El HIERRO (Iles Canaries, Espagne) -- Eruption sous-marine en cours depuis le 10/10 - Réactivation de la séismicité < 17/06

L'éruption de El Hierro a débuté à l'aube du 10 octobre 2011 et se poursuit à ce jour. Elle est localisée sur une fracture orientée N-S, prolongation sous-marine du rift visible sur l'île. L'activité a commencé à environ 6 kilomètres au sud du village de La Restinga à ~1000 mètres de profondeur et a ensuite progressé vers le nord pour atteindre sa position actuelle, à ~ 2 km de La Restinga, et se poursuivre à ~ 300 mètres de profondeur.

Webcam (NEW !) orientée vers la zone éruptive au large de La Restinga

Actualisation: 23/09 (alerte jaune) - 24/09 - 29/09 - 08/10 - 10/10 (éruption) - 12/10 (alerte rouge à La Restinga) - 13/10 - 16/10 - 05-06/11 (premières observations d'une éruption subaérienne)

Graphiques; Roches; Résumé de la crise sismique & volcanique

Depuis la fin du mois de novembre 2011, le nombre de séismes ainsi que l'émission de SO2 sont en nette diminution alors que les autres paramètres (déformation, tremor) se maintiennent quasi constants. D'autres informations seront mises en lignes dès modification significative de l'activité. Comme déjà signalé précédemment, la probabilité d'une éruption subaérienne est de plus en plus faible, l'édifice éruptif sous-marin s'éboulant au fur et à mesure de l'éruption qui a aussi tendance à s'affaiblir.

2012

Réactivation de la séismicité à partir du 17 juin

18 août: depuis quelques jours, les quelques foyers sismiques sont localisés pour la plupart dans la région de El Golfo à une dizaine de km de profondeur au lieu d'une vingtaine de km précédemment.

11/07: la séismicité a drastiquement diminué depuis le 9 juillet. Les foyers sont toujours situés au S.O. de l'île (principalement au large) et à une profondeur comprise entre 15km et 25km. Par ailleurs, les mesures de déformations montrent que le processus d'extension a cessé d'évoluer.

03/07: le séisme le plus puissant (Ma = 4.2) jusqu'à présent s'est produit le 3 juillet à 2h31 GMT au large S.O. de l'île. Suite à la localisation de la crise sismique actuelle, les experts ont conclu que le noyau de l'essaim sismique principal est situé face à la zone inhabitée de Orchilla, en Mer de Las Calmas (Mer de la Tranquillité) à une vingtaine de km de profondeur.

Tache marine, associée à une zone d'émergence de bulles, observée le 03/07 à ~180 mètres d e la côte S.O. (18º03.761 O, 27º 4.573 N). L'origine de cette tache et des bulles est  jusqu'à présent indéterminée.

Portion du sismogramme de l'IGN montrant la réapparition d'un tremor (vibration basse fréquence) qui s'est estompé le jour suivant. Le 26 juin peu après 16h., 501 secousses ont été enregistrées du 17 au 26 juin à minuit. La secousse la plus forte, de Ma 3.8,  jusqu'à présent (27/06) a été enregistrée le 25 juin à 9h03 UTC au SO de La Frontera et 30 séismes dont Ma >= 3 ont secoué l'île.

Composante spectrale du sismogramme du 26 juin montrant la réapparition d'un épisode de tremor harmonique (indiquant un mouvement de fluides, probablement de magma) à  partir de ~16h. Son intensité a diminué depuis lors.

25 juin: depuis quelques jours, la séismicité a augmenté aux alentours et à l'aplomb de l'île. Des secousses de hautes fréquence subdivisées en deux essaims, d'origine volcano-tectonique à une profondeur de ~ -15km à ~ -25km , ont refait leur apparition depuis le 14 juin. La localisation des secousses actuelles (aux alentours du rift occidental) est similaire à celle du début de la crise de fin 2011. Par ailleurs, vers la mi-juin, le processus de déformation a repris sur l'île. Plusieurs stations de mesures indiquent une extension de quelques mm. La situation est bien sûr à suivre ! IGN España


05 mars: le Comité scientifique du Plan de la Protection Civile concernant le Risque Volcanique (PEVOLCA) a confirmé, à l'unanimité de tous ses membres, que l'éruption sous-marine qui a débuté le 10 octobre 2010 au large de El Hierro était terminée. Une vigilance du processus volcanique (déformation, séismicité) qui a débuté le 17 juillet 2010 est cependant maintenue. Les donnés bathymétriques du 24 février dernier montrent que sommet du cône volcanique s'est finalement stabilisé à 88 mètres sous la surface de la mer. Gobierno de canarias.
 

19 février: des mesures bathymétriques effectuées par l'Institut Océanographique Espagnol ont montré que le sommet du cône éruptif principal se trouvait à 120 mètres sous le niveau de la mer, soit une élévation du cône de 10 mètres par rapport au 10 janvier dernier (60 mètres de plus par rapport au 15/11/2011; croissance en hauteur de ~25 mètres/mois de mi-novembre à mi-janvier). Si l'activité se poursuivait ainsi, le cône pourrait donc surgir des flots dans ~ 1 an. Par ailleurs, l'éruption sous-marine continue malgré la faible intensité du tremor.

30 janvier: depuis la mi-janvier, on observe une tendance à une augmentation légère de l'émission diffuse de CO2 au travers de l'édifice insulaire de El Hierro (278 km2). L'émission de ce gaz a atteint 904 ± tonnes par jour hier 29/01. Par comparaison, la masse de CO2 émise chaque jour à la fin novembre était de 2398 ± 115 tonnes. Gobierno de Canarias. Par ailleurs, des échantillons laviques récoltés le 21 janvier dernier ont permis de constater que les gaz contenus à l'intérieur des fragments atteignaient une température de 426°c.

