|
CHAITEN (SUD CHILI)
06/06 : l'explosivité du volcan a
diminué graduellement alors que les émissions de cendres sont de moindre
intensité et sont accompagnées d'abondantes émissions de vapeur d'eau. Les 3
et 4 juin, le panache éruptif s'élevait à moins de 2 km au-dessus du
cratère. La décroissance de l'activité éruptive est associée à une
diminution de l'activité sismique caractérisée par l'existence de deux types
d'évènements volcano-tectoniques (VT).
Un survol effectué le 3 juin par une équipe du
SERNAGEOMIN a permis de constater les dégâts causés par l'éruption. Sur
l'entièreté du flanc nord et nord-est du volcan, la forêt native a été
arasée et brûlée par des coulées pyroclastiques et des explosions latérales
sur une superficie d'environ 2500 hectares.
26 mai : un survol réalisé le 21 mai
a permis de constater la présence d'un nouveau dôme de lave actif en
croissance sur le flanc nord de l'ancien dôme du Chaitèn. Ce dôme s'est
édifié à l'intérieur du cratère issu de l'éruption actuelle qui a éventré le
dôme ancien et qui pris le relais pour libérer la colonne éruptive.
L'activité se poursuit en continu sous la forme d'une activité
subplinienne.

La lave émise par le Chaitèn contiendrait entre
73 & 75% de SiO2 (< magma de composition
acide) selon les résultats d'analyses effectuées sur de la cendre et des
ponces récoltées durant les premiers jours de l'éruption.
Le 25 mai, l'altitude de la colonne de gaz et de
cendre s'est maintenue en moyenne à 3,5 km au-dessus du niveau de la mer,
soit 2,5 km au-dessus du cratère. Néanmoins, quelques plus fortes explosions
ont projeté des matériaux éruptifs jusqu'à 4 km au-dessus du cratère.
Le 24 mai, la nouveau dôme actif surmontait
légèrement le dôme ancien. Entre le 21 mai et le 24 mai, un cratère
d'environ 200 m. de diamètre s'est ouvert au sud du nouveau dôme (voir photo
ci-dessus). Par ailleurs, des avalanches de blocs et cendres, issues de
l'instabilité des flancs, continuaient à se produire, particulièrement sur
le flanc nord.
SERNAGEOMIN
16 mai: le 14 mai, le gouvernement chilien a
déclaré que la ville de Chaitèn, située à seulement ~10 km du volcan,
serait interdite d'accès pendant 3 mois. Par ailleurs, 90% de la ville
auraient été inondés par les eaux des rios Blanco et Rayas. A noter que
depuis deux jours la colonne éruptive ne dépasse plus l'altitude de 5 km. Le
15 mai, un survol de la zone a permis de constater que les coulées de
boue (lahares), qui ont affecté la ville de Chaitèn, continuent à recouvrir
les zones voisines dans le lit de la rivière Chaitèn et dans le secteur sud
de la localité en préservant toutefois la Place Centrale, la municipalité et
les zones voisines du port. L'aérodrome est recouvert d'eau et de cendres.
En conséquence, l'entrée en ville n'est plus possible par voie terrestre ou
aérienne.
- Toute la vallée ainsi que le delta des rios
Blanco-Rayas sont soupoudrés de cendres. Les forêts sont recouvertes d'une
couche de cendres blanches.
- L'eau du courant littoral qui longe la côte du
Chili du sud vers le nord transporte une grande quantité de cendres.
- Les coulées de boue (lahars) et les écoulements
de grands volumes de sédiments dans les rios Chaitèn et Blanco-Rayas se sont
poursuivis, remplissant ainsi les lits de ces rivières qui ont perdu leur
capacité à évacuer l'eau qui y est habituellement présente. En conséquence,
le rio Chaitèn devrait continuer à déborder en affectant de nouveaux
secteurs de la ville de Chaitèn.
Du point de vue sismique, des changements notoires
ont eu lieu depuis les deux derniers jours. Un essaim de séismes de type
hybride (A-B) a été détecté. Il est interprété comme étant associé à une
fracturation du conduit éruptif principal suivi par la montée de fluides
magmatiques par ce même conduit jusqu'au dôme. La prédominance ultérieure
d'évènements sismique de type LP confirme l'instabilité sismique du système,
qui a comme origine évidente le mouvement de fluides magmatiques. En
conséquence, une haute probabilité d'éventuelles futures explosions majeures
subsiste. Celles-ci pourraient provoquer la destruction totale ou partielle
du dôme et générer des flux pyroclastiques suite à l'effondrement de la
colonne éruptive.

