Guatemala 2008 - Volcans Pacaya; Santiaguito/Santa Maria; Fuego.

par Juan Carlos Molina (Flautista), Thierry Sluys (Uno), Alain Melchior (Alino)

1. LE vOLCAN fuego (alt.: 3763 m.) -- Antigua

 

Le lendemain matin, dimanche 18/02, nous en profitons pour flâner dans les étroites rues de la petite cité coloniale d’Antigua, ancienne capitale du pays détruite à multiples reprises par de puissants tremblements de terre. En marchant dans une rue non loin de l’hôtel, j’aperçois soudainement un panache éruptif qui est en train de s’élever du cratère du volcan Fuego. Son fier cône est visible au sud de la ville.

Cette observation met en émoi tout notre petit monde et nous décidons sur le champ de rejoindre Panimaché, lieu où se trouve le poste d'observations volcanologiques de l'INSIVUMEH chargé d’observer l’activité du Fuego. Nous nous dirigeons donc à nouveau vers Escuintla où mes deux compagnons dégusteront un excellent ceviche (plat de fruits de mer froids baignés dans une vinaigrette pimentée) accompagné d’une bière mexicaine "Corona".

Pour ma part, je commande un "lomito" (entrecôte) saignant accompagné de pommes frites (eh oui, je suis un vrai belge !). Il est à noter que ce délicieux repas a eu lieu sous la surveillance de trois compagnons figés dans la pierre (chimpanzés sculptés) qui semblaient n’avoir rien vu, rien entendu et rien voulu savoir ! J'ai la faiblesse de croire que leur attitude ironique se rapportait à notre repas gargantuesque et ne nous concernait en rien ! Mais, finalement, je n’en suis pas si sûr que ça !!!

Nous reprenons la route nationale du Sud (CA2) vers la ville de Siquinalà en direction de l’embranchement de la piste menant à Panimaché. Nous nous arrêtons dans cette petite cité afin d'acheter de l’eau avant de monter vers le petit observatoire volcanologique. Trouver le début de la piste ne fût pas chose aisée ! Une fois la piste dénichée, nous avons du stopper un véhicule pick-up afin de demander à son conducteur le chemin pour Panimaché. Le seul panneau d’indication était en effet assez peu clair et en contradictions flagrantes avec les indications fournies précédemment par des villageois. Nous nous dirigeons finalement vers la "finca" Morelia, dernière communauté avant celle de Panimaché que nous atteignons en fin d’après-midi. A notre arrivée, il n'y a aucun signe de vie à l’observatoire volcanologique.

Le poste d'observations volcanologiques INSIVUMEH du Fuego à Panimaché.

Mais, bientôt, une silhouette apparaît au loin sur la piste. C’est Almicar, le technicien qui réalise quotidiennement les observations de l’activité volcanique du Fuego et recueille, dans le même temps, quelques données météorologiques de base. Malheureusement, le volcan est déjà entièrement recouvert par les nuages et la pluie fait bientôt à nouveau son apparition. Nous discutons de l’activité récente du Fuego avec Amilcar qui nous informe que le volcan est pour le moment dans une période d'activité très calme. Le dynamisme éruptif, consistant en panaches éruptifs peu importants, est relativement faible par rapport à celui du début d’année ou de fin de l'année dernière. Nous sommes quelque peu déçu mais notre enthousiasme n’est, malgré tout, guère entamé ! Nous nous réjouissons déjà de passer une nuit, probablement interrompue par quelques périodes de guet afin d’observer l’activité du volcan durant la nuit obscure. Entre-temps, Amilcar a téléphoné à son chef, le volcanologue E. Chinya qui dirige à présent le département de volcanologie de l’INSIVUMEH dont l'édifice coloré est situé en face de l’aéroport international de La Aurora. Il lui a signalé notre présence et lui a demandé l'autorisation pour que nous puissions passer la nuit à l’observatoire. Après avoir reçu son acceptation, nous installons nos sacs de couchage dans l'unique chambre à coucher de la bâtisse blanche où se trouvent deux solides grands lits de bois. Un des quatre matelas sera placé sur le sol cimenté et c’est là que je dormirai cette nuit. Malgré quelques interruptions pour aller observer le volcan, la nuit se déroule paisiblement puisque le Fuego reste invisible. La pluie est tombée pendant une bonne partie de la soirée et de la nuit. Le matin du lundi 18/02, le volcan se découvre très partiellement et nous laisse enfin entrevoir son cratère dégazant. Vers 8h30, une petite explosion de cendre est à peine visible parmi les nuages. Vers 10h, un voile nuageux recouvre progressivement à nouveau le complexe volcanique de l'Acatenango-Fuego, ce qui nous laisse le temps de visionner les nombreuses photos et séquences vidéo installées sur le disque dur de l’ordinateur de l’observatoire.