19 janvier: des mesures bathymétriques, effectuées les 10 et 11 janvier, ont déterminé que le sommet du volcan sous-marin se trouvait à 130 mètres de profondeur. Par ailleurs, les relevés du navire océanographique Ramón Margalef ont permis d'estimer le volume de matériaux volcaniques déposés sur le fond marin à 145 millions de m3. Les coordonnées du sommet du cône sont les suivantes: 27º37.18'N ; 17º59.58'W. Gobierno de Canarias

7 janvier: ce début d'année 2012 a vu à nouveau l'émergence de nombreux fragments magmatiques à la surface de la Mer de Las Calmas alors que le niveau du tremor fluctuait relativement peu dans des valeurs toujours aussi basses et qua sismicité est pratiquement nulle. La tache marine est toujours présente au large de La Restinga. Elle est composée d'une partie claire entourant une zone marron, composée de matériaux fins, et, par intermittence, d'une zone centrale de dégazéïfication. La baisse d'émission des taux de CO2 (au travers de l'édifice insulaire) et surtout de SO2 (flux gazeux mesuré en mer au moyen d'un miniDOAS, instrument miniature de spectrométrie UV qui mesure l'absorption des UV par le SO2 émis dans l'atmosphère) est aussi significative. Gobierno de Canarias.


2011

30 décembre: la disparition du signal de tremor depuis ~20h00 UTC hier 29/12 pourrait indiquer la fin de l'éruption sous-marine au large de La Restinga, à moins qu'il ne s'agisse d'une interruption temporaire dans le processus éruptif. Dans la première hypothèse, l'éruption aura duré au total un peu plus de deux mois et demi (du 10/10 au 29/12). NB: la disparition du tremor semble finalement due à un disfonctionnement de l'instrumentation sismographique de l'IGN car le faible signal est à nouveau visible par intermittence !

Depuis le 10 décembre, le tremor est caractérisé par de nombreuses oscillations périodiques assez régulières (intervalles de ~5-10 minutes) alors que l'émission de CO2 au travers de l'édifice volcanique insulaire est en diminution, de 1.560 ± 59 t/j le 5/12 à 978 ± 35 t/j hier 12/12, ce qui est logiquement corrélé avec une tendance à l'affaiblissement de l'activité éruptive sous-marine au large de La Restinga. Gobierno de Canarias

Sismogramme du 12/12 montrant des oscillations périodiques régulières du tremor; IGN Espagne

08 décembre: l'amplitude du tremor connaît une chute très nette depuis environ 4h00 UTC. L'alerte rouge est uniquement maintenue dans la zone d'exclusion maritime au large de La Restinga; par contre, l'île, inclus La Restinga, reste en alerte jaune. Par ailleurs, des remontées de fragments laviques, associées à de fortes odeurs de soufre, se poursuivent par intermittence. Selon de récentes données recueillies par le bateau océanographique Ramón Margalef, le cône volcanique s'est dédoublé et a émis encore plus de matériaux éruptifs. Il y a actuellement trois cônes adossés, très proches les uns des autres. La base de cet alignement de cônes se trouve à une profondeur de 160-180 mètres et les coulées émises atteignent des zones profondes de 1700 à 2000 mètres. Gobierno de Canarias.

Comme déjà signalé précédemment, la probabilité d'une éruption subaérienne est de plus en plus faible, l'édifice éruptif sous-marin s'éboulant au fur et à mesure de l'éruption qui a aussi tendance à s'affaiblir.

27 novembre:

Fragment issu de la croûte superficielle de la coulée de lave basaltique (pillow lava ?), flottant en Mer de Las Calmas, récupéré par le Ramón Margalef.

25 novembre: selon plusieurs experts espagnols, l'émergence d'un ilot suite à l'éruption sous-marine actuelle au large de La Restinga ne devrait pas se produire de si tôt. Une nouvelle terre ne pourrait d'ailleurs jamais voir le jour, comme le suggère la présence de nombreux cônes éruptifs sous-marins dans ce secteur. Quant à l'éruption, elle se poursuit sans grandes variations. Depuis quelques jours, les enregistrements du tremor et de la déformation n'indiquent aucun changement significatif. Par ailleurs, la nouvelle bouche éruptive suspectée par l'émergence d'une nouvelle tache marine le 21 novembre dernier n'est sans doute pas un évent indépendant. Cette nouvelle zone de coloration était sans doute liée à une activité localisée sur la même fissure éruptive, qui libère sa lave basaltique depuis le 10 octobre dernier.

Zones marines décolorées au large de La Restinga observées le 24/11

22 novembre: les experts de INVOLCAN ont confirmé la présence d'une nouvelle zone de dégazéification localisée à environ 200 mètres à l'est du secteur d'émission de gaz et de matériaux éruptifs principal. Cette découverte indique sans doute l'existence d'une nouvelle bouche éruptive.

20 novembre: l'amplitude du tremor a une nouvelle fois augmenté depuis hier peu après 22h UTC. Par ailleurs, les enregistrements sismiques ainsi que les observations à bord du Ramón Margalef suggèrent qu'il n'y a pas de seconde source éruptive au large de la côte nord. Une certaine activité a été observée hier au niveau de la tache marine en relation avec l'augmentation du signal sismique du tremor. Par ailleurs, la quantité de CO2 émise dans l'atmosphère par l'appareil volcanique insulaire a une nouvelle fois augmenté. Il est actuellement de 1663 +- 63 tonnes par jour.

Des fragments de basalte et des bulles gazeuses étaient à nouveau visibles aujourd'hui, en correspondance avec l'augmentation de l'amplitude du tremor.

18 novembre: depuis hier aux alentours de 22h00 UTC, l'intensité du tremor a considérablement baissé. Le niveau de tremor élevé n'aura duré qu'environ 34 heures. Par ailleurs, la distance, mesurée par l'équipement du navire océanographique Ramón Margalef, séparant le cratère du volcan sous-marin de la surface de la mer est d'environ 180 mètres et non de 70 mètres comme beaucoup de sources médiatiques l'ont indiqué encore récemment, ce qui exclut à ce jour tout processus explosif menaçant pour la population insulaire (Gobierno de Canarias, communiqué du 17/11 à 16h45).

17 novembre: l'amplitude du tremor est à nouveau en hausse (saturation du sismogramme) depuis hier midi et pourrait être mis en relation avec la remontée de fragments scoriacés basaltiques hier 16/11. Par ailleurs, les experts de INVOLCAN ont enregistré une augmentation significative de CO2 et d'Helium (He) au niveau de la tache marine.