09/05: une
puissante explosion s'est produite dans la nuit de jeudi à vendredi forçant
les 30 résidents récalcitrants de Chaitèn à être évacués dans l'urgence.
Cette nouvelle phase éruptive a été précédée d'une centaine de secousses
sismiques. Par
ailleurs, des volcanologues estiment que l'éruption du volcan Chaiten dans
le sud du Chili pourrait durer des semaines voire des mois. "Selon les
experts, le (nuage de cendres) est moins dense, ce qui pourrait réduire la
probabilité d'une éruption plus intense, mais ce n'est qu'une hypothèse", a
déclaré Sergio Galilea, le représentant du gouvernement dans la région, lors
d'un vol au-dessus du volcan en éruption.
Selon les
informations du
Service Géologique et des Mines du Chili, l'alerte rouge est maintenue
dans la zone du volcan Chaitèn. La possibilité d'éventuelles futures
explosions majeures et d'effondrement de la colonne éruptive ne sont pas
exclues.
Des observations effectuées le 8
mai ont permis de révéler que le long de la vallée N-S immédiatement à l'est
du volcan et débouchant dans le rio Rayas se manifestent des nuages gris
clairs qui descendent jusqu'à cette rivière. Par la suite, un
processus d'évaporation se développait dans la vallée N-S. Ce phénomène est
interprété comme l'existence de petits écoulements pyroclastiques qui
dévalent depuis le volcan Chaitèn jusque dans ces vallées. Le flux à haute
température réchauffe l'eau des rivières en produisant l'évaporation
subséquente. Toujours le 8 mai à 14 h, la colonne de cendre et de gaz
atteignait une altitude moyenne de 14 km et se dispersait vers le NE (en
direction de Buenos Aires). Par ailleurs, dans la partie occidentale de la
colonne éruptive, le nuage de cendre était plus dense et de couleur gris à
gris foncé, ce qui pourrait témoigner de l'ouverture d'un nouveau cratère au
pied ouest du dôme. Pour raison de sécurité, la station sismique a été
transférée de la ville de Chaitèn à l'île Talcàn. Les données fournies par
cette station mettent en évidence une nette augmentation de l'activité
sismique en relation avec la violente explosion enregistrée le 7 mai dernier
à 23h35. Le nombre d'évènements de type volcanotectonique (VT) n'a pas
augmenté, 35 évènements par jour, et sont concentrés aux alentours du
volcan.
Des séismes précurseurs de type LP
(B), bien que déjà détectés auparavant, ont précédé les deux grandes
explosions observées les 6 et 7 mai. ils signalent l'existence d'importants
mouvements de fluides, probablement à des niveaux superficiels, ce qui
confirme l'existence d'une chambre magmatique à faible profondeur. D'après
les foyers sismiques calculés, le réservoir magmatique serait à moins de 5
km de profondeur.
L’apparition de séismes de
type hydride (évènements de type A dénotant la fracturation des roches
suivis d’évènements de type B associés à des mouvements de fluides) liée aux
deux grandes explosions des derniers jours (5 et 7 mai) serait associée à
une ascension rapide ("magmatic pulse") d'une importante quantité de magma.
Cette vertigineuse ascension
magmatique se serait produite suite à une soudaine évacuation de fluides
(gaz et magma) lors des deux importantes explosions qui, occasionnellement,
éjectent dans l’atmosphère des panaches de cendre susceptible d'atteindre
~30 km d’altitude. Ces éruptions paroxysmales libèrent une grande quantité
de cendre et de gaz dans l’atmosphère, en provoquant la vidange partielle de
la zone supérieure de la chambre magmatique permettant ainsi une nouvelle
ascension de magmas fragmentés par un processus de nucléation rapide.
A noter, à moyen/long
terme, en cas de vidange partielle ou, éventuellement, totale de la chambre
magmatique suite par exemple à l'interruption/arrêt brutal de l'alimentation
en magma profond, que le vide ainsi crée sous l'édifice pourrait
causer l'effondrement partiel d'une partie de la caldera qui s'est formée
par ce même mécanisme il y a 9400 ans.
Néanmoins, à court terme, la
préoccupation principale reste centrée sur de futures explosions majeures et
les processus d'effondrement de la colonne éruptive, ce qui pourrait
entraîner la destruction du dôme et la formation d’écoulements
pyroclastiques qui pourraient dévaler vers les vallées adjacentes en
irradiant tous les flancs du volcan (à l’instar d'un mécanisme similaire qui
s'est produit en 1997 sur les flancs du volcan Soufrière Hills à
Montserrat).
L'union des deux cratères
perçant le flanc nord du dôme en un seul de 800 m. de diamètre conduit à
penser que le système d'alimentation n'est pas pour l'instant obstrué.
L'énorme quantité de cendre et de gaz, venue des profondeurs en transitant
par la chambre magmatique superficielle, pourrait ainsi être libérée sans
risque majeur d'explosion soudaine du dôme.
Le volume de cendre émis
lors de la première phase de cette gigantesque éruption est d'ores et déjà
considéré comme énorme et pourrait, à terme, provoquer d'importants dégâts
écologiques et économiques (principalement dans le secteur de
l'agriculture/élevage), peut-être irréversibles, sur une vaste région
entourant le volcan Chaitèn.
14 mai : des
membres du Service géologique et minier du Chili ont pu survoler le volcan
Chaitèn en hélicoptère.