1. Le majestueux cône élancé du Fuego, vu du poste d'observations volcanologiques avancé INSIVUMEH à Panimaché, se dévoile peu à peu au petit matin ! -- 2. Une explosion de cendre et gaz est à peine visible parmi les épais nuages !

Amilcar pose avec ses visiteurs du jour. Juan. Deux jeunes étudiantes du village se mêlent à la séance photos.

Nous sommes particulièrement impressionnés par des clichés aériens du volcan ainsi que par une séquence vidéo montrant un puissant lahar (coulée de boue ayant la consistance du ciment et charriant de débris divers) particulièrement spectaculaire. Après avoir salué notre ami Amilcar, nous redescendons sur la piste cabossée avant de rejoindre la route asphaltée qui nous ramène vers Antigua. Nous traversons à gué le lit de deux cours d'eau encombré de gros rochers gris foncés (basalte).

Le lit de la rivière Tanyula est encombré de débris rocheux et autres dépôts variés de lahar (coulée de boue).

 

En route, sur base des indications d'Amilcar, nous tentons de trouver l'entrée d'une nouvelle piste privée qui monterait sur les pentes orientales du Fuego et faciliterait son ascension. Après renseignements complémentaires, nous y parvenons et enregistrons son point GPS pour un prochain séjour.

La cathédrale rénovée de Ciudad Vieja, construite en 1534, localisée entre les villes d'Alotenango et Antigua. En réalité, Ciudad Vieja était l'ancienne Antigua avant qu'une coulée de boue issue de l'Agua ne l'ensevelisse et ne l'a détruise entièrement.

 

Orchestre traditionnel Kaqchikel dans les rues D'Antigua.

Vers 13h, nous irons savourer un succulent repas très raffiné, pour un prix relativement modique, dans un hôtel de grand luxe, le Santo Domingo, installé au sein des ruines d’un ancien couvent désacralisé, à la sortie nord Antigua. L’ambiance du lieu est bercée par une douce musique religieuse bien reposante. Quiétude et sérénité font du bien après le tumulte des volcans guatémaltèques ! Le Guatemala est bien un pays de contrastes !

Les divers patios du magnifique hôtel "Santo Domingo" à Antigua Guatemala.

Plusieurs nichoirs abritant des couples de aras sont disséminés dans les jardins de l'hôtel "Santo Domingo".

Le restaurant raffiné de l'hôtel "Santo Domingo" situé à la sortie d'Antigua Guatemala en direction de Ciudad Guatemala. Notre menu à la carte est constitué de "lomito" (entrecôte), Pasayo ("pavé de boeuf") et autre pièce de boeuf dont j'ai oublié le nom, précédés par une entrée de crevettes géantes enrobées dans une succulente pâte cuite à l'huile. Notre dessert est une glace vanille accompagnée d'une noix de gâteau au chocolat fondant et un tiramisu pour Thierry. Remarquez la bannière espagnole en l'honneur de notre ami Juan Carlos bien sûr (il n'y avait pas de drapeau belge disponible dans ce lieu) !

C'est un autre moment merveilleux qui nous incitera à revenir certainement au Guatemala malgré un certain malaise issu du grand fossé existant entre, d'une part, une extrême richesse et, d'autre part, une extrême pauvreté d'une grande proportion de la population, principalement rurale. Nous quittons cet endroit de rêve pour rejoindre la capitale, Cd. Guatemala, via la route du Nord. Vers 17h, l’heure de pointe, nous y entrons lentement, pour cause de circulation très dense, et traversons partiellement la mégalopole bruyante et polluée avant d’atteindre l’auberge où nous débarquerons nos bagages. Il ne nous reste plus qu’à remplir de diesel une dernière fois le réservoir avant de restituer le véhicule de location à l’agence "Guatemala Autos". Après quelques discussions insistantes menées par Thierry et un employé de l'agence en raison d'une minuscule fissure superficielle dans le pare-brise, nous prenons un taxi afin de rejoindre un restaurant mexicain coloré et, puis, finalement nos lits douillets.

Le voyage-expédition 2008 sur les trois volcans actifs du Guatemala s'achève mais, à coup sûr, nous reviendrons dans ce magnifique et attachant pays où nous avons vécu d’excellents moments d’exploration, de découverte, de fous rires, de détente et goûté à de multiples moments précieux entre amis au contact des volcans guatémaltèques et des sympathiques et attachants habitants du Guatemala.

Encore deux vues de New York City (Manhattan et la Statue de la Liberté) avant de traverser l'Atlantique Nord pour le retour !


ACATENANGO & FUEGO - Photos de Robin et d'Agnès


PACAYA

SANTIAGUITO / SANTA MARIA


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