Graphiques des teneurs en CO2 et He publiés sur le site web de INVOLCAN

15 novembre: des débris pyroclastiques (probablement du basalte), de près d'un mètre de diamètre, en voie de dégazéification sont à nouveau apparus hier en début d'après-midi au sein de la tache marine au large de La Restinga. Dans le même temps, l'intensité du signal du tremor a épisodiquement augmenté significativement et des zones de bulles gazeuses, atteignant jusqu'à 500 m. de diamètre, au sein de la tache marine sont aussi réapparues (< explosions ?) . La Provincia Canarias

 

13 novembre: de nombreuses phases d'oscillations légères ont lieu depuis ~ la mi journée du 11/11 et, depuis le 11/11 à 18h00 UTC, des oscillations de courte période (quelques minutes) avec des amplitudes trois fois plus élevées que la moyenne sont observées. Hier 12/11, des apports de nouveaux matériaux fins ont été observés au niveau de la tache en mer, néanmoins sans bulles gazeuses. Par ailleurs, les experts de l'Institut Volcanologique des Canaries (INVOLCAN) ont enregistré une tendance à la hausse de l'émission diffuse de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère au travers de l'appareil volcanique insulaire. Ce taux d'émission a atteint 1481 +- 37 tonnes par jour, soit 4,35 fois plus que la valeur normale moyenne. Cet accroissement contraste avec la diminution du taux d'émission de CO2 au cours des derniers jours par le volcan sous-marin de La Restinga. Gobierno de Canarias

Les oscillations du tremor sont probablement liées à des explosions du volcan sous-marin. Par ailleurs, il semble qu'il existe, localement, une tendance à une diminution de la profondeur des foyers sismiques.

11 novembre: une secousse de 4,6 sur l'échelle de Richter (Ma) a frappé l'île dans la nuit de jeudi à vendredi. Les experts de l'IGN n'excluent pas une autre éruption sous-marine au large de la côte nord de l'île, même si il faut néanmoins rester prudent en terme de prévisions pour ce type de phénomène éruptif.

Projection verticale orientée nord-sud où sont représentés les foyers sismiques, du 01/10 au 10/10 et du 01/11 au 13/11 (à 07h30 UTC). Les foyers sismiques au large de la côte nord sont en grande majorité plus profonds que ceux de la côte sud. On voit aussi sur cette figure que l'essaim sismique du nord a une plus grande extension et est plus hétérogène et qu'il comporte moins d'évènements sur une période légèrement plus longue d'un peu plus de 2 jours.

La ligne en points-tillés rouge illustre une évolution spatiale possible des foyers sismiques; du 01/11 au 13/11 à 07h30 UTC. Cliquez sur les figures pour voir un graphique identique du 1/10 au 10/10; jour de l'éruption.

Par ailleurs, il semble que, depuis quelques jours, la déformation a augmenté au nord de l'île, à proximité de la ville de La Frontera.

10 novembre: le pH à la surface de l'eau a été mesurée à 7,97 dans la zone de l'éruption sous-marine, alors qu'il est de 5,45 à seulement 5 mètres de profondeur, soit une variation de 2.52. Cette diminution de pH d'environ 2.5 unités indique que le milieu contient une concentration d'acides ~100.000 fois supérieure à la valeur normale. Selon INVOLCAN, l'évolution dans le temps des émissions dioxyde de soufre (CO2) et de sulfure d'hydrogène (H2S) montre une tendance à la diminution sur 3 jours (du dimanche 6/11 au mardi 8/11). Gobierno de Canarias

Par ailleurs, des données bathymétriques récentes recueillies par l'équipement embarqué à bord du Ramón Margalef ont mis en évidence la croissance rapide du volcan sous-marin de El Hierro à partir de deux campagnes de mesures effectuées dans la zone du volcan. Selon les experts de l'Institut Océanographique Espagnol (IEO), la superposition de deux images bathymétriques réalisées à partir des données SONAR du 24/10 et du 28/10 indiquent que le volume d'émission de matériaux éruptifs a été de quasi 5,5 millions de m3 en seulement 4 jours.

Instituto Español de Oceanografía (IEO)
 

09 novembre: aucun remous n'a été observé aujourd'hui. C'était le calme plat dans le secteur de la Mer de Las Calmas à l'aplomb du volcan sous-marin ! Par ailleurs, le navire océanographique Ramón Margalef est sur zone pour réaliser des mesures supplémentaires au moyen d'un robot sous-marin; La Provincia Canarias

8 novembre: malgré la baisse relative de l'intensité du tremor depuis hier soir, des éjections de bulles de gaz accompagnées de matériaux volcaniques (surtout riches en cendre) sont toujours visibles au large de La Restinga.

 

Explosion à 16h30 (HL)

Ce matin, on observe sur les séismogrammes de l'IGN une diminution significative de l'amplitude du tremor depuis hier ~21h, niveau similaire à celui du tremor du 2 novembre dernier, avant la réactivation de l'éruption sous-marine. Cette baisse du tremor correspond sans doute à une période d'accalmie temporaire dans le processus éruptif.

7 novembre: l'Institut Volcanologique des Canaries (INVOLCAN) a signalé une nouvelle augmentation de l'émission diffuse de CO2 au travers l'édifice volcanique insulaire de El Hierro. Le taux d'émission de dioxyde de carbone mesuré a atteint 1218 +- 46 tonnes / jour, soit la valeur la plus élevée depuis le début de l'épisode de réactivation magmatique. Le 6 octobre dernier (soit 4 jours avant l'éruption), le taux d'émission de CO2  était de 990 +- 49 tonnes/jour.  Pour comparaison, ce taux d'émission était de 336 +- 16 tonnes/jour le 21 juillet dernier. Le taux moyen mesuré sur l'île en 1997 était de 345 t/j, soit près de 4 fois moins que le taux d'émission actuel. Govierno de Canarias.

Bulle gazeuse observée vers 10h50 expulsant à nouveau, comme hier, des matériaux magmatiques d'assez grande taille, des cendres et des gaz/vapeur  à faible hauteur

A droite, image thermale du "jacuzzi" au large de La Restinga. INVOLCAN

Une caméra thermique utilisée par des scientifiques de l'Institut Technologique et des Energies Renouvelables de Tenerife (ITER) a détecté une différence de température de 11°c, ce qui est énorme, entre la température de la Mer de Las Calmas (23,9°c) et la zone sud de La Restinga où l'éruption sous-marine a lieu (35,3°c). Gobierno de Canarias

6 novembre: comme pressenti hier, après un peu moins d'un mois depuis le début de l'éruption sous-marine (10/10), des éjections de matériaux éruptifs à une vingtaine de mètres de hauteur sont à présent visibles au large de La Restinga. C'est véritablement à présent un épisode surtseyen (du nom de l'île qui a émergé au large de l'Islande en 1963) qui débute à environ 2 km de la côte. Cette première colonne de vapeur et de matériaux pyroclastiques a forcé les autorités locales à évacuer en urgence tous les résidents restants (51) de La Restinga. Chacun de ces deux épisodes subaériens a duré environ 1 minute. Après une pause depuis hier soir, le phénomène de bouillonnement au large de La Restinga a repris cet après-midi. La Provincia Canarias. Pour rappel, des zones de dégazage (< débris éruptifs ?) avaient déjà été observées le 12 octobre dernier, soit 2 jours après le démarrage de l'éruption sous-marine.