Le dôme central
et la base de la colonne éruptives vus du NE
A 14h30, la
caldera et le dôme ont été survolés. Le flanc nord de la caldera jusqu'à la
route australe exhibait plusieurs hectares de forêt native incinérés suite à
des écoulements pyroclastiques mineures générés par effondrement de la base
de la colonne éruptive et/ou par les explosions latérales originaires du
cratère. Certains secteurs au NE ont été également sévèrement affectés par
des flux pyroclastiques de petites dimensions en brûlant et dévastant des
zones forestières.
Le dôme central
présentait une épaisse colonne verticale de gaz et de cendre s'échappant
d'un cratère large d'environ 1 km localisé sur le flanc nord du dôme jusqu'à
son sommet. Les zones O et NO ont également laissé des traces issues de
nombreux flux pyroclastiques sur les flancs en question. Ils ont brûlé toute
la végétation à l'intérieur de la caldera, incluant des débordements sur ses
bordures septentrionales.

06/05:
dès ce matin, une forte recrudescence de l'activité du volcan Chaitèn a
eu lieu ! Le chef de l'Office
national des urgences (Onemi) de Santiago, Jorge Muñoz, a déclaré qu'il y a
eu une production de lave et de flux pyroclastiques émanant du volcan depuis
approximativement 08H45 H.L. (12H45 GMT).
Cette nouvelle éruption a généré un panache de
cendre plus sombre et plus vaste qui a atteint une altitude de 30 km. a.s.l..
D'après le volcanologue chilien Juan Cayupi, qui
a pu se rendre sur les pentes de ce volcan de 1.200m, les deux petits
cratères du sommet ont fusionné pour donner naissance à un grand cratère
unique, crachant "une grande quantité de cendres, de particules et de gaz".
De la lave s’échappait également, mais ne débordait pas du cratère pour le
moment.
Selon une communication personnelle de la géologue argentine
Elizabeth Rover, la population de la
ville argentine d'Esquel, située à 160 km à l'est du volcan Chaitèn,
est en difficulté. Les principaux problèmes pour les gens sont d'ordre
respiratoires en raison de la finesse des particules de cendre recouvrant la
région sur ~30 cm d'épaisseur. Tous les
masques anti-poussières disponibles ont été distribués. La ville de Trevelin
est également recouverte de 10 cm de cendre. Au chili, la ville
frontière de Futaleufu, située à 65 km du volcan, a été totalement évacuée aujourd'hui.


