dans les années 1980. L'accès au site est précédé par la traversée d'un frêle et étroit pont suspendu !

Les "fa(n)das" des volcans guatémaltèques réunis en compagnie d'Alvajo Rojas devant le poste d'observations volcanologiques INSIVUMEH du Santiaguito.

Comme nous devons obligatoirement traverser le centre de Xelaju, nous en profitons pour avaler un dernier double hamburger, sans frite et sans bière cette fois afin de ne pas alourdir notre estomac. Après quelques dizaines de minutes de route, nous rejoignons Edgar et ses deux compagnons qui vont transporter nos charges les plus lourdes sur les pentes raides du Santa Maria, volcan sacré pour bon nombre d’habitants Quiche de la région. Une bonne demi-heure de préparation plus tard, nous quittons la maison de LLanos del Pinal, édifiée à 2300 m. d'altitude, où vivent Edgar et sa famille. Je pars le premier vers 13h30 car je souhaite trouver et respecter mon rythme d’ascension dès le début de cette assez rude montée. Après trente minutes de lente montée, j’entrevois la bifurcation qui mène vers la gauche jusqu'au sommet du Santa Maria culminant à 3772 m. d'altitude et, vers la droite, en direction du mirador du Santiaguito situé à l'altitude de 2700 m. Au niveau d'un plateau herbeux, situé au pied d’un cône secondaire du Santa Maria couvert d'une dense forêt de pins, je suis rejoins par les trois guides qui, eux, progressent rapidement malgré leur lourde charge. C'est la 300ième ascension pour Edgar ! Le chemin commence à serpenter au sein d’une forêt de pins et devient de plus en plus raide. Le souffle devient court et le rythme d’ascension plus lent. Il faut épargner son énergie et, comme le répètent à suffisance les habitants de la région, cheminer "poco a poco" (peu à peu). Vers 16h30, je suis rejoint par Thierry qui me glisse dans l’oreille être sans nouvelle de Juan Carlos. Est-il en difficulté ou s’est-il trompé de chemin ? Nous cheminons ensemble vers le sommet que nous atteignons vers 17h, soit environ 3h30 après mon départ de Llanos del Pinal. Les 300 derniers mètres de dénivelé sont particulièrement raides et couverts d'une zone herbeuse grasse parsemée de gros rochers gris. Nous sommes enfin heureux d’atteindre la zone sommitale du Santa Maria déjà partiellement recouverte par la brume. Le sommet est parsemé de gros rochers sombres dont quelques-uns sont en équilibre instable sur le bord méridional de la pente raide du grand volcan. Pour atteindre le véritable sommet, il faut escalader le plus imposant de ces rochers badigeonné de graphitis par les divers visiteurs du lieu. Quelques dizaines de minutes plus tard, Juan Carlos fait finalement son apparition et nous déclare s'être tout simplement égaré sur un autre chemin. Peu importe, tout le monde est bien là et a atteint l’objectif du jour : le sommet du volcan sacré pour les Quiche, le très fameux Santa Maria, mère du Santiaguito dont la crête acérée est localisée à plus de 1000 mètres en contrebas. Nous descendons vers l'est à quelques mètres sous le sommet et installons rapidement nos tentes alors que nos trois guides s'en vont à la quête de branches et brindilles de bois mort afin d'allumer un feu. Il fait froid et, même sous la crête, les rafales de vent sont assez violentes. Après plusieurs tentatives, Thierry parvient à allumer un bon feu de bois qui nous réchauffe rapidement le corps. Malgré les grande flammes virevoltantes qui fuient aléatoirement dans toutes les directions au gré des tourbillons du vent, nous y restons de longues minutes, partiellement protégés du froid et de l’humidité ambiante. Thierry a l’idée d’embrocher un petit pain mou au moyen d'un simple bout de bois avant de le placer à la flamme afin de le dorer. Juan Carlos se délecte véritablement de ce pain béni légèrement doré au feu de bois. Ensuite, nous partageons quelques victuailles (rondelles de saucisson sec, gruyère) achetées en Belgique par Thierry. A ce moment, la visibilité est quasi nulle car le brouillard, du aux nuages stagnant à cette altitude, a envahi toute la crête sommitale. Profitant de ce mauvais temps, nous décidons d’aller nous reposer quelques heures dans nos tentes respectives. Je me roule rapidement dans le sac de couchage tout habillé avec mes chaussures de trek parce que le froid me semble très piquant. Au cours de la nuit, les rafales de vent ont causé l’effondrement partiel de ma tente mais ce désagrément ne m’empêche pas d’essayer de somnoler, au minimum de m’allonger. La toile du toit de la tente battra sous le vent durant quasi toute la nuit et m’empêchera de trouver le véritable sommeil. Mon agitation est grande ! Je ne suis pas bien installé mais je me persuade que ce n’est pas très important car je suis sur un volcan actif au Guatemala. Cette situation n’est quand même pas à la portée de n’importe qui ! Vers 23h, Thierry me réveille et me signale qu’il n’y a toujours rien à voir, en raison de la couverture nuageuse, du côté du cratère Caliente, 1300 mètres en contrebas. Je reste donc à grelotter dans ma tente en attendant mieux. Une heure plus tard, le complexe de dômes est enfin dégagé et nous livre enfin son plus beau spectacle dantesque. Des points rouges apparaissent ici et là dans le cratère et finissent par se rejoindre pour constituer un véritable rideau de feu éphémère sur le bord oriental du cratère. Ensuite, ce sont de véritables éclairs qui percent le panache éruptif. Ils sont probablement dus à l’électrisation statique de l'air générée par les frottements des particules de cendre les unes contre les autres. Ce court phénomène est très spectaculaire !