La Provincia Canarias; première photo de la phase subaérienne débutante prise par Rafa Avero le 5/11  peu après 18h (HL)

Pour des nouvelles en directe, voir RTVC (Radio TV Canaria)

 

L'amplitude du tremor d'hier et d'aujourd'hui est similaire à celle du début de la phase éruptive du 10 octobre dernier (plus précisément du 10/10 à 20h au 12/10 à 14h).

    Localisation des

Epicentres sismiques du 1/11 au 6/11 inclus et échelle de leur magnitude et profondeur du foyer.

Infographie illustrant l'éruption sous-marine actuelle. Au total, au moins trois bouches sont actives et la plus septentrionale se trouve à environ 300 m. de profondeur.  Environ 1 km3 de magma exercerait une forte pression sous l'île de El Hierro selon les plus récentes mesures de déformation effectuées par l'IGN, soit 20 fois plus qu'estimé auparavant. Ce volume de magma en jeu sous l'île serait suffisante pour que l'activité perdure plusieurs mois, voir plus d'une année. Par comparaison, l'éruption du Teneguia en 1971 sur l'île de La Palma a émis au total ~ 40 millions de m3 de lave. Certains experts pensent même que l'ampleur de cette éruption pourrait être similaire à celle de Timanfaya qui a eu lieu entre 1730 et 1736, entrecoupée de périodes de repos, sur l'île de Lanzarote. La Provincia Canarias

5 novembre: ces deux récentes photos, publiées sur le site "La Provincia Canarias", montrent que la tache marine est devenue spectaculaire et qu'il existe une traînée formée de plusieurs zones de bouillonnement ! Au moins trois bouches éruptives, parfaitement alignées en direction de la Restinga, expulsent actuellement du magma. Hier à 20h36, un séisme de 4.4 de magnitude a secoué l'île et a été également ressenti sur les îles voisines de La Gomera et de Tenerife.

 

Des blocs de lave en voie de dégazéification, sans doute très vésiculaires, flottaient hier à la surface de la Mer de Las Calmas. Ces observations suggèrent qu'une éruption subaérienne est de plus en plus probable à court terme.

L'épicentre du séisme de magnitude de 4.4 d'hier (triangle rouge; profondeur du foyer à 21.5 km ) est très proche de la côte nord et de ville de La Frontera.

4 novembre: le tremor a significativement augmenté depuis le début de la journée d'hier et l'essaim des foyers sismiques, profonds d'une quinzaine à une vingtaine de km, est toujours situé au nord de l'île, au large de El Golfo.

Selon des experts espagnols, la séismicité élevée récente (4,3 < Ma < 4.4) a affecté le mécanisme de réalimentation magmatique du processus éruptif au large de La Restinga, générant un processus de surpressurisation dans le magma, ce qui accroît son taux d'émission et libère une grand quantité de gaz. Ce phénomène s'est répercuté au niveau du tremor  (cycles pulsés) et par l'apparition de nouvelles taches à la surface de la Mer de Las Calmas, de couleur blanche (< gaz) à proximité des taches marrons composées de matériaux pyroclastiques. Si une nouvelle éruption sous-marine se déclenchait au nord (au large de El Golfo), elle serait plus profonde, du à la bathymétrie dans cette zone. La profondeur moyenne des séismes se maintient à une vingtaine de km, ce qui semble exclure une nouvelle éruption à court terme dans ce secteur. Gobierno de Canarias

   

Images prises à l'aplomb de la tache marine le 31 octobre par la caméra embarquée sur le robot Liropus 2000 à bord du navire océanographique Ramón Margalef  -- Séquence animée montrant la morphologie en 3D (< données SONAR de l'Institut espagnol d'Océanographie) du cône sous-marin (similaire à ceux situés sur l'île) en voie de formation au large de La Restinga.

ROCHES (pétrographie)

A divers moments de l'éruption, des fragments pyroclastiques (bombes et scories de taille diverse, millimétrique à métrique) sont apparus à la surface de l'eau, suggérant que le déroulement de l'éruption inclut des phases explosives du même type que les éruptions stromboliennes subaériennes communes sur l'île de El Hierro et sur les autres îles canariennes. Elles sont principalement causées par les effets de l'expansion des gaz magmatiques au sein du magma. Les études effectuées par le vaisseau océanographique Ramon Margalef montrent aussi la présence de coulées de lave.

Les premiers échantillons pyroclastiques sont apparus en surface le 15 octobre, soit 5 jours après le début de l'éruption. Il s'agissait essentiellement de bombes et scories volcaniques d'environ 30 cm de diamètre, toujours "fumantes". Leur morphologie et aspect étaient similaires aux fragments du même type générés par les éruptions stromboliennes subaériennes de magmas basaltiques. Par ailleurs, l'intérieur de plusieurs de ces bombes exhibait un matériel blanc d'aspect poreux.

La partie externe des fragments correspond au matériau magmatique de composition mafique (basique, riche en magnésium et fer) et montre des signes clairs de refroidissement rapide, probablement suite à un contact brutal avec l'eau (processus de prise rapide). Les échantillons récupérés ne montrent aucun signe de fragmentation hydromagmatique impliquant un excès d'eau de mer dans la relation eau/magma. La structure interne des bombes correspond à une structure en spirale, due au mouvement initial de rotation des fragments dès l'expulsion du conduit éruptif. Le contact avec le matériau blanc est tranché et est marqué par une accumulation différentielle de vésicules (< bulles de gaz/vapeur) sur la paroi de contact entre les deux matériaux, ce qui signifie que ces deux liquides de densité distincte se sont uniquement mélangés physiquement à la sortie de la bouche éruptive et non au sein des conduits magmatiques. Le pourcentage de vésiculation du matériau blanc atteint au moins 90%, indiquant ainsi la présence d'une grande quantité de gaz qui s'est détendu au cours de la remontée vers la surface. Le haut degré de vésiculation des deux types de produit éruptif est le facteur qui leur a conféré une relativement faible densité, ce qui leur a permis d'atteindre la surface de l'eau puis s'y maintenir quelques heures avant remplissage des vacuoles de gaz par l'eau avant de finalement causer la chute des fragments en question vers le fond marin.