Séquence vidéo

Un nouveau cratère perce le dôme
rhyolitique dans la caldera du volcan Chaitèn. Ces deux cratères ont
fusionné ce 6 mai.



Le panache du Chaitèn, se déplaçant vers
l'est, mis en évidence par le capteur
MODIS embarqué sur le satellite TERRA . Images capturées le
03/05. On y voit que le Centre de la province argentine du Chubut est
traversé de part en part par le nuage de cendre affectant particulièrement
les villes de Comodoro Rivadavia (image de droite) et d'Esquel et de Trelew
(à gauche). En conséquence de la présence du nuage éruptif au-dessus de la
Patagonie argentine, les vols reliant Buenos Aires à la Province de
Chubut (Comodoro Riv.) ont été interrompus suite à la forte densité de
cendre à haute altitude.

Image
MERIS d'ENVISAT acquise le 5 mai (ESA)
08/05: les
cendres du volcan Chaiten ont atteint jeudi la capitale argentine, après
avoir parcouru plus de 1.000 kilomètres depuis le territoire chilien et
provoqué de sérieuses perturbations dans plusieurs provinces du sud-ouest, a
indiqué le Service météorologique national (SMN). Le nuage de cendre
volcanique est situé a environ 3.500 mètres d'altitude au-dessus de la ville
de Buenos Aires et pourrait perturber le trafic aérien, a indiqué le SMN.

La magie de
l'interaction spectaculaire entre un orage et le nuage éruptif révèle de
splendides couleurs orangées au-dessus du volcan !
Visionnez d'autres clichés de cette spectaculaire éruption
en cliquant sur ce lien The
Australian.
04 mai
:
CHAITEN (Sud Chili) : jeudi 1er mai au soir, 60
secousses mineures ont frappé la région des Lacs située à ~1200 km au sud de
la capitale chilienne, Santiago. Au matin du 2 mai, le gouvernement
chilien a déclaré l'état d'urgence suite au déclenchement de l'éruption
de la caldera du volcan Chaitèn, localisé à l'ouest du volcan Minchinmavida.
Le VAAC
de Washington a diffusé un avis d'intense émission de cendre volcanique et a
signalé la présence d'une colonne de cendre haute de 13,7 à 16,7 km. 1500
personnes ont été évacuées en urgence de la zone dangereuse. Ce volcan
n'avait pas connu d'éruption depuis ~7430 ans av JC. (date < C14
sur téphra).

D'énormes nuages épais
de cendre s'élèvent du volcan Chaitèn, situé à seulement une dizaine de km
de la ville du même nom où résident 7000 personnes. La cendre est emportée
vers l'est par les vents jusqu'à la côte atlantique de la Province argentine
du Chubut. La ville principale de cette Province, Comodoro Rivadavia, est
couverte de cendre et les communications téléphoniques étaient interrompues
le 4 mai selon un contact personnel.
Localisation "Google Earth" du volcan Chaiten -
Cliquez sur les images miniatures pour
visionner un agrandissement (1280 x 687) !
La quasi-totalité des 4.500 habitants de la
ville de Chaiten a été évacuée. L'air et les réserves d'eau potable ont
également été pollués.
L’éruption a fait au moins une victime
selon les autorités et les médias locaux, une dame âgée de 92 ans qui a
succombé à un infractus.
Le
Chaitèn est une caldera large de 3,5 km,
qui n'est pas occupée par un glacier, datant du Pléistocène tardif (> 10.000
ans). Elle comprend un petit dôme de lave situé à 10 km au NE de la cité de
Chaitèn sur le golfe de Corcovado. Le côté nord du dôme de lave rhyolitique
(obsidienne), haut de 962 m., émergeant de la caldera est dépourvu de
végétation. Une rivière drainant la baie de Chaitèn, le rio Blanco, prend sa source dans une
échancrure située au S.O. de la caldera. Le plus haut point de la caldera se
situe au sud à 1122 m. d'altitude. Deux petits lacs occupent le plancher de
la caldera à l'ouest et au sud du dôme de lave. Un écoulement pyroclastique
en vague et un dépôt de ponce semble avoir été générés par une éruption qui
a formé la caldera elliptique sommitale de 2,5 x 4 km il y a ~9400 ans.
|