Le cratère rougeoyant du Caliente (le "Chaud") et, à l'arrière-pla, la communauté de San Marcos.

Un anneau de gaz émane du pourtour du cratère -- Des éclairs frappent l'est du cratère.

A l’aube, c’est Juan Carlos qui me lance que le soleil est sur le point de se lever. Bien sûr, je ne peux en aucun cas rater ce moment magique. Le soleil et le beau temps sont bien au rendez-vous ce matin du 16/02. Quelques nuages d’altitude pointent encore le bout du nez à l’est et à l’ouest mais au sud, en direction du Santiaguito, la visibilité est quasi parfaite.

1. Dès les premiers rayons de soleil, la partie E de la chaîne volcanique guatémaltèque se dévoile peu à peu dans la brume matinale. 2 De l'avant-plan à l'arrière-plan, on distingue les volcans San Pedro, Tolimàn, Atitlan s'élevant à la bordure méridionale du lac Atitlan puis, à une trentaine de km à l'arrière, les volcans Acatenango et Fuego trônent au sud de l'ancienne capitale, Antigua.. 

La zone de bivouac au sommet du Santa Maria juste en contrebas du sommet.

1. L'ombre du Santa Maria se reflète dans la couche nuageuse matinale -- 2. Les deux volcans les plus éloignés sont respectivement le Tajamulco (point culminant de l'Amérique Centrale à 4220 m. d'altitude) et le Tacanà (Alt.: 4060 m.) à la frontière mexicaine.

Le cône et le cratère actif du "Caliente" se dévoilent enfin sous une belle lumière matinale bleutée. Que c’est beau ! Nous avons une nouvelle fois l’impression d’être au paradis ! 

Chacun pose à sa façon au sommet du Santa Maria.

Le complexe des quatre dômes du Santiaguito apparaît peu à peu dans le résidu des brumes matinales.

Assis sur la pente raide, couverte de touffes d'herbe sèches et d'arbustes, à l’est du sommet du Santa Maria, nous attendons patiemment une explosion du Caliente après avoir installé nos trépieds pour les appareils photos et caméras vidéo. Le lever du soleil par-dessus les volcans du lac Atitlan est superbe. Au-delà, on aperçoit bien les sommets des volcans Acatenango et Fuego. Nous pouvons tranquillement observer le cratère du Caliente percé sur son pourtour par une série de petites cavités peu profondes, où se sont produites des explosions de cendre et de gaz, et rempli partiellement par un petit dôme aplati, constitué de blocs de lave pâteuse, qui se déverse vers le sud. En général, il n'y a pas d'explosions dans la zone du dôme étant donné qu'il est relativement étanche et résistant. Le reste du cratère est recouvert par de la cendre grise foncée et de nombreuses zones fumerolliennes ceinturent la dépression.