Le 1er novembre, de nombreux fragments de scorie de grande taille (jusqu'à un mètre), uniquement de composition basaltique, ont à nouveau fait leur apparition. Des analyses chimiques des éléments majeurs et en traces ont été réalisées. Jusqu'à présent, seuls des échantillons mixtes récoltés le 15 octobre (matériau blanc enrobant du matériau foncé) ont été analysés par fluorescence X. Le matériau noir est de la basanite, basalte pauvre en silice. Le matériau blanc a composition plus variable qui s'échelonne de la trachyte à la rhyolite peralumineuse (riche en aluminium). La basanite est un produit typique des éruptions de El Hierro et des autres îles Canaries. Elle contient de 43% à 45% en SiO2 et un total en composants volatils (H2O, CO2, Cl, ...) de 2%, une température de fusion de ~1200°c et une densité de 2.7. Le matériau felsique (riche en feldspaths et silice) exhibe une gamme de composition qui s'échelonne d'une teneur en SiO2 de 63%-64% jusqu'à 71% et des concentrations en Al2O3 de 15 à 19%, leur contenu en éléments volatils est de l'ordre de 4 à%, la température de fusion est de 850-950°c et la densité de 2.3. Ce matériaux blanc (composition acide) est donc nettement plus explosif que la basanite. Comme le rapport entre le matériaux blanc et foncé est de seulement 1/10, le caractère explosif de l'éruption peut être considéré comme accessoire/mineur. Par ailleurs, les échantillons mixtes ont uniquement été découverts au début de l'éruption. Les deux types de produit éruptif sont très vésiculaires, ce qui signifie qu'ils contenaient une quantité élevée de gaz au moment de leur émission, expliquant le caractère explosif (> formation de pyroclastites) malgré le poids de la colonne d'eau sur la bouche éruptive. Néanmoins, ce type d'explosivité d'intensité moyenne est normal dans le cadre des éruptions basaltiques qui ont eu lieu aux Canaries.

Rapport IGN Espana.

3 novembre: les fragments échantillonnés en surface sont formés d'un mélange de deux matériaux magmatiques distincts, un basalte foncé (composition basique; ~ 43% SiO2) et une trachyte blanchâtre (composition intermédiaire; ~ 63% SiO2). Les experts espagnols ont déterminé qu'il n'y avait pas eu de mélange chimique mais uniquement physique de ces deux produits magmatiques très vésiculaires. Les trachytes (probablement des produits issus de la basanite primaire par un mécanisme d'intense fractionnement) sont clairement minoritaires par rapport aux basaltes, selon une proportion de 1/10.

Venant de recevoir aujourd'hui 6/11 un échantillon de roche récolté sur place par mon ami Juan Carlos Molina, la partie blanche de l'échantillon est composée de pierre ponce (< rhyolite/trachyte ?) très peu vésiculaire, enrobée par du basalte vésiculaire. Il est à signaler que la plupart des échantillons récoltés sur place sont plus vésiculaires et sont plus caractéristiques des magmas riches en gaz émis dans un milieu sous-marin. Pour information, deux éruptions surtseyennes dans l'archipel des Tonga en mars 2009 et 2006 ont éjecté dans les airs de la pierre ponce qui ont formé des radeaux flottants dont la dispersion s'est faite au gré des courants marins. D'autres volcans sous-marins ont également expulsé épisodiquement de la pierre ponce, comme le Mc Donald (Iles Australes) en 1987 et 1989.

L'échantillon (~2 cm de diamètre) rapporté par Juan Carlos. Les vacuoles témoignent de la libération rapide des gaz de ce magma.

Autres photos d'échantillons.

 

Quelles échantillons montrant le mélange de basanite et de pierre ponce.

Image MODIS de l'îlot formé après l'éruption du Home Reef en 2006; image capturée en août 2006

Par ailleurs, l'Institut de Volcanologie des Canaries (INVOLCAN) a confirmé une augmentation de l'émission diffuse de CO2 dans l'atmosphère. Le taux démission a atteint 1044  ± 31 tonnes par jour, valeur maximale depuis le début de la phase éruptive à El Hierro (300 t/j en juillet). Le 1er novembre, au moins trois autres zones anormales, distinctes de la zone décolorée initiale, ont été repérées au large de La Restinga et une émission de vapeur a été observée durant l'après-midi . Govierno de Canarias

Une tache colorée hétérogène est bien visible au large de La Restinga depuis le début novembre. Serait-ce les prémisses d'une éruption surtseyenne à venir ? Lire un article intéressant sur ce type d'éruption. Photos publiées sur le site du journal "La Provincia Canarias"

Localisation des séismes du 28 octobre au 3 novembre

1 novembre: il y a du neuf à El Hierro ! Une seconde éruption sous-marine au large de la côte nord de l'île serait sur le point de se produire. La localisation des derniers séismes montre en effet un déplacement des foyers vers le nord associé à une élévation de leur intensité sans, toutefois, à une augmentation de la déformation. Hier, un séisme de 3.9 a secoué l'île. Govierno de Canarias

27 octobre: un équipement de mesures topographiques de l'IGN, embarqué à bord du vaisseau océanographique "Ramón Margalef", a permis de cartographier les fonds marins dans la région de l'éruption sous-marine en cours au large de La Restinga depuis le 10 octobre . Les données récoltées ont montré que le cône en voie de formation est haut d'une centaine de mètres à partir du fond de la Mer de "las Calmas", situé à cet endroit à ~ 300 mètres de profondeur. Le cratère a un diamètre d'environ 120 mètres. Deux robots munis de caméras vont aujourd'hui tenter de prendre des photos et vidéos de la zone éruptive malgré la turbidité de l'eau à proximité de la bouche éruptive. La Provincia Canarias

Modèles numériques de terrain (MNT) vus en perspective 3D (vue oblique) avant (1998) et au cours de l'éruption (24/10/2011) - Image MODIS acquise le 24 octobre montrant la dispersion de la tache décolorée dérivant vers le sud et l'ouest de l'île; Instituto Español de Oceanografía (IEO). La tache brune au large de La Restinga marque grosso modo le lieu de l'éruption sous-marine en surface. Rapideye

24 octobre: hier, une reconnaissance aérienne a permis de déterminer que la modification de l'aspect (couleur brune) de la tâche marine au large de La Restinga était principalement due à la concentration de matériaux d'origine magmatique, probablement de la cendre et des matériaux scoriacés fins de type lapilli. Par ailleurs, le tremor se poursuit sans grande variation en intensité depuis quelques jours, suggérant que l'éruption sous-marine continue sur un mode normal pour ce type d'activité volcanique. Gobierno de Canarias

 

20 octobre: après une certaine confusion, les experts espagnols ont finalement déclaré que le matériau noir enrobant les débris était bel et bien du basalte. Il est probablement mélangé à des composés hydrothermaux.