1. La partie SO du complexe est constituée de trois dômes éteints -- 2. Le cratère du dôme actif, "El Caliente", est occupé partiellement par un dôme de lave (zone de blocs à l'arrière-plan) qui se déverse dans l'échancrure ouverte au sud du cratère sur les pentes S-SO du dôme actif. Il est couvert ailleurs par de la cendre grise (la couleur brune est due aux reflets du soleil matinal). Remarquez les zones fumerolliennes concentriques et les petites cavités sur le pourtour fermé du cratère où se sont produites des explosions (il n'y a pas  d'explosions dans la zone du dôme étant donné qu'il est relativement étanche et résistant). A l'extrême droite, on distingue à peine la dépression d'un ancien cratère en forme de demi-lune quasi entièrement comblé par des matériaux récents.

Un tourbillon gazeux s'échappe du cratère du Caliente -- Gros plan sur le dôme de lave déversé vers le sud.

Vers 6h du matin, une première explosion de faible intensité ébranle le cratère du Caliente. Elle projette principalement un jet de gaz blanc issu du centre du cratère. Celui-ci s’élève à relativement faible hauteur avant de se disperser dans l’air ambiant en provoquant une condensation des molécules d’eau pour former des nuages vers l’ouest.

Une explosion gazeuse (essentiellement de vapeur d'eau) du Caliente. Son (mp3) de turbine d'avion associé à la séquence explosive essentiellement gazeuse.

Le jet blanc de vapeur d'eau et accessoirement de gaz est accompagné d'une faible décharge de cendre brune (à droite).

Vers 8h30, le "Caliente" nous offre à nouveau le magnifique spectacle d’une explosion de cendre et de gaz. Elle est superbe par son intensité et le développement de son panache éruptif. Un nuage de cendre et de gaz se soulève petit à petit, dans un impressionnant silence, de l’entièreté du cratère. Après quelques secondes, la colonne en forme de chou-fleur s’élève rapidement verticalement jusqu’à une hauteur d’environ 1000 mètres avant de migrer latéralement vers l’ouest et de se diluer progressivement dans l'air ambiant. Au sein de la colonne éruptive, on distingue nettement une partie inférieure blanche (vapeur d’eau) surmontée par une zone brune constituée essentiellement de particules de cendre. Le spectacle est tout simplement impressionnant et magique !

 

Nous sommes enfin finalement rassasiés par l’activité du Santiaguito malgré sa faible activité du moment. Le monstre fumant et éructant a fini par se présenter à nous sous sa meilleure facette. Après ce fabuleux spectacle, nous apercevons un groupe d’indiens Quiche au sommet du volcan. Ils y sont montés pour prier au cours d’une cérémonie haute en couleurs. Les incantations sont nombreuses et bruyantes. La grande ferveur de ces hommes, femmes et même enfants en bas âge me surprend. Ce rassemblement pieux et bruyant m'apparaît bien étrange dans un tel lieu naturellement si paisible. Les cris et les pleurs se succèdent tour à tour. Certaines personnes sont drapées dans la bannière étoilée des Etats-Unis.

 

Voir aussi séquences vidéo ajoutées le 25 mars 2008 sur YouTube par l'agence "Adrenalinatours" située à Xela !!!

Expérience quasi incroyable et très risquée : l'accès au bord du cratère actif du "Caliente"

http://www.youtube.com/user/adrenalinatours

Après avoir assisté à cette cérémonie très fervente durant quelques minutes, je décide de redescendre vers Llanos del Pinal en précédant ainsi mes deux compagnons de quelques minutes. Ce matin, le chemin est par endroits très glissant et exige une vigilance soutenue pour éviter la chute. J’avance donc lentement avec précaution pour ne pas tomber.

Après 2 heures et demi de descente, Thierry et moi arrivons enfin chez Edgar. Je m’empresse d’aller chercher trois bouteilles de bière "Gallo" à l’épicerie située quelques centaines de mètres en contrebas. Juan Carlos arrive une quinzaine de minutes plus tard et appréciera également sa bière encore bien fraîche. Nous saluons une dernière fois notre guide et sa famille avant de nous diriger vers Antigua où nous passerons la nuit dans un modeste hôtel. Nous prendrons un repas bien mérité constitué d’une combinaison de trois succulents tacos agrémentés d’une petite portion de guacamole et de diverses sauces pimentées.


PACAYA

FUEGO


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"LA PASSION DES VOLCANS ACTIFS"