Graphique schématique illustrant le processus qui a lieu sous El Hierro et ses environs depuis la mi-juillet. La Provincia Canarias

19 octobre: les scientifiques ont découvert à la surface de l'eau des fragments de roche en forme de bombe, d’où les gaz se sont totalement échappés. Ce sont des matériaux très fragiles, totalement noirs à l'extérieur et blanchâtres à l’intérieur. La couleur noire suggère que le matériau a été soumis à des températures élevées et était en fusion avant refroidissement par l'eau de mer. Ils pensent que ce matériau éruptif, expulsé à la surface de la mer, pourrait être composé d'un précipité de minéraux constitués entre autre de silice, d'aluminium et éventuellement de fer. Les scientifiques espagnols, qui étudient le processus volcanique au large de El Hierro depuis dix jours, n'ont pas encore découvert de basalte, la roche la plus communément émise lors des nombreuses éruptions qui se sont déroulées au cours de l'histoire géologique des Iles Canaries. Etant donné que l'éruption au large de El Hierro est le premier processus volcanique documenté de l'Histoire espagnole qui se produit en mer profonde, ils sont intrigués par l'absence, pour l'instant, de débris de basalte, un argument qui indiquerait clairement l'émission de magma juvénile à partir des profondeurs de la terre. Les géologues font donc preuve d'une certaine perplexité pour expliquer le processus éruptif en cours. D'un autre côté, depuis le début de la matinée d'hier (voir le sismogramme ci-dessous), l’intensité du signal du tremor, indicateur d’une probable éruption magmatique fissurale, a significativement diminué sans toutefois disparaître. Par ailleurs, les mesures des caméras thermiques n’ont plus détecté de chaleur significative sous la surface de l'eau, chaleur qui avait disparu lundi. Les bulles ont également disparu au centre de la tache de soufre, qui avait atteint lundi dernier un développement spectaculaire. La Provincia Canarias
 

18 octobre: l'amplitude du tremor est clairement en train de diminuer progressivement depuis environ hier soir, ~22h. Serait-ce le signe d'un essoufflement de l'activité voire du début de la fin de l'éruption sous-marine au large des côtes sud de El Hierro ?

17 octobre: les volcanologues du Bureau Supérieur d'Investigations Scientifiques (CSIC) sont convaincus qu'il faudra environ deux semaines pour qu'une nouvelle petite île  se forme au large des côtes de El Hierro, si toutefois l'activité éruptive sous-marine se poursuit avec l'intensité actuelle.

   

16 octobre: des matériaux pyroclastiques sont désormais visibles dans une zone large de ~100 mètres à la surface de la mer de "Las Calmas", à l'endroit de l'une des sources de l'éruption sous-marine, à ~2,5 km de la côte. L'éruption sous-marine est de type fissural et la bouche la plus proche de la côte se situerait à seulement 150 mètres de profondeur. Par ailleurs, une forte odeur de soufre est à présent perceptible dans le secteur de l'éruption. Une éruption surtseyenne suivie éventuellement par l'émergence à court terme d'un îlot sont désormais des éventualités probables. Gobierno de Canarias

 

Matériaux pyroclastiques flottant sur la mer de "Las Calmas"-- Animation illustrant l'éruption sous-marine en cours.

 

Remous et bulles au sein de l'une des deux taches à l'est des côtes de l'île. Ce phénomène se reproduit cycliquement tous les 15 à 20 minutes. La Provincia

Image MODIS (NASA) montrant les deux tâches marines au large de El Hierro

 

 13 octobre: deux taches visibles près des côtes de l'île de Hierro, dans l'archipel espagnol des Canaries, d'où émane une forte odeur de soufre et où ont été trouvés des poissons morts confirment l'apparition de deux nouveaux sites d'éruption sous-marine, ont annoncé mercredi les autorités locales. Laura Otero, porte-parole des autorités des Canaries, a confirmé l'existence de deux (autres) points d'émission de l'éruption volcanique à Hierro, a déclaré à l'AFP. Les deux points sont situés à deux milles marins et à 1,5 miles (~2.4 km) au sud-ouest de La Restinga, ce qui a provoqué deux taches dans la mer où ont été trouvés des poissons morts et où une forte odeur de soufre est perceptible, a précisé le directeur général des services d'urgence et de sécurité des Canaries, Juan Manuel Santana, dans un communiqué. Selon M. Santana, le premier point d'émission est situé à une profondeur de 700 mètres et l'autre à 500 mètres. Govierno de Canarias

 

Photos aériennes de la tache brune, localisée à ~1.5 km au S.O. de la pointe Restinga, qui pourrait être associée à une émission fumerollienne à ~150 mètres de profondeur. Govierno de Canarias. Les deux taches témoignent probablement de deux points éruptifs alignés sur une fissure orientée grosso modo SSE-NNO.

12 octobre: l'alerte rouge a été décrétée hier soir pour le village de La Restinga sur la petite île de El Hierro où une éruption sous-marine a démarré lundi dernier. Les 600 habitants du petit village de La Restinga ont été évacués. Hier 11/10, les séismes se sont déplacés vers le nord, en direction de la terre ferme alors que l'amplitude du tremor doublait (la vibration est désormais perceptible par les résidents du village de La Restinga justifiant l'alerte rouge). Etant donné l'existence d'une fissure dans cette zone, il n'est pas impossible de croire en une autre sortie de magma. La morphologie de l'île suggère la possibilité de l'ouverture de points distincts au cours de l'éruption étant donné qu'elle n'est pas formée par un seul grand volcan mais de plus de 500 cratères et d'autres couverts par des anciennes coulées. Il semble que l'énorme pression associée à la profondeur de l'eau à l'endroit actuel de la sortie magmatique (600 < Prof < 1000 mètres) empêche le développement de l'activité éruptive sur ce lieu et forcerait le magma à trouver une autre voie de sortie, le plus probablement en direction de La Restinga situé sur la zone de sismicité actuelle, orientée N.N.O. S.S.E., qui traverse l'île de part en part depuis la mi-juillet. IGN; Govierno de Canarias

La première tache (émanations gazeuses/vapeur d'eau) apparue à ~3 km au large des côtes sud de El Hierro. On distingue sur cette photo des zones de vaporisation (< débris éruptifs ?)

19h: l'intensité du tremor a notablement diminué depuis ~14h30 (~15h30, heure de Bruxelles). Il est encore un peu tôt pour en connaître la cause. Il semble que cette diminution soit temporaire vu que l'amplitude du tremor a augmenté de nouveau depuis ~16h30 HL, sans, par contre, atteindre son niveau antérieur. Attendons la suite car le tremor paraît assez fluctuant.

Les deux séismes suivant la baisse du tremor en ce 12/10 sont proches de la côte sud, leur foyer situé à ~13 et ~16 km de profondeur.


10 octobre: les services d'observation sismique ont enregistré une petite éruption sous-marine de ~ 600 à ~1000 mètres de profondeur à ~5 km de El Hierro. Cet évènement éruptif est toujours en cours et s'est déclenché dans la mer de "Las Calmas" à partir de 10h43 heure locale (09h43 UTC), quelques heures après l'apparition d'une phase de tremor (< ~04h30, marquant probablement de début de l'éruption). Quatre bateaux ont informé les autorités maritimes qu'une éruption sous-marine était en cours au large de "La Restinga", à environ 500 de profondeur. "El Mundo"; "El Pais", "La Provincia". Pour rappel, la zone a été affectée par une secousse de magnitude de 4.3 le 8 octobre à 20h35, la plus intense depuis le début de la crise éruptive, le 17 juillet dernier.


08 octobre:  du 27/09 au 03/10, un total de 1100 nouveaux séismes ont été enregistrés par les capteurs de l'IGN, dont 83 ont été ressentis par les résidents.  La plupart des foyers sismiques étaient localisés au S.O. de l'île à des profondeurs d'environ 14 km. La magnitude maximum a été de 3.8 les 29/09 et 07/10. La déformation superficielle mesurée par le réseau GPS a atteint 35 mm.


29 septembre: la nuit dernière, 53 personnes ont été évacuées du village de La Frontera par crainte de glissements de terrain et l'armée se prépare pour une éventuelle évacuation. Les écoles ont été fermées et un tunnel reliant les deux villes principales, La Frontera et Valverde, a été fermé. Le volcanologue Juan Carlos Carrecedo a déclaré qu'une bulle de magma était en train de monter vers la surface en produisant une série de ruptures dans la croûte terrestre qui entraînent des séismes et qu'on ne savait pas encore si cette bulle de magma atteindrait la surface pour provoquer une éruption. Il a averti qu'une éruption était possible endéans quelques jours, semaines ou mois. Rappelons que la dernière éruption aux Canaries a eu lieu en 1971 au Teneguia à La Palma. Hier 28/09, une secousse de Ma 3.5 (parmi les 10 séismes > Ma 3.0) a été ressentie par la population, portant à une quinzaine le nombre de secousses reportées par les résidents. Source


24 septembre: un séisme de magnitude de 3,4, dont le foyer est localisé à 15 km, a frappé l'île à 22h24. C'est la secousse la plus puissante depuis le début de la crise sismique.


Le 23 septembre, le Gouvernement des Canaries, se basant sur le Plan Spécial des Risques Volcaniques aux Canaries (PEVOLCA), a pris la décision de modifier le niveau d'alerte volcanique du code vert (état de pré-alerte) au code jaune (état d'alerte ou de pré-urgence) à partir des constatations établies par les techniciens de l'IGN et d'autres institutions qui montrent des anomalies de plusieurs paramètres (notamment la sismicité et une déformation significative, de 2 à 3 cm). Govierno de Canarias

L'île triangulaire de "El Hierro" est la plus orientale de l'archipel des Canaries. Le volcan bouclier massif de Hierro est tronqué par un large escarpement au nord-ouest résultant d'un effondrement gravitationnel du volcan El Golfo il y a 130.000 ans. La falaise de l'escarpement, haute de 1500 m., surplombe une plateforme de lave bordant la baie de El Golfo. Deux autres glissements sous-marins de grande ampleur sont localisés au sud-ouest et au sud-est. Trois rifts marquants orientés nord-ouest, nord-est et sud sont séparés par des angles de 120° le long de crêtes topographiques saillantes. La partie subaérienne du volcan consiste en une série de coulées de lave basaltiques subhorizontales d'âge quaternaire, de coulées trachybasaltiques et de tufs recouverts de cônes monogéniques plus jeunes avec leurs coulées de lave. Des cônes d'âge holocène et des coulées sont situés autant sur les flancs extérieurs que dans la dépression du volcan El Golfo. Hierro contient la plus haute concentration de centres éruptifs récents (~250) des sept îles Canaries. La dernière éruption aurait eu lieu en 1793 au volcan de Lomo Negro, et aurait duré un mois. G.V.P.

Mesures GPS de déformation; IGN

 

La déformation a atteint une valeur de ~ 35 mm le 7 octobre.

Le sismogramme illustrant la saturation du tremor.

 

L'intensité/amplitude du tremor a fortement augmenté en 24 heures depuis le démarrage de la phase sismique d'origine volcanique. Au sein du tremor, les quelques bandes jaunes verticales indiquent les séismes d'origine volcano-tectonique (VT) associés à la fracturation des roches lors de la montée du magma.

Sismogrammes en temps réel (IGN)


Secteur où a lieu l'éruption sous-marine (des poissons morts ont été retrouvés dans cette zone) ; en rouge sur l'animation en 3D

L'éruption a lieu à proximité de l'épicentre de la secousse la plus puissante (Ma = 4.3, foyer à ~13 km de profondeur) de la crise sismique qui est survenu le 8 octobre dernier. Il résulte probablement d'une brusque fracturation de la roche qui a permis le passage du magma vers le fond marin -- Animation montrant les épicentres des séismes les plus puissant du 9 au 11 octobre, à proximité du lieu de l'éruption sous-marine (cliquez sur l'image pour visualiser l'ensemble des épicentres séismiques depuis le 25 septembre dernier).

L'éruption sous-marine à ~7 km au large de la pointe Restinga a lieu sur un axe orienté N-S reliant El Hierro & La Palma, lieu de la dernière éruption en 1971. A noter que plusieurs volcans sous-marins ou seamounts se trouvent sur ou à proximité du lieu de l'éruption et sont grosso modo alignés selon un axe N-S.

 

Eruption du Teneguia sur l'île de la Palma en 1971

 


Images ombrées vues en perspective du modèle MNT/DEM (résolution 25 mètres) de El Hierro (< données IGN Espagne)

Distribution spatiale des foyers séismiques et illustration de leur magnitude (voir légende) pour les mois de juillet, d'août, de septembre, d'octobre 2011 et novembre 2011.

Localisation des foyers sismiques du 19/07 au 02/12

Graphiques 2D mis à jour du 19/07 jusqu'au 06/11

 

11724 séismes jusqu'au déclenchement de l'éruption (jusqu'au 02/12 à 00 UTC), 84 jours après le démarrage de la crise sismique !

 

Evolution de la profondeur médiane des séismes au cours du temps du 25 septembre au 02 décembre -- Graphique de la variation de la magnitude des séismes depuis le 19 juillet.

   

 

Animations illustrant l'ensemble des foyers sismiques (du 19/07 au 28/10) -- Enveloppe elliptique, allongée N-S, englobant la plus haute densité de séismes entre -8000 et -17000 mètres.

 

 

Animation montrant l'enveloppe des essaims sismiques du 09/10 (jour précédent l'éruption, en vert) et du 23/10 au 28/10  (rouge transparent) - Vue en plan ; les points noirs représentent l'ensemble des foyers sismiques depuis le 19 juillet 2011. Depuis environ deux semaines, les foyers sismiques sont nettement orientés dans l'axe du rift N-S et ont migré vers le nord, principalement au large de la côte septentrionale.

Evolution de la déformation (données exprimées en mm enregistrées par la station GPS HI 3) du 30/08 au 10/10; droite de régression linéaire en traits tirés. Il est à noter que le processus de déformation a logiquement cessé depuis le début de l'éruption.


L'Institut Géographique Espagnol (IGN) a signalé que la sismicité à El Hierro était supérieure à la moyenne depuis le 16 juillet. Plus de 7200 évènements sismiques ont été enregistrés du 16 juillet au 20 septembre. La plupart d'entre eux d'intensité inférieure à 3, dont les foyers/hypocentres sont situés à une dizaine (9 à 16)  de km de profondeur, sont localisés dans la zone dite de "El Golfo". La profondeur des foyers sismiques correspond plus ou moins à la limite entre la croûte inférieure et le manteau supérieur dans l'archipel canarien.  L'activité sismique alterne entre des périodes  relativement calmes et des phases hautement énergétiques. Le réseau local de stations GPS a montré des déformations (inflation) d'environ 2 cm. Des taux anormaux de flux de dioxyde de carbone (gaz précocement exolvé/libéré du magma) ont été mesurés dans la zone d'anomalies. Récemment, plusieurs secousses ont été ressenties par des résidents de l'île. Environ 10.000 personnes résident sur l'île.

Sismicité sous le volcan El Golfo sur l'île Hierro (07/09)

On peut noter une certaine similitude géologique entre l'archipel canarien et hawaiien, ce dernier étant aussi un point chaud. La composition des laves des deux archipels est également similaire, excepté peut-être la présence de phonolites aux Canaries qui dérivent probablement par fractionnement de basanites très sous-saturées en silice. Le contexte géodynamique de l'archipel canarien est donc très probablement celui d'un point chaud même si les périodes volcaniques plus anciennes sont généralement attribuées à d'autres contextes géologiques, liés principalement au réseau de failles, orienté grosso modo est-ouest, de l'Atlas méridional. La présence de trois rifts sur El Hierro rappelle la structure similaire du volcan Kilauea à Hawaii et sont liés à l'édification d'imposants volcans boucliers. La plupart des éruptions historiques sont de type fissural. Comme à Hawaii, l'île a été le sujet de gigantesques glissements gravitationnels issus de l'effondrement des volcans situés sur l'île.  La présence de nombreux centres éruptifs récents et de laves basaltiques associées suggèrent que le point chaud des Canaries se trouve actuellement sous El Hierro.

Une faible sismicité existe en permanence dans l'archipel canarien et est due à ce contexte océanique de point chaud. Par analogie avec les autres îles océaniques comme Hawaii et l'Islande où les séismes liés à l'introduction de magma mantélique dans la croûte sont situés entre 10 et 15 km, on peut penser que la crise sismique actuelle est en rapport avec un tel processus d'intrusion magmatique. Par contre, ce mécanisme n'est pas nécessairement annonciateur d'une éruption imminente ou à court terme, comme l'a montré récemment un phénomène similaire qui a eu lieu sous le complexe volcanique de l'Eyjafjöll en Islande et qui a duré plusieurs années (de 1994 à 2010). Par ailleurs, beaucoup d'intrusions magmatiques d'origine profonde ne parviennent jamais à la surface pour produire une éruption. De tels dykes/sills magmatiques d'origine mantélique sont donc susceptibles d'interrompre leur ascension vers la surface et refroidir longuement en profondeur.

Néanmoins, l'existence d'autres indicateurs suggère que du magma est bel et bien en train de monter vers la surface. Le réseau de stations GPS indique des déformations significatives, principalement une inflation (gonflement). Les températures et le flux de dioxyde de carbone ont également augmenté sur certains points de l'île.

Tableau résumé des paramètres mesurés le 2 octobre.


Image Spot de El Hierro

Coulée de lave cordée ("pahoehoe lava flow") au pied de l'un des nombreux cônes de scorie de l'île.

Actualidad Volcánica de Canarias -- Séismicité en temps réel à El Hierro -- Webcam

Institut Géographique Espagnol (IGN)

Sociedad Geológica Canaria - 21 preguntas sobre la crisis sísmica de El Hierro

Earthquakes report

Blog d'Erik Klemetti


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